La frustration était palpable chez Red Bull après le Grand Prix des États-Unis de Formule 1. Max Verstappen et Isack Hadjar ont tous deux fustigé une série de problèmes jugés évitables, qui les ont empêchés de tirer pleinement parti du potentiel de leur voiture, sur une course finalement dominée par Kimi Antonelli.

Pourquoi le GP des États-Unis a rendu Verstappen et Hadjar furieux contre Red Bull

Un départ raté qui met tout de suite Red Bull sous pression

Les choses ont commencé à se compliquer dès l’extinction des feux. Verstappen et Hadjar, respectivement deuxième et troisième sur la grille, ont particulièrement souffert d’un mauvais envol, compromettant immédiatement leur capacité à capitaliser sur leur position de départ.

Communication brouillée et choix de course contesté

Au fil des tours, un autre problème a pesé lourd : des soucis de radio ont perturbé la communication avec le muret des stands, rendant les échanges difficiles tout au long de l’épreuve.

Sur le plan stratégique, Verstappen s’est aussi agacé du choix d’une stratégie à deux arrêts, qui a laissé une ouverture à Kimi Antonelli — parti sur un seul arrêt — pour s’imposer de manière dominante.

Juste après le drapeau à damier, le directeur d’équipe Laurent Mekies a envoyé un message reconnaissant qu’il y avait « quelques petites choses à régler ». Mais dans le cockpit, l’exaspération était déjà à son comble.

Verstappen : critiques en chaîne sur la voiture, les pneus et l’exécution

Après avoir franchi la ligne en troisième position, Verstappen a lâché à la radio un message particulièrement dur : « Terrible : le rythme, le mauvais pneu, arrêt au stand m***, frein moteur m***. Rien n’a marché. »

Interrogé ensuite sur la décision de s’engager sur les pneus tendres pour le deuxième relais, alors que les gommes plus dures semblaient entrer en jeu, il a nié tout accord préalable : « Non, ce n’était pas convenu. C’est pour ça que je ne comprends pas. Comme ça, tout le monde saurait qu’on fait deux arrêts. »

Et, alors que les difficultés d’équilibre et de frein moteur s’ajoutaient à la panne radio, Verstappen a ironisé devant les médias : « Peut-être qu’on devrait commencer à communiquer en langage des signes. C’est probablement moins cher aussi. »

Avant de résumer son ressenti sans détour : « C’est un désastre. C’est vraiment frustrant, honnêtement. »

Hadjar encore plus sévère : « Il faut revoir le design »

Isack Hadjar, qui a finalement terminé sixième, s’est montré tout aussi incisif — voire plus — en pointant notamment la question des départs. Selon lui, l’embrayage doit évoluer : « Il faut le redessiner parce qu’en ce moment il est trop fragile. Il supporte mal les températures. C’est un vrai combat. »

Le pilote a aussi exprimé son incompréhension face à la persistance d’un problème aussi basique que la radio : « En ce moment, ce sont les petites choses qu’on n’arrive pas à faire. J’ai une radio mauvaise, je ne sais même pas ce qui se passe. Je lâche l’embrayage, ça tourne au cauchemar. »

Avant d’ajouter, en soulignant le coût sportif de ces dysfonctionnements : « On règle déjà ces deux-là, on peut être sur le podium. Les choses les plus difficiles, on dirait qu’on sait les faire, et les choses stupides, on n’y arrive pas. »

Red Bull assume un pari sur les pneus tendres… qui n’a pas payé

Laurent Mekies a reconnu la nécessité d’analyser en profondeur la stratégie de Verstappen, notamment à cause d’une dégradation jugée anormalement élevée lors du deuxième relais. Red Bull veut comprendre pourquoi cette phase a été aussi compliquée, alors que le début de course face à Antonelli semblait plus équilibré.

Interrogé sur les plaintes de Verstappen, Mekies a précisé : « Je ne suis pas sûr de ce à quoi il faisait référence, parce que je n’ai pas entendu ce qu’il a dit, mais je pense qu’une chose qui a pu le surprendre est le fait que nous ayons choisi de lui mettre le deuxième train de pneus tendres : ce n’était certainement pas l’option de base pour nous. »

Et il a insisté sur le point central : « Malheureusement, comme vous l’avez vu sur ce deuxième relais, nous avons aussi souffert d’une dégradation assez élevée, donc c’est probablement l’un des éléments que nous allons revoir ensemble : pourquoi nous avons autant dégradé sur ce deuxième relais. »

Mekies estime toutefois que, quelle que soit l’option retenue, l’avantage de rythme d’Antonelli l’aurait probablement conduit à la victoire. Il a aussi rappelé que Red Bull a traditionnellement tendance à mieux se comporter sur les gommes les plus tendres, ce qui rend cette contre-performance encore plus difficile à avaler : « C’est probablement juste de dire qu’en général nous avons un petit avantage par rapport à la concurrence avec les composés les plus tendres, et aujourd’hui nous avons eu du mal à utiliser cet avantage. »

Selon lui, la forte usure a rendu le deuxième arrêt difficile à « matérialiser » dans de bonnes conditions : « Nous avons souffert d’une dégradation assez élevée avec Max sur les deux trains de composés plus tendres que nous avions, et ça n’a certainement pas aidé à concrétiser le deuxième arrêt. »

Verstappen, de son côté, a eu le sentiment que l’équipe était restée prisonnière de ses certitudes récentes : « À un moment, c’était assez clair que les gens avec les composés plus durs trouvaient beaucoup d’adhérence, donc je suppose qu’on n’a pas vraiment réagi à ça. »

Et il conclut sur la logique qui aurait guidé Red Bull : « On est probablement restés trop collés à notre croyance des deux dernières courses, où les composés tendres étaient les plus rapides, et clairement ici ça n’a pas marché. »

Radio : un problème récurrent que l’équipe dit ne pas comprendre

Sur la panne de radio, Mekies a admis que Red Bull était perplexe, d’autant que c’était la deuxième course consécutive touchée par ce type d’ennui. Et l’équipe en fait désormais une priorité.

« Si on le comprenait, on l’aurait résolu », a-t-il lâché. « Donc on ne comprend pas complètement pourquoi on est frappés par ces soucis. »

Il a également reconnu que les rivaux semblaient plus performants sur ce point : « Clairement, je dois admettre que la concurrence fait un meilleur travail que nous, parce qu’on entend évidemment les radios de tout le monde, et nous avons plus souffert que ce que nous aurions souhaité. »

Avant d’insister sur l’impact opérationnel : « Ça rend la vie difficile à tout le monde, donc oui, c’est quelque chose qu’on voudrait corriger assez vite, parce que c’est un élément qui devrait fonctionner sans nous prendre trop d’énergie. »

Départs difficiles : des progrès, mais pas de solution miracle à court terme

Concernant les départs et la suggestion de Hadjar d’un embrayage à repenser, Mekies a expliqué qu’il s’agissait plutôt d’un chantier de fond, potentiellement davantage lié à l’horizon 2027 qu’à une correction immédiate.

Les départs reposent sur un ensemble d’éléments — moteur, boîte de vitesses et embrayage — ce qui limite la possibilité d’une correction rapide. Des améliorations restent possibles pour réduire les problèmes, mais un remède majeur apparaît peu probable avant le début de l’année prochaine.

Mekies a dressé un constat nuancé : « Même si nous avons réduit l’écart avec la concurrence — et vous vous souvenez à quel point nos départs étaient mauvais en début d’année — nous ne sommes toujours pas la référence. »

Il souligne aussi que la progression globale de la voiture rend ce point faible encore plus douloureux : « Le fait que la voiture se soit entre-temps beaucoup améliorée et se batte plus près de l’avant rend ce déficit encore plus douloureux maintenant, parce que la concurrence autour de nous est très forte. »

Quant à la fin de saison, il se veut confiant sur des gains marginaux, sans promettre un renversement total : « D’un côté, je suis confiant qu’on va continuer à réduire l’écart avec la concurrence d’ici la fin de l’année, parce qu’à chaque course on apprend, et à chaque course on trouve de petites façons de réduire l’écart. »

Mais il prévient : « De l’autre, je sais aussi qu’on ne sera pas la référence avant la fin de la saison : cela demandera des changements significatifs de conception et de matériel, et c’est quelque chose qu’on verra seulement l’année prochaine. »

Conclusion

Entre départs manqués, radio défaillante et stratégie pneus discutée, Red Bull repart du Grand Prix des États-Unis avec plus de questions que de certitudes. Reste à transformer cette frustration en plan d’action, car en Formule 1, les détails font souvent basculer un dimanche difficile en victoire future.

Foire aux Questions

Pourquoi une stratégie à deux arrêts peut-elle être pénalisante face à un seul arrêt ?

Deux arrêts signifient plus de temps perdu dans la voie des stands. Si un concurrent parvient à gérer ses pneus avec un seul arrêt, il peut conserver la piste et une position stratégique, comme Kimi Antonelli l’a fait ici face à une Red Bull partie sur deux arrêts.

Qu’appelle-t-on la « dégradation » des pneus en F1 ?

La dégradation correspond à la perte de performance des pneus au fil des tours (usure, surchauffe, perte d’adhérence). Red Bull a expliqué vouloir analyser pourquoi la dégradation sur le deuxième relais de Verstappen a été aussi élevée, alors que le début de course semblait plus équilibré.

Pourquoi les problèmes de radio sont-ils si graves en course ?

La radio sert à ajuster la stratégie, gérer les pneus, réagir aux incidents et coordonner les arrêts. Quand la communication avec le muret est perturbée, le pilote peut manquer des informations essentielles ou ne pas faire remonter correctement ses sensations, ce qui complique les décisions.

Pourquoi les départs dépendent-ils autant de l’embrayage ?

Le départ est une phase où l’embrayage doit encaisser une forte contrainte et une fenêtre de température délicate. Hadjar juge l’embrayage actuel « trop fragile » et sensible aux températures, et l’équipe rappelle que la performance au départ implique aussi le moteur et la boîte de vitesses.

Pourquoi choisir les pneus tendres si les composés plus durs semblent efficaces ?

Red Bull explique qu’elle a souvent un avantage avec les gommes les plus tendres, mais cette fois l’équipe dit avoir eu du mal à exploiter cet atout et a constaté une dégradation importante. Verstappen estime que la voiture n’a pas suffisamment réagi au fait que les pneus plus durs offraient beaucoup d’adhérence sur cette course.

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