Sébastien Buemi tourne la page Formula E : dernier rendez-vous à Londres

La carrière de Sébastien Buemi en Formula E s’achèvera ce week-end à Londres. Champion 2016, le Suisse a décidé de ne pas poursuivre l’option d’un volant à l’approche de l’ère Gen4 du championnat du monde 100% électrique.
Un dernier E-Prix à Londres avant de fermer un chapitre de 12 ans
Envision a annoncé que Buemi et son équipier actuel Joel Eriksson quitteront l’équipe après l’E-Prix de Londres. L’écurie confirmera sa composition de pilotes après la finale londonienne de ce week-end.
Buemi, présent dans toutes les saisons de la discipline depuis 2014, n’a manqué que deux des 161 E-Prix disputés depuis la création de la catégorie. Il s’apprête à courir dimanche son ultime course avec Envision, équipe qu’il a rejointe en 2023.
Quel avenir chez Envision après Buemi et Eriksson ?
Zak O’Sullivan a testé la monoplace de développement Gen4 de Jaguar à Estoril la semaine dernière et fait partie des profils suivis pour rejoindre Maximilian Guenther, déjà signé, au sein de l’équipe à capitaux chinois et basée au Royaume-Uni.
De Renault et Nissan à Envision : une trajectoire marquante
Avant Envision, Buemi a couru pour les structures Renault puis Nissan, de 2014 jusqu’au début de l’ère Gen3. Son palmarès en Formula E est riche, mais son histoire récente illustre aussi l’évolution technique et sportive de la série.
Un départ motivé par l’endurance avec Toyota
Buemi a pris la décision de se concentrer sur sa carrière d’endurance avec Toyota Racing, un programme couronné de succès : il y a remporté quatre fois les 24 Heures du Mans et décroché quatre titres en Championnat du monde d’endurance (WEC).
Des statistiques impressionnantes, un contexte technique qui a changé
Son héritage se lit dans les chiffres : 14 victoires, 36 podiums, 17 pole positions et un titre. Mais ces statistiques ne résument qu’une partie du parcours de l’un des pilotes historiques de la Formula E.
À l’exception d’une seule, toutes les victoires de Buemi ont été obtenues avec l’itération e.dams des programmes Renault et Nissan. Son unique succès en Gen3 avec Envision a été acquis lors de l’E-Prix de Monaco 2025.
Gen3, « pack racing » et pneus Hankook : une adaptation pas immédiate
En 2023, lors de sa seule saison aux côtés de Nick Cassidy, Buemi a été nettement battu. Cette campagne l’a vu paraître en difficulté avec le « pack racing » auto-généré par la configuration technique initiale (et parfois atypique) de la Gen3, notamment avec des pneus Hankook jugés difficiles à apprivoiser.
Face à Robin Frijns en 2024 et 2025, Buemi s’en est mieux sorti, se retrouvant parfois aux avant-postes, comme il l’a encore montré cette saison.
Un départ sans être « au sommet », mais avec un respect immense
Buemi ne quittera pas la Formula E dans la position de domination qui a souvent été la sienne lors de la première ère du championnat. Il reste néanmoins rapide, compétitif, et bénéficie d’un respect considérable dans le paddock, autant pour ses résultats que pour son engagement total en sport automobile, qui lui a valu une réputation de professionnel exemplaire.
Quel héritage laissera Buemi en Formula E ?
Buemi a de solides arguments pour être considéré comme l’un des pilotes les plus actifs et les plus performants hors Formule 1 depuis la fin de sa carrière en F1, en 2011. Il est décrit comme l’un des compétiteurs les plus féroces passés par la Formula E, avec une longévité notable : rester performant bien au-delà de la trentaine dans une discipline aussi changeante techniquement est un marqueur fort.
Il pourrait même conclure à Londres avec au moins un podium, alors que le temps fait son œuvre et que la discipline bascule de la Gen3 à la Gen4, ouvrant une nouvelle ère.
Pourquoi avoir choisi la Formula E dès ses débuts ?
Il est plus facile, rétrospectivement, de mesurer l’ampleur de ce choix. Buemi n’avait que 23 ans lorsque sa trajectoire en F1 s’est interrompue. Il y a eu au moins deux occasions où un retour semblait possible, mais il a finalement construit une carrière d’endurance exceptionnelle tout en devenant une figure majeure de la Formula E.
La question n’est pas seulement « comment » il a réussi, tant cela renvoie au travail, à l’intellect et à la maîtrise. C’est aussi « pourquoi » : pourquoi prendre le pari d’une série naissante, alors perçue comme un projet ambitieux et encore imparfait, dont certains doutaient de la survie au-delà de la première saison ?
Buemi avait déjà couru en A1GP à 17 et 18 ans, au tout début de sa carrière, avant de comprendre — peut-être de manière inconsciente — que tenter du nouveau et apprendre auprès de personnes expérimentées pouvait mener loin. Plus tard, il a renoué avec Jean‑Paul Driot, patron réputé très exigeant de l’empire DAMS, qui se lançait en Formula E. Buemi avait d’autres options, mais l’offre de Driot était de loin la plus convaincante, et leurs discussions ont rapidement mis en évidence une vision commune du professionnalisme et du désir de courir. De là est née une page d’histoire, faite de multiples victoires et du titre 2015-2016.
Le même week-end que Lucas di Grassi : la fin d’une rivalité historique
Un clin d’œil du calendrier : Buemi disputera son dernier E-Prix le même week-end que Lucas di Grassi, son ancien rival de la période Gen1, lui aussi attendu sur le départ.
Les tensions appartiennent au passé. Buemi s’est montré élogieux à l’égard de di Grassi plus tôt cette année :
« Nous n’avons pas toujours été bons amis, même si je dirais qu’aujourd’hui tout va bien. »
« C’est peut-être le pilote qui a le plus contribué à la Formula E. Nous devons tous reconnaître qu’il est là depuis le début et qu’il a eu d’excellentes idées sur la manière de construire le championnat au départ. Je pense qu’il a fait partie de ce qui a rendu la Formula E si bonne, surtout dans les premières années, donc il mérite beaucoup de crédit pour cela. »
Di Grassi devrait, lui aussi, saluer Buemi, et même si leurs caractères sont différents, l’hommage s’annonce sincère.
Conclusion
La Formula E s’apprête à dire au revoir à l’un de ses visages fondateurs : un champion, un vainqueur à répétition, et un compétiteur dont l’exigence a accompagné chaque transition technique du championnat. Alors que la Gen4 se profile et que Buemi se recentre sur l’endurance avec Toyota, Londres marque la fin d’une époque — et rappelle qu’un sport grandit aussi grâce à ceux qui osent y croire dès le premier jour.
Foire aux Questions
Pourquoi Sébastien Buemi quitte-t-il la Formula E maintenant ?
Il a choisi de ne pas poursuivre l’option d’un volant pour l’ère Gen4 et de concentrer ses efforts sur l’endurance avec Toyota, où il affiche déjà un palmarès majeur (4 victoires au Mans et 4 titres en WEC).
Quel est le palmarès de Buemi en Formula E ?
Il totalise 14 victoires, 36 podiums, 17 pole positions et un titre (saison 2015-2016).
Dans quelles équipes Buemi a-t-il couru en Formula E ?
Il a couru pour les programmes Renault puis Nissan entre 2014 et le début de la Gen3, puis a rejoint Envision à partir de 2023.
Qui pourrait remplacer Buemi chez Envision ?
Zak O’Sullivan a récemment testé la voiture de développement Gen4 de Jaguar à Estoril et fait partie des pilotes suivis pour rejoindre Maximilian Guenther, déjà signé. L’équipe annoncera sa composition après la finale de Londres.
Pourquoi la saison 2023 a-t-elle été plus difficile pour Buemi ?
Cette année-là, il a semblé peiner avec le « pack racing » et les particularités techniques de la Gen3 à ses débuts, notamment avec des pneus Hankook difficiles à exploiter de manière constante.
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