Mercato F1 : les dossiers qui restent ouverts après la prolongation de Verstappen

Une pièce majeure du marché des pilotes en Formule 1 vient de se verrouiller : Max Verstappen a renouvelé son engagement avec Red Bull jusqu’à la fin de 2030.
Cette décision écarte quasiment l’hypothèse de grands bouleversements au sommet pour la saison suivante, mais plusieurs questions de mercato restent ouvertes.
Voici les principaux dossiers encore à trancher maintenant que Verstappen a choisi de ne pas provoquer un départ retentissant.
Red Bull : un casse-tête interne qui se complexifie
Avec la place de Verstappen désormais certaine pour 2027, Red Bull peut concentrer son attention sur les trois autres baquets de son “écurie élargie”. Isack Hadjar semble en bonne voie pour rester, mais il existe une possibilité que la combinaison de sa blessure et des piges de Liam Lawson (en remplacement) change la donne.
Le duo le plus susceptible d’évoluer se situe toutefois chez Racing Bulls. Les performances de Nikola Tsolov, leader du championnat de Formule 2, le rapprochent d’une promotion et cela pourrait créer un vrai problème de gestion d’effectif.
Red Bull voudra conserver Arvid Lindblad en F1 après une solide saison de rookie, mais les prestations de Lawson dans l’autre Racing Bulls répondent exactement au rôle que l’équipe attend de lui.
Conséquence : pour définir la composition 2027 de son équipe B, Red Bull devra vraisemblablement choisir entre accélérer la progression de Tsolov, ou maintenir une formation de pilotes qui a bien fonctionné cette année.
Fernando Alonso repousse sa grande décision
Fernando Alonso a, à un moment, semblé être l’un des acteurs clés du marché des pilotes.
S’il avait décidé que cette saison serait sa dernière, cela aurait pu libérer un baquet potentiellement intéressant pour 2027, même si Aston Martin traverse une saison 2026 difficile.
Mais alors qu’il avait expliqué avant la trêve estivale vouloir utiliser le mois d’août pour décider de la suite, Alonso est revenu de vacances en repoussant un peu l’échéance.
Il a indiqué qu’il devait encore clarifier dans sa tête si l’envie de se battre était toujours là — tout en affirmant qu’il courra quelque part, que ce soit en F1, au Dakar ou à l’Indy 500.
Alonso a aussi laissé entendre que toute avancée sur un nouveau contrat dépendrait de ce que souhaitent le propriétaire Lawrence Stroll et le directeur d’équipe Adrian Newey, qu’il n’a pas encore pu voir pendant la pause.
Une discussion ne pourrait avoir lieu qu’à l’occasion d’un Grand Prix, ou lors de sa prochaine visite à l’usine de Silverstone.
« En m’asseyant avec Lawrence et Adrian, si l’équipe a besoin que je pilote, je considérerai [cette option] », a-t-il dit.
« Je serai heureux si je peux être plus utile dans un autre rôle, je considérerai [aussi] et j’en serai heureux également. »
D’un côté, ces propos montrent une part d’incertitude — chez le pilote comme dans l’équipe — sur la suite. Mais, concrètement, l’ambiguïté principale concerne probablement le niveau de compétitivité d’Aston Martin en 2027.
Si la saison prochaine démarre comme celle-ci, Alonso pourrait estimer qu’il peut se passer de l’engagement total qu’exige une nouvelle campagne en F1. À l’inverse, si l’évolution Honda de ce week-end confirme les promesses entrevues au banc et lors de la journée de roulage en Hongrie, et si Aston Martin parvient à exploiter de nouveaux progrès via son châssis “B-spec”, alors l’enthousiasme pour boucler un accord pourrait remonter.
Au moment où Alonso reverra Stroll “senior” plus longuement — très probablement à l’usine de Silverstone — Zandvoort sera derrière eux et le potentiel réel d’Aston Martin sera plus lisible.
Il n’y a d’ailleurs pas d’urgence extrême : d’autres candidats de premier plan évoqués ces derniers mois, comme Max Verstappen et Carlos Sainz, se sont désormais engagés ailleurs.
Au final, la trajectoire la plus probable semble mener vers une nouvelle prolongation pour Alonso.
Alpine : la piste “coup” se referme, Colapinto se rapproche d’une prolongation
Le conseiller exécutif d’Alpine, Flavio Briatore, avait lancé il y a quelques mois qu’il attendrait de voir ce que Mercedes ferait avec George Russell et Kimi Antonelli avant de décider qui serait l’équipier de Pierre Gasly en 2027.
L’idée était de se tenir prêt à profiter d’une éventuelle implosion chez le constructeur allemand pour tenter de récupérer l’un de ses pilotes — une opportunité jugée très improbable, mais trop tentante pour être ignorée.
Avec cette porte désormais pratiquement fermée, le titulaire Franco Colapinto paraît de plus en plus proche d’une prolongation, à condition qu’il continue sur sa lancée.
L’Argentin avait connu un début compliqué chez Alpine l’an dernier : difficulté à répondre aux attentes élevées, frustrations, adaptation laborieuse. Mais une meilleure fin de saison 2025, et une dynamique prolongée cette année, indiquent qu’il fait ce qu’il faut pour rester.
Colapinto dit se sentir « plus heureux que l’an dernier » et plus à l’aise dans l’équipe, tout en sachant que Briatore est un dirigeant exigeant qui demandera encore davantage.
Compte tenu de la place d’Alpine dans la hiérarchie et des priorités actuelles — améliorer la voiture et les structures de l’équipe — la progression de Colapinto correspond à ce qui est attendu pour conserver son baquet.
Briatore a récemment expliqué que Colapinto s’était amélioré « de 100% » entre l’an dernier et cette année, tout en voulant voir cette progression se poursuivre.
Si Colapinto maintient ce niveau, tout indique que l’accord a de bonnes chances d’aboutir. Il pourrait toutefois devoir patienter : Briatore apprécie particulièrement l’idée de garder ses pilotes “affamés”.
Haas : la concurrence s’intensifie autour du baquet d’Esteban Ocon
Esteban Ocon dispose d’une option dans son contrat Haas pour 2026, mais depuis un certain temps, sa trajectoire se rapproche d’une sortie, avec plusieurs alternatives possibles.
Il reste néanmoins dans la course, notamment après des performances en progrès avant la trêve d’août.
Le problème, pour Ocon, est que Haas a de nombreuses options et adopte une approche patiente pour choisir l’équipier d’Ollie Bearman, qui est sous option pour 2027.
Un accord existe pour accueillir en prêt le leader du championnat de Formule 2, Leonardo Fornaroli (lié à McLaren), si Haas le souhaite. Fornaroli a laissé une impression positive lors d’un test d’une Haas 2025 à Jerez plus tôt cette année.
Le pilote de pointe actuel en F2, Rafael Camara, doit lui aussi bientôt piloter la voiture 2025 et figure également parmi les options. Ferrari, qui l’a sous contrat, pousse pour qu’il obtienne ce baquet, même s’il est important de noter que Ferrari n’a pas de contrôle direct sur cette place.
Ryo Hirakawa (sous contrat Toyota) et le pilote de réserve Jack Doohan figurent aussi dans les effectifs et ne doivent pas être écartés.
Foire aux Questions
Pourquoi la prolongation de Max Verstappen change-t-elle le mercato F1 ?
Parce qu’en restant chez Red Bull jusqu’à fin 2030, Verstappen verrouille l’un des baquets les plus convoités et réduit fortement les scénarios de “dominos” qui peuvent déclencher de gros mouvements dans les top teams.
Qu’est-ce qu’une “option” dans un contrat de pilote (exemple : Ocon chez Haas) ?
Une option est une clause qui permet de prolonger (ou non) un engagement pour une saison supplémentaire selon des conditions prévues à l’avance. Cela peut dépendre d’une décision de l’équipe, du pilote, ou d’objectifs définis.
Pourquoi Red Bull hésiterait entre garder sa paire actuelle et promouvoir un pilote de F2 ?
Promouvoir un jeune leader de F2 comme Nikola Tsolov peut accélérer son apprentissage en F1, mais cela peut aussi perturber un équilibre qui fonctionne déjà. À l’inverse, conserver une formation performante peut sécuriser des résultats, au risque de ralentir l’intégration d’un talent en pleine ascension.
Que signifie “châssis B-spec” évoqué pour Aston Martin ?
Il s’agit d’une évolution majeure du châssis, une sorte de version améliorée introduite en cours de développement. Si cette base progresse, elle peut changer le niveau de performance perçu et donc peser sur la décision d’un pilote comme Fernando Alonso pour la suite.
Pourquoi Haas parle-t-elle de pilotes “en prêt” comme Leonardo Fornaroli ?
Un prêt permet à une équipe de faire courir un pilote affilié à une autre structure (ici McLaren) tout en offrant au pilote une opportunité en F1. C’est une solution utile quand une équipe veut tester un profil sans s’engager sur le long terme immédiatement.
Conclusion : le marché des pilotes F1 n’est pas figé : même avec une pièce maîtresse déjà verrouillée, les choix de performances, de timing et de développement technique continueront de dessiner la grille — et les opportunités — au fil des prochains week-ends.
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