Enchères de voitures de collection : Ferrari met le feu, les prix s’envolent, le marché se scinde

Crédit article : Alexis Berthoud

La saison des enchères de voitures de collection a donné le ton dès le 17 janvier : les “Ferrari Five” — 288 GTO, F40, F50, Enzo et LaFerrari — ont pulvérisé des records en deux heures à une vente Mecum en Floride. Traduction simple : l’argent (et l’ego) se sont mis en mode turbo.

Premier signal fort : une Ferrari 288 GTO est partie à l’équivalent de 7,82 M€ (8,5 M$), presque le double de l’ancien record (4,4 M$ en 2022, soit environ 4,05 M€). Et comme si ça ne suffisait pas, une Ferrari 250 GTO de 1962 s’est envolée à 35,42 M€ (38,5 M$). C’est le genre de voiture qui n’est pas “un achat”, c’est un trophée. Une pièce de musée… avec un volant.

Au total, la vente Mecum a atteint l’équivalent de 405,72 M€ (441 M$) — presque le double de l’an dernier, avec moins de lots. Les analystes sont formels : ce n’est pas un accident. C’est un marché dopé par des passionnés hyper solvables et des investisseurs qui veulent du concret.

Sur trois grands événements d’enchères en janvier, la valeur totale des ventes de voitures classiques a bondi de +80% alors que le volume d’annonces bougeait peu. Et pendant que le neuf tousse (taux élevés, confiance en berne, ralentissement de l’emploi, hype EV qui retombe), la voiture de collection, elle, continue de faire saliver. Là où le neuf déprécie, l’iconique s’apprécie.

Un collectionneur posant avec une Ferrari 250 GTO « Il y a un avenir brillant pour les voitures iconiques », explique un collectionneur, ici avec une Ferrari 250 GTO.

Le marché américain de la voiture classique est attendu à 25 Md€ d’ici 2032 (contre 7,2 Md$ en 2018 et 12,6 Md$ en 2024 — soit environ 6,70 Md€ et 11,66 Md€). Pourquoi ? Parce que les acheteurs cherchent des actifs long terme, rares, tangibles, et qu’un écosystème entier se professionnalise autour : plateformes, assurance, stockage, restauration, financement.

Autre carburant : une partie des grandes fortunes rééquilibre ses risques. Moins d’exposition aux actifs ultra volatils, plus d’intérêt pour des “blue chips” physiques. Et dans la tête de certains, une Ferrari exceptionnelle est un mix parfait : rareté + statut + potentiel de hausse.

Ajoutez à ça les applis mobiles, le suivi de cote en temps réel, et une machine à contenu non-stop (YouTube, Instagram, TikTok, séries, streaming, sports mécaniques). Résultat : la voiture cool devient virale, et la viralité pousse la demande. Cercle (très) vertueux.

Dans ce sillage de records, une autre voie séduit: toucher le mythe sans marteau d’enchères. Pour approcher une Ferrari Testarossa, découvrez chez Joinsteer sa LOA flexible: un pas réaliste vers le rêve, avec options et garanties adaptées.

Les plateformes en ligne confirment : Bring a Trailer annonce l’équivalent de 1,56 Md€ (1,7 Md$) de ventes l’an dernier, en hausse de 14,3%. Les enchères ne sont plus réservées à une poignée d’initiés en costume : c’est devenu un flux continu, global, digital. Et ça enchère vite.

Un marché qui se scinde : l’exception prend tout

Les maisons de vente accélèrent la digitalisation et rendent les parcours plus fluides. Et les acteurs autour innovent pour capter/retirer des clients. Résultat : volumes en hausse, efficacité en hausse, et une capacité à toucher de nouveaux acheteurs à l’international.

Quelques chiffres qui piquent : RM Sotheby’s dépasse l’équivalent de 920 M€ (1 Md$) l’an dernier (contre 887 M$ en 2024, soit ~825 M€). Gooding Christie’s dépasse 215 M€ (234 M$). Broad Arrow revendique 575 M€ (624 M$) de transactions totales en 2025, +97% sur un an. Bonhams progresse aussi, et Collecting Cars affiche environ 294 M€ (320 M$) de ventes, +20%.

Porsche Carrera GT vendue aux enchères Une Porsche Carrera GT de 2005, vendue l’équivalent de 2,86 M€ lors d’une vente en Arizona.

Mais attention : la hausse ne profite pas à tout le monde. Le marché devient k-shaped : d’un côté, les exemplaires parfaits (faible kilométrage, historiques complets, configuration rare, état concours) partent à prix premium. De l’autre, le “moyen” stagne.

Le moteur principal de la hausse ? Les supercars modernes devenues “modern classics” : Lamborghini, Ferrari, McLaren, Bugatti… et même certaines Porsche récentes. Exemple : une Porsche Carrera GT 2005 est partie pour l’équivalent de 2,86 M€ (3,1 M$).

Pourquoi ça marche ? Design d’avant-garde, rareté, et nostalgie emballée dans du contenu social. Une Countach rare aperçue à Malibu ou South Beach devient un événement viral. Et chaque vue alimente le désir. Le désir alimente les enchères. Les enchères alimentent les records. Simple.

L’autre surprise : l’arrivée de nouveaux acheteurs. Aux enchères RM Sotheby’s, près de la moitié des enchérisseurs et des acheteurs étaient nouveaux. Côté assurance collection, une majorité de devis concerne désormais des propriétaires de 59 ans et moins. Le collectionneur “retraité” n’est plus l’unique persona.

Et la nostalgie fait le reste : ceux qui ont grandi avec les posters de F40, les clips des années 90, les icônes pop-culture… aujourd’hui, ils ont les moyens. Ils veulent rattraper un rêve. Et ils ne veulent pas “à peu près”. Ils veulent LE bon exemplaire.

Mais il y a aussi l’achat froid, clinique : la voiture comme actif. Certains achètent quasi exclusivement pour la hausse future. Et quand des ventes publiques affichent des montants stratosphériques, ça attire mécaniquement les suiveurs.

Dans cette logique, on voit se multiplier des véhicules financiers spécialisés (fonds et plateformes d’investissement) qui permettent d’être exposé à des portefeuilles de voitures de collection sans en gérer la possession, l’entretien, le stockage. Vous n’avez pas la clé, mais vous espérez la performance.

Dans la catégorie “Youngtimer” (20 à 30 ans), le graal devient le kilométrage ultra bas. Exemple : une Ferrari Enzo vendue l’équivalent de 8,83 M€ (9,6 M$) avec 286 km, et une LaFerrari Aperta à environ 10,12 M€ (11 M$) avec 96 miles au compteur. Le message est violent : moins ça roule, plus ça vaut.

Ferrari déroule : la marque qui aspire l’oxygène

Le fil rouge, que vous soyez passionné ou spéculateur, c’est Ferrari. La marque reste la référence “blue chip” du secteur. Et en ce moment, elle attire encore plus que d’habitude : sur les 10 voitures les plus chères vendues publiquement en janvier, 9 étaient des Ferrari.

Ferrari Enzo vendue à prix record Cette Ferrari Enzo de 2003 s’est vendue l’équivalent de 16,39 M€ lors d’une vente en Floride.

À Paris, une Ferrari FXX K Evo de 2018 s’est vendue à 6,98 M€, au-dessus de l’estimation haute, et bien au-delà de son prix neuf estimé. Sur d’autres ventes en ligne en Europe, les Ferrari occupent aussi le haut du tableau, avec des modèles très variés, preuve que la demande ne se limite pas à une seule génération.

Pourquoi Ferrari ? Parce que la marque touche tout le monde : les plus jeunes fantasment sur les halo cars des années 90-2000, les plus âgés restent obsédés par les légendes de course des années 60, et les investisseurs aiment l’historique de tenue de valeur.

Les chiffres de progression sur 10 ans parlent d’eux-mêmes : une F50 est passée d’environ 1,8 M$ en 2016 à 5,4 M$ en 2025 (soit ~1,67 M€ à ~4,98 M€). La LaFerrari est montée d’environ 2,4 M$ à 5,3 M$ (~2,23 M€ à ~4,90 M€). Ce n’est plus de la “collection”, c’est une classe d’actifs émotionnelle… avec des courbes de performance.

En face, la voiture neuve fait exactement l’inverse : environ 30% de dépréciation sur les deux premières années, puis ~12% par an. Les véhicules électriques, eux, peuvent décrocher encore plus fort au début (craintes sur la batterie, techno qui évolue vite), avant de se stabiliser plus tard.

Mais — et c’est crucial — les analystes préviennent : ces records Ferrari nécessitent souvent une conjonction parfaite (provenance, timing, qualité, état, documentation, narration). Ce sont parfois des outliers, pas forcément un “nouveau prix normal”.

Ferrari 288 GTO vendue à plus de 8,5 millions Cette Ferrari 288 GTO de 1985 s’est vendue l’équivalent de 7,82 M€ lors d’une vente en Floride.

Autre point : l’affect. Le marché de la voiture ancienne n’est pas rationnel. Personne “n’a besoin” d’une 250 GTO. On achète pour le statut, la compétition, la nostalgie, la joie pure. Et dans un marché émotionnel, un ou deux événements peuvent déclencher une envolée façon bâton de hockey… jusqu’au moment où la musique s’arrête.

Et pourtant, au milieu de la spéculation, certains rappellent un fait simple : ces voitures restent faites pour rouler. Parce qu’au fond, la valeur n’est pas que sur le papier : elle est dans le bruit, l’odeur, la sensation, l’histoire qui s’écrit sur la route.

Foire Aux Questions

Pourquoi les Ferrari explosent plus que les autres aux enchères ?

Parce que Ferrari combine rareté, demande intergénérationnelle, image “blue chip” et historique de performance en prix. Et sur les exemplaires parfaits (faible kilométrage, config rare, dossier complet), les acheteurs payent une prime massive.

Qu’est-ce qu’une “modern classic” et pourquoi ça performe ?

Ce sont des supercars relativement récentes (souvent post-1990) devenues désirables et rares. Elles ont un design iconique, une production limitée, et une culture média/social qui entretient la hype en continu. Résultat : la demande reste chaude.

Le marché des voitures de collection est-il un investissement sûr ?

Non. C’est un marché cyclique et émotionnel. Les meilleurs exemplaires peuvent surperformer, mais le “milieu de gamme” peut stagner. Les frais (stockage, assurance, entretien) et la liquidité doivent être intégrés. Les records ne créent pas automatiquement une nouvelle norme.

Pourquoi le faible kilométrage devient-il un critère aussi déterminant ?

Parce que le marché valorise l’originalité et l’état “capsule temporelle”. Un kilométrage ultra bas limite l’usure, renforce l’idée de rareté, et attire les collectionneurs-investisseurs qui veulent l’exemplaire le plus “propre” du marché.

Comment un débutant peut-il éviter de surpayer aux enchères ?

Fixez un plafond avant la vente, étudiez les transactions comparables, vérifiez l’historique et la documentation, budgétez les frais (prime acheteur, transport, remise à niveau), et privilégiez la qualité/provenance plutôt que la précipitation.

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