Au lendemain du Grand Prix de Chine, Max Verstappen a livré sa charge la plus virulente contre les règles 2026 en Formule 1, dénonçant une course qu’il juge devenue artificielle et « terrible ». Le quadruple champion du monde, déjà identifié comme le critique le plus visible de ce cycle réglementaire, a relancé le débat avec des mots particulièrement tranchants.

🧨 Une sortie au plus fort, après un dimanche compliqué

Verstappen s’était montré un peu plus conciliant plus tôt durant le week-end à Shanghai. Mais il a durci le ton immédiatement après la course du dimanche, qu’il a terminée sur un abandon, victime d’une panne mécanique alors qu’il occupait la sixième place.

Au départ, l’échange portait sur le week-end décevant de Red Bull. Verstappen a notamment estimé que le principal problème venait davantage du châssis que du nouveau groupe propulseur. Puis la discussion a basculé sur le spectacle en piste, au fil d’une séance médias plus longue qu’à l’accoutumée.

Verstappen lance sa plus grande attaque contre la course « terrible » de 2026

🎮 « C’est Mario Kart » : la critique du “yo-yo” et du boost

Selon Verstappen, le Grand Prix de Chine a certes offert une version plus « tempérée » de la course en accordéon (le “yo-yo racing”) observée lors des premiers tours de la manche d’ouverture, disputée deux semaines plus tôt sur le circuit de Melbourne, décrit comme très gourmand en énergie. Mais cela ne change rien au fond du problème à ses yeux.

Il a affirmé que ceux qui prennent du plaisir devant ce type de scénario « ne comprennent pas » la course automobile :

« C’est terrible. Si quelqu’un aime ça, alors vous ne savez vraiment pas ce qu’est la course. »

Il a poussé la comparaison encore plus loin :

« Pas amusant du tout. On joue à Mario Kart. Ce n’est pas de la course. »

Et il a résumé la mécanique du spectacle qu’il dénonce :

« On se dépasse grâce au boost, puis on n’a plus de batterie, et sur la ligne droite suivante l’autre vous repasse grâce au boost. Pour moi, c’est juste une blague. »

🏁 Devant, une bataille qui ne le convainc pas

Interrogé sur le fait que la lutte pour la victoire à l’avant pouvait malgré tout divertir une partie du public, Verstappen a objecté que la hiérarchie ne favorisait pas un vrai duel « aller-retour » :

« Enfin, c’est juste Kimi [Antonelli] ou George [Russell] qui gagne, non ? Ce n’est pas vraiment un mano a mano. Ils sont à des kilomètres du reste du plateau. »

Il a aussi pointé des scénarios où Ferrari peut jaillir au départ, avant que l’ordre ne se rétablisse :

« C’est juste que Ferrari fait parfois de bons départs, puis ils se portent devant, et ensuite il faut quelques tours pour que tout se remette en place. »

🧭 « Même si je gagnais » : une critique présentée comme une question de principe

Verstappen insiste sur le fait que sa position n’est pas dictée par sa situation du moment :

« Mais oui, comme je l’ai dit, ça n’a rien à voir avec la course — et je dirais la même chose si je gagnais des courses. Parce que je me soucie du produit en piste. Ce n’est pas une question d’être contrarié par ma position. »

🔧 Des règles « fondamentalement bancales », le V8 en ligne de mire

Alors qu’un retour à des moteurs V8 a été évoqué comme prochaine étape réglementaire à plus long terme, Verstappen a jugé « douloureux » que cela ne puisse pas arriver dès l’an prochain. Pour lui, l’ensemble actuel est « fondamentalement bancal » et ne peut être amélioré que « un peu ».

Il estime que les organisateurs comprennent le point de vue des pilotes, et dit parler au nom de la majorité :

« Je pense qu’ils comprennent d’où nous venons en tant que pilotes. Je parle pour la plupart des pilotes — certains, bien sûr, diront que c’est super parce qu’ils gagnent des courses, ce qui est compréhensible. Quand vous avez un avantage, pourquoi y renoncer ? Parce que vous ne savez jamais si vous aurez une bonne voiture à nouveau. »

Mais il insiste sur l’écart entre ce que produisent ces règles et ce que recherchent beaucoup de passionnés :

« Mais si vous parlez à la plupart des pilotes, oui, ce n’est pas ce qu’on aime, je ne pense pas que ce soit ce que les vrais fans de F1 aiment. Peut-être que certains fans aiment ça, mais ils ne comprennent pas la course. »

Et il conclut sur un souhait sans détour :

« J’espère qu’on pourra s’en débarrasser le plus vite possible. »

🕰️ « Ils auraient dû écouter en 2023 »

Verstappen affirme que la discipline aurait dû réagir plus tôt, quand lui et d’autres tiraient déjà la sonnette d’alarme sur les règles envisagées :

« La F1 aurait déjà dû écouter en 23. »

Il admet que la décision a été prise, mais en tire une leçon pour la suite :

« Malheureusement, ils ont fait ce qu’ils ont fait, donc leçon pour l’avenir — que ça n’arrive plus jamais, ce serait super. »

⚖️ Un jeu politique et un risque pour le sport

Questionné sur l’idée que les dirigeants pourraient être tentés de ne pas corriger l’aspect artificiel si cela plaît à un public plus occasionnel, Verstappen se montre inquiet :

« J’espère qu’ils ne pensent pas comme ça. Parce que ça finira par ruiner le sport. Ça leur reviendra en pleine figure. »

Il plaide pour le dialogue et des solutions, tout en soulignant la difficulté d’obtenir un consensus :

« Mais pour moi, tant qu’on peut communiquer avec eux et s’assurer qu’on travaille sur des solutions, ça aidera beaucoup — mais ça va aussi être très difficile que tout le monde soit d’accord, évidemment. Pas tout le monde n’a besoin d’être d’accord, mais la plupart des gens doivent être d’accord pour faire des changements. »

Enfin, il décrit un contexte inévitablement stratégique :

« Mais comme je l’ai dit, c’est politique, non ? Certaines personnes sentent qu’elles ont l’avantage maintenant et elles veulent bien sûr l’utiliser — c’est normal, je comprends, je ne suis pas stupide. Mais en même temps, si vous regardez ça pour le sport, ce n’est juste pas bon. »

✅ Conclusion 🏁

Avec des mots très durs, Verstappen remet au centre un débat clé : l’équilibre entre gestion d’énergie, dépassements au boost et sensation de course “authentique”. Entre ajustements possibles à court terme et horizons plus lointains comme le V8, la F1 joue gros sur l’adhésion des pilotes et des fans — et les prochaines décisions pourraient définir la direction du sport pour des années.

Quoi qu’il arrive, la manière dont la F1 répondra à ces critiques dira si l’avenir se construit sur le spectacle… ou sur la course.

❓ Foire aux Questions

Pourquoi Max Verstappen critique-t-il autant les règles F1 2026 ?

Il estime qu’elles produisent une course artificielle, avec des dépassements dictés par l’usage du boost et la gestion de batterie, plutôt que par le rythme pur et la lutte roue contre roue.

Que veut-il dire par « course en yo-yo » ?

Il décrit une alternance répétée : un pilote dépasse grâce à un surplus d’énergie, puis se retrouve vulnérable quand sa batterie est vide, et se fait repasser sur la ligne droite suivante.

Pourquoi compare-t-il la course à « Mario Kart » ?

Il utilise cette image pour illustrer une impression de dépassements “à effet”, déclenchés par des modes de puissance, plutôt que par une bataille de pilotage sur plusieurs virages.

Est-ce que Verstappen relie ses critiques aux performances de Red Bull en Chine ?

Il a évoqué le week-end décevant de l’équipe et dit voir le châssis comme un problème principal plutôt que le nouveau groupe propulseur. Mais il affirme que sa critique du spectacle resterait la même même s’il gagnait.

Que pense-t-il des évolutions futures comme un retour au V8 ?

Il dit qu’il est « douloureux » que cela ne puisse pas arriver dès l’an prochain, et juge les règles actuelles « fondamentalement bancales », ne pouvant être améliorées que marginalement.

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