F1 : un changement de règle à l’étude pour aider Honda à combler son retard moteur en 2026

Honda pourrait bénéficier d’un coup de pouce réglementaire dans sa remontée en Formule 1. Selon des informations circulant dans le paddock, les constructeurs concurrents évaluent une modification importante des règles encadrant les évolutions des moteurs.
Objectif : permettre à Honda de se rapprocher plus vite d’un niveau de performance jugé plus respectable, après un début de saison 2026 difficile aux côtés d’Aston Martin.
Un début de saison 2026 compliqué pour Honda avec Aston Martin
Le motoriste japonais connaît un lancement de campagne délicat en 2026. Des problèmes de vibrations ont affecté à la fois la performance et la fiabilité, rendant la tâche de retour au niveau des meilleurs particulièrement ardue.
Le règlement prévoit bien des marges de progression via un dispositif spécifique, mais l’écart actuel serait suffisamment important pour que ces leviers puissent ne pas suffire à eux seuls.
Pourquoi un ajustement est discuté malgré la concurrence
Des échanges ont eu lieu ces dernières semaines entre les responsables de la F1 et les constructeurs afin d’identifier ce qui pourrait être mis en place pour aider Honda.
Dans un environnement réputé ultra-compétitif, l’idée de modifier des règles au bénéfice d’un adversaire est souvent mal accueillie. Pourtant, il existerait un sentiment partagé dans le paddock : maintenir Honda trop loin du peloton n’apporterait rien à personne.
Le point de vue de Mercedes
Le directeur d’équipe Mercedes, Toto Wolff, est même allé jusqu’à suggérer que le mécanisme d’évolutions concerné ne devrait s’appliquer qu’à Honda.
« Il me semble qu’il y a un motoriste qui a un problème, et nous devons l’aider. Mais tous les autres sont à peu près dans la même zone. »
Le mécanisme ADUO : des opportunités d’évolution encadrées
Le dispositif en question porte le nom d’Additional Development and Upgrade Opportunities (ADUO). Il offre des opportunités supplémentaires de développement et de mise à jour lorsque la performance d’un motoriste est jugée inférieure à une référence, selon des segments d’évaluation prévus au cours de la saison.
Actuellement, l’éligibilité à ces opportunités supplémentaires dépend du niveau de retard sur la partie moteur thermique (internal combustion engine).
- À 2% de retard : un motoriste peut introduire une évolution en 2026 et une en 2027.
- À 4% de retard ou plus : il peut introduire deux évolutions en 2026 et deux en 2027.
Au-delà des évolutions techniques autorisées, l’obtention de ces opportunités s’accompagne aussi de davantage de flexibilité en matière de dépenses et d’essais au banc, dans le cadre des restrictions imposées par le plafond de coûts des groupes propulseurs.
Le verrou actuel : des opportunités non cumulables sur une saison
À ce stade, les gains potentiels sont plafonnés par une limitation importante : une fois qu’un motoriste s’est vu accorder ces opportunités sur une saison donnée, il ne peut pas en bénéficier une seconde fois la même année.
Le règlement technique précise en substance que les évolutions d’homologation ADUO « ne sont pas cumulatives au sein d’une saison » et qu’elles « ne seront accordées qu’à la première occasion où le motoriste est évalué comme éligible » par la FIA selon les critères définis.
La modification envisagée : lever le plafond pour accélérer le rattrapage
La discussion actuelle porterait sur la révision de ce plafond. L’idée serait qu’un motoriste très en retrait ne soit pas limité dans l’ampleur de son retour à niveau sur une même saison.
Concrètement, cela pourrait signifier que si Honda ne parvient pas à repasser sous la fenêtre de performance de 4% lors de la seconde période d’évaluation de l’année, il pourrait recevoir une nouvelle fois :
- des libertés supplémentaires de développement et liées au plafond de coûts,
- ainsi que la possibilité d’introduire encore plus d’évolutions.
Un changement qui nécessite une large majorité
Une modification des règles d’évolution pour aider Honda devrait être approuvée par une « super majorité » au sein du comité consultatif des groupes propulseurs.
Dans les faits, cela implique l’accord de quatre des cinq constructeurs actuels, ainsi que celui de Formula One Management et de la FIA.
Des mesures immédiates attendues dès Miami, mais sans miracle annoncé
En attendant de savoir si un changement réglementaire verra le jour, Honda poursuit le travail sur des solutions à court terme.
Shintaro Orihara, responsable général piste et ingénieur en chef, a indiqué qu’après le Grand Prix du Japon, Honda a conservé une Aston Martin AMR26 sur son site de recherche et développement de Sakura afin d’aider à comprendre les problèmes de vibrations.
Il a expliqué que des progrès ont été réalisés, permettant de mettre en place des contre-mesures à Miami puis plus tard dans la saison. Il a toutefois prévenu que ces avancées ne devraient pas se traduire par un gain visible de performance du groupe propulseur en piste, et qu’il ne fallait pas s’attendre à un bond en avant important.
Conclusion
Entre un cadre ADUO jugé potentiellement trop restrictif et des difficultés techniques bien identifiées, Honda se retrouve au cœur d’un débat rare : ajuster les règles pour préserver l’équilibre sportif tout en évitant qu’un motoriste reste durablement décroché. Les prochaines décisions diront jusqu’où la F1 est prête à aller pour favoriser un rattrapage, et si Miami marque le début d’un retour progressif. Dans un sport d’ingénieurs, la trajectoire la plus passionnante est souvent celle de la résilience.
Foire aux Questions
Qu’est-ce que l’ADUO en Formule 1 ?
L’ADUO (Additional Development and Upgrade Opportunities) est un dispositif qui peut accorder à un motoriste en retard des possibilités supplémentaires de développement et d’évolutions, selon des périodes d’évaluation prévues au fil de la saison.
À quoi correspondent les seuils de 2% et 4% évoqués ?
Ils correspondent au niveau de déficit de performance du moteur thermique par rapport à une référence. À 2% de retard, une évolution est autorisée en 2026 et une en 2027. À 4% ou plus, deux évolutions sont autorisées en 2026 et deux en 2027, avec davantage de marges sur les dépenses et essais au banc.
Pourquoi des vibrations peuvent-elles pénaliser autant une voiture et son moteur ?
Parce qu’elles peuvent affecter la fiabilité (contraintes mécaniques, risques de casse) et la performance (fonctionnement moins optimal, nécessité de mesures de protection). Dans le cas présent, elles ont impacté à la fois la performance et la fiabilité.
En quoi consiste la limitation actuelle des opportunités ADUO sur une saison ?
Aujourd’hui, les opportunités ADUO ne sont pas cumulables : une fois accordées à un motoriste sur une saison, elles ne peuvent pas être attribuées une seconde fois la même année, même s’il reste nettement en retrait.
Que faudrait-il pour modifier ces règles en cours de cycle ?
Un changement nécessiterait une super majorité au sein du comité consultatif des groupes propulseurs : l’accord de quatre des cinq constructeurs, ainsi que celui de Formula One Management et de la FIA.
Et pendant que la piste cherche l’équilibre, les passionnés peuvent, eux, rapprocher leur rêve d’Aston Martin DB5 grâce à la LOA: choix souple, garanties claires et démarches simplifiées chez Joinsteer.

























































