McLaren, cap sur la 1000e course à Monaco : l’histoire d’un anniversaire pensé pour les fans

La route vers 1000 courses n’a pas toujours été un long fleuve tranquille pour McLaren. Mais ces dernières années, l’écurie a clairement retrouvé son élan.
À l’approche de Monaco, McLaren débarque non seulement en tant que champion du monde en titre des constructeurs, avec Lando Norris sacré champion du monde des pilotes, mais aussi avec une célébration historique : sa 1000e course, un cap que seule une autre équipe — Ferrari — a déjà atteint.
Au cœur de la célébration, une stratégie tournée vers le public
Pendant que Zak Brown et Andrea Stella gèrent l’action en piste, et que Norris et son coéquipier Oscar Piastri se concentrent sur le pilotage, une autre pièce maîtresse œuvre en coulisses : Louise McEwen.
En tant que directrice marketing (CMO) de McLaren Racing, McEwen veut s’assurer que ce jalon ne soit pas uniquement une fête interne, mais un moment partagé avec celles et ceux qui ont soutenu l’équipe au fil des 60 dernières années.
« Tout commence avec les fans », explique McEwen, au sein de l’équipe depuis 2014.
« Qu’ils soient présents sur place ou qu’ils interagissent avec nous en ligne, l’objectif est de leur donner le sentiment d’être plus proches de l’équipe, d’une manière authentique et porteuse de sens. S’ils repartent en se sentant plus connectés à McLaren, plus investis dans notre aventure, et faisant partie de notre histoire, alors on sait qu’on a réussi. »
Louise McEwen, CMO de McLaren Racing (2022).
Louise McEwen, une trajectoire étroitement liée à McLaren
McEwen a rejoint McLaren Racing comme directrice de marque en 2017. Avant cela, elle travaillait déjà avec l’équipe en tant que consultante depuis 2014. Mais son lien avec l’univers McLaren est plus ancien encore.
Durant neuf ans, l’actuelle CMO a travaillé pour le groupe Vodafone sur des partenariats et parrainages mondiaux, dont celui de sponsor-titre de l’équipe à l’époque où elle s’appelait Vodafone McLaren Mercedes.
Elle décrit son rôle comme un mélange de responsabilité et de privilège : porter le récit d’une des équipes les plus historiques de la Formule 1.
Interrogée sur son « avantage » — plus de vingt ans de proximité avec la marque —, elle reconnaît une perspective particulière :
« Je pense que cela me donne une perspective unique. J’ai eu la chance de vivre une part importante du parcours récent de McLaren, et cela apporte une vraie fierté quand on réfléchit à ce que représente ce jalon. »
Pour autant, elle refuse l’idée d’un héritage figé. Pour elle, l’histoire de McLaren n’est pas statique : elle évolue en permanence.
« Faire partie de l’équipe à ce moment-là, alors que l’on célèbre notre 1000e grand prix, c’est incroyablement significatif. C’est l’occasion de reconnaître tout ce qui a précédé, de célébrer ce que l’équipe a accompli ensemble, et de continuer à construire l’élan pour la suite. »
De Miami à Monaco : quand le calendrier force un pivot
Selon McEwen, l’héritage McLaren, c’est une succession de succès, de revers et de retours au premier plan. Et le chemin vers la 1000e course a, lui aussi, suivi cette logique.
Au départ, l’anniversaire devait tomber lors du Grand Prix de Miami 2026. McLaren avait donc lancé les préparatifs dès le début de l’année 2025, avec l’idée de marquer le coup aux États-Unis.
Mais à la mi-mars, la Formule 1 a annoncé l’annulation des Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite en raison du conflit en cours au Moyen-Orient. Le calendrier a basculé.
À ce moment-là, McLaren n’était plus qu’à moins de 11 semaines de McLaren Racing Live: Miami, une activation géante destinée aux fans, organisée au Regatta Harbour de Miami.
La réponse a été rapide : transformer la contrainte en récit.
« Quand le calendrier a changé, nous avons dû nous adapter vite. Plutôt que de voir Miami comme le jalon en lui-même, nous l’avons repositionné comme le lancement de notre campagne autour du 1000e Grand Prix. »
« Ce pivot de Miami vers Monaco est devenu une partie importante du récit, ancrée dans la réalité du sport. Il n’y a aucune garantie en Formule 1, et atteindre 1000 courses est quelque chose qui se mérite avec le temps. Dans ce sens, le parcours entre ces deux courses a fini par représenter à quel point il est significatif que McLaren ait traversé 1000 grands prix. »
McLaren Racing Live: Miami, un moment massif pour la « Papaya Army »
Dans les faits, l’événement de Miami a été un succès.
Sur place, difficile de dire que l’équipe a raté une occasion de surprendre et de ravir sa base de fans, la « Papaya Army ». De nombreux supporters avaient fait le déplacement de très loin pour goûter à l’expérience McLaren.
Au programme : un showrun mettant en scène des voitures iconiques de McLaren, des apparitions de pilotes d’hier et d’aujourd’hui, des activations partenaires, ainsi que le lancement de McLaren Golf.
L’événement était dense, pensé pour une communauté venue en nombre — tenue papaye obligatoire —, jusqu’à voir passer « trois très bons garçons » : Oscar Pawastri, Landog Norris et Zak Bark, descendus au port pour rencontrer les fans… et leurs homonymes.
McEwen rappelle que Miami devait être le grand rendez-vous populaire de cette célébration.
« Miami a toujours été conçu comme notre principal moment fans : une expérience immersive, à grande échelle, où nous pouvions réunir des milliers de personnes et célébrer ce cap de manière ouverte et accessible. »
Mais Monaco impose d’autres contraintes — et une autre émotion.
« Monaco, par nature, est très différent. Logistiquement, cela ne se prête pas à la même activation à grande échelle, centrée sur les fans. Nous avons donc pris une approche légèrement différente, en allant vers une expérience plus curatée et, d’une certaine manière, plus émotionnelle. »
Monaco, une boucle narrative parfaite : retour là où tout a commencé
Malgré les annulations indépendantes de sa volonté, McLaren s’est retrouvée face à une situation presque poétique.
En 1966, un Néo-Zélandais prénommé Bruce disputait pour la première fois le Grand Prix de Monaco. Presque exactement 60 ans plus tard, l’équipe qu’il a fondée revient dans la principauté pour sa 1000e course.
Bruce McLaren au Grand Prix de Monaco 1966 — crédit photo : The Cahier ArchiveLoLo.
McEwen y voit une cohérence qui dépasse le simple hasard du calendrier :
« Même si ce n’était pas notre plan initial, il y avait quelque chose d’incroyablement approprié à atteindre ce jalon à Monaco. »
« C’est là que notre histoire en Formule 1 a commencé, avec la M2B, notre toute première voiture de F1, qui y a couru en 1966, pilotée par Bruce McLaren lui-même. »
Une célébration plus intime : la M2B, la MCL40 et la mémoire vivante
À l’opposé du grand spectacle de Miami, McLaren a marqué Monaco par une célébration plus intime et plus poignante.
Jeudi, des vainqueurs de courses McLaren, passés et présents, se sont réunis pour une photo sur la piste, encadrés par la M2B originelle et la MCL40 actuelle. Mika Häkkinen, figure emblématique de l’histoire McLaren, a ensuite pris le volant de la M2B pour un tour de Monaco.
Vainqueurs McLaren d’hier et d’aujourd’hui, réunis autour de la M2B et de la MCL40.
McEwen insiste sur la fierté d’avoir remis la M2B en état de rouler, après plus de 15 ans sans prendre la piste. Et la voir bouger dans Monaco, avec Häkkinen, a amplifié le symbole.
« Voir la M2B rouler sur le circuit de Monaco aux côtés de notre actuelle Formule 1 était extrêmement spécial. C’était vraiment assez émotionnel, et un rappel très concret du chemin parcouru par l’équipe, des débuts jusqu’à aujourd’hui. »
« Même si ce n’était pas notre plan initial, cela a fini par devenir une célébration très spéciale et poignante, et à bien des égards plus significative. »
Mika Häkkinen au volant de la M2B à Monaco (2026).
Plus qu’un chiffre, une trajectoire : « Forever Forward »
Pour McEwen, ces 1000 grands prix n’ont jamais été une question de comptabilité.
Il s’agit de capturer un voyage : de Bruce McLaren et la M2B en 1966, jusqu’à une équipe de nouveau capable de se battre aux avant-postes en Formule 1.
Quand on lui demande de résumer l’histoire de McLaren en une seule expression, sa réponse fuse : « Forever Forward ».
La formule tombe juste : le retour de la M2B dans les rues de Monaco rappelle avec force le point de départ, mais l’anniversaire n’est pas conçu comme un regard dans le rétroviseur. Il célèbre la distance parcourue, la direction à venir, et la place centrale des fans dans cette continuité.
Conclusion
Entre un plan initial construit autour de Miami et un basculement vers Monaco imposé par les événements, McLaren a transformé une contrainte en histoire — et une histoire en émotion. Dans la principauté, là où tout a commencé en 1966, la 1000e course a pris une dimension intime, presque familiale, sans jamais perdre de vue l’essentiel : le lien avec ceux qui suivent l’équipe depuis des décennies.
Et si cette célébration rappelle d’où vient McLaren, elle dit surtout où elle veut aller : toujours vers l’avant.
Foire aux Questions
Pourquoi la 1000e course de McLaren est-elle un événement rare en Formule 1 ?
Parce qu’atteindre 1000 participations à un Grand Prix exige des décennies de présence continue au plus haut niveau. Dans le texte, il est précisé qu’une seule autre équipe a déjà franchi ce cap : Ferrari.
Qui pilote chez McLaren au moment de cette 1000e course ?
Lando Norris et Oscar Piastri forment le duo de pilotes mentionné. Norris est présenté comme champion du monde des pilotes au moment où l’équipe arrive à Monaco.
Quel était le plan initial pour célébrer ce jalon, et pourquoi a-t-il changé ?
La célébration devait initialement coïncider avec le Grand Prix de Miami 2026. Après l’annulation des Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite, le calendrier a été modifié, ce qui a déplacé le jalon vers Monaco. McLaren a alors repositionné Miami comme lancement de la campagne du 1000e Grand Prix.
Qu’est-ce que McLaren Racing Live: Miami ?
C’est une grande activation dédiée aux fans, organisée au Regatta Harbour à Miami, avec notamment un showrun de voitures McLaren, des apparitions de pilotes, des activations partenaires, et le lancement de McLaren Golf.
Quelle est la signification de la M2B dans la célébration à Monaco ?
La M2B est la toute première Formule 1 de McLaren. Elle a couru à Monaco en 1966, pilotée par Bruce McLaren. Pour la célébration, la voiture a été remise en piste après plus de 15 ans d’arrêt et conduite à Monaco par Mika Häkkinen, aux côtés de la MCL40 actuelle.
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