La Formule 1 affirme avoir réduit son empreinte carbone de 35% depuis 2018, un gain qu’elle compare à l’équivalent de 100 000 vols passagers Londres–New York. Cette trajectoire s’inscrit dans l’objectif déclaré d’atteindre le « net zéro » à l’horizon 2030.

Une baisse revendiquée de 12% en un an

Dans sa dernière mise à jour sur ses progrès en matière de durabilité, la F1 indique une réduction de 12% sur l’année écoulée par rapport à 2024, en s’appuyant sur plusieurs postes opérationnels : fret, logistique, diffusion et opérations de course.

Du bilan 2018 à aujourd’hui : les chiffres annoncés

La discipline explique être passée d’une base 2018 de 228 793 tonnes d’équivalent dioxyde de carbone (tCO2e) à 148 805 tonnes. Ce résultat inclut l’utilisation de certificats de durabilité (SAFc), qui correspondent à l’achat de crédits liés à du carburant d’aviation durable produit dans la chaîne d’approvisionnement.

100 000 vols transatlantiques retranchés de l’empreinte carbone de la F1

Certificats SAF : baisse comptable, accélération industrielle

La F1 présente cette méthode comme une pratique établie et vérifiée de manière indépendante. L’idée est de permettre aux entreprises de déclarer des émissions plus faibles dans leurs comptes, tout en accélérant le développement côté production de carburants plus propres.

La discipline précise par ailleurs que, même sans recourir aux SAFc, elle déclare une réduction de 21% des émissions « physiques », soit plus de 47 000 tonnes en moins.

Des changements opérationnels concrets sur les sites et les Grands Prix

Usines et installations : -64% depuis 2018

Les émissions ont chuté de 64% au niveau des usines des équipes et des installations de la F1 depuis 2018, notamment grâce à des contrats d’énergie renouvelable.

Énergie dans le paddock européen : des solutions bas carbone généralisées

À partir de l’an dernier, l’ensemble de la partie européenne du calendrier a intégré des solutions d’énergie à faible intensité carbone dans le paddock, comme le solaire, les batteries et l’huile végétale hydrotraitée. La F1 indique que cela a réduit d’environ 90% les émissions dans les zones concernées.

Fret et logistique : route, air et mer dans la mire

La F1 met aussi en avant des solutions de carburants moins carbonés sur plusieurs modes de transport, couvrant la route, l’air et la mer.

Sur le fret terrestre européen, le programme de camions au biocarburant réduirait les émissions associées d’environ 83%. Côté maritime, un premier investissement dans un carburant marin durable a été réalisé en 2025.

Plus de courses, mais moins d’émissions par événement

Malgré l’augmentation du calendrier — de 21 courses en 2018 à 24 lors des deux dernières saisons — la F1 affirme que les émissions liées aux opérations d’événement sont en baisse de 6% au total, et de 17% si l’on raisonne course par course.

Le talon d’Achille : les déplacements professionnels

Les voyages d’affaires (déplacements des personnels des équipes et des équipes de diffusion sur des vols commerciaux) restent la plus grande catégorie d’émissions, représentant 39% de l’empreinte totale, avec une réduction annoncée de 27%.

La F1 souligne que l’aviation mondiale reste, de fait, un passage quasi obligé pour un championnat du monde disputant 24 épreuves, auxquelles s’ajoutent les essais de pré-saison. La croissance récente de la discipline entraîne aussi davantage de personnel en déplacement, ce qui rend l’utilisation de certificats un levier important pour poursuivre la baisse déclarée.

Regrouper les courses et diffuser à distance : le plan pour réduire l’avion

La F1 indique que les émissions liées aux déplacements doivent continuer à diminuer grâce à une rationalisation du calendrier effective à partir de cette année, avec des courses davantage regroupées par région. Elle cite également la montée en puissance des investissements carburants des équipes et l’expansion de ses opérations de diffusion à distance.

Selon la F1, c’est l’outil le plus puissant de l’organisateur, car il réduit le besoin de déplacer par avion des personnes et du matériel. Son plan, baptisé Future Race Operations Programme, vise à transférer plus de 50% de la diffusion et du fret associé de l’aérien vers le maritime ou vers des hubs régionaux d’ici 2030.

La discipline présente cette approche comme une décarbonation réellement opérationnelle, plutôt qu’une réduction reposant sur des certificats. Si elle est déployée à grande échelle, elle serait déterminante pour atteindre un seuil de 50% de réduction absolue par rapport à 2018 et tenir l’objectif de net zéro en 2030.

Conclusion

Entre gains opérationnels, carburants alternatifs et refonte progressive de la logistique de diffusion, la Formule 1 dessine une trajectoire où la réduction « réelle » des déplacements aériens devient centrale. La prochaine décennie dira jusqu’où un championnat mondial peut conjuguer spectacle planétaire et transformation énergétique durable.

Foire aux Questions

Que signifie l’objectif « net zéro » pour la Formule 1 en 2030 ?

La F1 vise à atteindre un niveau d’émissions nettes nul à l’horizon 2030, en combinant des réductions d’émissions et des mécanismes reconnus dans ses bilans, tout en cherchant une baisse absolue d’au moins 50% par rapport à 2018.

Que sont les certificats SAF (SAFc) mentionnés par la F1 ?

Les SAFc sont des certificats liés à l’achat de crédits associés à du carburant d’aviation durable produit dans la chaîne d’approvisionnement. La F1 indique que cette pratique est établie et vérifiée de manière indépendante.

Pourquoi les voyages d’affaires pèsent-ils autant dans l’empreinte carbone ?

Parce qu’un championnat du monde avec 24 courses implique de nombreux déplacements internationaux en avion pour les équipes et la diffusion. La F1 précise que cette catégorie représente 39% de son empreinte totale.

Comment la diffusion à distance peut-elle réduire les émissions ?

En limitant le besoin de transporter par avion du matériel et du personnel. Le Future Race Operations Programme vise à déplacer plus de 50% de la diffusion et du fret associé de l’aérien vers le maritime ou des hubs régionaux d’ici 2030.

La F1 émet-elle moins par course malgré plus d’épreuves au calendrier ?

Oui, la F1 affirme que, malgré le passage de 21 courses en 2018 à 24 ces deux dernières années, les émissions des opérations d’événement sont en baisse de 17% sur une base par course (et de 6% au total).

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