Stellantis : 22,2 Md€ de charges sur l’électrique, résultats en berne et action en chute libre

Quatorze mois après s’être séparé d’un directeur général qui avait pris les investisseurs à contre-pied avec des résultats erratiques, Stellantis remet ça. Même scénario, nouveau visage.
Le PDG Antonio Filosa a annoncé vendredi 22,2 milliards d’euros de charges, dont une grosse partie liée au détricotage des paris électriques hérités de l’ère Carlos Tavares — des projets EV jugés tout simplement non rentables.
Antonio Filosa
Et derrière le chiffre choc, il y a le vrai problème : Stellantis a publié des résultats nettement plus faibles que prévu. Pire, ce trou d’air arrive alors que Filosa rassurait encore il y a deux mois sur la trajectoire. Résultat : l’action (Jeep, Fiat, etc.) a plongé jusqu’à -30% en séance à Milan.
Une bonne partie de la chute depuis le sommet historique (il y a moins de deux ans) s’est construite sous Tavares, qui avait déjà surpris avec un avertissement sur résultats en fin de mandat. Mais sous Filosa, la glissade s’accélère. Au total, le groupe a effacé près de 70 milliards d’euros de capitalisation depuis mars 2024.
Le contraste avec les réactions de marché observées chez Ford et General Motors lors de dépréciations similaires liées à l’électrique est parlant : ici, la sanction est plus violente. En clair : la confiance est cassée, et le management doit combler un fossé s’il veut reprendre la main.
Début décembre, Filosa assurait encore que l’entreprise était dans les clous pour atteindre ses objectifs annuels. Vendredi, changement de ton : Stellantis s’attend désormais à un déficit au second semestre pouvant aller jusqu’à 1,5 milliard d’euros, jugé « bien pire » que prévu par plusieurs analystes.
Et la suite ? Le groupe reste flou. Pour 2026, Stellantis évoque une hausse du chiffre d’affaires de l’ordre de quelques pourcents (milieu de fourchette à un chiffre) et une marge opérationnelle ajustée faible (bas de fourchette à un chiffre). En version terrain : on promet un peu de croissance, mais sans donner de plan béton.
Point important : une partie significative des 22,2 milliards d’euros de charges n’est pas directement liée aux annulations de projets EV qui ne décollent ni en volumes ni en rentabilité.
Stellantis a aussi annoncé :
- 4,1 milliards d’euros d’impact lié au recalibrage des provisions de garantie, sur fond de problèmes qualité imputés à l’ancien management ;
- 1,3 milliard d’euros d’autres charges, principalement en lien avec des suppressions de postes déjà annoncées en Europe.
Les optimistes diront : « moment kitchen sink ». Autrement dit : on passe tout en pertes maintenant pour repartir sur une base propre. Ça peut être un nettoyage utile. Mais le marché veut du concret : des preuves d’un vrai redressement opérationnel, pas juste un grand coup de balai comptable.
Foire Aux Questions
Pourquoi Stellantis annonce-t-il 22,2 milliards d’euros de charges ?
Principalement pour acter des dépréciations et des ajustements liés au virage électrique : arrêt ou révision de projets EV jugés non rentables, plus d’autres éléments (garanties, restructurations).
Qu’est-ce que ça change pour la stratégie électrique de Stellantis ?
Le message est clair : recentrage. Moins de paris coûteux, plus de discipline économique. Stellantis semble vouloir privilégier les programmes capables de vendre et de générer de la marge, pas seulement des volumes.
Pourquoi l’action a-t-elle chuté aussi fort (-30% en séance) ?
Ce n’est pas juste le montant des charges : c’est le combo résultats décevants + message contradictoire avec les assurances récentes + visibilité 2026 jugée trop vague. Les investisseurs détestent l’incertitude.
Les 4,1 milliards d’euros liés aux garanties signifient-ils un problème de qualité ?
Cela indique au minimum un ajustement à la hausse des coûts attendus sur les garanties, en lien avec des sujets qualité. Ce n’est pas forcément un rappel massif immédiat, mais c’est un signal que ces coûts pèsent sur la rentabilité.
Est-ce une “remise à zéro” qui peut préparer un rebond ?
Potentiellement, oui : un gros nettoyage peut faciliter un nouveau départ. Mais le rebond dépendra surtout du terrain : amélioration de la qualité, exécution industrielle, gamme pertinente, et surtout retour d’une trajectoire de marge crédible.
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