Renault est intervenu pour mettre fin, pour l’instant, aux discussions autour de la vente de la participation minoritaire d’Otro Capital dans son équipe de Formule 1, estimant que les négociations n’avançaient pas de manière satisfaisante.

Le groupe dispose d’un droit de veto sur ces parts jusqu’en septembre, et il est entendu que son influence sur une éventuelle vente serait réduite au-delà de cette date. Malgré cela, Renault a décidé de geler le dossier et d’arrêter toute discussion à ce stade.

Une vente envisagée, puis brusquement mise en pause

Mercedes a récemment discuté de l’achat de la participation minoritaire de 24% détenue par Otro Capital dans l’écurie de F1 badgée Alpine, avant de se retirer du processus à la fin du mois dernier.

À Monaco, le patron d’Alpine F1 Flavio Briatore a expliqué ce retrait par un point central : « le prix était trop élevé ». Il a été rapporté qu’Otro avait fixé le prix de sa part à 720 millions de dollars, soit plus de trois fois ce qu’il avait payé en 2023.

Briatore a indiqué avoir trouvé le patron de Mercedes, Toto Wolff, « très correct » dans les échanges, tout en ajoutant : « Je ne pense pas que les gens d’Otro soient corrects. »

Christian Horner, ex-responsable de Red Bull, est également impliqué dans un consortium intéressé par les parts d’Otro. Dans ce contexte, son groupe pourrait apparaître comme bien placé maintenant que Mercedes s’est retiré.

Pourquoi Renault est intervenu dans les discussions de vente de l’équipe de F1

Le veto de Renault et la position ferme de la direction

Renault peut bloquer la cession des parts d’Otro jusqu’en septembre grâce à son droit de veto. Et l’entreprise a choisi d’interrompre les discussions autour d’une vente potentielle pour le moment.

Le directeur général de Renault, François Provost, a déclaré à des médias, dont le diffuseur TV Viaplay à Monaco, ne pas être « très satisfait » des échanges autour d’une cession des parts d’Otro, car « les progrès ne sont pas bons ».

« À ce stade, nous avons décidé d’arrêter, donc il n’y a pas d’autres discussions », a-t-il précisé. Cette décision inclurait même la question d’un éventuel calendrier de reprise des discussions, sans parler d’une résolution du dossier.

Pourquoi ces parts sont devenues un sujet sensible

Lorsque Renault a vendu initialement 24% de l’équipe à Otro, beaucoup y ont vu un signal que l’engagement du groupe en Formule 1 pouvait vaciller.

Cette impression a été renforcée quand Flavio Briatore est arrivé comme conseiller exécutif de Luca de Meo (alors dirigeant de Renault) et que, peu après, Renault a décidé d’abandonner son projet de moteur de F1 « constructeur » pour devenir client Mercedes à partir de 2026.

Ces dernières années, un turnover important de cadres dirigeants — au niveau du management Alpine comme au niveau de la direction de l’équipe de F1, y compris des postes techniques et sportifs seniors — a aussi pesé sur la crédibilité de la structure et ses performances en piste.

Un début de redressement sportif et une stabilité retrouvée

Pourtant, le fait que Briatore reprenne en main l’équipe qu’il a autrefois menée à des titres mondiaux commence cette année à produire un retournement.

Avec le nouveau directeur général d’Alpine F1, Steve Nielsen, en charge du site d’Enstone au quotidien, l’équipe commence enfin à bénéficier d’une stabilité plus solide.

Après une dernière place au championnat en 2025 — en partie à cause de la décision de basculer l’ensemble du développement vers les nouvelles règles de la voiture 2026 — Alpine occupe actuellement la cinquième place du championnat constructeurs.

L’écurie aurait même pu décrocher son premier podium de la saison à Monaco le week-end dernier sans une série de pénalités infligées à Pierre Gasly : deux sanctions pour excès de vitesse dans la voie des stands.

Il semble aussi que la relation au niveau « corporate » se soit stabilisée, apportant à Alpine le soutien nécessaire sans retomber dans une interférence problématique — un point qui avait nui à l’équipe avant la prise de contrôle par Briatore.

« Maintenant je vois beaucoup plus de motivation, beaucoup plus de rigueur, beaucoup plus de sérieux pour délivrer », a déclaré Provost.

Renault veut rester maître de son équipe

François Provost a également indiqué que, « quoi qu’il arrive dans le futur, le groupe Renault continuera de contrôler » l’équipe. Cela suggère qu’une vente d’une autre participation minoritaire pourrait un jour être envisagée, mais sans volonté d’abandonner une part majoritaire.

« La Formule 1 est l’événement sportif le plus populaire au monde », a-t-il ajouté. « Alors quelle serait la logique, pour un groupe comme Renault, d’avoir la chance d’y être, et d’arrêter ?

« Évidemment, non. Nous sommes là sur le long terme. »

Conclusion

En stoppant net les discussions sur la vente des parts d’Otro Capital, Renault envoie un message clair : le contrôle d’Alpine F1 n’est pas négociable tant que les conditions ne sont pas jugées satisfaisantes. Dans le même temps, l’équipe semble retrouver une dynamique sportive et organisationnelle, laissant entrevoir une suite plus stable — et potentiellement plus ambitieuse — pour le projet Alpine en Formule 1.

Foire aux Questions

Que signifie la vente d’une participation minoritaire de 24% dans une équipe de F1 ?

Une participation minoritaire signifie qu’un investisseur détient une part du capital (ici 24%) sans contrôler seul les décisions. L’actionnaire majoritaire conserve généralement le pouvoir principal de gouvernance, même si certaines clauses peuvent donner des droits spécifiques aux minoritaires.

À quoi sert un droit de veto dans une vente de parts ?

Un droit de veto permet à une partie (ici Renault) de bloquer une opération, même si un vendeur et un acheteur se sont entendus. Dans ce cas, Renault peut empêcher la cession des parts d’Otro jusqu’en septembre.

Pourquoi Mercedes s’est-il retiré des discussions ?

D’après Flavio Briatore, le prix demandé était trop élevé. Il a été rapporté qu’Otro valorisait sa participation à 720 millions de dollars, soit plus de trois fois son prix d’achat de 2023.

Pourquoi Alpine était dernière en 2025 puis remonte au championnat en 2026 ?

Alpine a terminé dernière en 2025, en partie parce que l’équipe a orienté son développement très tôt vers la voiture répondant aux règles 2026. Actuellement, elle est cinquième du championnat constructeurs, signe d’un regain de performance et de stabilité.

Qu’est-ce qui a privé Alpine d’un podium à Monaco ?

L’équipe aurait pu obtenir son premier podium de la saison, mais Pierre Gasly a reçu deux pénalités pour excès de vitesse dans la voie des stands, ce qui a compromis le résultat potentiel.

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