La Formule 1 approche de la trêve estivale 2026, mais l’ambiance au Hungaroring ne ressemble en rien à un « dernier jour d’école ». Dans le paddock du Grand Prix de Hongrie, équipes et pilotes ont encore beaucoup de sujets à clarifier, entre réglages logiciels, évolutions techniques, tensions sportives et changements d’organisation.

Tout ce que nous avons appris lors de la première journée du GP de Hongrie 2026 de F1

Voici les principaux enseignements de la journée médias sur le circuit du Hungaroring.

Mercedes : Russell pense avoir tourné la page des soucis de déploiement

George Russell estime que les problèmes de déploiement énergétique qui l’avaient freiné à Silverstone et à Spa — qu’il résumait comme des « chiffres à l’écran pas correctement calibrés » — ont été résolus.

L’enjeu n’est pas seulement la vitesse de pointe : Russell explique que ces soucis l’obligeaient à réfléchir en permanence à sa façon de conduire pour « rendre le groupe motopropulseur rapide en ligne droite », en adaptant la remise des gaz, l’utilisation des rapports, et le moment où il réaccélérait. Or, même si les données semblaient accuser son style de pilotage, le diagnostic final a montré que ce n’était pas la cause.

Pour lui, c’est un soulagement important : il veut aborder le week-end en se concentrant sur l’essentiel, piloter vite, sans reconstruire toute sa technique de conduite autour d’un problème qui n’était pas là.

Leclerc reconnaît que l’incident avec Piastri était « trop limite »

L’absence de réaction des commissaires lors du Grand Prix de Belgique, après le contact entre Charles Leclerc et Oscar Piastri, a surpris beaucoup de monde — y compris Piastri. Quatre jours plus tard, Leclerc a tenu un discours allant dans le même sens.

Il a admis « être plutôt d’accord avec Oscar », expliquant que, dans la voiture, il cherche à pousser les limites. Mais, selon lui, avec Piastri, l’action était « un peu de l’autre côté » de cette limite, et ce n’est « probablement pas » la manière dont il souhaite courir tout le temps.

Leclerc souligne aussi le risque pour lui-même : vouloir laisser « le moins de place possible » peut devenir contre-productif. Il a qualifié la situation de « trop sketchy » (trop hasardeuse).

Cadillac craint un gros bond d’Aston Martin malgré l’avance récente

Ces dernières courses, Cadillac a réussi à creuser l’écart sur Aston Martin, avec un avantage qui a même dépassé deux secondes au tour à Spa. Pourtant, Valtteri Bottas prévient qu’il est « un peu effrayé » à l’idée qu’Aston Martin puisse réaliser une grande progression : si cela arrive, Cadillac pourrait se retrouver en fond de grille.

La raison est simple : Cadillac a encore du développement prévu pour 2026, mais sans attendre « de magie » ni de changement majeur. Dans ce contexte, un gros pas en avant du rival aurait des conséquences immédiates.

À l’intérieur même de Cadillac, les avis divergent sur la dynamique de progression 2026 : Sergio Perez estime que l’équipe « n’a pas assez développé », tout en rappelant que Cadillac est une structure récente. Bottas, lui, juge que « comparé aux équipes de pointe », le rythme de développement a été bon.

À Budapest, Cadillac apporte aussi une évolution clé : un package de freins renforcé. Bottas va jusqu’à dire que sans cette mise à niveau, l’équipe « n’aurait très probablement pas » terminé la course, tant le Hungaroring sollicite les freins. Il rappelle également la douleur vécue au Red Bull Ring, où aucune des deux voitures n’a dépassé le quatrième tour.

Débat technique : Bortoleto défend les moteurs 2026 et les algorithmes

Le contexte particulier du week-end de Spa, et l’attention accrue portée au rôle de l’apprentissage automatique dans la gestion du déploiement, ont relancé une vague de critiques de pilotes contre la Formule 1 version 2026.

Sergio Perez, contraint à l’abandon sur rupture de suspension au 13e tour et réduit au rôle de spectateur, a lâché : « Ce que j’ai vu, ce n’était pas la Formule 1 » et a ajouté que « ce n’était pas agréable ».

À l’inverse, le pilote Audi Gabriel Bortoleto, qui soutient les voitures 2026 depuis un moment, ne voit pas de problème à cette montée en puissance des algorithmes. Il rappelle que la F1 sert à développer la technologie du futur et qu’il serait illogique de ne pas utiliser tous les outils disponibles.

Bortoleto souligne aussi un paradoxe : « On se plaignait que les pilotes avaient trop de choses à faire ; maintenant que certaines choses se font pour nous, on se plaint qu’elles se font pour nous. » Il dit apprécier la capacité du logiciel à s’adapter, à comprendre quand et combien d’énergie est déployée dans le tour, et comment cela évolue sur plusieurs tours. Selon lui, il ne faut pas changer cette direction.

Racing Bulls : Lindblad et Lawson plus complices qu’il n’y paraît

Les duels internes chez Racing Bulls ont déjà marqué la saison 2026, et Spa n’a pas fait exception. Arvid Lindblad, aidé par un package complet d’évolutions, a fini par prendre le dessus sur Liam Lawson, après un passage particulièrement tendu dans Eau Rouge puis au freinage des Combes.

Ce duel intervient quelques semaines après un épisode où Lawson avait été irrité par le refus de Lindblad de suivre une consigne d’équipe. Malgré la pression et le fait qu’ils se gênent régulièrement en piste, l’ambiance en dehors semble plus saine qu’on ne l’imagine.

Lindblad explique avoir été « positivement surpris » par la relation, notant que, plus jeune, il avait surtout en tête les histoires de rivalités entre équipiers — et que certaines séries rendent parfois les choses plus dramatiques qu’elles ne le sont. Il insiste sur le respect mutuel, et raconte que Lawson l’a félicité juste après la course : « bien joué, bonne course ».

Lawson a lui aussi relativisé : il dit ne pas connaître beaucoup de voitures capables de rester côte à côte dans Eau Rouge puis sur toute la ligne droite, comme ils l’ont fait.

Enfin, détail plus léger mais révélateur : un vol easyJet retardé de deux heures vers Budapest a renforcé leur complicité. Selon Lawson, Lindblad était assis au milieu, ce qui lui a permis d’avoir la place côté hublot — « donc ça allait ».

Mercedes change (aussi) la safety car : nouvelle AMG GT à transmission intégrale

La nouvelle safety car Mercedes au GP de Hongrie 2026

Une nouvelle safety car Mercedes doit être utilisée au Grand Prix de Hongrie si nécessaire : une Mercedes‑AMG GT en version transmission intégrale. Son nom complet est Mercedes‑AMG GT 63 PRO 4MATIC+.

Il s’agit de la 14e variante de safety car Mercedes en F1, une lignée qui avait débuté avec la Mercedes‑Benz C36 AMG en 1996. Au Hungaroring, la safety car de 1996 était d’ailleurs présente aux côtés de la nouvelle, pour une séance photo avec les pilotes Mercedes sur la ligne droite départ/arrivée.

Le pilote de safety car Bernd Maylander explique que cette nouvelle voiture « combine les plus hauts niveaux de sécurité avec une sportivité impressionnante et du plaisir de conduite ». Selon lui, elle « exprime vraiment son potentiel en virage et à l’accélération » grâce à la suspension active.

Côté chiffres : 612 ch, une vitesse de pointe de 317 km/h, et une boîte AMG Speedshift MCT 9G à neuf rapports.

Après un partage avec Aston Martin entre 2021 et 2025, Mercedes est redevenu fournisseur unique dès le début de la saison 2026. À Budapest, la voiture arbore une livrée rouge célébrant un 30e anniversaire.

Antonelli veut corriger son « addiction » aux limites de piste

Kimi Antonelli a un point fort : il analyse vite ce qu’il doit améliorer. Même après sa sixième victoire de la saison, obtenue à Spa, il a accepté la critique de son père Marco : il prend trop de libertés avec les limites de piste.

Antonelli admet aimer « utiliser la piste un peu trop », et juge certaines de ses infractions à Spa « très stupides », se demandant lui-même « qu’est-ce que je fais ? ».

À Spa, il a dépassé deux fois les limites de piste pendant la course, à Raidillon, ce qui en faisait le seul pilote avec plus d’une infraction. Il était encore à deux infractions du seuil déclenchant une pénalité, mais il insiste sur un autre point : l’« opportunité perdue » de prendre ces risques quand ce n’est pas nécessaire.

Il explique qu’en course il peut parfois avoir besoin d’exploiter au maximum, mais que s’il « les utilise quand il n’en a pas besoin », il risque de « se retrouver en difficulté ». Son père lui a même lancé après l’arrivée : « bravo, mais si je te vois refaire une limite de piste pour rien, je vais t’étirer le cou comme un poulet ! »

Haas : Bearman domine Ocon, mais juge le duel biaisé par des problèmes de pièces

Après 10 manches de la saison 2026, Ollie Bearman a largement pris le dessus sur son équipier Esteban Ocon : 11-3 en qualifications (sprints inclus) et 18-3 au « score » en points.

Mais Bearman met en garde contre une lecture trop simple : selon lui, ce n’est pas toujours un combat « à armes égales » à cause de soucis d’incohérence de pièces qui touchent les deux pilotes. Il dit avoir été « du mauvais côté » comme « du bon côté » de ces variations, et regrette qu’elles transforment la performance en « cible mouvante », avec des changements de balance de la voiture du jour au lendemain sans les anticiper.

Bearman ajoute qu’il est « content » de ce qu’il fait, tout en soulignant que « l’histoire n’est pas forcément celle qu’on lit dans le titre ».

De son côté, Ocon a déclaré à Spa n’avoir eu une « performance normale de voiture » que sur deux des dix épreuves disputées. Pour la Hongrie, Haas a remplacé beaucoup de ses éléments : un fond plat différent, un aileron arrière différent et un moteur différent. À Budapest, Ocon assure : « Je suis certain qu’on va s’en sortir. C’est vrai que ça dure depuis un moment, ce qui est difficile, mais on reste soudés et on va régler ça. »

Williams : Albon cherche un nouvel ingénieur de course pour 2026

Alex Albon cherche un nouvel ingénieur de course pour 2026, car James Urwin — qui travaille avec lui depuis le début de 2022 — va occuper un poste basé à l’usine l’an prochain.

Albon avait envisagé une collaboration avec Tom Hart, qui était son ingénieur performance chez Red Bull en 2020. Mais ce mouvement ne se fera pas : Hart a finalement choisi de rester chez Red Bull.

Une des raisons avancées est que Hart est pressenti pour succéder à Gianpiero Lambiase comme ingénieur de course de Max Verstappen, après avoir déjà assuré l’intérim à plusieurs reprises. Le niveau exact d’avancement des discussions avec Williams n’est toutefois pas précisé.

Williams indique malgré tout avoir d’autres pistes, et Albon précise que, pour les profils approchés, il a lui-même été impliqué dans le processus.

Conclusion

Entre correctifs logiciels, packages de freins, arbitrages sportifs, changements d’organisation et même l’arrivée d’une nouvelle safety car, la première journée au Hungaroring rappelle à quel point la saison 2026 se joue aussi hors piste. Et si la trêve approche, les questions techniques et humaines restent brûlantes : la suite du week-end dira qui transforme ces signaux en performance réelle.

Une chose est sûre : en Formule 1, l’avenir n’attend jamais la fin de l’été.

Foire aux Questions

Qu’est-ce que le « déploiement » dont parle Russell ?

Le déploiement désigne la façon dont l’énergie (notamment électrique) est libérée pour compléter la puissance du moteur pendant un tour. Si la gestion est mal calibrée, un pilote peut perdre de la vitesse en ligne droite et devoir adapter sa conduite pour compenser.

Pourquoi le Hungaroring est-il si exigeant pour les freins ?

Le Hungaroring enchaîne de nombreux virages et zones de freinage, avec peu de temps de repos pour le système de freinage. Une voiture peut surchauffer ou dégrader ses freins, au point de compromettre l’arrivée, d’où l’importance du renforcement évoqué chez Cadillac.

Que risque un pilote avec des infractions aux limites de piste ?

Les infractions répétées peuvent mener à une pénalité. Antonelli rappelle aussi un aspect moins visible : utiliser les limites quand ce n’est pas nécessaire peut coûter du temps ou créer un risque inutile sur la durée d’une course.

À quoi sert la safety car et pourquoi une nouvelle version change quelque chose ?

La safety car neutralise la course pour sécuriser la piste en cas d’incident. Une nouvelle version peut offrir de meilleures capacités en accélération, en virage et en stabilité, ce qui aide à maintenir un rythme sûr mais soutenu derrière elle.

Quel est le rôle d’un ingénieur de course, comme celui qu’Albon cherche pour 2026 ?

L’ingénieur de course est l’interlocuteur principal du pilote pendant les essais et la course : il pilote la stratégie, gère les réglages et transmet les informations clés à la radio. Un changement à ce poste peut influencer la préparation et l’exécution d’un week-end de Grand Prix.

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