São Paulo, la ville qui refuse d’aller se coucher: la revanche du centre et des nuits longues

Auteur : Alexis Berthoud

Partout sur la planète, la vie nocturne prend des coups: coûts qui explosent, loyers qui étranglent, et une culture «bien-être» qui pousse à rentrer tôt. Résultat: des villes autrefois électriques baissent le volume.

Et puis il y a São Paulo. Là-bas, on ne «sort» pas: on tient. Sept nuits sur sept. Les bars ferment souvent vers 2h du matin — et les plus déterminés étirent la fête jusqu’au lever du soleil. Pas seulement le week-end.

Le secret de la machine pauliste? Une créativité agressive et une définition ultra-large de ce qu’est un spot. Ici, si tu peux poser un tabouret, brancher une enceinte et servir un bon verre, tu peux créer un lieu qui compte. Des bars, des dîners tardifs et des soirées surgissent partout — y compris dans des endroits improbables comme des passages souterrains oubliés ou d’anciens bâtiments bancaires.

Et le théâtre de cette relance, c’est le centre historique. Longtemps évité à cause des immeubles abandonnés, de l’insécurité et d’une scène de drogue très visible, le downtown revient dans le game. Le quartier profite d’un cocktail très concret: loyers (encore) plus accessibles que dans les zones premium, arrivées de nouveaux résidents, et politiques publiques visant à restaurer les façades, nettoyer l’espace public et renforcer la sécurité.

Dans une ville où l’immobilier figure parmi les plus chers d’Amérique du Sud, recycler des lieux délaissés est devenu la stratégie gagnante. Les loyers grimpent, oui — mais l’écosystème s’adapte en temps réel.

Ancien coffre-fort reconverti en bar Avant de devenir Bar do Cofre, cet espace était le coffre-fort de l’ancienne Banque de l’État de São Paulo.

Un lieu résume tout: l’ancien siège de la Banque de l’État de São Paulo, à deux pas de la Bourse. Derrière deux portes rondes de 16 tonnes, l’argent a laissé place à des litres de vodka, whisky et Aperol. Bienvenue au Bar do Cofre. Le menu joue l’équilibre: des classiques bien exécutés et des créations maison inspirées du Brésil. Compte environ 5,90 € à 12,75 € le cocktail (conversion depuis des prix affichés en reais). Côté assiette: tartare et frites, et un cookie chaud à la poêle avec glace vanille qui met tout le monde d’accord.

Le Bar do Cofre avant le début de la soirée Le Bar do Cofre (le «bar du coffre») juste avant que la soirée ne démarre.

À quelques minutes, sous les arches baroques et Art nouveau du Theatro Municipal, un autre spot s’est imposé: Bar dos Arcos, caché en sous-sol. Ambiance «sexy-cool», bande-son qui peut passer de violonistes reprenant Amy Winehouse à des DJ sets R&B et classiques brésiliens. Et ici, on ose des cocktails bizarres — et donc mémorables. Exemple: un blend sur base de whisky surmonté de mousse miel et… fromage bleu. Un pari qui marche. Compte environ 9,60 € le verre pour ce cocktail signature. Même avec jusqu’à 150 personnes de capacité, il y a (presque) toujours une file.

Encore plus inattendu: une galerie souterraine, abandonnée pendant près de 50 ans, devenue Formosa Hi-Fi, un «listening bar» pour obsédés de musique. Chaque week-end, plus d’un millier de clients viennent pour les DJ sets vinyles: du Michael Jackson vintage à Legião Urbana. L’entrée? On pourrait croire à une station de métro… sans les vigiles qui escortent les invités depuis leurs VTC.

Soirées tardives sur le rooftop du Martinelli Sur le rooftop au 26e étage du bâtiment Martinelli, les soirées s’étirent tard dans la nuit.

Le centre se réinvente aussi par le haut: les rooftops deviennent des aimants à noctambules. Le mythique bâtiment Martinelli, tour centenaire devenue symbole, déroule au 26e étage une vue à 360° et des couchers de soleil absurdes. Le bar sert plutôt classique (gin tonic, caïpirinha), et au 25e, une pizza napolitaine efficace pour tenir la distance.

Mais le vrai move, c’est le modèle: l’endroit n’est pas pensé comme «un» club. C’est un vaisseau pour des marques de soirées différentes chaque week-end. Un soir électro, un autre soir rythmes brésiliens comme le pagode (héritier direct de la samba). Et quand ça pousse jusqu’à 4 heures du matin, l’énergie déborde sur la terrasse.

Le message est simple: garder les rues vivantes jour et nuit, reprendre des zones désertées, et transformer l’insécurité en flux, en lumière, en business. Et ça marche.

Évidemment, le succès attire le succès. Le centre, longtemps «bon plan», pourrait devenir beaucoup moins accessible à mesure que la revitalisation fait monter les prix. Mais à São Paulo, la nuit est un marché, une culture et une identité. Et l’investissement continue — y compris via une rénovation majeure du Martinelli, annoncée à hauteur de centaines de millions (en monnaie locale), pour agrandir les espaces dédiés à l’accueil et à la fête.

En clair: São Paulo ne se fatiguera pas des bars et des soirées. Et la ville te le prouve, nuit après nuit.

Foire Aux Questions

Pourquoi São Paulo est-elle considérée comme une des meilleures villes pour sortir la nuit?

Parce que la scène est active tous les jours, avec une offre énorme (bars, clubs, rooftops, listening bars) et une capacité unique à transformer des lieux inattendus en spots recherchés, surtout dans le centre-ville en pleine relance.

Quels quartiers privilégier pour découvrir la vie nocturne à São Paulo?

Le centre historique (downtown) est aujourd’hui le cœur de la transformation, avec des lieux iconiques installés dans d’anciens bâtiments. Les quartiers plus «business» et haut de gamme restent importants, mais le storytelling et l’énergie sont clairement du côté du centre.

Quels sont les lieux emblématiques cités dans l’article?

Trois noms sortent du lot: Bar do Cofre (dans un ancien coffre-fort bancaire), Bar dos Arcos (sous le Theatro Municipal) et Formosa Hi-Fi (galerie souterraine reconvertie en listening bar). Côté panorama: le rooftop du bâtiment Martinelli.

À quelle heure ferme la plupart des bars, et jusqu’à quelle heure la fête peut durer?

Beaucoup de bars ferment autour de 2h, mais la dynamique de la ville pousse les plus motivés à prolonger jusqu’au lever du soleil. Certains événements et lieux étirent régulièrement l’ambiance jusqu’à 4h et au-delà.

La hausse des loyers menace-t-elle la vie nocturne du centre?

Les prix montent avec la revitalisation, donc le risque existe. Mais la scène s’est construite sur l’adaptation: réutilisation de bâtiments, formats hybrides, soirées «takeover». Tant que la demande reste forte, l’écosystème trouve des angles.

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