Pourquoi Carlyle a misé sur la F1 et Oracle Red Bull Racing plutôt que sur d’autres sports

Qu’est-ce qui pousse un sponsor majeur à s’engager en Formule 1 ? Et comment une écurie parvient-elle à convaincre une entreprise de la soutenir, plutôt que de financer une autre équipe… ou même un autre sport ?
En septembre 2025, Red Bull a annoncé un partenariat inédit en Formule 1 : la première collaboration entre une équipe et une grande société mondiale de marchés privés, via un accord global pluriannuel avec Carlyle.
Lors du week-end du Grand Prix de Monaco, Harvey Schwartz, directeur général de Carlyle, et Laurent Mekies, directeur d’équipe d’Oracle Red Bull Racing, ont échangé sur les raisons et les ressorts de cette alliance, dans le cadre d’un événement organisé avec Axios, en présence de la journaliste Sara Fischer.
Pourquoi la Formule 1 s’est imposée comme une évidence pour Carlyle
Interrogé sur l’entrée de Carlyle en F1, Harvey Schwartz a expliqué que son groupe pourrait s’investir dans de nombreux sports, mais que la Formule 1 s’est imposée comme un choix naturel.
Premier argument : la démographie. Selon lui, l’audience est jeune et compte plus de 40% de femmes. Deuxième argument : l’empreinte mondiale. Carlyle se présente comme une entreprise globale, gérant 500 milliards de dollars pour des personnes « vraiment de tous âges », et se décrivant parmi les plus importantes au monde dans ce domaine.
Schwartz a également souligné la volonté d’associer Carlyle à « une marque extraordinaire » portée par « des personnes extraordinaires » focalisées sur l’excellence : Oracle Red Bull Racing.
Enfin, il a insisté sur la dynamique actuelle de la discipline : une trajectoire « explosive » à l’échelle mondiale, avec plus de 800 millions de fans, l’arrivée du film F1, et l’élan médiatique autour de Drive to Survive sur Netflix.
Un timing marquant dès la prise de fonction de Laurent Mekies
Harvey Schwartz et Laurent Mekies ont raconté s’être rencontrés dès la première semaine suivant la prise de poste de Mekies comme directeur d’équipe chez Red Bull, à l’été 2025. Schwartz a plaisanté sur le fait que si Red Bull ne gagnait pas la course suivante, l’accord tomberait à l’eau.
Cette course suivante était le Grand Prix de Belgique, où Max Verstappen a remporté la course sprint qui a lancé le week-end.
Mekies a confirmé l’anecdote : ils se sont vus « trois ou quatre jours » après son arrivée, et la phrase sur la victoire à la prochaine course a bien été prononcée, même si c’était sur le ton de la plaisanterie.
La logique Red Bull : choisir des partenaires pour créer un avantage en piste
Au-delà de la blague, Mekies a détaillé la philosophie de l’écurie : sélectionner les partenaires « un par un » dans l’objectif de créer un avantage compétitif.
Son message est resté constant : l’équipe est là pour gagner des courses, c’est « la seule mission » confiée par les actionnaires. Et dans un environnement où la concurrence réunit « tous les autres géants de l’industrie », il faut s’entourer des bonnes personnes.
Il a résumé cette approche de façon tranchante : avec les bonnes personnes, on gagne des courses. Sans elles, on n’en gagne pas.
Mekies a rappelé l’ampleur de la machine Red Bull Racing : environ 2000 personnes pour inventer, concevoir et produire les deux monoplaces. Il a ajouté qu’à partir de cette année-là, l’équipe disposait aussi de Red Bull Ford Powertrain, sa propre unité de puissance. De quoi illustrer, selon lui, que l’organisation prend les choses « un peu trop au sérieux » — une rigueur qu’il dit retrouver chez Carlyle.
Dès les premiers échanges avec Schwartz et ses équipes, Mekies explique qu’ils ont eu le sentiment d’évoluer dans « un business incroyablement similaire » : un univers où l’on « vit et meurt » par la performance.
La performance comme mesure unique, aussi chez Carlyle
Harvey Schwartz a fait écho à cette vision en affirmant qu’une activité complexe dans un monde complexe peut malgré tout se résumer simplement : « la performance est l’unique métrique » permettant de se juger.
La dimension humaine, au-delà de la piste
Schwartz a également rendu hommage à Laurent Mekies pour son rôle dans la stabilisation de Red Bull lors d’une période critique. Il a dit avoir « un profond, profond respect » pour ce que Mekies a accompli, en notant que les gens oublient vite qu’il a pris ce poste à un moment où l’équipe ne performait pas très bien, avant un redressement quasi immédiat.
Il a décrit Mekies comme un leader humble, très travailleur, capable de rassembler. Pour Carlyle, l’excellence était un prérequis, mais c’est la connexion personnelle qui a rendu la relation spéciale : Schwartz a indiqué qu’ils s’écrivent, y compris pendant les vacances, et qu’il prend des nouvelles de la famille de Mekies.
La vision de Mekies : culture d’équipe avant style de leadership
De son côté, Mekies a expliqué qu’il ne cherche pas à se définir par un style de leadership. L’essentiel, selon lui, est de construire la bonne culture, le bon environnement et la bonne connexion pour permettre aux personnes de l’équipe d’exprimer au mieux leur talent — et, fondamentalement, d’apporter de la performance.
Il a insisté sur une règle simple qui guide l’usine : « la seule chose qui compte, c’est de gagner ». Si l’équipe gagne, « tout le reste se règle ».
Conclusion
Dans ce partenariat entre Carlyle et Oracle Red Bull Racing, les arguments d’audience et de rayonnement mondial comptent, mais la clé revendiquée par les deux dirigeants tient en un mot : performance. Quand une discipline attire des centaines de millions de fans et qu’une équipe vit au rythme du moindre dixième, l’alignement culturel devient un accélérateur. L’histoire montre que les alliances les plus solides se construisent sur des objectifs partagés — et la Formule 1 n’a probablement pas fini d’attirer de nouveaux acteurs prêts à jouer sur le long terme.
Foire aux Questions
Pourquoi la Formule 1 attire-t-elle des sponsors internationaux comme Carlyle ?
Carlyle met en avant une audience jeune, composée à plus de 40% de femmes, et une portée véritablement mondiale. Harvey Schwartz souligne aussi une phase de croissance très forte, avec plus de 800 millions de fans, l’effet médiatique de Drive to Survive (Netflix) et l’arrivée du film F1.
Pourquoi Oracle Red Bull Racing plutôt qu’une autre équipe ou un autre sport ?
Schwartz explique vouloir s’associer à une « marque extraordinaire » et à des personnes centrées sur l’excellence. De son côté, Laurent Mekies indique que Red Bull choisit ses partenaires un par un pour créer un avantage compétitif, avec une obsession : gagner des courses.
Quel est le point commun entre une écurie de F1 et une société comme Carlyle, selon eux ?
Les deux dirigeants décrivent un univers dominé par la performance. Mekies dit que l’équipe « vit et meurt » par ses résultats, et Schwartz affirme que, malgré la complexité, la performance reste la seule métrique pour se juger.
Que représente l’échelle industrielle d’une équipe comme Red Bull Racing ?
Laurent Mekies rappelle qu’environ 2000 personnes travaillent à inventer, concevoir et produire les deux monoplaces. Il mentionne également Red Bull Ford Powertrain, l’unité de puissance propre à l’organisation à partir de cette année-là.
Pourquoi parle-t-on d’un timing « remarquable » dans cette relation ?
Schwartz et Mekies expliquent s’être rencontrés dès les premiers jours de Mekies à la tête de l’équipe à l’été 2025. Schwartz a plaisanté en disant que si Red Bull ne gagnait pas la course suivante, l’accord serait annulé ; la course suivante (le Grand Prix de Belgique) a vu Max Verstappen remporter la course sprint.
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