Verstappen, McLaren et la clause Red Bull : pourquoi l’été 2026 peut tout changer

Les prochaines semaines s’annoncent déterminantes pour l’avenir immédiat de Max Verstappen en Formule 1. Pendant que Red Bull se concentrait sur l’introduction réussie d’un nouveau concept de voiture lors du Grand Prix d’Autriche, l’entourage du quadruple champion du monde était occupé sur un tout autre front : des échanges avec une équipe rivale.
Le média britannique The Mail Online a affirmé le jeudi du Grand Prix d’Autriche que la direction de Verstappen avait engagé des « discussions préliminaires » avec Zak Brown, directeur général de McLaren Racing, au sujet d’un éventuel accord.
D’après les informations rapportées, cette rencontre a bien eu lieu. Mais l’enjeu ne ressemble pas à une manœuvre destinée à évincer Oscar Piastri dans l’immédiat ni à installer Verstappen chez McLaren dès 2027.
Pourquoi des discussions avec McLaren maintenant
Max Verstappen est sous contrat avec Red Bull jusqu’en 2028. Mais ce contrat contiendrait une clause lui permettant de quitter l’équipe s’il n’est pas classé dans les deux premiers du championnat pilotes à un moment non précisé du mois d’août 2026.
Un autre mécanisme, également évoqué, signifierait que Verstappen n’aurait pas à notifier l’activation de cette clause avant octobre.
La question centrale devient alors : si cette clause est activée, où peut-il aller ? Car les baquets les plus compétitifs semblent déjà quasiment verrouillés pour 2027.
Un marché des pilotes déjà cadenassé pour 2027
Plusieurs éléments réduisent fortement le nombre d’options « évidentes » dès la saison 2027 :
Charles Leclerc a récemment prolongé son contrat avec Ferrari sur une durée qui s’étendrait jusqu’aux années 2030. Lewis Hamilton dispose d’un contrat pour 2027 et serait détenteur d’une option pour 2028. Chez McLaren, Lando Norris et Oscar Piastri seraient tous deux sous contrat au moins pour la saison suivante. Et chez Mercedes, George Russell resterait en place.
Lorsque Mercedes a officialisé son duo Russell–Kimi Antonelli pour 2026, un détail a intrigué : aucune référence à la durée des accords, ni même une confirmation vague de contrats « pluriannuels ».
Cette absence a été largement interprétée comme une façon, pour Toto Wolff, de conserver de la flexibilité si Verstappen devenait disponible. Mercedes et Russell ont toutefois maintenu qu’un accord sur plusieurs années existait au-delà de la fin de la saison en cours.
Antonelli, de son côté, serait quoi qu’il arrive engagé sur un accord de long terme, probablement lié à sa montée en F1 en 2025. Et ses performances en 2026 justifieraient de toute façon sa continuité dans l’équipe.
En pratique, le mécanisme garantissant la présence de Russell au-delà de cette année semblerait désormais avoir été déclenché, refermant la seule option crédible à court terme pour Verstappen en dehors de Red Bull.
Conséquence indirecte : les acteurs plus bas dans l’ordre des priorités du marché peuvent commencer à figer leurs plans. Flavio Briatore, par exemple, a récemment été cité en expliquant qu’il attendait de connaître une éventuelle disponibilité chez Mercedes avant de décider du line-up d’Alpine pour 2027.
Où en est Verstappen réellement
Au-delà du bruit médiatique, ces discussions « exploratoires » s’inscrivent surtout dans une lecture plus long terme du marché des pilotes, tournée vers 2028, tout en maintenant une pression constante sur Red Bull.
Verstappen a souvent répété vouloir rester chez Red Bull tant qu’il courra en Formule 1. Mais cette fidélité reste conditionnée à la compétitivité de l’équipe.
Un indicateur résume la saison 2026 : sa position moyenne en qualification est de 7,4. Ce chiffre est fortement influencé par les trois premières courses, où son meilleur résultat en qualifications n’a été que huitième en Chine.
Depuis la pause imposée d’avril et la première grosse évolution de Red Bull introduite à Miami (manche 4), la tendance est plus favorable : Verstappen ne s’est plus qualifié au-delà du top 6 et a même décroché deux fois la première ligne. Les performances se sont donc nettement et régulièrement améliorées, même si le groupe propulseur reste problématique, particulièrement au départ.
Avant l’Autriche, la direction de Verstappen a été citée dans la presse néerlandaise en expliquant qu’il voulait rester chez Red Bull « à vie », mais qu’il « n’était pas né pour courir dans le milieu de peloton ». Où commence exactement ce « milieu de peloton » ? La frontière n’est pas clairement définie.
Le scénario le plus probable est celui d’un levier : utiliser ce qu’il reste de marge de manœuvre sur le marché pour éviter que Red Bull ne se satisfasse d’un niveau simplement correct.
Red Bull sait que Verstappen a peu d’options réellement gagnantes pour 2027. Le reste du plateau le sait aussi, tout comme son management. En revanche, 2028 pourrait être bien plus ouvert.
Il existe donc une hypothèse crédible : activer la clause de sortie dès cet été, puis s’en servir pour obtenir une meilleure projection à long terme — notamment pour limiter le risque de voir Verstappen rejoindre un rival à partir de 2028.
La priorité du clan Verstappen resterait toutefois claire : poursuivre avec Red Bull, mais uniquement si la voiture permet de jouer les titres. C’est le moteur principal de la réflexion.
Interrogé après s’être battu avec les Mercedes pour la pole position en Autriche, Verstappen a résumé ce qu’il attend de son équipe pour croire à son potentiel sur la durée : « Ils savent ce que je veux ». Il se serait rendu au siège de Red Bull à Milton Keynes avant le Grand Prix de Barcelone pour faire passer ce message.
Le timing parfait d’un upgrade Red Bull qui fonctionne enfin
Red Bull suivait déjà une trajectoire de progression depuis Miami début mai. Mais l’Autriche a marqué une marche supplémentaire : pour la première fois de la saison, Verstappen a estimé pouvoir se battre légitimement pour la victoire.
Le résultat brut illustre l’intensité : il termine pris en sandwich entre les deux Mercedes, avec moins de deux secondes couvrant les trois voitures. Son rythme en course a été au niveau de ce qui s’est montré comme la référence de 2026 jusqu’ici.
Le vainqueur, Russell, a même reconnu après l’arrivée que l’allure de Verstappen l’avait rendu « mal à l’aise ».
En qualifications, un autre signal était fort : au début de la Q3, Verstappen tournait à moins d’un dixième des deux Mercedes avant qu’un problème d’aileron arrière — lors de la transition entre un mode « ligne droite » et un mode « virage » — ne l’envoie dans les barrières.
En course, sa menace était réelle, et il aurait très probablement pu gagner sans un départ depuis la cinquième position et des tours initiaux passés à dépasser la Ferrari de Hamilton, décrite comme en manque d’énergie.
Malgré ce retard, Verstappen s’est remis dans le match. Puis il a estimé que son rythme s’était dégradé dans la seconde moitié de course, à cause d’un problème non précisé sur l’essieu arrière de la Red Bull.
Pour Red Bull, un motif majeur de satisfaction tient au fait d’avoir fait fonctionner correctement la grosse évolution apportée en Autriche, après une journée de vendredi compliquée. Un travail nocturne au simulateur, mené notamment par le champion de Formule E 2015-2016 Sébastien Buemi, a aidé l’équipe à remettre la voiture dans la bonne fenêtre avant le samedi.
Et, selon les mots de Mekies, la « magie » de Verstappen a fait le reste.
Autre détail technique important : la RB22 serait désormais plus proche de la limite de poids réglementaire, après avoir auparavant concédé environ deux dixièmes de seconde au tour à cause d’un surpoids estimé.
Il faut néanmoins éviter de tirer des conclusions définitives sur la base d’un seul week-end très solide. L’exemple récent de Ferrari — passée de vainqueur à grande déception d’un circuit en altitude à l’autre — rappelle à quel point la hiérarchie peut évoluer vite en Formule 1. Verstappen lui-même considère que Red Bull doit encore travailler pour retrouver son tranchant des saisons de titres.
Mais à court terme, le constat est clair : Red Bull a fait un bond en avant, et le calendrier ne pouvait pas être mieux choisi au moment où l’entourage de Verstappen envoie un premier signal fort au marché pour 2028.
Conclusion
Entre clause contractuelle, options limitées pour 2027 et marché potentiellement plus instable en 2028, les discussions avec McLaren ressemblent moins à un transfert imminent qu’à une manière de garder la main dans un jeu qui se joue sur plusieurs coups. Si Red Bull confirme sa montée en puissance, la trajectoire la plus logique reste la continuité. Sinon, l’été 2026 pourrait devenir le point de bascule d’un nouveau cycle en Formule 1.
Foire aux Questions
Pourquoi parle-t-on d’une clause de sortie dans le contrat de Verstappen ?
Son contrat avec Red Bull irait jusqu’en 2028, mais il contiendrait une clause lui permettant de partir s’il n’est pas dans le top 2 du championnat pilotes à un moment non précisé d’août 2026, avec une notification potentiellement repoussée jusqu’en octobre.
Ces discussions avec McLaren signifient-elles un transfert pour 2027 ?
Les éléments disponibles ne pointent pas vers une arrivée immédiate en 2027. L’idée évoquée est plutôt de se positionner pour 2028 et de maintenir une pression sur Red Bull, alors que les baquets de pointe pour 2027 semblent déjà largement verrouillés.
Pourquoi Mercedes n’apparaît-elle plus comme une option simple à court terme ?
Mercedes a annoncé Russell et Antonelli pour 2026 sans détailler la durée des contrats, ce qui a entretenu le doute. Mais Russell et l’équipe ont insisté sur un accord pluriannuel, et tout indique qu’un mécanisme garantissant sa présence au-delà de cette année a été activé.
Qu’est-ce qui a changé dans la performance de Red Bull en 2026 ?
Après un début de saison difficile (dont une meilleure qualification seulement 8e en Chine sur les trois premières courses), Red Bull a progressé à partir de Miami grâce à une grosse évolution. Depuis, Verstappen se qualifie systématiquement dans le top 6 et a atteint deux fois la première ligne, malgré des soucis persistants de groupe propulseur, notamment au départ.
Pourquoi le Grand Prix d’Autriche est-il vu comme un tournant ?
En Autriche, Verstappen a estimé pouvoir se battre pour la victoire. Il a terminé entre les deux Mercedes avec un écart total inférieur à deux secondes entre les trois voitures. Il a aussi montré un rythme de Q3 très proche des Mercedes avant un incident lié à l’aileron arrière, et Red Bull a réussi à faire fonctionner une évolution majeure après un vendredi difficile.
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