La catégorie Moto3 va connaître un tournant majeur : à partir de 2028, elle basculera vers une formule monomarque fournie par Yamaha. Objectif affiché : mieux contrôler les coûts, moderniser la machine et faire évoluer la dynamique des courses.

La Moto3 deviendra une série monomarque Yamaha

Une Moto3 monomarque Yamaha dès 2028

Moto3 passera à une série monomarque Yamaha à partir de 2028. La nouvelle moto utilisera une version « largement ré-ingénierée » du moteur de série CP2 de Yamaha.

L’ambition annoncée est claire : obtenir un rapport poids/puissance supérieur à celui des Moto3 actuelles, tout en introduisant une moto “taille réelle” mieux adaptée aux caractéristiques physiques et au style de pilotage de la prochaine génération de pilotes.

D’une diversité de constructeurs à un duopole… puis un fournisseur unique

Lorsque la Moto3 a remplacé la catégorie 125cc en 2012, la grille comptait 11 constructeurs différents. Aujourd’hui, la catégorie est monopolisée par Honda et KTM.

Pourquoi une formule plus stricte que la Moto2

Interrogé sur le choix d’une formule entièrement monomarque, plutôt qu’un modèle de compromis comparable à la Moto2 (où la concurrence des châssis est ouverte mais où un motoriste unique fournit tous les moteurs), le directeur sportif Carlos Ezpeleta a expliqué que cette approche plus stricte était nécessaire pour atteindre les objectifs de maîtrise budgétaire.

La cible annoncée est une réduction des coûts de 50%.

Ezpeleta précise que ce travail a été mené avec l’implication directe des équipes, et en intégrant largement leurs retours. Selon lui, Moto2 et Moto3 ont un double rôle : offrir un spectacle de très haut niveau en piste et surtout développer les talents qui alimenteront la filière vers la MotoGP.

Dans ce cadre, la « meilleure façon » d’y parvenir est d’évoluer dans un environnement à coûts contrôlés — et, d’après lui, le seul moyen réellement efficace est de passer par un fournisseur unique.

Il souligne également que l’expérience montre que, dès qu’il existe une tension concurrentielle entre constructeurs (qu’ils soient très grands ou plus modestes), les coûts continuent d’augmenter, rendant la décision « assez claire » dès le départ.

Une moto plus rapide… pour réduire l’effet d’aspiration et améliorer la sécurité

La future machine est annoncée comme plus rapide que la Moto3 actuelle. Ezpeleta estime que ce gain de performance pourrait aider à étirer les pelotons et à limiter les grands groupes très compacts, souvent dictés par l’aspiration.

Il reconnaît que vitesse et sécurité ne vont pas toujours de pair : viser une moto plus rapide pourrait sembler moins sûr. Mais l’élément clé, selon lui, est la dynamique actuelle des courses Moto3, où l’aspiration est « extrêmement » déterminante.

D’après les études évoquées, cette dépendance à l’aspiration devrait être nettement réduite. Et en MotoGP (au sens large des événements de Grand Prix), le problème ne viendrait pas principalement des dégagements, mais plutôt des accidents impliquant plusieurs pilotes. Une Moto3 moins “en paquet” pourrait donc aider, au moins en partie, ce que la direction considère comme un pas dans la bonne direction.

Paolo Pavesio : une vraie moto prototype, pas une simple dérivation de série

Le moteur partira d’une base de production, mais Paolo Pavesio (directeur général de Yamaha MotoGP) tient à insister : la future Moto3 ne doit pas être vue comme une moto de série adaptée à la course.

Selon lui, le moteur de série sera fortement modifié. Il cite notamment une réduction massive du poids grâce à l’utilisation importante de magnésium, une augmentation de la puissance et l’adoption d’une boîte de vitesses intégralement dédiée à la course.

Dans sa description, le moteur est la seule pièce issue de la production. Tout le reste relèvera du prototype : cadre, bras oscillant et partie-cycle complète. L’objectif est de viser une véritable machine prototype de compétition.

Pavesio présente aussi cette moto comme une moto “école” : un outil de formation pour de jeunes ingénieurs amenés à travailler en Moto3 avant d’évoluer, et une étape logique pour les pilotes vers la Moto2 puis la MotoGP, y compris sur le plan technique.

Et après 2028 : Junior World Championship et séries régionales

Après l’introduction en Moto3 en 2028, l’objectif est de déployer dès l’année suivante une version moins spécifiée de la moto dans le Moto3 Junior World Championship.

Il existe aussi l’espoir que cette base technique puisse servir de fondation à des séries régionales alimentant progressivement la filière vers les Grand Prix.

Conclusion

En passant à une Moto3 monomarque Yamaha, le championnat assume un choix radical : standardiser pour réduire fortement les coûts, moderniser l’outil de formation et faire évoluer la sécurité via une dynamique de course moins dépendante de l’aspiration. Reste désormais à voir comment cette nouvelle génération de prototypes façonnera la relève — et quels talents elle révélera sur la route de la MotoGP.

Foire aux Questions

Quand la Moto3 devient-elle une série monomarque Yamaha ?

Le passage à une Moto3 monomarque Yamaha est prévu pour 2028.

Quel moteur sera utilisé sur la nouvelle Moto3 Yamaha ?

La moto utilisera une version largement ré-ingénierée du moteur de production Yamaha CP2, avec de nombreuses modifications pour l’usage en compétition.

Pourquoi choisir un fournisseur unique plutôt qu’un modèle comme la Moto2 ?

Selon Carlos Ezpeleta, l’objectif prioritaire est le contrôle des coûts, avec une cible de 50% de réduction. Il estime que la concurrence entre fabricants tend à faire grimper les budgets, ce qu’un fournisseur unique limite plus efficacement.

La nouvelle Moto3 sera-t-elle plus rapide, et quel lien avec la sécurité ?

Oui, la future machine est annoncée plus rapide. L’idée est aussi de réduire l’effet d’aspiration et d’éviter des pelotons trop compacts, afin de diminuer le risque d’accidents impliquant plusieurs pilotes.

La moto sera-t-elle une simple dérivation d’un modèle de série ?

Non. D’après Paolo Pavesio, malgré une base moteur issue de la production, l’ensemble visera une moto prototype : cadre, bras oscillant et partie-cycle complète seront conçus comme une machine de course, avec une forte réduction de poids, plus de puissance et une boîte de vitesses de compétition.

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