Lance Stroll juge les F1 actuelles « 1000 fois » moins fun que la F3 et attaque les règles 2026

Profitant de la pause d’avril imposée au calendrier, Lance Stroll a repris le volant de machines très différentes. Et la comparaison qu’il dresse est sans appel : pour le pilote Aston Martin, les Formule 1 actuelles sont devenues nettement moins plaisantes à conduire, au point qu’une Formule 3 lui paraît « 1000 fois » plus amusante.
Une pause d’avril qui vire au test grandeur nature
Stroll a notamment participé aux 6 Heures du Paul Ricard (GT World Challenge) au volant d’une Aston Martin Vantage GT3. En parallèle, il explique avoir aussi « testé des voitures de F3 », une méthode classique pour entretenir rythme et condition physique quand la F1 s’arrête.
« 1000 fois plus fun » : le constat brutal sur la conduite
Au retour de ces roulages, Stroll décrit un écart de sensations énorme entre une F3 et une F1 moderne :
« C’est comme 1000 fois plus fun et mieux à conduire, parce que tu as ton pied droit, tu mets ce que tu veux et tu obtiens ce que tu veux. »
Il insiste aussi sur la masse, un élément central du ressenti en virage, au freinage et dans les changements d’appui :
« Même le poids de la voiture… 550, 650 kilos, c’est juste beaucoup plus agréable que 750-800+ kilos. Des choses comme ça. »
Règles 2026 : gestion, “lift-and-coast” et batteries dans le viseur
Ces remarques s’inscrivent dans une série de réponses très sévères à propos du paquet réglementaire 2026, et dans un scepticisme marqué sur l’idée que les ajustements récents puissent transformer radicalement l’expérience de pilotage.
Stroll pointe la place prise par la conduite « à la gestion » :
« J’espère que ce sera mieux, avec tous ces régimes de demi-accélérateur et tout ça. Ça détruit la course, les tours de qualification. J’espère que ce sera un peu plus normal à conduire, qu’on n’y pense pas autant, toute la gestion et le lift-and-coast, et toute la réflexion qu’on met dans ces choses-là. »
Pour lui, la F1 reste loin de ce qu’elle devrait être :
« Mais je pense qu’on est encore très loin de vraies F1. Pousser à fond, sans penser aux batteries. »
Le contraste avec les F1 d’avant : son, agilité, intensité
Stroll raconte avoir regardé des courses plus anciennes durant la coupure, ainsi que le Monaco Historics. Ce visionnage ravive la comparaison entre l’ère actuelle et les décennies passées :
« J’étais en train de regarder au hasard des anciennes courses… J’avais même le Monaco Historics à la TV et j’ai entendu des voitures, des Ferrari du début des années 2000, et comme elles sonnaient bien, comme elles étaient petites et agiles. »
Il évoque aussi des images embarquées (début/milieu des années 2000, puis époques V8 et V10) et la différence d’intensité perçue :
« Et puis ce que ça donne par rapport à maintenant… tu entends ce que c’est aujourd’hui, le caractère des voitures, et à quel point ça avait l’air plus intense, plus excitant à l’époque qu’aujourd’hui. C’est triste, mais j’espère qu’on revient dans cette direction. »
Sur les règlements à venir, il dit en entendre parler, mais rappelle qu’il faudra composer avec la génération actuelle :
« J’entends des rumeurs à ce sujet. Je veux dire, pour les prochains règlements. Mais maintenant, on va devoir vivre avec ceux-là pendant les trois-quatre prochaines années. »
Pourquoi un tel décalage entre discours officiel et ressenti des pilotes
Interrogé sur l’écart entre une communication positive autour de 2026 et la défiance de certains pilotes, Stroll résume l’opposition de points de vue :
« Parce que la F1 est un business et ils veulent protéger leur business et le faire bien paraître, et nous on est pilotes et on sait ce que ça fait de conduire de bonnes voitures. Donc ce sont deux perspectives différentes. »
Il ajoute que l’audience reste au rendez-vous, mais que ceux qui connaissent la course et la conduite “pure” voient les limites actuelles :
« Les gens regardent le sport quoi qu’il arrive… donc la F1 est contente. Mais les pilotes, les fans, les gens qui connaissent vraiment la course, savent ce que c’était avant… Il n’y a aucun moyen de cacher le fait que là, ce n’est pas aussi bien que ça pourrait l’être. C’est loin d’être aussi bien que ça pourrait l’être. »
Un ton inhabituel chez Stroll, mais pas nouveau quand le sujet le touche
Stroll n’est pas réputé pour commenter longuement ou s’aventurer dans les sujets polémiques. Mais lorsqu’il estime un point crucial, il peut se montrer très direct — comme il l’avait déjà été à propos de Spa-Francorchamps il y a deux ans, après la disparition du pilote de Formula Regional Dilano van ’t Hoff.
Sur l’évolution technique, il affirme que la trajectoire était prévisible :
« On l’a vu venir. Tout le monde disait, depuis un an et demi ou peu importe… ajouter ces batteries, enlever de l’appui aux voitures pour supporter les batteries, et tout ça, ça ne s’annonçait pas bien. Et maintenant on a ce à quoi on s’attendait. »
Il glisse aussi une comparaison piquante sur qui souffrirait le plus de la situation actuelle :
« C’est probablement plus frustrant pour Aston Martin que pour Mercedes en ce moment ! Mais c’est la F1. C’est comme ça. J’espère que ça s’améliore. »
Endurance au Paul Ricard : un one-shot “entre amis”
Son engagement en GT3, dans une période où il dit que les F1 sont « moins fun à conduire », a pu alimenter des spéculations. D’autant qu’au Paul Ricard il partageait l’aventure avec l’ex-pilote de F1 Roberto Merhi et le junior Aston Martin Mari Boya.
Stroll explique pourtant qu’il s’agissait d’une opportunité ponctuelle, rendue possible par la coupure imprévue :
« C’était juste pour s’amuser avec des amis. J’ai une Aston GT3 pour des journées de roulage, au Japon on parlait de ce qu’on allait faire pendant le temps off. Donc je me suis mis avec des amis et un peu à la dernière minute, on a monté une voiture et on est allés courir. »
« Je veux en être » : pas de sortie de la F1 envisagée
Malgré ses critiques sur la direction technique — et alors qu’il décrit le projet Aston Martin-Honda comme ayant « horriblement » commencé — Stroll assure ne pas envisager un départ de la F1.
Il insiste sur sa foi dans le potentiel de l’équipe et cite des éléments structurels et humains :
« J’ai encore beaucoup de croyance dans ce projet et je pense encore que le projet est loin de notre potentiel. Adrian [Newey] a rejoint l’équipe, on a la nouvelle usine, la nouvelle soufflerie, des choses que tout le monde connaît — et je crois que cette équipe a beaucoup de potentiel. »
Et il projette un scénario qui, pour lui, serait difficile à accepter :
« Si dans deux-trois ans je suis assis sur le canapé, je regarde deux voitures vertes à l’avant du peloton et que je n’en fais pas partie, ça me dérangera. Oui, je veux en être. »
Enfin, il relie sa motivation sportive à un souhait partagé dans le paddock :
« Et j’espère que… quand et si ça arrive, les voitures deviennent meilleures et plus fun à conduire. Ce que tous les pilotes aimeraient. Je veux dire, ce n’est pas seulement moi. Je pense que certains gars peuvent le dire, certains ne peuvent pas le dire à cause des contrats et tout ça. »
Foire aux Questions
Pourquoi Lance Stroll dit-il que la F3 est plus agréable à conduire que la F1 actuelle ?
Après avoir testé des monoplaces de F3, Stroll explique que la réponse à l’accélérateur est plus directe : « tu mets ce que tu veux et tu obtiens ce que tu veux ». Il souligne aussi le poids nettement inférieur d’une F3, qu’il associe à une voiture plus vive et plus plaisante.
Qu’est-ce que le “lift-and-coast” évoqué par Stroll ?
C’est une technique où le pilote lève le pied plus tôt (lift) et laisse la voiture rouler en roue libre (coast) avant de freiner, afin d’économiser de l’énergie et/ou du carburant. Stroll estime que cette logique de gestion nuit à la course et aux tours de qualification.
Que critique-t-il précisément dans la direction prise par les règles 2026 ?
Il vise l’augmentation de la gestion liée à l’énergie (batteries) et l’idée que l’on retire des performances aérodynamiques (appui) pour intégrer ces contraintes. Pour lui, cela éloigne la F1 d’un pilotage “à fond” en permanence.
Pourquoi sa course en GT3 au Paul Ricard a-t-elle fait parler ?
Parce qu’elle survient alors qu’il dit que les F1 sont moins amusantes à conduire, ce qui pouvait alimenter des doutes sur sa motivation. Mais Stroll présente cette course comme un événement ponctuel “pour le plaisir”, rendu possible par la pause du calendrier.
Envisage-t-il de quitter Aston Martin ou la F1 ?
Non. Il affirme vouloir rester impliqué dans le projet Aston Martin-Honda, mentionne l’arrivée d’Adrian Newey et les nouvelles infrastructures, et dit qu’il serait frustré de voir l’équipe gagner sans lui dans quelques années.
Conclusion
Entre plaisir de pilotage et contraintes techniques modernes, la sortie de Stroll met en lumière un débat central : à quoi doit ressembler une Formule 1 “authentique” à l’ère de l’électrification partielle. Les prochaines saisons diront si la discipline parvient à réconcilier performance, spectacle et sensations — et si le futur peut ramener cette intensité que tant de pilotes disent regretter.
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