Max Verstappen a vécu une séance de qualifications frustrante au Grand Prix de Hongrie, affirmant que sa Red Bull a souffert d’une véritable « dégradation de la voiture » au fil des tours. Selon lui, la RB22 est devenue « complètement inconduisible » en fin de Q3, au point de partir en tête-à-queue dans le dernier virage lors de sa dernière tentative.

Une fin de Q3 sous tension, jusqu’au tête-à-queue

Verstappen a perdu la voiture au dernier virage sur son ultime tour en Q3. Mais, d’après ses propres mots, il peinait déjà à améliorer son meilleur chrono au moment où il a commis cette erreur.

À la radio, il s’est emporté auprès de son ingénieur Gianpiero Lambiase :

« Mec, la voiture est complètement cassée aérodynamiquement, ça empire de tour en tour. Quelle blague. Quelle. Blague, franchement. Quel week-end de m**de. »

Verstappen : une Red Bull qui se dégrade et ‘pire et pire’ en Hongrie

« Ce n’était pas les pneus : c’était la voiture »

Sur le tour de rentrée, Verstappen a poursuivi son analyse, évoquant de « grosses dégradations en qualification » ayant rendu la voiture « complètement inconduisible ».

Il a ensuite précisé que le week-end était difficile dans son ensemble, mais que le problème clé était ailleurs :

« Le week-end en général a été difficile, mais quand, au lieu que les pneus se dégradent, c’est la voiture qui se dégrade, alors tu as un gros problème. C’est ce qui s’est passé. »

Malgré cette situation, Verstappen a rappelé qu’il n’était qu’à cinq dixièmes de la pole, ce qui correspondait à son niveau observé pendant les essais.

Une perte d’appui aérodynamique qui s’aggrave tour après tour

Le Néerlandais a décrit une tendance nette : plus il enchaînait les tours, plus la voiture devenait délicate à placer, comme si l’équilibre se détériorait au lieu de s’améliorer.

« La voiture ne faisait qu’empirer, tour après tour. Donc plus je faisais de tours, plus c’était difficile d’assembler un tour propre. Pour demain aussi, il faut corriger ça, parce que la voiture n’est pas pilotable comme ça. »

Il a pointé en particulier un arrière devenu imprévisible :

« Comme vous pouvez le voir dans le dernier virage, je tourne, et l’arrière… il n’existe pas. C’est vraiment fou. »

Sur le plan technique, Verstappen a expliqué vouloir examiner lui-même les données, tout en indiquant que l’équipe voyait « une perte d’aéro » qui « continuait de s’aggraver » — une évolution qu’il juge anormale.

« On voit une perte d’aéro, et ça n’arrêtait pas d’empirer. Ce n’est pas bon. Normalement, ça s’améliore. Mais ma voiture partait de plus en plus en survirage. »

Un problème déjà ressenti cette saison, mais difficile à cerner

Verstappen a ajouté que ce n’était pas la première fois cette année qu’il percevait ce type de dérive, tout en soulignant une difficulté : il a l’impression que la cause n’est pas toujours la même, ce qui rend le phénomène plus difficile à maîtriser.

« Ce n’est pas la première fois cette année que je repère cette tendance, mais j’ai toujours l’impression que c’est un problème différent, et c’est pour ça qu’on pense que c’est plus difficile à contrôler. »

Il a aussi insisté sur son ressenti au volant, évoquant une voiture qui ne « colle » plus dans certaines phases :

« Je pense que je suis assez bon pour comprendre quand il y a un problème, ou quand je sens que quelque chose ne va pas. La voiture est devenue incontrôlable dans certains virages à l’entrée, avec ce feeling que la voiture n’adhère plus. Je l’ai déjà ressenti, mais là, encore une fois, ce n’est pas bon. »

Hadjar également piégé, et un bilan jugé « très décevant »

Le week-end a aussi été compliqué du côté d’Isack Hadjar : le coéquipier de Verstappen a lui aussi connu un tête-à-queue, survenu cette fois en Q2.

Hadjar n’a pas évoqué de détérioration physique de la machine, mais il a dressé un constat sévère sur la progression :

« On n’a fait aucun progrès ce week-end. »

Il a qualifié le résultat de « très décevant », en soulignant qu’il s’est classé huitième, deux places derrière Verstappen.

Conclusion

Entre perte d’appui aérodynamique, survirage grandissant et confiance au freinage mise à mal, Verstappen décrit une Red Bull qui se dégrade au fil des tours au lieu de se stabiliser. Le défi sera désormais de comprendre pourquoi la RB22 “s’effondre” en fin de qualification, et de trouver une solution durable. En sport auto, les plus grands rebonds naissent souvent des week-ends les plus difficiles.

Foire aux Questions

Que signifie Q3 en Formule 1 ?

La Q3 est la troisième et dernière phase des qualifications. Elle réunit les dix pilotes les plus rapides des phases précédentes, qui se disputent les meilleures positions sur la grille.

Quelle est la différence entre dégradation des pneus et dégradation de la voiture ?

La dégradation des pneus correspond à une perte de performance de la gomme avec l’usure. Verstappen explique qu’en Hongrie, le problème venait surtout de la voiture elle-même : l’équilibre et l’efficacité aérodynamique se dégradaient au fil des tours, rendant la monoplace de plus en plus difficile à piloter.

Qu’est-ce qu’une « perte d’aéro » et pourquoi est-ce critique ?

Une perte d’aéro désigne une baisse d’appui aérodynamique. Moins d’appui signifie moins d’adhérence, surtout dans les virages rapides, et un risque accru de survirage ou de décrochage de l’arrière, comme Verstappen l’a décrit.

Pourquoi une voiture qui sur-vire davantage tour après tour devient-elle difficile à qualifier ?

En qualification, le pilote cherche une précision maximale sur un tour. Si le survirage augmente progressivement, il devient plus risqué d’attaquer à l’entrée et au milieu des virages, car l’arrière peut se dérober et empêcher de « construire » un tour propre.

Pourquoi Verstappen a-t-il perdu la voiture au dernier virage ?

Il explique que l’arrière devenait « non-existant », avec une monoplace de moins en moins stable. Dans ces conditions, un dernier virage exigeant peut suffire à provoquer un tête-à-queue, surtout lors d’une tentative lancée en Q3.

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