São Paulo devient la capitale mondiale de la nuit : le centre-ville renaît à coups de bars, sons et créativité

Auteur : Alexis Berthoud

Partout dans le monde, la nuit perd de sa superbe. New York, Londres, Berlin… les projecteurs baissent, les coûts explosent, et la “vie saine” grignote les sorties.

Et puis il y a São Paulo. La plus grande ville du Brésil fait l’inverse : elle appuie sur “play” et monte le volume. Surtout dans son centre historique, longtemps laissé à l’abandon — bâtiments vides, insécurité, consommation de drogues omniprésente. (Une étude de l’Université de São Paulo estimait que 11,4 millions de Brésiliens de plus de 14 ans, soit 6,6% de la population, ont déjà consommé cocaïne ou crack.)

Fin novembre, São Paulo a été propulsée en tête d’un classement “meilleure ville du monde pour la nightlife” pour 2026. Et ce n’est pas un trophée symbolique : ici, on sort tard… sept jours sur sept. Oui, même les soirs “sans raison”. Les bars ferment souvent vers 2h, mais les vrais acharnés étirent la fête jusqu’au lever du soleil.

La recette : diversité culturelle + lieux improbables + adaptation permanente

Ce qui fait la force de São Paulo, c’est sa capacité à transformer n’importe quel mètre carré en expérience. La ville joue à fond sa diversité culturelle et élargit sans cesse la définition de “sortir”. Résultat : bars, soirées et lieux hybrides surgissent partout — y compris là où personne n’aurait parié un real sur une tournée.

Bar do Cofre, ancien coffre-fort Avant de devenir le Bar do Cofre, cet espace était le coffre-fort de l’ancienne Banque de l’État de São Paulo.

La prise de lieux abandonnés est devenue une méthode de travail dans une ville où l’immobilier figure parmi les plus chers d’Amérique du Sud. En 2025, le loyer moyen tournait autour de 69,50 reais le m² (environ 13,32$ dans l’article source), avec des sommets à 143,50 reais dans les quartiers les plus premium.

Traduction brutale : même un endroit où tu ne peux pas caser plus de 15 personnes peut devenir un spot. S’il y a de la place pour un tabouret et une enceinte, quelqu’un tentera quelque chose. Et souvent, ça marche.

« São Paulo a toujours été une des villes les plus actives la nuit. Ce qui change aujourd’hui, c’est la force créative et l’adaptation du secteur », explique Vinicius Bento, responsable opérations food & beverage au Condessa Bar. Le lieu s’est fait un nom avec des cocktails soignés et une carte efficace : dadinhos de tapioca (petits cubes fromagers à la texture chewy), et roast beef.

Le centre-ville : de quartier évité à terrain de jeu

L’épicentre de la transformation, c’est le downtown — l’ancien quartier financier. À partir des années 1990, le business a migré vers des zones plus “propres” et plus chères, notamment Itaim Bibi. Puis, ces dernières années, d’autres acteurs — dont les opérateurs de nuit — ont commencé à revenir, attirés par des loyers relativement plus accessibles et par des réformes visant à sécuriser et revaloriser la zone.

« Avec l’arrivée de nouveaux habitants, les efforts sur la sécurité, la restauration de façades et le nettoyage de l’espace public, le centre a un vrai potentiel pour redevenir un pôle commercial majeur », résume la courtière immobilière Ruth da Silva.

Exemple parfait : l’ancien siège du Banco do Estado de São Paulo, à deux pas de la bourse brésilienne.

Bar do Cofre avant l'arrivée des clients Le Bar do Cofre (Vault Bar) avant que la soirée ne démarre.

Derrière deux portes rondes de 16 tonnes, le Bar do Cofre remplit aujourd’hui ses étagères de vodka, de whisky et d’Aperol — au lieu des billets. La carte joue l’équilibre : des classiques impeccables et des créations maison. Le Fitzgerald (version gin sour) cohabite avec des cocktails inspirés des régions du Brésil, comme l’Amazonia (gin + nectar de goyave). Les prix vont de 30 à 65 reais. Côté food : tartare de bœuf et frites. Et en dessert, le cookie chaud à la poêle avec glace vanille fait un carnage.

Un peu plus loin, sous les arches baroques et Art nouveau du Theatro Municipal de São Paulo, un autre bar devenu quasi “monument” s’est caché… au sous-sol.

Le Bar dos Arcos attire avec une ambiance sexy-cool et une bande-son qui sait surprendre : des violonistes qui revisitent Amy Winehouse, puis des DJs qui enchaînent R&B et classiques brésiliens. Ici, les cocktails sont un sport de combat. Le Poroso — un blend Johnnie Walker Black Label coiffé d’une mousse miel et fromage bleu — n’a aucun sens sur le papier… et cartonne. Environ 49 reais. Il y a de la place pour 150 personnes, et pourtant, la file d’attente est presque permanente.

En face du théâtre, une galerie souterraine abandonnée pendant près de 50 ans a elle aussi été remise en vie. Aujourd’hui : Formosa Hi-Fi, un “listening bar” qui attire plus d’un millier de fans chaque week-end. Les DJs mixent en vinyle : du Michael Jackson vintage jusqu’au rock brésilien de Legião Urbana. L’entrée pourrait passer pour une station de métro — si des agents de sécurité n’accompagnaient pas les clients depuis leurs VTC.

Rooftop au 26e étage du Martinelli Building Au rooftop du 26e étage du Martinelli Building, les soirées finissent très tard.

La descente par les marches en granit, éclairées doucement, fait partie du spectacle. Même l’attente semble chorégraphiée quand c’est plein. Bonus : on peut commander des verres depuis les marches. La carte propose des cocktails originaux, et côté assiettes : pastels à partager (petits chaussons frits salés), et classiques réconfortants brésiliens comme la galinhada (ragoût riz-poulet). La mousse au chocolat à la cachaça apparaît sur toutes les tables. Comptez environ 70 reais pour manger, et autour de 40 reais le cocktail.

Rooftops, vues folles et soirées “takeover”

Les toits jouent aussi un rôle clé. Le Martinelli Building, tour centenaire autrefois symbole de la haute société pauliste, est redevenu un aimant à noctambules. Aujourd’hui, le 26e étage est l’un des meilleurs points de vue 360° sur les couchers de soleil démesurés de la ville. La carte est volontairement classique : gin tonic et caipirinha en tête. Au 25e, un bar à pizzas napolitaines fait le job pour caler les estomacs.

Le lieu n’a pas été pensé comme un club figé, mais comme un “vaisseau” flexible : chaque week-end, différentes marques de soirées prennent le contrôle. Un soir c’est électro, le lendemain c’est pagode (rythme brésilien hérité de la samba, né à la fin des années 1970). Et quand ça pousse jusqu’à 4h, l’énergie déborde souvent sur la terrasse façon villa toscane.

« L’idée, c’est de garder les rues actives jour et nuit, de booster la nightlife et de reprendre des zones longtemps désertées où l’insécurité prospérait », explique Fabio Floriano, associé du groupe Tokyo, qui gère les événements au Martinelli. Il investit dans le secteur depuis 2016.

La gentrification arrive… mais la nuit ne s’excuse pas

La période “bon plan” du centre-ville pourrait ne pas durer. Même si aucun de ses districts n’est encore au sommet des prix, la revitalisation tire les loyers vers le haut. Mais ce mouvement ne semble pas capable d’éteindre ce qui fait désormais battre le quartier : les nuits longues, les concepts inventifs et l’appétit local pour les bars… encore et encore.

Les investissements continuent, notamment au Martinelli, qui fait l’objet d’une rénovation de 100 millions de reais pour agrandir ses espaces dédiés au divertissement.

« São Paulo ne se lassera jamais des bars et des soirées différentes. Donc aucune raison d’arrêter d’investir dans des événements nouveaux et fun », tranche Floriano.

Foire Aux Questions

Pourquoi São Paulo est-elle considérée comme une des meilleures villes pour sortir la nuit ?

Parce que la ville sort tard toute la semaine, avec une scène qui mélange bars à cocktails, clubs, rooftops et lieux hybrides. Le centre-ville, longtemps en retrait, est redevenu un moteur grâce à des réhabilitations et à des concepts très créatifs.

Quels quartiers viser pour découvrir la nightlife à São Paulo ?

Le centre historique (downtown) est le cœur du renouveau, avec des adresses dans d’anciens bâtiments financiers, des sous-sols iconiques et des espaces souterrains remis en service. D’autres zones plus établies restent actives, mais le “buzz” est clairement au centre.

À quelle heure ferme la plupart des bars à São Paulo ?

Beaucoup de bars ferment autour de 2h du matin. Ensuite, la fête se poursuit via des afters, des soirées organisées dans des lieux événementiels, ou des spots qui tirent jusqu’au petit matin selon les nuits et les formats.

La hausse des loyers menace-t-elle cette scène nocturne ?

Elle met une pression réelle, surtout dans les zones en cours de revalorisation. Mais l’écosystème local s’adapte en investissant des lieux atypiques, en multipliant les formats “takeover” et en capitalisant sur l’afflux de nouveaux résidents et de visiteurs.

Quels types d’expériences peut-on attendre (musique, ambiance) ?

Un mélange très large : DJ sets, vinyles, musique brésilienne (dont pagode), et des ambiances allant du speakeasy chic au rooftop festif. La signature commune : l’envie de surprendre, et de faire durer la nuit.

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