đ F1 : pourquoi lâĂšre de lâeffet de sol (2022-2025) a déçu⊠et ce que 2026 doit corriger

Les rĂšglements Ă effet de sol appliquĂ©s entre 2022 et 2025 nâont pas produit les bĂ©nĂ©fices attendus. En cause, notamment : une capacitĂ© trop limitĂ©e â ou trop lente â Ă corriger ce qui nâallait pas dans la rĂ©glementation.
Rendre les monoplaces plus aptes Ă se suivre Ă©tait un objectif ambitieux. DĂšs le dĂ©part, il Ă©tait donc probable que les premiĂšres versions des rĂšgles comportent des zones grises et des effets indĂ©sirables, malgrĂ© lâintention clairement affichĂ©e dâamĂ©liorer le spectacle.
đ§ Une idĂ©e solide, portĂ©e par beaucoup de recherche
Le projet reposait sur un travail important menĂ© par la F1 et la FIA, nourri par lâexpertise de figures comme Pat Symonds et Ross Brawn. Lâobjectif : sâappuyer sur des connaissances vastes pour concevoir des voitures plus « robustes » aĂ©rodynamiquement, donc moins sensibles aux turbulences de la voiture de devant.
𧩠Plancher à effet de sol : le bon cap⊠avec un angle mort
RĂ©introduire des planchers gĂ©nĂ©rant une grande partie de lâappui par effet de sol allait dans le bon sens. De mĂȘme, limiter les Ă©lĂ©ments destinĂ©s Ă crĂ©er de lâoutwash (dĂ©viation du flux dâair vers lâextĂ©rieur) rĂ©pondait Ă lâintention de base : faciliter le suivi en course.
Ce qui a Ă©tĂ© sous-estimĂ©, en revanche, câest Ă quel point les voitures allaient ĂȘtre rĂ©glĂ©es trĂšs prĂšs du sol, rendant les bords du plancher extrĂȘmement critiques dans la performance globale.
đ Porpoising : un problĂšme majeur, attĂ©nuĂ© sans disparaĂźtre
Au dĂ©but, le porpoising (marsouinage) a Ă©tĂ© une prĂ©occupation majeure, au point que certains pilotes ont craint des dommages potentiels au niveau de la colonne vertĂ©brale. Le phĂ©nomĂšne nâa jamais complĂštement disparu, mais il a Ă©tĂ© mieux contenu aprĂšs une modification des rĂšgles concernant les bords de plancher.
ConsĂ©quence : les voitures devaient toujours rouler le plus bas possible, mais au lieu de simplement « coller au sol », elles ont commencĂ© Ă gĂ©nĂ©rer des vortex le long des cĂŽtĂ©s du plancher pour amĂ©liorer lâĂ©tanchĂ©itĂ© aĂ©rodynamique (le sealing).
đȘïž Le retour de lâoutwash⊠malgrĂ© lâesprit des rĂšgles
De façon inĂ©vitable, les Ă©quipes ont aussi trouvĂ© des solutions pour rĂ©introduire lâoutwash, contrairement Ă lâintention initiale. Parmi les zones qui auraient mĂ©ritĂ© un encadrement plus strict figurent :
- la génération de vortex sur les cÎtés du plancher,
- des fentes dans les endplates dâailerons avant,
- des Ă©lĂ©ments aĂ©rodynamiques complexes Ă lâintĂ©rieur des roues, autour des Ă©copes de freins,
- plus largement, des dĂ©veloppements allant Ă lâencontre de lâesprit de la rĂ©glementation.
đŠ De 2022 Ă 2025 : plus on cherchait lâappui, plus suivre devenait difficile
Au dĂ©but de 2022, les voitures pouvaient se suivre et se battre de façon relativement correcte. Mais Ă mesure que les Ă©quipes orientaient leur dĂ©veloppement vers davantage dâappui, suivre une monoplace de prĂšs est devenu nettement plus compliquĂ©.
Au terme de 2025, cela sâest souvent traduit par des courses processionnelles dominĂ©es par le problĂšme du « train de DRS ». Des ajustements ont bien Ă©tĂ© apportĂ©s Ă la gĂ©omĂ©trie des endplates pour 2023, mais les Ă©quipes ont trouvĂ© un autre moyen dâobtenir un effet similaire. Et malgrĂ© des idĂ©es claires sur la maniĂšre dây rĂ©pondre, rien nâa Ă©voluĂ©.
đïž Pourquoi la correction nâa pas suivi : la question de la gouvernance
Selon lâexplication donnĂ©e, les processus de gouvernance ont empĂȘchĂ© dâagir plus vite. Câest vrai â mais si lâobjectif collectif est rĂ©ellement de faire fonctionner ce concept en piste, ces blocages ne devraient pas pouvoir figer la situation.
Plus largement, le systĂšme rendait impossible des changements qui auraient pu ĂȘtre introduits pour 2024 ou 2025. Il existe une tension permanente entre le rĂ©gulateur et la dimension commerciale. Dans les faits, cela reflĂšte lâidĂ©e que les instances dirigeantes se concentrent sur beaucoup dâaspects⊠sauf celui du spectacle en piste.
đ Bilan sportif : un mieux, mais insuffisant
En fin 2025, suivre Ă©tait plus simple quâen 2021 (la derniĂšre saison avant le changement de philosophie), mais cela restait mauvais. Autrement dit : ce nâĂ©tait pas inutile, mais ce nâĂ©tait pas assez.
Un autre objectif a toutefois Ă©tĂ© atteint : resserrer le peloton. Mais cela tient aussi au fait que les rĂšgles sont dĂ©sormais si serrĂ©es quâon se rapproche dâune discipline Ă quelques pas dâun championnat monotype.
đ° Plafond budgĂ©taire : trop complexe pour ĂȘtre pleinement lisible
Le plafond budgĂ©taire est difficile Ă juger totalement, tant il est devenu complexe. Il faut le voir comme une procĂ©dure comptable aboutissant Ă un chiffre final de dĂ©penses â mais la maniĂšre dây parvenir est une autre histoire.
Il est annoncĂ© comme modifiĂ© pour lâan prochain, avec lâidĂ©e de tendre vers un systĂšme plus simple : un montant total Ă dĂ©penser, sans une multitude dâexclusions qui, justement, crĂ©ent la complexitĂ©.
đ ïž La mĂ©thode qui manque : dĂ©tecter tĂŽt, corriger vite
Face Ă toute nouvelle rĂ©glementation, la FIA devrait pouvoir identifier les problĂšmes potentiels sur le premier tiers de saison (autour de la huitiĂšme course), engager les modifications nĂ©cessaires et les acter pour lâannĂ©e suivante au milieu de saison (autour de la douziĂšme course). Et les Ă©quipes devraient ensuite sâadapter.
đź 2026 : la crainte de rĂ©pĂ©ter les mĂȘmes erreurs
Beaucoup a Ă©tĂ© appris sur les quatre annĂ©es Ă©coulĂ©es. Mais une inquiĂ©tude demeure : voir les mĂȘmes problĂšmes se reproduire avec les rĂšgles 2026.
Si les Ă©quipes ne laissent pas au rĂ©gulateur la latitude de faire son travail, il restera extrĂȘmement difficile dâempĂȘcher des dĂ©veloppements qui rendent les voitures plus rapides⊠tout en dĂ©gradant les possibilitĂ©s de course.
â Conclusion đ
LâĂšre 2022-2025 a montrĂ© quâune bonne idĂ©e technique peut ĂȘtre fragilisĂ©e par lâexĂ©cution, lâexploitation des zones grises et la lenteur des ajustements. Si 2026 doit rĂ©ussir, il faudra une capacitĂ© rĂ©elle Ă corriger rapidement ce qui nuit au fait de suivre et de se dĂ©passer â pour que lâinnovation serve enfin la course, et pas seulement la performance pure.
â Foire aux Questions
đïž Quel Ă©tait lâobjectif principal des rĂšgles Ă effet de sol introduites en 2022 ?
Favoriser des voitures capables de se suivre plus facilement en course, grĂące Ă une aĂ©rodynamique moins sensible, et amĂ©liorer le spectacle en rĂ©duisant certaines pratiques comme lâoutwash.
đ Pourquoi le porpoising a-t-il marquĂ© le dĂ©but de cette Ăšre ?
Parce que les voitures ont Ă©tĂ© exploitĂ©es avec une hauteur de caisse trĂšs faible, rendant le plancher â et surtout ses bords â dĂ©terminants. Le phĂ©nomĂšne a Ă©tĂ© mieux contenu aprĂšs une modification des rĂšgles sur les bords du plancher, sans disparaĂźtre totalement.
đȘïž Quâest-ce que lâoutwash et pourquoi est-ce un problĂšme pour le dĂ©passement ?
Lâoutwash consiste Ă dĂ©vier le flux dâair vers lâextĂ©rieur. Lâintention des rĂšgles Ă©tait de le limiter, mais des solutions techniques ont progressivement rĂ©introduit des effets similaires, rendant plus difficile le fait de suivre une voiture de prĂšs.
đïž Pourquoi la FIA nâa-t-elle pas pu corriger plus vite certains points ?
Il est indiquĂ© que les processus de gouvernance ont bloquĂ© des Ă©volutions rapides. Le rĂ©sultat : des changements pourtant possibles pour 2024 ou 2025 nâont pas pu ĂȘtre mis en place.
đź Quel est le risque principal pour 2026 selon ce bilan ?
Que les Ă©quipes dĂ©veloppent Ă nouveau les voitures dans des directions qui augmentent la performance, mais dĂ©gradent la course en peloton â et que lâabsence de marge dâaction rapide pour le rĂ©gulateur laisse ces problĂšmes sâinstaller.
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