Plusieurs écuries majeures ont débarqué au Red Bull Ring avec des évolutions importantes pour ce Grand Prix d’Autriche. Mais au terme du vendredi, le leader du championnat du monde de Formule 1, Kimi Antonelli, a clairement pris l’ascendant.

Voici les équipes et pilotes qui ont le mieux, et le moins bien, lancé leur week-end après les essais libres.

Gagnants et perdants des essais du GP d’Autriche F1 2026

Perdant : Red Bull (4e et 7e)

Red Bull a présenté en Autriche un tout nouveau package d’évolutions, avec l’objectif d’abandonner durablement son statut de « quatrième force » derrière les trois meilleures équipes. Mais l’évaluation de l’efficacité réelle de ces nouveautés a été brouillée par une série de problèmes (sans lien direct avec ces évolutions) qui ont coûté du temps de piste à Max Verstappen et Isack Hadjar.

Aucun des deux pilotes ne semblait vraiment à l’aise au volant de la RB22 vendredi, en particulier dans le virage 3, le droite en haut de la montée.

Hadjar a détaillé un comportement très délicat à cet endroit :

« C’est comme si l’arrière s’accrochait, se bloquait, et tu perds tout le soutien. La grip n’est pas linéaire, ce n’est pas agréable, donc tu es constamment en train de deviner l’adhérence. Ensuite, quand tu remets les gaz, le moteur doit rattraper et ça crée du patinage en sortie.

Donc c’est vraiment, vraiment mauvais. Juste dans ce virage, je ne sais pas combien on perd, mais c’est très désagréable. »

Gagnant : Kimi Antonelli (1er)

Aucun signe de « contrecoup » pour Antonelli après Barcelone : il ne paraît ni perturbé ni fragilisé. Il a dominé la journée, avec un tour particulièrement fort lors de la deuxième séance, repoussant ses rivaux d’environ un quart de seconde, tout en montrant déjà des indices d’une gomme qui commençait à perdre de sa performance (avec un tour lancé déjà effectué auparavant).

Son équipier chez Mercedes, George Russell, qui semblait nettement plus loin sur ses simulations de qualification dans cette même séance, est resté serein : selon lui, il n’y avait « rien d’inquiétant ».

Sur les simulations de course, Russell se situe globalement dans la zone d’Antonelli sur l’échantillon limité observé. Mais rien ne suggère qu’il soit devant.

Perdant (peut-être) : Ferrari (5e et 8e)

Après sa victoire à Barcelone qui a relancé la bataille pour le titre, Ferrari a attiré l’attention avant l’Autriche, notamment avec une évolution moteur annoncée comme assistée par l’ADUO. Pourtant, la première journée au Red Bull Ring n’a pas forcément suivi le scénario attendu.

Les deux pilotes ont semblé lutter avec l’équilibre de la voiture et un manque d’adhérence, avec un déficit à la fois sur le rythme en tour rapide et sur les longs relais.

Lewis Hamilton a terminé derrière une Mercedes, les deux McLaren et une Red Bull en EL2, avec le 5e temps, trois places devant Charles Leclerc, 8e.

Mais l’essentiel se jouait sur la durée : là aussi, l’image n’était guère meilleure, l’allure moyenne d’Hamilton le plaçant derrière Mercedes et McLaren, et seulement dans la zone de Verstappen.

Nuance importante : les adversaires ont noté que les données GPS semblaient indiquer que Ferrari ne montrait pas tout sur les lignes droites, ce qui pourrait signifier que la puissance n’a pas encore été utilisée au maximum. Et comme Ferrari est déjà passée d’un vendredi discret à Barcelone à une victoire le dimanche, la concurrence refuse, pour l’instant, de tirer des conclusions définitives.

Gagnant : McLaren (2e et 3e)

McLaren a eu besoin d’un tour exceptionnel d’Antonelli pour ne pas terminer en tête en EL2. L’équipe paraît solide sur les longs relais et se présente à nouveau comme un candidat de premier plan en Autriche.

La journée aurait pu tourner à l’échec : Lando Norris est resté au garage en EL1 à cause d’une fuite hydraulique. En EL2, il a commis deux sorties au virage 3 et une au virage 7 en cherchant ses repères, mais il a tout de même occupé la première place à un moment donné. Il a ensuite signé, selon les indications du jour, le troisième meilleur long relais de la séance, derrière la Mercedes.

Il est encore tôt, avec de nombreuses nouveautés en cours d’évaluation qui peuvent redistribuer les cartes. Mais malgré quelques soucis de fiabilité, McLaren ressemble déjà à un véritable adversaire de Mercedes, dans un contexte où Ferrari paraît soit en difficulté, soit simplement encore en train de masquer son niveau réel.

Perdant : Cadillac (21e et 22e)

Cadillac arrive avec, sur le papier, la voiture la plus modifiée du plateau (au regard de ce qui figure sur la feuille FIA en début de week-end). Le 13e temps de Valtteri Bottas en EL1 a d’ailleurs été très encourageant.

Mais la suite s’est fortement compliquée. Sergio Perez s’est arrêté en piste lors des deux séances à cause de problèmes électriques et n’a couvert que 16 tours au total sur la journée.

De son côté, Bottas peut retenir des éléments positifs, mais il n’a parcouru que six tours en EL2. Dès sa sortie des stands pour un tour de lancement, sa voiture a rencontré un souci et a commencé à frotter au sol à l’avant. Le directeur technique Nick Chester a parlé d’un « problème d’assemblage ». L’intervention n’a visiblement pas été simple : Bottas n’est pas ressorti, et l’équipe n’a engrangé que huit tours en EL2 sur l’ensemble de la séance.

Une accumulation d’ennuis au pire moment, alors que l’équipe doit justement comprendre ses évolutions.

Gagnant : Jak Crawford (20e en EL1)

Les pilotes présents uniquement en EL1 sont difficiles à juger lorsqu’ils sont loin : le plan de roulage, le programme ou les consignes peuvent expliquer l’écart. Mais quand ils sont clairement dans le rythme, l’évaluation devient plus directe.

C’est le cas de Jak Crawford, solide pour sa deuxième apparition de la saison. L’Aston Martin 2026 n’offre pas énormément de garanties à ses pilotes, mais ce que l’on comprend de sa compétitivité colle avec la place où Crawford a positionné la voiture.


Écart des pilotes EL1 par rapport à leurs titulaires
Hirakawa +1,422 s (Bearman)
Iwasa +0,911 s (Lindblad)
Beganovic +0,593 s (Hamilton)
Aron +0,481 s (Hulkenberg)
Browning +0,335 s (Albon)
Crawford -0,131 s (Alonso)


Crawford était aussi mieux armé que beaucoup pour cet exercice grâce à un gros travail en simulateur avec Aston Martin (et l’absence d’un programme de course parallèle à gérer). Il affirme avoir eu « exactement le même plan » que Fernando Alonso, même si, en pratique, le chrono en EL1 n’a probablement pas la même importance pour Alonso que pour lui.

Son écart par rapport au meilleur temps paraît cohérent, surtout au regard de ce qu’Aston Martin a montré en EL2. De quoi renforcer la crédibilité de sa prestation.

Perdant : Williams (17e et 18e)

À la lumière des essais en Autriche, Williams semble jouer le rôle de l’équipe la plus isolée : probablement suffisamment devant Cadillac et Aston Martin, mais dominée par le reste du peloton qu’elle cherche à rejoindre.

Alex Albon, le plus rapide des deux Williams vendredi, a énuméré en souriant les principaux maux : « adhérence, équilibre, appui ».

« Je ne m’attendais pas à ce qu’on souffre autant sur ce circuit », a-t-il reconnu.

« On doit essayer de trouver où gagner du temps. Je pense qu’en basse vitesse, on est assez proches des top teams et des équipes du milieu de grille, peut-être même meilleurs que certaines… mais dans les virages rapides, comme les virages 7-9-10, on est très loin, on a vraiment du mal à suivre les autres voitures.

Et quand tu glisses plus dans les virages rapides, tu as aussi plus de dégradation : on doit voir ce qu’on peut faire parce que la voiture n’est pas assez rapide aujourd’hui en conditions de course. »

Et de fait, si le rythme sur un tour n’impressionne pas, Williams n’est pas non plus « super contente » de ses performances à forte charge en carburant, d’après le directeur sportif Sven Smeets.

Conclusion

Ce vendredi du GP d’Autriche 2026 dessine un premier rapport de force : Mercedes et Antonelli frappent fort, McLaren reste au contact, tandis que Red Bull, Ferrari, Cadillac et Williams ont tous des raisons différentes de s’inquiéter ou de temporiser.

Reste à voir quelles équipes transformeront ces signaux en performance dès samedi, car en Formule 1, une nuit de travail peut suffire à changer l’histoire d’un week-end.

Foire aux Questions

À quoi servent les EL1 et EL2 en Formule 1 ?

Les essais libres permettent de régler la voiture, tester des évolutions, et préparer à la fois la performance sur un tour (simulations de qualification) et le rythme sur la durée (simulations de course).

Pourquoi parle-t-on autant des « longs relais » le vendredi ?

Parce qu’ils donnent des indices sur le rythme en conditions de course et sur la dégradation des pneus. Vendredi, plusieurs équipes ont semblé plus ou moins solides sur ces séquences, avec des écarts parfois différents de ceux observés sur un tour rapide.

Qu’est-ce qui peut masquer la performance réelle d’une équipe le vendredi ?

Une équipe peut rouler avec des réglages différents, une charge de carburant plus élevée, ou ne pas chercher la vitesse maximale sur les lignes droites. En Autriche, des rivaux ont noté via les données GPS que Ferrari ne semblait pas tout montrer en ligne droite.

Pourquoi un problème au virage 3 revient-il souvent dans les commentaires ?

Le virage 3, un droite en montée, a mis en évidence des difficultés de comportement : Red Bull a notamment évoqué un manque de progressivité d’adhérence à l’arrière, avec blocage et patinage à la remise des gaz.

Pourquoi un pilote « EL1 seulement » peut-il quand même être salué ?

Parce que, même avec un programme spécifique, un bon rythme par rapport au titulaire de l’équipe reste un indicateur parlant. En Autriche, Jak Crawford a affiché un écart favorable face à Fernando Alonso lors de sa séance.

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