MotoGP 2027 : pourquoi les teams et les promoteurs se retrouvent dans une impasse financière

Depuis des mois, le paddock MotoGP attend de savoir à quoi ressemblera la grille 2027. Pourtant, malgré plusieurs contrats déjà signés et connus en coulisses (comme le transfert de Pecco Bagnaia chez Aprilia), aucune annonce officielle n’a été faite.
La raison est simple : équipes et organisateurs restent enfermés dans des négociations difficiles sur l’avenir financier du championnat.
Une décision espérée… mais qui s’éloigne
Les responsables de la MotoGP Sports Entertainment Group (anciennement Dorna) chercheraient désormais à pousser constructeurs et équipes à trancher rapidement, potentiellement dès la prochaine manche au Mans ce week-end.
Mais après une prise de position très visible des équipes lors du dernier rendez-vous à Jerez, l’issue paraît au contraire plus lointaine que jamais.
Le cœur du conflit : l’argent et le modèle de répartition
Au centre du bras de fer, il y a la manière dont l’argent est distribué. Aujourd’hui, les équipes reçoivent une somme forfaitaire par saison versée par l’organisateur.
Teams et constructeurs souhaiteraient basculer vers un système jugé plus équitable, plus proche de nombreux sports professionnels : au lieu d’un montant fixe, les revenus (comme ceux liés aux droits TV et aux frais d’accueil des Grands Prix) seraient partagés selon un pourcentage. En clair : plus le MotoGP gagne, plus les équipes gagnent.
Une négociation structurée, portée par des figures clés
Ce mouvement serait mené par Massimo Rivola, ancien directeur d’équipe en Formule 1 et actuel patron d’Aprilia, tandis que les discussions seraient conduites par Lin Jarvis, ex-responsable Yamaha.
Selon des informations circulant dans le paddock, l’équipe de négociation serait épaulée par des avocats américains travaillant avec l’équipe Trackhouse.
L’arrivée de Liberty Media change l’équation
Ces discussions s’inscrivent aussi dans le contexte de la reprise du MotoGP par Liberty Media, avec l’idée d’un futur “effet levier” financier comparable à ce qui a été observé en Formule 1.
À Jerez, une délégation Liberty était d’ailleurs présente tout au long du week-end, incluant notamment Derek Chang (président et CEO) ainsi que Stefano Domenicali (dirigeant de la Formule 1).
Le dîner de Jerez, théâtre d’un rapport de force
Le vendredi soir du Grand Prix de Jerez se tient traditionnellement une soirée où équipes, sponsors, diffuseurs et partenaires discutent aussi affaires. C’est dans ce cadre que certaines équipes ont choisi d’envoyer un signal fort à l’organisateur.
Aprilia, Yamaha et KTM ne se sont pas présentés. Une absence suffisamment remarquée pour qu’il ait fallu, d’après une source du paddock, réorganiser des tables à la dernière minute afin d’en atténuer l’impact visuel.
Pourquoi les équipes disposent d’un levier réel
Derrière ce geste, on lit aussi un rappel de la force des équipes dans ce bras de fer. Personne ne doute sérieusement qu’elles seront encore sur la grille l’an prochain : toutes engagent déjà des ressources importantes pour préparer les motos 850cc en vue des nouvelles règles, et des pilotes sont déjà sous contrat.
Le point sensible : plus d’exigences… et plus de dépenses demandées
Une partie de la pression exercée par l’organisateur irait dans le sens d’un investissement accru des équipes en communication, relations médias et image. C’est aussi l’un des arguments des teams : si elles doivent contribuer davantage à l’exposition du championnat, elles estiment logique de toucher une part plus importante des revenus.
Cette logique colle à l’ambition de croissance associée à Liberty Media, et rappelle ce qui a été observé en Formule 1 il y a une dizaine d’années. Mais cela suppose une adhésion forte des équipes — ce qui renforce leur poids dans la négociation.
Un pouvoir concret : maîtriser l’accès aux pilotes et aux dirigeants
Ni l’organisateur ni Liberty Media ne contrôlent directement l’agenda des pilotes et du personnel des teams. Si les équipes voulaient compliquer la vie du championnat, elles en auraient les moyens : on imagine aisément certains pilotes ou patrons répondre systématiquement “pas de commentaire” aux conférences de presse obligatoires.
Le Mans : une échéance incertaine, et des annonces qui attendront
Reste à savoir si l’échéance évoquée pour Le Mans est réaliste. Mais au vu de la montée des tensions après Jerez, une chose paraît acquise : les annonces officielles concernant les pilotes d’usine ne devraient pas arriver de sitôt.
Conclusion
Le MotoGP se trouve à un tournant : l’équilibre entre revenus, visibilité et investissement des équipes doit être redéfini avant 2027. Si un accord se dessine, il pourrait ouvrir une nouvelle phase de croissance pour le championnat — à condition que toutes les parties acceptent de jouer collectif.
Foire aux Questions
Pourquoi n’y a-t-il pas d’annonces officielles malgré des contrats déjà signés ?
Parce que les équipes et l’organisateur sont toujours en négociation sur le cadre financier futur du championnat. Cette incertitude freine les communications officielles, même si certains accords sont connus dans le paddock.
Quel est le principal désaccord financier entre équipes et organisateurs ?
Les équipes veulent quitter un système de paiement forfaitaire par saison pour passer à un partage en pourcentage des revenus (notamment droits TV et frais liés à l’accueil des Grands Prix), afin que leurs gains augmentent quand les revenus du MotoGP augmentent.
Quel rôle joue Liberty Media dans cette situation ?
La reprise du MotoGP par Liberty Media alimente l’idée d’une hausse future des revenus, comme en Formule 1. Cela rend la question du partage de la valeur créée encore plus sensible, car chacun veut clarifier sa part avant la prochaine phase de croissance.
Pourquoi l’absence de certaines équipes au dîner de Jerez est-elle importante ?
Parce que ce dîner est un moment clé d’échanges avec partenaires et décideurs. Ne pas s’y rendre constitue un signal public de désaccord et une manière de mettre la pression dans la négociation.
En quoi la préparation des motos 850cc renforce-t-elle le pouvoir des équipes ?
Les équipes investissent déjà massivement dans le développement en vue des nouvelles règles 850cc, et disposent de pilotes sous contrat. Cela montre qu’elles sont engagées pour l’avenir proche et qu’elles peuvent peser dans le rapport de force avant 2027.
En filigrane de ces tractations, le rêve automobile reste bien vivant: côté fans, financer une Porsche 911 en LOA/LLD devient plus simple. Pour comparer sereinement les options et garanties, cap sur Joinsteer.














