Essais du vendredi à Spa: Antonelli en patron, Russell décroche, Verstappen se relance

La Formule 1 retrouve Spa-Francorchamps pour le 71e Grand Prix de Belgique, mais l’édition 2026 arrive avec son lot de difficultés et d’inquiétudes autour de la récupération d’énergie.
Les essais du vendredi ont donc servi de laboratoire idéal pour éprouver les stratégies de récupération, tout en évaluant de nombreuses nouveautés techniques apportées en Belgique.
Voici les pilotes et équipes qui ont marqué des points — ou au contraire perdu du terrain — au fil des deux séances.
Gagnant: Kimi Antonelli
La performance relativement discrète de Mercedes en FP1 laissait penser à un week-end plus compliqué que prévu. Mais du côté d’Antonelli, la correction de trajectoire a été nette dès la deuxième séance.
Andrew Shovlin, directeur de l’ingénierie piste chez Mercedes, a expliqué: « C’était une première séance brouillonne où nous n’avions pas la voiture au bon endroit, nous pensions qu’il y aurait un peu plus d’adhérence qu’il n’y en avait — mais il semble que d’autres aient mieux placé leurs réglages. Entre les séances, nous avons eu l’occasion de tout repositionner et les pilotes étaient bien plus satisfaits de la voiture l’après-midi. »
À l’évidence, Antonelli a été le plus à l’aise des deux. Il s’est retrouvé à la place attendue sur les simulations de qualification et s’est distingué sur les longs relais — dans la limite de ce que permettent d’analyser des données perturbées par un drapeau rouge.
On a aussi noté un accrochage verbal inutile avec Carlos Sainz (Williams), qui ressemble davantage à un excès de fougue de jeunesse qu’à un signe de pression liée au championnat.
Antonelli a résumé: « Le long relais a aussi semblé très solide [comme le tour rapide], mais la voiture a beaucoup changé entre les deux séances, donc il y a beaucoup de travail à faire cette nuit pour être prêts demain et dimanche. »
Perdant: George Russell
Loin du rythme dans les deux séances, le pilote Mercedes s’expose à un dimanche très long si cette tendance se confirme.
En FP1, Russell concédait trois dixièmes à Antonelli, alors que Mercedes signait P6 et P8 — un problème de groupe propulseur expliquant en partie l’écart. En FP2, malgré la correction de ce souci, Russell s’est retrouvé à 1,285 s du meilleur temps de son équipier.
Les indications issues des longs relais laissent penser que Russell pourrait souffrir dans les lignes droites par rapport à Antonelli. À Spa-Francorchamps, avec ses grandes portions à pleine charge, c’est un point qu’il doit régler très vite.
Gagnant: Max Verstappen
Verstappen a signé son premier meilleur temps d’une séance d’essais en 2026 grâce à sa FP1, avant de terminer troisième en FP2.
Le Néerlandais a connu ses habituelles plaintes liées à la boîte de vitesses, mais les signaux positifs sont clairs: une vitesse de course suffisante pour se mêler à la lutte avec Mercedes (à ce stade du week-end), et des runs courts qui peuvent aussi l’amener dans la bataille pour la pole.
Verstappen a déclaré: « La voiture a été dans une bonne fenêtre. Probablement qu’en FP2 on voit un peu plus le véritable écart, mais ce n’est rien de choquant, juste attendu », en référence notamment à l’écart d’environ une demi-seconde avec le leader de la FP2, Antonelli.
Son équipier Isack Hadjar, même s’il ne se trouve pas si loin de Verstappen, doit composer avec une pénalité moteur qui l’enverra en fond de grille.
Perdant: Aston Martin
Aston Martin savait que Spa pouvait être un nouveau week-end très difficile avant l’arrivée de sa voiture « B-spec ». Et les faits du vendredi vont dans ce sens.
Le représentant de l’équipe, Mike Krack, assure que le rythme n’est pas pire que prévu — peut-être a-t-il raison — mais les chronos sont impitoyables: lors des deux séances, les deux voitures ont fini à plus de cinq secondes, et les titulaires ont conscience qu’ils se battent pour très peu.
Krack a confié: « Nous savions que ce circuit allait probablement être le plus difficile de tous, mais nous ne nous sommes pas démotivés par ça. »
Avant d’ajouter: « Nous devons être réalistes. Nous sommes assez loin. Les positions que vous gagnez viennent de l’attrition, mais il n’y a rien à aller chercher en termes de résultat. Je pense que ce serait assez naïf de croire que l’on peut faire quelque chose. Pour ça, nous sommes trop loin.
Mais nous avons encore deux voitures. Nous essayons de faire de notre mieux, d’exécuter proprement, de prendre les bonnes décisions. »
Gagnant: Franco Colapinto
Le plus gros coup d’éclat de la FP2 est venu de Franco Colapinto: le pilote Alpine s’est hissé au septième rang, devant George Russell.
Colapinto a devancé de 0,15 s la Racing Bull la plus rapide. Plus parlant encore, il a compté environ six dixièmes d’avance sur le meilleur des autres milieux de grille, Ollie Bearman (Haas), 12e.
L’Argentin a aussi dominé Pierre Gasly sur les deux séances: trois dixièmes d’écart en FP1, puis 1,8 s en FP2 — une séance où Gasly a lourdement crashé avant Stavelot et a vu son meilleur temps supprimé (de toute façon plus lent que celui de Colapinto).
Colapinto a déclaré: « Je pense que, globalement, je me suis senti à l’aise avec la voiture cette année. En général, je me suis senti bien mieux que la saison dernière et ça se voit dans les résultats et en piste. »
Il a attribué cette pointe de vitesse aux conditions plus fraîches et à certains virages « plus lents » de Spa-Francorchamps.
Perdant: Pierre Gasly
En fin de FP2, une sortie de piste à l’accélération en sortie de la chicane des Fagnes a arraché l’aileron arrière de Gasly et endommagé ses pneus. L’état de la boîte de vitesses et de la transmission reste incertain.
Un décrochage soudain du train arrière en sortie de chicane l’a envoyé dans les barrières. L’accident a pu sembler plus spectaculaire que l’erreur ne le laissait penser, mais Alpine fait face à une longue soirée de réparations — et Gasly doit surtout comprendre pourquoi il se retrouve derrière Colapinto.
Gagnant: Haas
Haas a livré un vendredi encourageant, Ollie Bearman estimant que la voiture « se sentait forte ».
L’équipe a enchaîné les comparaisons avec une nouvelle aile avant sur la voiture de Bearman, et le Britannique a indiqué que cela représentait un léger progrès — tout en reconnaissant que Haas n’était « nulle part » face à Racing Bulls et Alpine.
Un meilleur équilibre et un comportement plus sain constituent toutefois une base intéressante pour tenter de réduire l’écart, notamment vis-à-vis de Williams.
Esteban Ocon a terminé à moins de deux dixièmes de Bearman en FP2, après avoir été à quatre dixièmes en FP1, où le Français s’était classé 16e contre 13e pour Bearman.
Viser la Q3 et les points pourrait rester ambitieux, mais Haas semble en mesure de profiter de la moindre défaillance d’un des habitués du top 10.
Foire aux Questions
Que signifient FP1 et FP2 en Formule 1?
FP1 et FP2 désignent les deux premières séances d’essais libres du week-end (vendredi). Elles servent à régler la voiture, comprendre les pneus et tester des configurations en vue des qualifications et de la course.
Pourquoi Spa met-il autant en évidence les problèmes en lignes droites?
Spa-Francorchamps comporte de longues lignes droites et de fortes phases d’accélération. Si une voiture perd de la vitesse de pointe ou souffre à pleine charge, l’écart peut rapidement se creuser — comme le laissent penser les difficultés de George Russell par rapport à Antonelli.
À quoi servent les simulations de qualification et les longs relais en essais?
Les simulations de qualification cherchent la performance sur un tour avec peu de carburant. Les longs relais, eux, permettent d’évaluer le rythme en conditions proches de la course, la dégradation des pneus et la stabilité — des éléments où Antonelli s’est particulièrement mis en valeur.
Qu’est-ce qu’une pénalité moteur avec départ en fond de grille?
C’est une sanction sportive appliquée lorsqu’un pilote dépasse les quotas d’éléments moteur autorisés sur la saison. Dans ce cas, il recule au départ, parfois jusqu’au fond de grille — une contrainte mentionnée pour Isack Hadjar.
Après un crash, pourquoi parle-t-on de boîte de vitesses et de transmission?
Un choc arrière peut endommager des éléments invisibles à l’œil nu (boîte, transmission, composants internes). Même si l’aileron arrière et les pneus sont touchés, l’équipe doit vérifier que la chaîne cinématique n’a pas subi de dégâts, ce qui était une inquiétude après l’accident de Pierre Gasly.
Conclusion
Ce vendredi à Spa a mis en lumière un Antonelli déjà très solide, un Verstappen qui se rapproche, et un Russell qui doit trouver rapidement des réponses, tandis qu’Aston Martin mesure l’ampleur du chantier avant l’arrivée de sa nouvelle spécification.
Sur un circuit où la technique et la gestion de l’énergie peuvent faire basculer un week-end, la suite promet des ajustements décisifs — et c’est souvent dans ces moments-là que naissent les plus belles remontées.
Et si ce frisson de Spa vous donnait envie de rouler votre propre légende? En LOA, une Mercedes Classe G devient plus accessible qu’on ne le croit. Découvrez des offres souples et garanties chez Joinsteer.

























































