Red Bull n’a pas encore remis à Alpine le trophée de la troisième place du Grand Prix de Monaco, remporté désormais par Pierre Gasly après révision du classement. L’écurie campe sur sa position alors qu’elle hésite encore à engager une procédure d’appel à la suite de la perte du podium initialement attribué à Isack Hadjar.

Ce dossier, relancé durant le week-end du Grand Prix de Barcelone, met en jeu une question très sensible en Formule 1 : la fiabilité des mesures de vitesse dans la voie des stands, et la manière dont des pénalités appliquées en course peuvent ensuite être reconsidérées.

Un classement modifié après audience : Gasly rétabli, Hadjar rétrogradé

À l’issue d’une audience de « droit de révision » tenue pendant le week-end de Barcelone, Pierre Gasly a été rétabli à la troisième place qu’il avait obtenue sur la piste à Monte-Carlo, ce qui a fait reculer Isack Hadjar d’un rang.

Ce changement s’explique par l’annulation de deux infractions pour excès de vitesse dans la voie des stands initialement attribuées à Gasly. Alpine a convaincu les commissaires que ces pénalités n’étaient pas justifiées à cause d’une erreur de chronométrage liée à une donnée de distance fournie par Formula One Management.

Red Bull conserve le trophée de Gasly pendant qu’elle envisage un appel

Le cœur du problème : comment la vitesse est calculée dans la voie des stands

Dans la voie des stands, la vitesse est évaluée à partir du temps nécessaire pour parcourir une distance déterminée. Or, un décalage entre la longueur que Formula One Management affirmait utiliser pour le calcul et la longueur réelle de la voie des stands a permis à Alpine de démontrer que Gasly n’avait, en réalité, pas dépassé la limite.

Vendredi matin à Barcelone, les commissaires ont annoncé avoir annulé la double pénalité infligée à Gasly, ce qui a rétabli le pilote Alpine à la troisième place devant Hadjar.

Une controverse qui dépasse Alpine et Red Bull

La décision a immédiatement créé des tensions dans le paddock. D’autres équipes contestent l’idée qu’un résultat puisse être modifié après coup sur la base de ce type d’éléments, en particulier celles :

- dont les pilotes ont également été pénalisés pour excès de vitesse dans la voie des stands, mais ont purgé leur sanction en course ;

- ou qui ont perdu des positions au classement à cause de la requalification.

McLaren et Red Bull ont toutes deux notifié à la FIA leur intention de faire appel de la décision. Les deux équipes disposent jusqu’au mardi matin suivant pour déterminer si elles iront effectivement au bout de la procédure.

Pourquoi Red Bull retient le trophée de la troisième place

Alors que l’équipe réfléchit à la suite, une situation inhabituelle retient l’attention : Red Bull n’a pas rapidement transféré le trophée du podium à l’équipe désormais classée troisième, ce qui va à l’encontre de ce qui se fait généralement lorsque le classement est modifié après la course.

Les raisons exactes ne sont pas précisées. Le lieu où se trouve le trophée n’est pas clairement établi non plus : il existe une incertitude sur le fait qu’il ait été emporté directement à Barcelone ou déplacé ailleurs après Monaco.

Red Bull invoque un « principe » et demande des clarifications à la FIA

Red Bull explique que sa réflexion autour d’un appel relève d’une question de principe. L’idée mise en avant est que les équipes ont toujours dû composer avec des systèmes de mesure de vitesse dans la voie des stands qui ne peuvent pas être parfaitement exacts.

Le directeur de l’équipe, Laurent Mekies, a insisté sur la nécessité d’obtenir des réponses et une méthode robuste pour l’avenir, notamment sur la gestion des pénalités non susceptibles d’appel lorsqu’elles sont infligées pendant la course :

« Nous pensons que c’est davantage une question de principe, pour le bien du sport, afin d’obtenir une vraie clarté sur la manière dont on traite des pénalités non susceptibles d’appel pendant la course, et sur l’obtention des bons résultats à l’arrivée. »

« Aucun système de mesure n’est parfait sur Terre. Il n’existe pas une seule façon de mesurer la vitesse, et elles sont toutes erronées. »

« Cependant, nous travaillons avec ce système de mesure depuis de très nombreuses années. C’était le même la veille [de la course], le même vendredi, et le même les années précédentes. »

« Nous nous y sommes tous adaptés, et 17 ou 18 voitures ont réussi à être dans la légalité. Nous devons donc nous assurer, en tant que sport, d’avoir une approche suffisamment solide pour que, à l’avenir, il y ait la bonne équité pour les fans et pour les concurrents. »

Mercedes entre dans la procédure : demande de droit de révision

Au-delà des notifications d’intention d’appel déposées par Red Bull et McLaren, Mercedes a également lancé sa propre action.

À Monaco, George Russell faisait partie des pilotes sanctionnés pour excès de vitesse dans la voie des stands. Le fait de ne pas avoir purgé cette pénalité lors d’un arrêt sous voiture de sécurité a ensuite entraîné un passage par les stands (drive-through), ce qui l’a éjecté des points alors qu’il s’était hissé jusqu’à la troisième place sur la piste.

Mercedes a donc déposé une requête pour obtenir un droit de révision concernant le classement amendé publié par la FIA vendredi matin, celui qui rétablit Gasly à la troisième place.

Le patron de l’équipe, Toto Wolff, a expliqué l’intérêt d’être partie prenante des discussions :

« Nous avons demandé un droit de révision, parce qu’on veut tout simplement être à la table quand des décisions sont prises. »

Interrogé sur les chances de succès d’une modification qui replacerait Russell, Wolff a toutefois reconnu que la perspective était mince :

« Je pense quand même que c’est un pari très difficile. »

Conclusion

Entre la révision d’un résultat majeur à Monaco, les interrogations sur la mesure de la vitesse dans la voie des stands et l’éventualité d’un appel, l’affaire Gasly-Hadjar est devenue un test de cohérence pour la FIA et pour la Formule 1. Les prochains jours diront si la discipline choisit de figer le verdict ou d’ouvrir un nouveau chapitre procédural — avec, en toile de fond, la quête permanente d’une règle claire et juste pour tous.

Foire aux Questions

Qu’est-ce qu’un « droit de révision » en Formule 1 ?

C’est une procédure qui permet de demander aux commissaires de réexaminer une décision sportive à la lumière d’éléments pertinents. Ici, elle a conduit à l’annulation de pénalités et à la modification du classement final.

Pourquoi la distance de la voie des stands est-elle si importante ?

La vitesse dans la voie des stands est évaluée via le temps mis pour parcourir une distance donnée. Si la distance utilisée pour le calcul ne correspond pas à la distance réelle, l’évaluation de la vitesse peut être faussée.

Qu’est-ce qui a changé pour Pierre Gasly à Monaco ?

Deux pénalités pour excès de vitesse dans la voie des stands ont été annulées après révision, ce qui a rétabli Gasly à la troisième place finale.

Pourquoi Red Bull et McLaren envisagent-ils un appel ?

Les deux équipes ont signalé leur intention de contester la décision. Red Bull explique notamment agir par principe, estimant que les équipes travaillent depuis longtemps avec des systèmes de mesure imparfaits et qu’il faut clarifier les règles et leurs conséquences.

Que reproche Mercedes à la situation actuelle ?

Mercedes estime avoir été lourdement impactée par les conséquences d’une pénalité liée à la voie des stands à Monaco, notamment dans le cas de George Russell, et souhaite être impliquée dans la procédure en demandant un droit de révision du classement amendé.

Au-delà des classements rectifiés, le rêve demeure : s’offrir une McLaren F1. Pour l’approcher sans faux départ, LOA ou LLD deviennent votre stratégie gagnante avec Joinsteer.

Joinsteer, votre marketplace automobile

Joinsteer scanne toute l’Europe pour trouver LE véhicule de vos rêves et vous le délivrer dans les meilleures conditions.
Visiter la marketplace

Les autres pilotes du championnat