Le championnat IMSA SportsCar s’aligne sur le Championnat du monde d’endurance (WEC) en durcissant fortement sa position sur la Balance de Performance (BoP). DĂ©sormais, les compĂ©titeurs ne seront plus libres d’en parler publiquement aux mĂ©dias.

Cette dĂ©cision reprend une politique introduite par le WEC en 2023. Et mĂȘme si l’IMSA a, jusqu’ici, largement Ă©vitĂ© les grosses polĂ©miques liĂ©es Ă  la BoP, le calendrier interpelle : l’annonce intervient Ă  seulement quelques semaines de la 64e Ă©dition des 24 Heures de Daytona.

Les consĂ©quences de l’adoption par l’IMSA de la politique de “gag order” du WEC

đŸ§Ÿ Un changement de rĂšgle discret
 mais majeur

L’IMSA a publiĂ© son rĂšglement sportif 2026 un peu plus de deux semaines avant la 64e Ă©dition des 24 Heures de Daytona. Un passage a rapidement attirĂ© l’attention dans le paddock : l’article 2.2.3.

Il stipule que : « Les constructeurs, compĂ©titeurs, pilotes, constructeurs (au sens de fabricants), ainsi que toute personne ou entitĂ© associĂ©e Ă  leurs engagements ne doivent pas tenter d’influencer l’établissement de la Balance de Performance ni formuler de commentaires publics concernant le processus de BoP, sa mĂ©thodologie, ses donnĂ©es ou ses rĂ©sultats, y compris, mais sans s’y limiter, des dĂ©clarations faites via les mĂ©dias traditionnels, les mĂ©dias numĂ©riques ou les plateformes de rĂ©seaux sociaux. »

Le texte ajoute : « La dĂ©termination de savoir si une conduite ou une communication constitue une violation de ce qui prĂ©cĂšde, indĂ©pendamment de l’intention, relĂšve exclusivement de la seule discrĂ©tion de l’IMSA. Toute infraction peut ĂȘtre sanctionnĂ©e par les officiels IMSA Ă  tout moment, avant, pendant ou aprĂšs une compĂ©tition IMSA. »

Autrement dit, l’IMSA se rĂ©serve une marge d’apprĂ©ciation totale sur l’intention comme sur la formulation, avec la possibilitĂ© de sanctionner Ă  n’importe quel moment du week-end
 voire aprĂšs.

📉 La BoP a-t-elle Ă©tĂ© un sujet explosif en IMSA ?

AprĂšs les quatre premiĂšres courses de la saison 2025, l’IMSA a pris une mesure forte pour contrer l’ultra-domination de Porsche Penske Motorsport. Un peu plus d’une semaine avant le Grand Prix de Detroit, fin mai, la sĂ©rie a annoncĂ© une modification de la maniĂšre dont ses ajustements de BoP seraient appliquĂ©s, avec l’objectif d’accĂ©lĂ©rer la convergence des performances dans le peloton.

« Des changements interviennent aprĂšs un processus transparent qui prend en compte tous les facteurs de performance », expliquait alors le prĂ©sident de l’IMSA, John Doonan. « Cela devrait animer le plateau et potentiellement augmenter la variĂ©tĂ© des vainqueurs — pas seulement des pilotes sur le podium — sur les courses suivantes. »

« Tous ces changements sont basĂ©s sur un processus guidĂ© par la donnĂ©e », ajoutait Doonan. « Nous avons rĂ©alisĂ© que le processus glissant n’a pas rĂ©agi assez vite dans une compĂ©tition Ă©gale et Ă©quitable. Quand les choses divergent un peu en termes de compĂ©tition, quand vous avez quelques voitures au-dessus de la bande de performance de base et quelques-unes en dessous, vous voulez ramener tout le monde ensemble. »

L’ironie, c’est que la domination initiale de Porsche Ă©tait clairement attribuĂ©e Ă  l’exĂ©cution plutĂŽt qu’à la BoP. StratĂ©gie, rĂ©gularitĂ© et gestion de course — plus que la rĂ©glementation — faisaient la diffĂ©rence. D’oĂč la surprise suscitĂ©e par l’intervention de l’IMSA, d’autant qu’aucun scandale majeur n’avait Ă©clatĂ© au prĂ©alable.

MalgrĂ© cela, Porsche a, Ă  une ou deux reprises, laissĂ© entendre que la BoP jouait un rĂŽle clĂ© dans ses difficultĂ©s ultĂ©rieures. AprĂšs la course de Watkins Glen en juin, le directeur gĂ©nĂ©ral de Porsche Penske Motorsport, Jonathan Diuguid, dĂ©clarait : « Les huitiĂšme et dixiĂšme places ne sont clairement pas ce que nous visons. Mais malheureusement, ce n’est pas entre nos mains. »

Une formulation trĂšs prudente. Mais difficile Ă  mal interprĂ©ter. Est-ce prĂ©cisĂ©ment ce type de message que l’IMSA souhaite dĂ©sormais empĂȘcher ?

🌍 WEC et IMSA : mĂȘme combat, cultures diffĂ©rentes

MĂȘme si l’IMSA et le WEC n’utilisent pas des mĂ©thodologies identiques pour Ă©tablir leur BoP, c’est le systĂšme du WEC qui a gĂ©nĂ©rĂ© ces derniĂšres annĂ©es bien davantage de controverses.

La raison peut tenir autant Ă  la culture qu’au format. Les courses Ă  l’amĂ©ricaine, avec de nombreuses neutralisations et relances, ont tendance Ă  diluer les Ă©carts de performance “purs”. En WEC, oĂč les Ă©preuves se dĂ©roulent souvent de maniĂšre plus organique, les choix de BoP pĂšsent beaucoup plus sur le rĂ©sultat final.

Quoi qu’il en soit, le WEC n’a pas attendu 2026 pour agir. Depuis 2023, son rĂšglement sportif interdit explicitement aux compĂ©titeurs d’influencer ou de commenter publiquement la BoP, avec des sanctions prĂ©vues en cas d’infraction.

Le rĂšglement indique : « Les constructeurs, compĂ©titeurs, pilotes et toute personne ou entitĂ© associĂ©e Ă  leurs engagements ne doivent pas chercher Ă  influencer l’établissement de la BoP ni commenter le processus et/ou les rĂ©sultats, en particulier via des dĂ©clarations publiques, les mĂ©dias et les rĂ©seaux sociaux. »

Et : « Toute infraction aux principes ci-dessus sera sanctionnĂ©e par les commissaires, Ă  tout moment pendant toute compĂ©tition, y compris aprĂšs l’arrivĂ©e. »

Cette approche fait Ă©cho Ă  une disposition plus large du Code sportif international de la FIA, qui permet de sanctionner : « Tout propos, action ou Ă©crit ayant causĂ© un prĂ©judice moral ou une perte Ă  la FIA, Ă  ses organes, Ă  ses membres ou Ă  ses dirigeants, et plus gĂ©nĂ©ralement Ă  l’intĂ©rĂȘt du sport automobile et aux valeurs dĂ©fendues par la FIA. »

Plusieurs autres championnats — mĂȘme sans Ă©crire ce type de rĂšgle noir sur blanc — se rĂ©servent le droit de pĂ©naliser des propos publics jugĂ©s prĂ©judiciables aux instances. La NASCAR en est un exemple marquant, et c’est aussi l’organisation mĂšre de l’IMSA, dont l’IMSA a visiblement hĂ©ritĂ© une partie de la culture rĂ©glementaire.

⚖ Des sanctions ont-elles dĂ©jĂ  Ă©tĂ© appliquĂ©es ?

La menace a-t-elle rĂ©ellement Ă©tĂ© efficace en WEC ? Pas vraiment. La plupart des concurrents ont plutĂŽt optĂ© pour l’allusion et l’euphĂ©misme pour critiquer la BoP, en la surnommant parfois ironiquement « celle dont on ne doit pas prononcer le nom », une rĂ©fĂ©rence humoristique Ă  Harry Potter.

À ce jour, un seul bulletin officiel est Ă©voquĂ©. En juillet 2024, le directeur de l’équipe Toyota Gazoo Racing, Rob Leupen, a Ă©tĂ© sanctionnĂ© aprĂšs avoir rĂ©pondu aux questions de journalistes sur la BoP en WEC.

Le document officiel indiquait : « Le concurrent a rĂ©pondu aux questions d’un journaliste concernant le sujet de la BoP dans le championnat WEC. »

La sanction : une amende de 10 000 €, suspendue pour le reste de la saison 2024, sous rĂ©serve qu’aucune infraction similaire ne soit commise. Depuis, silence


🔼 Conclusion : vers une BoP plus opaque
 mais plus “calme” ?

En reprenant une ligne dure dĂ©jĂ  appliquĂ©e en WEC, l’IMSA cherche clairement Ă  couper court aux polĂ©miques et aux campagnes d’influence autour de la Balance de Performance, qu’elles passent par la presse ou les rĂ©seaux sociaux. Reste Ă  voir si cette stratĂ©gie rĂ©duira rĂ©ellement les tensions
 ou si elle dĂ©placera simplement le dĂ©bat vers des sous-entendus plus difficiles Ă  sanctionner.

Une chose est sĂ»re : Ă  l’approche des 24 Heures de Daytona et des grandes Ă©chĂ©ances Ă  venir, la maniĂšre dont les acteurs s’expriment pourrait devenir presque aussi stratĂ©gique que la course elle-mĂȘme — et l’avenir dira jusqu’oĂč ce silence imposĂ© peut tenir.

❓ Foire aux Questions

Qu’est-ce que la Balance de Performance (BoP) ?

La BoP est un mécanisme utilisé en endurance et en GT pour rapprocher les performances de voitures différentes (concept, moteur, aérodynamique) afin de favoriser une compétition serrée.

Que change concrĂštement la nouvelle rĂšgle IMSA sur la BoP ?

L’article 2.2.3 interdit aux constructeurs, Ă©quipes, pilotes et personnes associĂ©es de tenter d’influencer la BoP et de faire des commentaires publics sur le processus, la mĂ©thodologie, les donnĂ©es ou les rĂ©sultats, y compris via mĂ©dias et rĂ©seaux sociaux.

Quand l’IMSA peut-elle sanctionner une infraction à cette rùgle ?

Le rĂšglement prĂ©cise que l’IMSA peut sanctionner Ă  tout moment : avant, pendant ou aprĂšs une compĂ©tition, et que l’apprĂ©ciation d’une violation relĂšve de sa seule discrĂ©tion, indĂ©pendamment de l’intention.

Pourquoi la BoP fait-elle davantage polĂ©mique en WEC qu’en IMSA ?

D’aprĂšs l’analyse prĂ©sentĂ©e, le format des courses joue un rĂŽle : en IMSA, les neutralisations et relances tendent Ă  rĂ©duire l’impact des Ă©carts. En WEC, oĂč les courses sont plus “fluides”, les dĂ©cisions de BoP influencent davantage les rĂ©sultats.

Y a-t-il dĂ©jĂ  eu une sanction notable liĂ©e Ă  l’interdiction de parler de BoP en WEC ?

Oui. En juillet 2024, Rob Leupen (Toyota Gazoo Racing) a Ă©tĂ© sanctionnĂ© pour avoir rĂ©pondu Ă  des questions de journalistes sur la BoP : une amende de 10 000 €, suspendue pour le reste de la saison 2024 sous condition.

Silence sur la BoP, pas sur vos envies: Porsche 911 en LOA ou LLD, garanties et options souples. Des offres claires et rapides chez Joinsteer.

Joinsteer, votre marketplace automobile

Joinsteer scanne toute l’Europe pour trouver LE vĂ©hicule de vos rĂȘves et vous le dĂ©livrer dans les meilleures conditions.
Visiter la marketplace