La premiĂšre saison de Lewis Hamilton chez Ferrari n’a pas rĂ©pondu aux attentes. Et mĂȘme si Hamilton espĂšre encore renverser la tendance, l’histoire de la Formule 1 montre qu’un grand changement d’écurie peut trĂšs mal commencer.

Voici 12 transferts majeurs oĂč des pilotes de tout premier plan ont trĂ©buchĂ© dĂšs leur arrivĂ©e. Certains ont ensuite rebondi
 d’autres ont continuĂ© Ă  s’enliser, parfois jusqu’à voir l’aventure tourner court.

12 grands transferts en F1 aux premiÚres saisons décevantes

Kimi RĂ€ikkönen ❄

Ferrari, 2014 đŸŸ„

Kimi RÀikkönen : un retour chez Ferrari compliqué en 2014

Kimi RÀikkönen avait fait un retour en F1 avec Lotus en 2012 aprÚs deux ans de parenthÚse, majoritairement consacrés à un passage en rallye plutÎt infructueux. De retour sur les circuits, il ne montrait que peu de signes de rouille : deux victoires, des podiums réguliers, et surtout une troisiÚme place au championnat en 2012.

De quoi convaincre Ferrari de le rĂ©engager, pour former un duo qui ressemblait sur le papier Ă  une super-Ă©quipe avec Fernando Alonso — le pilote que Ferrari avait justement recrutĂ© cinq ans plus tĂŽt en payant RĂ€ikkönen pour partir.

Mais sa premiĂšre saison de retour chez Ferrari a Ă©tĂ© profondĂ©ment dĂ©cevante. Il a peinĂ© Ă  s’adapter Ă  une voiture dĂ©licate, dans laquelle Alonso, lui, brillait. MĂȘme si Ferrari s’était aussi trompĂ©e sur les nouveaux rĂšglements hybrides et se retrouvait loin derriĂšre Mercedes (et Ă  lutter avec des Ă©quipes clientes de Mercedes), RĂ€ikkönen a Ă©tĂ© nettement dominĂ© par Alonso : 161 points contre 55, et en moyenne une demi-seconde par tour plus lent en qualifications.

RĂ€ikkönen n’est pas montĂ© une seule fois sur le podium cette annĂ©e-lĂ . Son meilleur rĂ©sultat a Ă©tĂ© une quatriĂšme place Ă  Spa, l’une de ses deux seules arrivĂ©es dans le top 6 de toute la saison.

Ce bilan a installĂ© RĂ€ikkönen dans un rĂŽle de numĂ©ro deux quand Sebastian Vettel a Ă©tĂ© recrutĂ© pour remplacer Alonso parti chez McLaren Ă  partir de 2015. Avec le recul, cela amĂšne aussi Ă  se demander jusqu’oĂč la Lotus de 2012-2013 aurait pu vraiment le porter.

RĂ€ikkönen s’est ensuite davantage rapprochĂ© de Vettel qu’il ne l’avait Ă©tĂ© d’Alonso et a mĂȘme retrouvĂ© la victoire en fin de parcours lors de son cinquiĂšme exercice. Mais il est restĂ© une version attĂ©nuĂ©e de lui-mĂȘme pendant la majeure partie de ce second passage — sans jamais retomber aussi bas que lors de cette premiĂšre saison.

Daniel Ricciardo 😬

McLaren, 2021 🟠

Daniel Ricciardo : une adaptation longue et difficile chez McLaren en 2021

Le dĂ©part surprise de Daniel Ricciardo vers Renault avait ressemblĂ© Ă  un pari trĂšs atypique — et il s’est dĂ©roulĂ© globalement comme on pouvait s’y attendre. AprĂšs une premiĂšre annĂ©e moyenne, Ricciardo a au moins consolidĂ© sa rĂ©putation en 2020 en dominant nettement Esteban Ocon.

Mais avant mĂȘme le dĂ©but de cette saison 2020, il avait dĂ©jĂ  signĂ© pour une McLaren en reconstruction, qui allait terminer troisiĂšme en 2020 et donner l’impression de valider le choix de Ricciardo.

Une pĂ©riode d’adaptation Ă©tait inĂ©vitable, car les caractĂ©ristiques trĂšs particuliĂšres de la McLaren ne correspondaient pas au style de pilotage habituel de Ricciardo. En revanche, peu de monde s’attendait Ă  ce que cette adaptation dure autant. AprĂšs un dĂ©but correct — Ricciardo devançant Lando Norris en qualifications lors des deux premiĂšres courses — il a rapidement peinĂ© Ă  atteindre le niveau de Norris sur la durĂ©e.

La victoire Ă  Monza a Ă©tĂ© un sommet clair et assez improbable, mais le reste de l’annĂ©e l’a laissĂ© souvent en retrait. Et cette saison a servi d’avertissement : 2022 sera encore pire, au point que McLaren remplacera Ricciardo par Oscar Piastri aprĂšs seulement deux saisons sur les trois prĂ©vues au contrat initial.

Gerhard Berger đŸ§±

Ferrari, 1993 đŸŸ„

Gerhard Berger : une saison 1993 pénible avec la Ferrari à suspension active

La Ferrari Ă  suspension active de 1993 a souvent Ă©tĂ© moquĂ©e tant elle Ă©tait chaotique, et l’un des fils rouges de la saison de Gerhard Berger fut son accumulation rĂ©currente de liquide au coude — que l’on peut imaginer liĂ©e au nombre de fois oĂč il devait « sortir les coudes » pour dĂ©fendre face Ă  des voitures de bien plus petites Ă©quipes, malgrĂ© son nouveau statut.

À l’époque, pendant qu’Ayrton Senna nĂ©gociait durement avec McLaren au dĂ©but de l’annĂ©e, des commentateurs de la tĂ©lĂ©vision britannique suggĂ©raient que Berger Ă©tait devenu le pilote le mieux payĂ© du plateau en rejoignant Ferrari.

Ses performances n’ont pas vraiment justifiĂ© ce statut. Certes, la voiture Ă©tait mauvaise, et la suspension si peu fiable qu’elle rendait le pilotage presque impossible (son Ă©trange crash en sortie des stands Ă  Estoril en est un bon exemple). Mais Jean Alesi, dĂ©jĂ  en place, Ă©tait parfois rĂ©ellement impressionnant, se qualifiant en deuxiĂšme ligne Ă  Spa et Ă  Monza, et menant mĂȘme un temps Ă  Estoril.

Berger, lui, a surtout heurtĂ© des obstacles, en jouant souvent le rĂŽle d’un bouchon rouge sur la piste. Il a tout de mĂȘme arrachĂ© une troisiĂšme place en Hongrie (avec l’aide de l’attrition) et une quatriĂšme au Canada. Mais statistiquement, 1993 Ă©tait alors sa pire saison depuis sa premiĂšre campagne complĂšte chez Arrows en 1985.

Fernando Alonso đŸ˜€

McLaren, 2015 ⚫

Fernando Alonso : le pari McLaren-Honda, premiĂšre saison 2015 difficile

Quand on se demande pourquoi Alonso a quittĂ© Ferrari fin 2014 — abandonnant les deux derniĂšres annĂ©es de son contrat — pour retourner chez McLaren, alors que Ferrari allait ensuite gagner des courses sur presque toutes les saisons 2015-2019 (sauf une), et que McLaren ne ferait mĂȘme pas un seul podium, Alonso a toujours dĂ©fendu l’idĂ©e qu’il n’y avait aucune garantie qu’il serait restĂ© aprĂšs 2016. Il n’aurait donc pas nĂ©cessairement Ă©tĂ© Ă  la place de Sebastian Vettel pour dĂ©fier Lewis Hamilton pour les titres 2017 et 2018.

Avec le recul, il doit tout de mĂȘme regretter de ne pas ĂȘtre restĂ© assez longtemps pour au moins tenter de nĂ©gocier une prolongation. Les annĂ©es McLaren-Honda (deuxiĂšme version) ont Ă©tĂ© un dĂ©sastre total. Elles sont nĂ©es en grande partie de la crainte — en partie justifiĂ©e — que Mercedes, avec sa propre Ă©quipe officielle pour la rĂ©volution hybride de 2014, relĂšgue McLaren au rang de simple client de second niveau.

McLaren s’est donc remise avec Honda pour viser une nouvelle Ăšre de « domination », mais en rĂ©alitĂ©, les moteurs Honda, sous-dĂ©veloppĂ©s et peu fiables, sont devenus un bouc Ă©missaire — lui aussi partiellement justifiĂ© — pour une Ă©quipe qui n’avait pas conçu une bonne voiture depuis 2012 et qui peinait Ă  se remettre en question.

Les deux ont fini par s’en sortir, chacun de son cĂŽtĂ© : Honda avec Red Bull et Max Verstappen, McLaren en revenant Ă  des moteurs Mercedes clients dans une Ăšre oĂč la paritĂ© avec les Ă©quipes constructeur est inscrite dans le rĂšglement. Mais entre-temps, Alonso s’est retrouvĂ© piĂ©gĂ© dans des annĂ©es de politique interne, de querelles, de coups de radio mal inspirĂ©s et de sous-performance.

Alonso a parfois trĂšs bien pilotĂ©, mais il a reconnu que le manque de compĂ©titivitĂ© de l’équipe, particuliĂšrement cette premiĂšre saison, l’avait affectĂ©. Il s’est montrĂ© inhabituellement critique envers lui-mĂȘme en 2015, une annĂ©e oĂč Jenson Button l’a devancĂ© aux points : 16 contre 11.

Michael Schumacher ⏳

Mercedes, 2010 đŸ©¶

Michael Schumacher : retour en 2010 chez Mercedes, début décevant

AprĂšs trois saisons d’absence et un retour entourĂ© d’une attente Ă©norme — des victoires, et un huitiĂšme titre — Michael Schumacher revient en 2010 avec Mercedes, qui reprend l’équipe championne du monde Brawn GP.

À 41 ans, Schumacher se retrouve face au beaucoup plus jeune Nico Rosberg. La saison est dĂ©cevante, pour Mercedes comme pour Schumacher. Rosberg surclasse Schumacher de 70 points, une situation inhabituelle pour un pilote qui avait longtemps Ă©crasĂ© ses Ă©quipiers. Schumacher se bat notamment avec les pneus Bridgestone Ă  gomme contrĂŽlĂ©e, loin des avantages qu’il avait connus durant l’époque Ferrari et son partenariat privilĂ©giĂ© avec Bridgestone.

Il y a tout de mĂȘme quelques Ă©clairs : sa quatriĂšme place Ă  Barcelone a Ă©tĂ© particuliĂšrement solide. Mais le manque de rythme sur d’autres courses, et une manƓuvre jugĂ©e dangereuse sur son ex-Ă©quipier Rubens Barrichello Ă  Budapest, ont aussi plombĂ© l’impression gĂ©nĂ©rale.

Schumacher restera encore deux saisons chez Mercedes, remontera sur le podium Ă  Valence en 2012 et signera une pole position spectaculaire Ă  Monaco qui n’aura pas existĂ© en course (Ă  cause d’une pĂ©nalitĂ©). Sa derniĂšre saison, 2012, sera la plus convaincante, mais 2010 a clairement montrĂ© qu’il Ă©tait loin du pilote de son premier passage en F1.

Nelson Piquet đŸ„€

Lotus, 1988 🟡

Nelson Piquet : champion en titre, saison 1988 en baisse chez Lotus

L’arrivĂ©e du champion en titre Nelson Piquet chez Lotus en 1988 marque Ă  la fois la fin de sa perception comme pilote d’élite et le dĂ©but de la chute finale de Lotus vers l’insignifiance.

La Lotus, pas assez performante sur le plan aĂ©rodynamique, n’aide pas. Mais c’est surtout la rĂ©putation de Piquet — de plus en plus dĂ©sintĂ©ressĂ© malgrĂ© un salaire confortable — qui en prend un coup. Deux podiums trĂšs lointains sur les deux premiĂšres courses s’avĂšrent ĂȘtre le sommet d’une saison qui va rapidement glisser vers une prĂ©sence anonyme au milieu de grille.

Des propos dĂ©sagrĂ©ables sur Senna (entre autres) tenus par Piquet dans une interview Playboy de prĂ©-saison laissaient entendre qu’il se souciait peu de savoir comment il se mesurerait aux performances du jeune compatriote dans le cockpit Lotus que Senna venait de quitter pour McLaren.

Cette confiance a trĂšs mal vieilli : Senna file vers le titre avec la McLaren, Ă©galement motorisĂ©e par Honda, tandis que Piquet ne marque qu’un peu moins de 40% du total de points Lotus de Senna en 1987 — un chiffre dĂ©jĂ  plutĂŽt gĂ©nĂ©reux au vu de l’écart rĂ©el de performances. Piquet ne s’approche jamais des victoires de Senna, et mĂȘme si gagner avec autre chose qu’une McLaren en 1988 Ă©tait presque impossible, certains week-ends oĂč Piquet se fait mettre en difficultĂ© par son Ă©quipier Satoru Nakajima (prĂ©sent pour satisfaire Honda, pas pour viser des rĂ©sultats) sont particuliĂšrement accablants.

Le seul point positif de 1988, c’est que ce fut mieux que 1989 : Lotus perd la puissance Honda, et Piquet ne se qualifie mĂȘme pas pour le Grand Prix de Belgique.

Nigel Mansell đŸšȘ

McLaren, 1995 âšȘ

Nigel Mansell : passage éclair et raté chez McLaren en 1995

Nigel Mansell avait besoin d’un point de chute en F1 aprĂšs avoir Ă©tĂ© Ă©cartĂ© par Williams pour 1995. McLaren cherchait un nom fort aprĂšs une saison 1994 douloureuse avec Peugeot et alors que Williams avait rĂ©ussi Ă  garder David Coulthard, que McLaren voulait initialement. MalgrĂ© une longue histoire de dĂ©clarations peu flatteuses de part et d’autre, Mansell et McLaren — dĂ©sormais motorisĂ©e par Mercedes — se retrouvent pour 1995.

Sur le papier, cela pouvait fonctionner sur une base pragmatique, compte tenu de ce dont Mansell, McLaren et Mercedes Ă©taient capables Ă  leur meilleur niveau. Mais la voiture, mal conçue (et jugĂ©e laide), s’est rĂ©vĂ©lĂ©e immĂ©diatement ĂȘtre un trĂšs mauvais match pour le style de Mansell, et surtout loin d’ĂȘtre assez bonne pour l’ambition de titre qu’il imaginait. Et avant mĂȘme de parler de performance, un problĂšme s’est imposĂ© : le cockpit Ă©tait trop Ă©troit pour qu’il puisse vraiment conduire.

Mansell rate deux courses, le temps que la voiture soit Ă©largie. Il termine ensuite 10e Ă  Imola, avec deux tours de retard sur son Ă©quipier Mika HĂ€kkinen, 5e. Puis il se gare de lui-mĂȘme Ă  Barcelone depuis la 17e place, estimant la voiture inconduisible, et quitte brutalement McLaren et la F1.

MĂȘme parmi les sceptiques, peu s’attendaient Ă  un Ă©chec aussi rapide. Cela s’est terminĂ© si vite que cela ressemble presque Ă  une histoire de mauvais dĂ©but
 plus qu’à une mauvaise saison complĂšte.

Il y a eu un lĂ©ger signe encourageant : Ă  Barcelone, Mansell s’était qualifiĂ© au niveau de HĂ€kkinen (avant un mauvais dĂ©part et une sortie de piste). HĂ€kkinen, lui, a tout de mĂȘme sauvĂ© deux podiums en 1995. Peut-ĂȘtre qu’en restant, en ajustant ses attentes et en aidant McLaren Ă  sortir progressivement de son dĂ©sert post-Senna/Honda, Mansell aurait pu retourner le rĂ©cit. Mais ce n’est pas pour cela qu’il Ă©tait revenu, et avec un duo aussi improbable que lui et Ron Dennis, la relation semblait vouĂ©e Ă  l’échec sans une voiture gagnante immĂ©diatement.

Jenson Button đŸŒ±

Benetton, 2001 đŸŸ©

Jenson Button : saison 2001 difficile chez Benetton

À 20 ans, Button avait impressionnĂ© dĂšs ses dĂ©buts en F1 avec Williams en 2000, avec plusieurs performances marquantes : devenir le plus jeune marqueur de points de l’histoire en F1 au BrĂ©sil, ou encore se qualifier troisiĂšme Ă  Spa.

MĂȘme s’il doit laisser son baquet Ă  Juan Pablo Montoya en 2001, Williams continue Ă  suivre Button de prĂšs, ce qui ouvrira plus tard la voie Ă  deux conflits distincts autour d’un possible retour.

Button est finalement « prĂȘtĂ© » Ă  Benetton, qui est Ă  nouveau sous contrĂŽle de Renault depuis 2000 et se reconstruit vers ce qui deviendra l’équipe championne en 2005. Mais en 2001, Benetton est encore loin de ce niveau, avec une voiture difficile — sans direction assistĂ©e — dans laquelle Button ne marque que deux points sur toute la saison.

De son propre aveu, il est battu par son Ă©quipier Giancarlo Fisichella, qui, selon Button, « avait le talent de trouver de la vitesse dans une voiture-chien ». Fisichella domine aussi nettement en qualifications (13-4) et dĂ©croche mĂȘme un podium improbable Ă  Spa.

Flavio Briatore estime que Button « les a un peu déçus » en 2001 et l’accuse d’ĂȘtre un « playboy paresseux » Ă  Monaco cette annĂ©e-lĂ . Le dĂ©but de saison n’avait pas Ă©tĂ© aidĂ© par une blessure Ă  l’épaule subie Ă  Sepang.

MĂȘme si Button n’en est alors qu’à sa deuxiĂšme saison, il figure ici parce que sa premiĂšre annĂ©e avait Ă©tĂ© si prometteuse que cette campagne 2001, trĂšs dure, a failli casser son Ă©lan — surtout pendant que Montoya brillait chez Williams, et que d’autres nouveaux talents comme RĂ€ikkönen et Alonso (qui le remplacera bientĂŽt chez Renault) Ă©mergeaient.

Heureusement, un hiver de travail intense — en partie avec l’ingĂ©nieur Mike Gascoyne pour mieux comprendre l’orientation de dĂ©veloppement et les rĂ©glages d’une voiture dĂ©licate — pose les bases d’un 2002 plus solide, avant un dĂ©part vers BAR Honda en 2003. Un chemin qui le mĂšnera, finalement, au titre en 2009.

Jacques Villeneuve đŸŽČ

BAR, 1999 âšȘđŸ””

Jacques Villeneuve : premiĂšre saison catastrophique de BAR en 1999

Une Ă©quipe de F1 créée de zĂ©ro, financĂ©e massivement par le tabac, construite autour d’un champion du monde : certains se demandaient si BAR pouvait gagner dĂšs sa premiĂšre course avec Jacques Villeneuve. Pourtant, l’équipe termine sa premiĂšre saison derriĂšre Minardi au championnat : derniĂšre, sans le moindre point.

La voiture Ă©tait extrĂȘmement peu fiable, un problĂšme attribuĂ© aux vibrations causĂ©es par le moteur vieillissant « Supertec », dĂ©rivĂ© d’un ancien Renault. Au-delĂ  de ce record terrible Ă  l’arrivĂ©e, l’épisode le plus marquant est sans doute l’accord entre Villeneuve et Ricardo Zonta pour passer Eau Rouge Ă  fond en qualifications Ă  Spa — avec, Ă  chaque fois, une issue dĂ©sastreuse.

La carriĂšre de Villeneuve ne se remettra jamais vraiment de ce choix. Par loyautĂ© envers le fondateur de l’équipe, Craig Pollock, qui Ă©tait aussi son manager, il refuse de l’intĂ©rĂȘt venant de Benetton/Renault et mĂȘme de McLaren. Quand BAR finira par progresser en 2004, Villeneuve aura dĂ©jĂ  Ă©tĂ© Ă©cartĂ© juste avant la fin de la saison prĂ©cĂ©dente.

Keke Rosberg đŸ’„

McLaren, 1986 🔮âšȘ

Keke Rosberg : une année difficile chez McLaren en 1986

Le passage d’un an de Keke Rosberg chez McLaren a mal commencĂ© dĂšs le premier jour : il a crashĂ© au dĂ©part de son tout premier test de la voiture 1986 au BrĂ©sil. Le concepteur John Barnard est entrĂ© dans une colĂšre noire, et cela a peut-ĂȘtre contribuĂ© Ă  son manque d’empressement quand Rosberg a passĂ© la premiĂšre moitiĂ© de saison Ă  se plaindre de ne pas pouvoir piloter une voiture dĂ©veloppĂ©e autour d’Alain Prost.

Alors que Prost va dĂ©crocher le titre contre toute attente dans une lutte Ă  trois face aux Williams plus rapides, Rosberg ne signe qu’un seul podium. Au milieu de la saison, il annonce que son intention avait toujours Ă©tĂ© de vivre une annĂ©e chez McLaren avant de prendre sa retraite.

Son moment le plus marquant, dans une saison passĂ©e Ă  se battre contre le sous-virage et les limites strictes de carburant, arrive lors de la finale Ă  AdĂ©laĂŻde : il joue le rĂŽle du « liĂšvre » pour aider Prost, mĂšne 56 tours, avant qu’une crevaison ne l’élimine.

Juan Pablo Montoya 🎱

McLaren, 2005 âšȘ

Juan Pablo Montoya : début étrange et frustrant chez McLaren en 2005

Comme Ricciardo, Montoya avait signĂ© pour McLaren avant mĂȘme d’entamer sa derniĂšre saison avec son Ă©quipe du moment, Williams.

AprĂšs beaucoup d’attente, il rejoint finalement RĂ€ikkönen chez McLaren en 2005
 pour vivre un dĂ©but d’aventure sous-performant et Ă©trange. Il manque les manches 3 et 4 Ă  cause d’une blessure Ă  l’épaule. Il affirme Ă  l’époque s’ĂȘtre blessĂ© en trĂ©buchant sur une balle de tennis, mais la blessure ressemble fortement Ă  la consĂ©quence d’un accident de moto.

À son retour, RĂ€ikkönen gagne trois des quatre courses suivantes pendant que Montoya ne monte pas une seule fois sur le podium : il est disqualifiĂ© alors qu’il est deuxiĂšme Ă  MontrĂ©al pour ĂȘtre sorti des stands alors que le feu Ă©tait rouge. Son week-end Ă  Monaco est ruinĂ© par une pĂ©nalitĂ© aprĂšs avoir provoquĂ© un carambolage Ă  quatre voitures en essais.

Montoya finit par gagner Ă  Silverstone, puis, aprĂšs un accident en qualifications, remonte de la 20e place Ă  la deuxiĂšme Ă  Hockenheim. D’autres victoires suivent Ă  Monza et Ă  Interlagos, mais elles sont entrecoupĂ©es de nombreux incidents, qui l’empĂȘchent d’ĂȘtre rĂ©ellement dans la course au titre que RĂ€ikkönen perd face Ă  Alonso.

Trois victoires n’ont rien d’un bilan catastrophique pour une saison dite « dĂ©cevante » — les sommets de Montoya ici sont plus hauts que ceux de n’importe quel autre pilote de cette liste — mais la liste de points perdus est longue, et RĂ€ikkönen reste clairement le pilote numĂ©ro un de l’équipe.

La tendance se prolonge en 2006 : Montoya et McLaren se sĂ©parent en cours de deuxiĂšme saison. Une fin frustrante, mais explosive, de sa carriĂšre en F1. Difficile de ne pas se demander ce qui aurait pu ĂȘtre.

Heinz-Harald Frentzen đŸ§©

Williams, 1997 đŸ””

Heinz-Harald Frentzen : arrivée trÚs attendue chez Williams en 1997, saison décevante

Williams a rĂ©alisĂ© l’un des plus gros mouvements de pilotes des annĂ©es 1990 en recrutant Heinz-Harald Frentzen pour remplacer Damon Hill, alors leader et champion du monde en titre.

Frentzen arrive en 1997 avec d’immenses attentes : selon Frank Williams, il Ă©tait la rĂ©ponse Ă  Schumacher, et Frentzen avait connu des succĂšs en endurance aux cĂŽtĂ©s de Schumacher au dĂ©but des annĂ©es 1990.

Mais malgrĂ© une victoire Ă  la quatriĂšme manche Ă  Imola — qui se rĂ©vĂ©lera un faux dĂ©part vers un dĂ©clic — sa saison est profondĂ©ment dĂ©cevante. Il marque Ă  peine plus de la moitiĂ© des points de son Ă©quipier Jacques Villeneuve, qui ira ensuite battre Michael Schumacher dans une lutte tendue pour le titre.

Cette saison brise l’image du pilote que Williams espĂ©rait. Plus tard, Frank Williams dira qu’il avait commis une « grave erreur de jugement » en remplaçant Hill par Frentzen.

AprĂšs ce passage ratĂ© chez Williams, Frentzen sera ensuite une rĂ©vĂ©lation inattendue chez Jordan en 1999, en menant l’une des plus improbables candidatures au titre de l’histoire de la F1.

✅ Conclusion ✹

Ces exemples rappellent Ă  quel point un grand changement d’écurie en Formule 1 peut ĂȘtre brutal : incompatibilitĂ© de style de pilotage, voiture capricieuse, pneus difficiles Ă  comprendre, contexte politique compliquĂ©, ou simplement un Ă©quipier au sommet de sa forme.

Pour Lewis Hamilton comme pour tant d’autres avant lui, l’enjeu est clair : transformer un dĂ©part dĂ©cevant en rampe de lancement. Et en F1, les deuxiĂšmes chapitres sont parfois les plus passionnants.

Foire aux Questions

Pourquoi un pilote peut-il ĂȘtre performant dans une Ă©quipe et en difficultĂ© dĂšs qu’il change ?

Parce qu’une voiture peut demander un style de pilotage trĂšs spĂ©cifique. Ricciardo, par exemple, a eu besoin d’une longue adaptation Ă  des caractĂ©ristiques qui ne correspondaient pas Ă  ses habitudes, tandis que RĂ€ikkönen a souffert d’une Ferrari difficile Ă  exploiter quand Alonso arrivait Ă  en tirer plus.

Un « mauvais dĂ©but » veut-il forcĂ©ment dire que le pilote n’a plus le niveau ?

Pas nĂ©cessairement. Schumacher a montrĂ© des Ă©clairs (comme sa course vers la 4e place Ă  Barcelone en 2010) mais a eu du mal Ă  retrouver la constance, notamment face Ă  Rosberg et avec des pneus qu’il apprĂ©ciait moins.

Qu’est-ce qui peut transformer une saison dĂ©cevante en rupture totale avec l’équipe ?

Quand les problĂšmes s’accumulent sans perspective d’amĂ©lioration rapide. Mansell chez McLaren en 1995 en est un cas extrĂȘme : voiture mal adaptĂ©e, cockpit trop Ă©troit, puis dĂ©part aprĂšs seulement quelques courses.

Est-ce possible de gagner des courses malgré une saison « décevante » ?

Oui. Montoya en 2005 a remportĂ© trois Grands Prix avec McLaren, mais une succession d’incidents, de disqualification et de points perdus l’a maintenu loin de la lutte au titre menĂ©e par son Ă©quipier RĂ€ikkönen.

Quels signes montrent qu’une Ă©quipe se trompe de pari sur un top pilote ?

Quand l’écart avec l’équipier est durable et que les attentes sont manquĂ©es malgrĂ© une voiture compĂ©titive. Chez Williams en 1997, Frentzen marque Ă  peine plus de la moitiĂ© des points de Villeneuve, et Frank Williams qualifiera plus tard ce choix de « grave erreur de jugement ».

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