En octobre, Nvidia est devenue la première entreprise cotée à frôler les 5 000 milliards de dollars de valorisation… avant de reperdre des centaines de milliards dans la foulée, sur fond de peur d’une bulle de l’IA. Les sceptiques crient à la spéculation. Les constructeurs auto, eux, avancent. Et vite.

Ce mois-ci, Nvidia remonte autour de 4 550 milliards. Une partie de cette confiance vient d’un terrain très concret : l’automobile. La société collabore déjà avec une longue liste de marques (Toyota, Volvo, BYD, Li Auto, Lucid, NIO, Rivian, General Motors…) pour pousser la conduite autonome et les systèmes avancés d’aide à la conduite. Un business estimé à environ 5 milliards en 2025. Et l’un des exemples les plus parlants arrive chez Mercedes-Benz, avec sa nouvelle génération de conduite assistée basée sur l’IA.

La nouvelle gamme CLA propose deux versions : propulsion (CLA 250+) ou transmission intégrale (CLA 350 4MATIC). La nouvelle gamme CLA propose deux versions : propulsion (CLA 250+) ou transmission intégrale (CLA 350 4MATIC).

La question qui compte : ça fait quoi de se faire conduire par une voiture pilotée par une IA ? En décembre, à San Francisco, j’ai essayé le système dans une Mercedes-Benz CLA (à partir d’environ 43 500 € une fois converti depuis un prix catalogue de 47 250 $). Et soyons clairs : après une heure, tout le reste paraît… bête. Lent. Vieux.

Mon intuition est simple : dès que les gens se sentiront en sécurité en lâchant le contrôle du trajet quotidien, ils adopteront. Et dans les centres urbains, une voiture “IA” deviendra un marqueur social. Un symbole. Parce que la liberté de ne plus “subir” les embouteillages, ça vaut de l’or.

Autonomie estimée (cycle WLTP européen) : 694 à 792 km selon la version. Autonomie estimée (cycle WLTP européen) : 694 à 792 km selon la version.

Mon essai s’est découpé en deux actes.

1) MB.Drive Assist : déjà solide, mais tu restes “responsable”

D’abord, j’ai conduit avec MB.Drive Assist, un système déjà proposé sur l’ensemble de la gamme Mercedes. Il combine des algorithmes avancés et des modèles IA de bout en bout pour gérer la conduite sur voies rapides et en ville… mais il exige encore une participation humaine régulière (typiquement, garder une main au volant). Tarif annoncé : 1 950 $ en paiement unique, soit environ 1 800 € (conversion indicative).

Activation : un bouton à gauche du volant. Ensuite, la voiture s’insère d’elle-même dans le trafic, et enchaîne des situations complexes — comme un gros virage à gauche multi-voies — avec une assurance franchement impressionnante. Elle gère les intersections où les autres usagers sont imprévisibles, se débrouille dans le chaos des ronds-points, adapte sa vitesse autour des chantiers… et le fait sans que tu n’aies les mains sur le volant.

Oui, tu peux rester “mains libres” par moments. Mais le système te rappelle à l’ordre : il te demande de toucher le volant pour prouver que tu es toujours là. Des capteurs détectent tes mains ; si tu dépasses la limite, icônes clignotantes et alertes sonores s’enchaînent. La sensation est étrange : tu profites de la vue, puis ton cerveau te rappelle que tu es encore légalement et mentalement dans le cockpit.

Et parfois, tu reprends la main. Exemple : une camionnette en double file devant un café. La voiture n’a pas ralenti et déboîté aussi vite que je l’aurais voulu. J’ai freiné et décalé à gauche. À d’autres moments, le système s’est désactivé quand l’environnement ne lui plaisait pas (par exemple, une voie de dépose type “valet”). Tu es prévenu sur le tableau de bord, et la voiture ralentit jusqu’à s’arrêter si tu ne reprends pas.

MB.Drive Assist Pro s’appuie sur 10 caméras, 5 radars et 12 capteurs ultrasoniques. MB.Drive Assist Pro s’appuie sur 10 caméras, 5 radars et 12 capteurs ultrasoniques.

Ce premier niveau laisse une impression ambivalente : tu peux devenir trop déconnecté de l’acte de conduire… alors que tu dois encore être présent, alerte, prêt à intervenir. C’est là que le deuxième acte change la donne.

2) MB.Drive Assist Pro : là, tu comprends le futur

Ensuite, place à MB.Drive Assist Pro : plus cher, plus avancé, et pas encore disponible partout. Il est déjà en service en Chine et doit arriver aux États-Unis d’ici la fin de l’année, d’abord sur la Mercedes-Benz CLA 2026. Prix annoncé : 3 950 $ pour trois ans, soit environ 3 650 € (conversion indicative).

On parle d’un niveau SAE 2 “extrême” : tu n’as pas besoin de garder les mains sur le volant. La voiture peut te conduire d’un point A à un point B, mais attention : tu dois rester attentif (les yeux sur la route), et tu restes légalement responsable. C’est, à ce jour, l’expérience la plus proche d’un robot-taxi… mais dans une voiture “normale”, achetable par tout le monde, pas un véhicule de flotte au look bizarre.

La vraie différence ? La collaboration. Si tu veux corriger légèrement la trajectoire, le système “absorbe” ton input au volant sans se désactiver. Tu ajustes, il continue. Mercedes appelle ça une philosophie de collaboration homme-machine. Moi j’appelle ça : enfin un système qui ne panique pas dès que l’humain respire.

Sur la techno : le système combine un énorme flux de données (10 caméras, 5 radars, 12 capteurs ultrasoniques) et les traite via un supercalculateur embarqué. Il s’appuie sur une pile IA “de bout en bout” pour les tâches cœur de conduite, tout en gardant une pile sécurité parallèle plus classique, avec redondances et garde-fous. Traduction : l’IA fait le job, et la couche de sécurité vérifie que tout reste dans les rails. Et plus tu roules, plus le système apprend — parce qu’il collecte et exploite les données de conduite en continu.

Dans la cabine, ce qui frappe, c’est l’autorité. La voiture anticipe, évite nids-de-poule et grosses flaques, ne tergiverse pas dans le trafic dense. Elle navigue au milieu des piétons qui traversent n’importe comment, compose avec les véhicules autonomes qui circulent déjà, passe les ronds-points, contourne les véhicules de livraison arrêtés à l’arrache… sans drame.

Le plus impressionnant, c’est le “savoir-vivre” au volant : gérer un feu jaune, avancer légèrement pour se dégager d’une situation, lire la rue comme un humain expérimenté. Et surtout : savoir quand tourner à droite au feu rouge… et quand rester immobile parce que le carrefour l’interdit via la signalisation. Ça, c’est du détail. Et le détail, c’est précisément ce qui fait la différence entre “démo” et “produit”.

MB.Drive Assist Pro doit être disponible sur la Mercedes-Benz CLA 2026 d’ici la fin de l’année. MB.Drive Assist Pro doit être disponible sur la Mercedes-Benz CLA 2026 d’ici la fin de l’année.

Le futur n’est pas parfait : l’assistant vocal, lui, a encore du retard

On n’est pas dans une utopie. L’assistant vocal activé par la voix (propulsé par une solution IA automobile basée cloud) a ignoré mes demandes répétées pour arrêter de lire des titres d’actualité pendant la conduite. Il a bégayé sur des questions simples (“es-tu ChatGPT ?”), n’a pas réagi quand je lui ai demandé de baisser son volume, et s’est montré incapable de me ramener correctement à un hôtel précis, proposant à la place des résultats génériques. Au final : j’ai sorti mon smartphone. Classique.

Sécurité : le nerf de la guerre (et de l’acceptation)

La sécurité est la clé, autant dans les faits que dans la perception. Les véhicules automatisés restent associés à des peurs, alors que sur certains indicateurs, les systèmes automatisés peuvent réduire le risque d’accident mortel par rapport à la conduite humaine. Mais une vérité demeure : un système comme MB.Drive Assist Pro a encore des limites d’usage (par exemple, selon la configuration, il peut être restreint à certains types de routes). Et tant que l’IA n’est pas “universelle”, le cadre d’utilisation doit être limpide.

Malgré tout, une chose est certaine : la conduite IA est déjà là. Elle observe, comprend, anticipe, s’adapte — avec une fluidité qui ressemble de plus en plus à de la conduite humaine de haut niveau. Et pour des millions de personnes, apprendre à faire confiance à une voiture “définie par l’IA” pourrait devenir un soulagement radical face à la corvée du trajet quotidien.

Je veux garder l’option de conduire moi-même, évidemment. Mais passer ma vie dans les bouchons, mains crispées sur le volant, regard vidé ? Non merci. Si une machine peut gérer ça pendant que je lis ou que je réponds à des emails, c’est un deal.

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Auteur : Alexis Berthoud

Foire Aux Questions

MB.Drive Assist Pro, c’est de la conduite autonome complète (niveau 4/5) ?

Non. C’est un niveau SAE 2 avancé : la voiture peut conduire de façon très autonome, mais le conducteur doit rester attentif et reste légalement responsable. Ce n’est pas un robot-taxi sans supervision.

Quelle est la différence principale entre MB.Drive Assist et MB.Drive Assist Pro ?

MB.Drive Assist demande davantage d’interactions (ex. toucher le volant régulièrement). MB.Drive Assist Pro vise une conduite mains libres plus continue, avec une logique de collaboration homme-machine qui accepte des corrections sans se désactiver brutalement.

Pourquoi Nvidia est-il si présent dans l’automobile ?

Parce que les voitures “IA” ont besoin de calcul, de capteurs, de logiciels et d’une pile IA complète (entraînement, déploiement, sécurité). Nvidia fournit une partie de cette colonne vertébrale technologique, ce qui en fait un partenaire stratégique pour de nombreux constructeurs.

Les voitures pilotées par IA sont-elles vraiment plus sûres ?

Le potentiel de réduction d’accidents est réel, mais tout dépend du cadre d’usage, de la qualité des capteurs, du logiciel, et des garde-fous. La sécurité ne se joue pas seulement sur la performance, mais aussi sur la redondance, la validation et la transparence sur les limites.

Faut-il encore un volant et un conducteur si l’IA conduit ?

Aujourd’hui, oui dans la majorité des cas grand public : pour des raisons légales, de responsabilité, et parce que les systèmes actuels ne couvrent pas toutes les situations possibles. Le volant reste la “solution de repli” quand l’environnement sort du périmètre prévu.

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