Les pilotes MotoGP ont donné davantage de détails sur la réduction soudaine du Grand Prix du Brésil à Goiania, décidée à la derniÚre minute à cause de dégùts sur la piste.

PrĂ©vue sur 31 tours, la course a finalement Ă©tĂ© ramenĂ©e Ă  23 tours quelques minutes seulement avant le dĂ©part. Il s’agissait de la deuxiĂšme course de la catĂ©gorie reine sur ce site aprĂšs le sprint du samedi, et d’un retour Ă  Goiania aprĂšs prĂšs de 40 ans.

🚧 Une piste qui se dĂ©sagrĂšge Ă  Goiania

Selon plusieurs pilotes, le problĂšme venait d’une dĂ©gradation de l’asphalte dans l’enchaĂźnement des virages 11 et 12, une sĂ©quence de droites. Ils s’en sont rendu compte pendant le tour de mise en place vers la grille.

Marc Marquez (Ducati) et Joan Mir (Honda) ont notamment signalé la zone.

Le pilote KTM Brad Binder a raconté sa premiÚre impression :

« Je suis passĂ© au tour de chauffe et j’ai cru que quelqu’un avait roulĂ© lĂ -bas avec un camion, ou qu’il y avait de la boue
 parce que c’était d’une autre couleur ! Je me suis dit que c’était bizarre.

Et quand ils ont dit quelque chose sur la grille, je me suis dit : “OK, voilĂ  la raison”. Et quand j’étais derriĂšre toutes les motos, on aurait dit un petit festival de cailloux. Des pierres qui jaillissaient dans tous les sens. »

Pourquoi la course MotoGP du BrĂ©sil a Ă©tĂ© brusquement raccourcie — et ce qui a le plus agacĂ© les pilotes

đŸȘš Des pilotes touchĂ©s par des projections, mais une dĂ©cision jugĂ©e nĂ©cessaire

Plusieurs pilotes ont Ă©tĂ© touchĂ©s par des pierres projetĂ©es dans cette zone : Enea Bastianini a reçu un impact douloureux Ă  l’épaule, Mir dit en avoir pris « une grosse » au genou, et Alex Rins (Yamaha) a terminĂ© avec l’index droit nettement enflĂ©.

Jack Miller (Pramac Yamaha) a décrit la situation de maniÚre trÚs directe :

« Put***, je me faisais arroser tout le temps ! J’étais dernier, donc je prenais tous les cailloux. Oui. Il y avait beaucoup d’asphalte qui sortait. »

Son coĂ©quipier Toprak Razgatlioglu s’est mĂȘme prĂ©sentĂ© au dĂ©brief mĂ©dia avec des morceaux d’asphalte qu’il avait retirĂ©s de l’intĂ©rieur de sa botte de course (photo ci-dessous).

Des morceaux d’asphalte retrouvĂ©s dans une botte aprĂšs les projections Ă  Goiania

Plusieurs pilotes ont aussi fait le parallĂšle avec le retour du Grand Prix d’IndonĂ©sie en 2022, quand la course avait Ă©tĂ© rĂ©duite de 27 Ă  20 tours, lĂ  aussi Ă  cause d’une dĂ©gradation du revĂȘtement, apparemment liĂ©e Ă  une chaleur extrĂȘme.

Dans l’ensemble, mĂȘme ceux qui ont Ă©tĂ© touchĂ©s par des projections ont estimĂ© que la rĂ©duction de distance Ă©tait une mesure de sĂ©curitĂ© suffisante. Au final, personne ne s’est crashĂ© dans ce secteur — mĂȘme si Marc Marquez est passĂ© trĂšs prĂšs de la chute, perdant un podium dans l’histoire.

⚠ La frayeur de Marc Marquez et le dĂ©saccord d’Alex

Marc Marquez a expliquĂ© que la zone devenait extrĂȘmement piĂ©geuse si l’on touchait le point concernĂ© sur la trajectoire :

« C’est vrai que, si tu touches ce point, qui Ă©tait sur la ligne de course, c’était super glissant. Et sur ce tour-lĂ , j’ai touchĂ© un petit peu ce point, j’ai perdu l’avant puis je suis allĂ© sur le vibreur.

Sur le vibreur, j’ai dĂ©cidĂ© de ne pas trop mettre d’angle, et je savais que Diggia [Fabio Di Giannantonio] Ă©tait proche et qu’il allait me dĂ©passer. Mais mieux vaut une quatriĂšme place qu’une chute. »

Il a assumé sa part de responsabilité et a jugé les conditions acceptables. Son frÚre Alex Marquez a eu un jugement beaucoup plus sévÚre :

« Franchement, les conditions qu’on a eues aujourd’hui sont assez inacceptables.

Je pense qu’ils vont devoir tout resurfacer. »

⏱ Le vrai point de tension : la communication et le timing

De façon remarquable, c’est moins le fait de courir sur un revĂȘtement dĂ©tĂ©riorĂ© que la maniĂšre dont la dĂ©cision a Ă©tĂ© communiquĂ©e qui a créé le plus de controverse.

L’information sur la rĂ©duction de distance est arrivĂ©e quelques minutes avant le dĂ©part, sans report de la procĂ©dure, ce qui a laissĂ© trĂšs peu de temps aux Ă©quipes pour rĂ©agir. Un changement important devenait logique : passer d’un pneu arriĂšre mĂ©dium Ă  un pneu arriĂšre soft, plus performant mais moins endurant — un pari qui prend tout son sens si la course est plus courte.

Le pilote KTM Pedro Acosta a confirmĂ© qu’il avait fait un choix en Ă©tant au courant de la nouvelle distance.

Alex Marquez, lui, n’a pas changĂ© mais a indiquĂ© qu’il avait Ă©tĂ© informĂ© assez tĂŽt pour avoir une opinion claire sur la procĂ©dure :

« Je pense que ça aurait Ă©tĂ© mieux de retarder le dĂ©part, et comme ça tout le monde aurait pu se prĂ©parer dans le mĂȘme temps ou changer les pneus. »

Brad Binder a aussi soulevĂ© un possible dĂ©calage d’information selon la position sur la grille :

« Peut-ĂȘtre que les gars devant ont eu l’info un peu plus tĂŽt. Mais quand je me mettais en place sur la derniĂšre ligne, on a Ă©tĂ© les derniers Ă  l’entendre. Quand on l’a eue, il n’y avait plus le temps de changer. »

Enea Bastianini s’est montrĂ© beaucoup plus agacĂ© :

« C’était de la m****. C’était de la m****. Parce que, dans un championnat du monde, c’est une grosse erreur. Le message aux Ă©quipes est arrivĂ© Ă  la fin, dans la derniĂšre minute. On n’a pas eu le temps de changer de pneus.

L’équipe m’a dit : “on n’a pas le temps de changer” — mais d’autres pilotes devant moi, eux, ils ont changĂ© le pneu !

Le bon choix, c’était d’attendre cinq minutes, d’attendre que la situation soit claire pour tous les pilotes.

J’ai vu beaucoup de problĂšmes d’organisation ce week-end, et bon
 j’ai l’impression que rien ne change. On parle mais rien ne change. »

🔼 Conclusion

À Goiania, la rĂ©duction de 31 Ă  23 tours a Ă©tĂ© vĂ©cue comme un mal nĂ©cessaire face Ă  une zone de piste qui se dĂ©sagrĂ©geait et projetait pierres et morceaux d’asphalte. Mais l’épisode laisse surtout une leçon de haut niveau : en MotoGP, la sĂ©curitĂ© ne dĂ©pend pas seulement du bitume, elle dĂ©pend aussi de dĂ©cisions claires — et annoncĂ©es Ă  temps.

Si le paddock veut Ă©viter qu’une situation similaire ne bascule un jour en accident, le prochain pas est Ă©vident : anticiper, informer, et agir avant la derniĂšre minute.

Foire aux Questions

Pourquoi le Grand Prix MotoGP du Brésil a-t-il été raccourci ?

La course Ă  Goiania a Ă©tĂ© rĂ©duite de 31 Ă  23 tours Ă  cause d’une dĂ©tĂ©rioration du revĂȘtement dans la zone des virages 11-12, repĂ©rĂ©e par des pilotes pendant le tour de mise en place.

Quels risques les pilotes ont-ils signalés sur cette portion de circuit ?

Ils ont Ă©voquĂ© une surface trĂšs glissante sur la trajectoire et surtout des projections de pierres et de morceaux d’asphalte. Plusieurs pilotes ont Ă©tĂ© touchĂ©s, avec notamment des impacts Ă  l’épaule, au genou et un doigt fortement enflĂ©.

Pourquoi la communication a-t-elle autant agacé une partie du plateau ?

Parce que la rĂ©duction de distance a Ă©tĂ© annoncĂ©e quelques minutes avant le dĂ©part, sans dĂ©lai supplĂ©mentaire. Certains pilotes estiment que cela n’a pas laissĂ© le temps Ă  tous de changer de pneus dans des conditions Ă©quitables.

Quel type de changement de stratégie la réduction de tours pouvait-elle provoquer ?

Avec une course plus courte, certaines Ă©quipes auraient pu prĂ©fĂ©rer un pneu arriĂšre soft, plus rapide mais moins endurant, plutĂŽt qu’un mĂ©dium. Un pilote a confirmĂ© avoir pris une dĂ©cision en tenant compte de la nouvelle distance.

Un précédent similaire a-t-il été mentionné par les pilotes ?

Oui. Plusieurs ont rappelĂ© le Grand Prix d’IndonĂ©sie 2022, oĂč la distance avait aussi Ă©tĂ© rĂ©duite (de 27 Ă  20 tours) en raison d’une dĂ©gradation de la piste, associĂ©e Ă  une chaleur extrĂȘme.

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