Pendant que les quatre Ă©quipes de pointe se renvoient la question de la meilleure voiture du moment, un point fait consensus : personne ne place McLaren en tĂȘte.

McLaren est-elle vraiment seulement la quatriÚme équipe la plus rapide en F1 2026 ?

Mercedes estime que Red Bull est la référence ; Red Bull se voit quatriÚme derriÚre Ferrari, Mercedes et McLaren ; Ferrari place Mercedes et Red Bull légÚrement devant ; et McLaren, de son cÎté, a plutÎt désigné Ferrari et Mercedes comme moteurs du début de cycle.

Alors, l’équipe championne en titre est-elle rĂ©ellement en retrait au lancement de la nouvelle Ăšre rĂ©glementaire ? Ou a-t-elle simplement rĂ©ussi Ă  rester sous le radar Ă  un moment oĂč personne ne semble vouloir s’exposer ?

À ce stade, impossible de trancher dĂ©finitivement : lire la performance relative Ă  partir des essais est plus complexe que jamais, notamment Ă  cause des Ă©normes variations liĂ©es aux tactiques de gestion d’énergie.

Mais en recoupant les donnĂ©es brutes des longs relais (toujours l’indicateur le plus parlant) avec la communication interne de McLaren, une tendance se dessine : McLaren n’est probablement pas aussi forte qu’elle le souhaiterait aujourd’hui.

Et ce qui est vrai maintenant ne le restera pas forcĂ©ment jusqu’au premier Grand Prix : McLaren semble devoir combler un retard dans un domaine clĂ©.

🧭 Un constat partagĂ© : McLaren n’est pas la rĂ©fĂ©rence

MalgrĂ© des lectures divergentes sur l’ordre exact, aucune des Ă©quipes ne cite McLaren comme leader. Cette absence de consensus
 se transforme en consensus sur un point : McLaren n’est pas “la voiture Ă  battre” pour l’instant.

📉 L’histoire du rythme : moins confortable qu’il y a 12 mois

Ce qui ressort Ă  la fois des analyses de longs relais et des propos chez McLaren, c’est que l’équipe n’est pas dans la position trĂšs confortable qu’elle avait 12 mois plus tĂŽt, lorsqu’elle disposait d’un avantage en dĂ©but de saison.

Oscar Piastri ne s’attend pas Ă  revoir un scĂ©nario oĂč McLaren dĂ©marre en patron, comme en 2025 :

« Nous n’allons certainement pas sortir et avoir la performance que nous avions Ă  Melbourne l’annĂ©e derniĂšre. »

Des donnĂ©es de simulation de course, rĂ©alisĂ©es Ă  des moments comparables lors de la derniĂšre journĂ©e d’essais Ă  BahreĂŻn, expliquent pourquoi ce diagnostic s’impose.

đŸ§Ș Trois simulations de course comparĂ©es (vendredi soir)


Kimi Antonelli (Mercedes)
Début : vendredi 17h37
Relais 1 : tendres, 16 tours (moy. 1’40”128)
Relais 2 : durs, 12 tours* (moy. 1’38”547)
Relais 3 : pas de données

Lewis Hamilton (Ferrari)
Début : vendredi 17h14
Relais 1 : tendres, 17 tours (moy. 1’40”280)
Relais 2 : durs, 17 tours (moy. 1’38”929)
Relais 3 : mĂ©diums, 6 tours* (moy. 1’37”461)

Oscar Piastri (McLaren)
Début : vendredi 16h57
Relais 1 : tendres, 11 tours (moy. 1’40”947)
Relais 2 : mĂ©diums, 20 tours (moy. 1’39”604)
Relais 3 : durs, 18 tours* (moy. 1’38”472)

* Relais comprenant des tours perdus à cause de problÚmes de chronométrage


Andrea Stella (directeur d’équipe McLaren) considĂ©rait ces trois runs comme rĂ©vĂ©lateurs de la photographie du moment :

« Je peux confirmer que l’allure en course de Ferrari semble assez compĂ©titive dans la simulation rĂ©alisĂ©e par [Lewis] Hamilton. Je pense qu’Antonelli et Hamilton Ă©taient plus rapides que nous. »

Pour autant, extrapoler un “retard” simple à partir d’un seul repùre serait trompeur. Conclure que McLaren doit trouver environ 20 secondes sur une distance de Grand Prix à partir de cette unique comparaison serait incorrect.

Ce qui ressort de plus en plus pendant ces essais, c’est que, au-delĂ  des diffĂ©rences de performance intrinsĂšques entre les voitures, l’écart dĂ©pend beaucoup de la capacitĂ© de chaque Ă©quipe Ă  maĂźtriser le rĂšglement et Ă  dĂ©bloquer le potentiel rĂ©el de son package.

Stella l’a d’ailleurs formulĂ© de maniĂšre trĂšs directe :

« Les premiÚres indications, du point de vue de la compétitivité, placent définitivement Ferrari et Mercedes en haut de la liste en termes de préparation du point de vue performance. »

Comme pour toutes les Ă©quipes, le rythme de McLaren reste entourĂ© d’incertitudes liĂ©es aux programmes de roulage. Exemple concret : le meilleur tour de Norris le deuxiĂšme jour a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© au dĂ©but d’un relais avec au moins 16 tours de carburant Ă  bord, et avec des pneus mĂ©diums.

Un ajustement généreux de ce chrono pourrait représenter 1,2 seconde et replacer Norris au niveau du meilleur temps de Kimi Antonelli. Mais de nombreuses autres variables entrent en jeu.

⚡ Pourquoi la lecture est si difficile : la gestion d’énergie change tout

Le principal facteur qui complique la hiĂ©rarchie en essais, c’est l’ampleur des variations liĂ©es aux stratĂ©gies et rĂ©glages de gestion d’énergie. Les Ă©carts ne reflĂštent pas seulement l’aĂ©rodynamique ou les pneus : ils reflĂštent aussi la maniĂšre dont chaque Ă©quipe exploite (ou non) les systĂšmes et paramĂštres liĂ©s Ă  l’énergie.

Et selon Piastri, le diffĂ©rentiel entre une gestion “maĂźtrisĂ©e” et une gestion “dans le flou” peut ĂȘtre Ă©norme :

« Il y a tellement de choses que toutes les Ă©quipes doivent encore rĂ©gler. La diffĂ©rence entre bien faire et se tromper, ce n’est pas quelques centiĂšmes, ou mĂȘme quelques dixiĂšmes : c’est beaucoup. Parfois, c’est plus d’une demi-seconde si ça se passe vraiment mal. »

Il ajoute que cette incertitude touche directement l’auto-Ă©valuation :

« Je pense qu’on ne sait probablement mĂȘme pas quel est notre vrai rythme, parce qu’on ne sait pas quels problĂšmes sont inhĂ©rents et impossibles Ă  corriger. On ne sait pas quels problĂšmes on peut corriger demain. On ne sait pas quels problĂšmes on peut corriger pour la course 1 — et je pense que 11 Ă©quipes auront des pensĂ©es similaires. »

🏭 LĂ  oĂč McLaren doit rattraper : la comprĂ©hension du nouveau rĂšglement cĂŽtĂ© “power unit”

La remarque de Stella sur des Ă©quipes “prĂȘtes” semble reflĂ©ter une idĂ©e apparue dĂšs les premiers roulages : les Ă©quipes n’en sont pas au mĂȘme stade de comprĂ©hension des nouvelles rĂšgles.

L’impression gĂ©nĂ©rale est que les Ă©quipes “usine”, en particulier Mercedes et Ferrari, ont dĂ©marrĂ© fortement sur l’extraction de performance. Ce n’est pas illogique : leurs dĂ©partements moteurs ont travaillĂ© pendant des annĂ©es sur les concepts de groupe propulseur, en avançant de concert avec leurs Ă©quipes chĂąssis.

À l’inverse, mĂȘme si les Ă©quipes clientes comme McLaren, Williams ou Alpine peuvent disposer du mĂȘme matĂ©riel et des mĂȘmes outils logiciels que l’équipe usine, elles doivent malgrĂ© tout atteindre un niveau de comprĂ©hension de base des groupes propulseurs — et cela prend du temps.

DĂšs la premiĂšre journĂ©e Ă  BahreĂŻn, le chef designer Rob Marshall expliquait que McLaren Ă©tait encore dans une phase oĂč il s’agissait de « comprendre les caractĂ©ristiques de la voiture sans chercher Ă  la rĂ©gler finement ».

InterrogĂ© sur l’idĂ©e que les Ă©quipes usine brillent grĂące Ă  un avantage de connaissance, Marshall a rĂ©pondu :

« Il se pourrait qu’il y ait un peu de ça. Chez les motoristes, la premiĂšre personne vers qui ils se tournent lorsqu’ils ont besoin d’un conseil ou d’aide sur la simulation, ce sera l’équipe usine. C’est naturel. Donc oui, je pense qu’il y a un avantage. Mais, Ă  l’inverse, il y a aussi des inconvĂ©nients Ă  ĂȘtre une Ă©quipe usine. Donc c’est un Ă©quilibre. »

📌 Une hiĂ©rarchie provisoire
 et peut-ĂȘtre dĂ©jĂ  en mouvement

À l’instant T, McLaren semble bel et bien Ă  l’arriĂšre du quatuor de tĂȘte.

Mais il reste encore plusieurs jours de roulage pour comprendre comment tirer le maximum des monoplaces 2026. Ce qui paraĂźt vrai aujourd’hui peut ne plus l’ĂȘtre trĂšs vite.

Marshall insiste sur la vitesse Ă  laquelle l’écart de connaissance entre Ă©quipes usine et clientes peut se refermer, notamment parce que les modĂšles et cartes utilisĂ©s en simulation Ă©voluent sans cesse Ă  mesure que les donnĂ©es rĂ©elles arrivent :

« Une grande partie du travail initial était basée sur des chiffres aéro qui étaient une supposition complÚte. Et le travail plus tardif aurait été basé sur des chiffres aéro plus évolués mais toujours pas prouvés. »

« Maintenant, les cartographies que nous enverrons pour les simulations, celles qui seront utilisĂ©es pour affiner le groupe propulseur, seront diffĂ©rentes demain de ce qu’elles Ă©taient hier. Tout Ă©volue. »

« Je pense que nous allons arriver au stade oĂč tout le monde rattrape rapidement, parce que tout le monde a dĂ©sormais des donnĂ©es rĂ©elles de vraies voitures. Niveaux de traĂźnĂ©e, niveaux d’appui, bizarreries Ă©ventuelles : toutes ces petites choses prennent vie. »

🔼 Conclusion : McLaren n’est pas devant
 mais rien n’est figĂ©

Les longs relais et les dĂ©clarations cĂŽtĂ© McLaren convergent : l’équipe ne se perçoit pas comme la plus prĂȘte ni la plus rapide Ă  ce stade, et Ferrari comme Mercedes donnent l’impression d’ĂȘtre plus “au point” dans l’exploitation de la nouvelle donne 2026.

Mais l’ampleur des effets liĂ©s Ă  la gestion d’énergie et l’apprentissage accĂ©lĂ©rĂ© des Ă©quipes clientes laissent la porte ouverte Ă  un basculement rapide. La vĂ©ritĂ© des essais n’est qu’une photo ; la saison, elle, est un film — et le prochain chapitre peut encore tout changer.

Foire aux Questions

❓ Pourquoi les longs relais sont-ils si importants pendant les essais ?

Parce qu’ils donnent une indication plus fiable du rythme global en conditions proches de la course. MĂȘme si les plans de roulage (carburant, pneus, objectifs) restent inconnus, les tendances sur la durĂ©e sont souvent plus parlantes qu’un tour rapide isolĂ©.

❓ Pourquoi la hiĂ©rarchie est-elle plus difficile Ă  lire en 2026 ?

Les variations dues aux tactiques de gestion d’énergie peuvent fortement modifier le chrono. Selon Oscar Piastri, faire “bien” ou “mal” sur ce volet peut reprĂ©senter un Ă©cart trĂšs important, parfois supĂ©rieur Ă  une demi-seconde.

❓ McLaren est-elle vraiment la 4e force parmi les top teams ?

À l’instant prĂ©sent, c’est l’impression qui se dĂ©gage, et Andrea Stella a indiquĂ© que, sur une comparaison de simulations, Mercedes et Ferrari semblaient plus rapides. Mais extrapoler un retard fixe (par exemple sur une distance de Grand Prix) Ă  partir d’un seul repĂšre serait trompeur.

❓ Qu’est-ce qui peut expliquer un avantage des Ă©quipes “usine” au dĂ©but ?

Les Ă©quipes usine (notamment Mercedes et Ferrari) bĂ©nĂ©ficient d’une continuitĂ© de connaissances entre moteur et chĂąssis, avec des annĂ©es de dĂ©veloppement coordonnĂ©. Rob Marshall souligne aussi que les motoristes se tournent naturellement d’abord vers l’équipe usine lorsqu’il faut aider sur la simulation, ce qui peut crĂ©er un avantage initial.

❓ Pourquoi la situation peut-elle changer rapidement avant le dĂ©but de saison ?

Parce que les Ă©quipes disposent dĂ©sormais de donnĂ©es rĂ©elles issues des vraies voitures. Selon Rob Marshall, les cartes et paramĂštres envoyĂ©s en simulation Ă©voluent au jour le jour, et cette arrivĂ©e massive de donnĂ©es peut accĂ©lĂ©rer la comprĂ©hension et rĂ©duire rapidement l’écart entre Ă©quipes usine et clientes.

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