DĂ©passer les attentes en Formula E n’a rien d’évident. Pourtant, aprĂšs seulement deux courses, CitroĂ«n Racing y parvient Ă  plusieurs niveaux : rĂ©sultats sportifs, dynamique interne, et dĂ©but de saison qui bouscule la hiĂ©rarchie.

Mais une rĂ©serve majeure s’impose. Cette rĂ©ussite n’est pas celle d’une structure créée de zĂ©ro : l’équipe existait dĂ©jĂ  et a mĂȘme gagnĂ© une course la saison derniĂšre, ainsi que les deux saisons prĂ©cĂ©dentes, lorsqu’elle courait sous l’identitĂ© Maserati MSG. Difficile, donc, de parler d’un succĂšs nĂ© du jour au lendemain, mĂȘme si la transformation ne se rĂ©sume pas Ă  un simple changement d’autocollants.

Le succĂšs immĂ©diat de CitroĂ«n en Formula E n’est pas sans controverse

🚀 Un dĂ©marrage au-dessus des projections

L’un des aspects les plus marquants de ce dĂ©but de campagne est la victoire de Nick Cassidy Ă  Mexico City le week-end dernier. Au-delĂ  de la performance pure, elle symbolise le rebond d’une Ă©quipe longtemps malmenĂ©e : battue, meurtrie, mais jamais rĂ©signĂ©e, aprĂšs plusieurs saisons compliquĂ©es faites d’incertitudes et de dĂ©saccords en haut lieu.

Les erreurs de pilotage stratĂ©gique et l’organisation souvent chaotique ont Ă©tĂ© dĂ©taillĂ©es Ă  de nombreuses reprises ces derniĂšres annĂ©es. Le point le plus bas est survenu en fĂ©vrier/mars dernier, lorsqu’un projet de rachat, aussi fantaisiste que retentissant, s’est effondrĂ© avant mĂȘme d’avoir rĂ©ellement dĂ©collĂ©.

L’épisode aurait pu prĂȘter Ă  sourire s’il n’avait pas englouti autant d’argent et, surtout, le temps de nombreuses personnes dont la motivation principale Ă©tait simplement d’aller courir.

đŸ§© Cyril Blais, fil conducteur d’une Ă©quipe cabossĂ©e

Le directeur d’équipe Cyril Blais, en place alors comme aujourd’hui, incarne cette Ă©thique du travail. C’est un bĂątisseur de l’ombre, qui a gravi les Ă©chelons depuis l’ingĂ©nierie dans plusieurs catĂ©gories jusqu’à obtenir un rĂŽle de premier plan, au milieu des braises encore chaudes d’une structure MSG en grande difficultĂ©, fin 2023.

Lors du lancement Citroën à Paris en octobre dernier, une discussion informelle a laissé transparaßtre la tension accumulée durant les mois précédents : il y avait, pour résumer, beaucoup de longues expirations dans la conversation.

Trois mois plus tard, CitroĂ«n Racing se retrouve en tĂȘte du classement, tandis que Cassidy, nouvelle recrue phare, dispose d’un avantage aux points dans les premiers tours d’un dĂ©but de lutte pour le titre pilotes. Ce n’est que le dĂ©but, mais les attentes sont dĂ©passĂ©es, session aprĂšs session, tour aprĂšs tour.

🏁 Une progression espĂ©rĂ©e
 pas forcĂ©ment ce scĂ©nario

Cyril Blais rĂ©sume ainsi l’écart entre ambition et rĂ©alitĂ© :

“Nous savons oĂč nous avons terminĂ© l’an dernier au championnat, et nous avions aussi une solide paire de pilotes [Stoffel Vandoorne, 14e, et Jake Hughes, 17e]. Mais cette fois, nous avons la paire de pilotes la plus forte, et cela se voit. Mais honnĂȘtement, aprĂšs deux courses ĂȘtre en tĂȘte du championnat pilotes, avoir une victoire et un podium — et dans les deux cas en partant de si loin — non, ce n’est pas attendu.”

Ce que Blais anticipait, en revanche, c’était une Ă©quipe orientĂ©e vers la hausse, mieux armĂ©e techniquement et, il faut le reconnaĂźtre, plus stable en termes d’image de marque.

🏭 De Maserati MSG Ă  CitroĂ«n : une question de pertinence et de stabilitĂ©

Retour Ă  Cape Town en 2023 : dans le garage, l’équipe s’active pour reconstruire la voiture d’Edoardo Mortara, rĂ©cemment accidentĂ©e. À l’arriĂšre, James Rossiter, directeur d’équipe Ă  l’époque, fait les cent pas, probablement en train de se demander comment survivre financiĂšrement, tandis que les propriĂ©taires Scott Swid et Jose Aznar deviennent de plus en plus nerveux vis-Ă -vis de leur investissement.

À cĂŽtĂ©, un directeur d’équipe rival lĂąche : “Qui veut acheter une Maserati Ă©lectrique ?” RĂ©ponse, presque immĂ©diate : “Pas grand monde, non ?”

L’anecdote rĂ©sume un problĂšme structurel : une marque dont l’engagement en Formula E semblait parfois mal compris — y compris, par moments, par certains de ses propres dirigeants — combinĂ©e Ă  une Ă©quipe peu investie, cela pouvait donner une formation qui, au mieux, faisait du surplace, au pire, jouait les figurants. Par intermittence, elle gagnait tout de mĂȘme, et c’est prĂ©cisĂ©ment ce dont Blais, Vandoorne et Maximilian Guenther peuvent ĂȘtre fiers.

Dans ce contexte, l’arrivĂ©e de CitroĂ«n sur cette place de grille a paru beaucoup plus pertinente pour Stellantis, la maison mĂšre commune, et pour une partie du paddock c’était exactement ce dont l’engagement avait besoin. Mais l’opĂ©ration peut aussi ĂȘtre perçue comme un pansement tricolore : l’équipe reste sans propriĂ©taire et, contrairement Ă  ce que certains affirment Ă  tort, elle n’appartient pas Ă  Stellantis.

⚖ Le nƓud du problĂšme : une Ă©quipe gĂ©rĂ©e par Formula E Operations

Techniquement, l’équipe est toujours entre les mains de Formula E Operations. C’est lĂ  que surgit l’arriĂšre-goĂ»t amer, chez certains concurrents, derriĂšre l’histoire de renaissance.

La discipline ne pouvait pas se permettre de voir l’équipe disparaĂźtre. Cette urgence s’est accentuĂ©e lorsqu’une autre structure, McLaren, a elle aussi connu de graves difficultĂ©s Ă  la mĂȘme pĂ©riode l’an dernier. Quand les deux Ă©quipes Ă©taient sous assistance, c’est finalement le cĂŽtĂ© MSG qui est restĂ© “branchĂ©â€ Ă  la Formula E, alors mĂȘme qu’un possible accord avec Stellantis pour McLaren commençait Ă  prendre forme. Dans le paddock, cela a créé des tensions : certains ont eu le sentiment qu’un poney en bonne santĂ© avait Ă©tĂ© sacrifiĂ© au profit d’un autre, plus malade.

đŸ”„ Recrutements contestĂ©s et colĂšre des rivaux

Autre sujet sensible : plusieurs Ă©quipes et constructeurs ont Ă©tĂ©, pour rester mesurĂ©, trĂšs déçus de voir CitroĂ«n en mesure — voire autorisĂ© — Ă  recruter des Ă©lĂ©ments venus d’autres Ă©quipes. La polĂ©mique est d’autant plus forte que la structure est sous la tutelle du promoteur en raison des turbulences et des dettes accumulĂ©es par MSG.

Le point de vue des rivaux se comprend : beaucoup peinent eux aussi à boucler leurs budgets, mais sans dettes comparables et avec une gouvernance d’investissement plus stable. Dans le paddock, le sujet reste une plaie ouverte.

📈 Sur la piste, ça gagne
 mais l’avenir reste suspendu

La rĂ©alitĂ© sportive du moment, elle, est limpide : CitroĂ«n avance fort et voit l’avenir avec optimisme. Sauf qu’il manque toujours un Ă©lĂ©ment clĂ© : un propriĂ©taire.

Il est indiqué que des parties sont intéressées et que des discussions sont en cours, avec une possible résolution au premier trimestre 2026.

En attendant, Blais insiste pour calmer l’emballement :

“Je rĂ©pĂšte aussi aux gars : ‘Vous savez, gardons les pieds sur terre.’”

Conseil avisĂ©, venant d’un homme dont le pragmatisme a aidĂ© Ă  maintenir l’équipe saine et fonctionnelle au fil des derniĂšres saisons. MĂȘme si une part de volatilitĂ© flotte encore, l’équipe dispose dĂ©sormais d’un vrai futur Ă  aller chercher.

🌅 Conclusion

CitroĂ«n Racing vit un dĂ©but de saison Ă©clatant en Formula E, mais son redressement s’accompagne de questions lourdes sur la gouvernance, la lĂ©gitimitĂ© sportive et la stabilitĂ© Ă  long terme. Si la performance actuelle impressionne, la prochaine Ă©tape — trouver un propriĂ©taire et apaiser les tensions — dĂ©cidera de la soliditĂ© de ce nouveau chapitre. La suite se jouera autant dans les bureaux que sur la piste, et c’est souvent lĂ  que se construisent les grandes histoires.

Foire aux Questions

❓ Pourquoi dit-on que CitroĂ«n Racing n’est pas une “nouvelle” Ă©quipe en Formula E ?

Parce que la structure existait dĂ©jĂ  sous l’identitĂ© Maserati MSG et avait mĂȘme remportĂ© au moins une course lors de chacune des trois derniĂšres saisons. Le projet actuel s’appuie donc sur une base sportive et humaine prĂ©existante.

❓ Qu’est-ce qui rend la victoire de Nick Cassidy à Mexico City particuliùrement symbolique ?

Elle intervient dans un contexte de reconstruction aprĂšs plusieurs saisons de turbulences internes et d’incertitudes. Elle illustre la capacitĂ© de l’équipe Ă  se relancer vite, malgrĂ© un passĂ© rĂ©cent trĂšs instable.

❓ Qui possĂšde l’équipe aujourd’hui ?

L’équipe n’a pas encore de propriĂ©taire annoncĂ©. Il est prĂ©cisĂ© qu’elle n’appartient pas Ă  Stellantis et qu’elle est, techniquement, encore entre les mains de Formula E Operations.

❓ Pourquoi y a-t-il de la controverse autour des recrutements de CitroĂ«n ?

Des rivaux reprochent Ă  CitroĂ«n d’avoir pu recruter des Ă©lĂ©ments venant d’autres Ă©quipes alors que la structure est sous la tutelle du promoteur, consĂ©quence des dettes et turbulences hĂ©ritĂ©es de la pĂ©riode MSG. Certains y voient un dĂ©sĂ©quilibre vis-Ă -vis d’équipes qui luttent financiĂšrement sans bĂ©nĂ©ficier de ce cadre.

❓ À quel horizon pourrait-on voir une solution sur la propriĂ©tĂ© de l’équipe ?

Il est question d’un possible dĂ©nouement au premier trimestre 2026, des discussions Ă©tant indiquĂ©es comme en cours avec des parties intĂ©ressĂ©es.

Et puisque l’avenir se joue aussi hors piste, rappelons que le rĂȘve automobile reste accessible: de la mythique McLaren F1 aux citadines Ă©lectriques, LOA/LLD, garanties et achat Ă  distance s’orchestrent avec finesse chez Joinsteer.

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