đ Essais F1 2026 Ă BahreĂŻn : 9 leçons clĂ©s entre hiĂ©rarchie, moteurs et zones de turbulence

La premiĂšre semaine dâessais officiels de la Formule 1 version 2026 Ă BahreĂŻn, sur le tracĂ© de Sakhir, a dĂ©jĂ offert un concentrĂ© dâenseignements : indices sur la hiĂ©rarchie, dĂ©bats rĂ©glementaires en toile de fond, signaux techniques sur les nouveaux groupes propulseurs, et mĂȘme une alerte sĂ©curitĂ© grandissante sur la procĂ©dure de dĂ©part.
Voici les neuf principaux constats Ă retenir.
đ Personne ne veut porter lâĂ©tiquette de favori
Le statut de « rĂ©fĂ©rence » a changĂ© de mains presque chaque jour : Mercedes a quittĂ© Barcelone avec lâaura de championne de lâavant-saison, Red Bull a semblĂ© prendre le relais mercredi Ă BahreĂŻn, Ferrari a attirĂ© les regards jeudi, puis vendredi Mercedes sâest retrouvĂ©e Ă nouveau sous les projecteurs.
Mais lâhistoire la plus rĂ©vĂ©latrice, câest la maniĂšre dont les Ă©quipes tentent toutes de renvoyer le spotlight ailleurs. Les Ă©curies de pointe veulent Ă©viter dâĂȘtre dĂ©signĂ©es comme les plus rapides.
Ferrari soupçonne Mercedes de masquer volontairement son rythme. Lâimplication, Ă peine voilĂ©e, serait de minimiser un Ă©ventuel avantage moteur afin de rĂ©duire les chances dâune modification tardive de rĂšgle sur le taux de compression. Max Verstappen a Ă©tĂ© plus direct dans ses insinuations, laissant entendre que Mercedes pourrait soudainement paraĂźtre beaucoup plus rapide en ligne droite Ă Melbourne.
De leur cÎté, Mercedes et ses équipes clientes ont multiplié les compliments envers Red Bull, saluant la préparation et les performances de son tout nouveau moteur développé en interne.
Red Bull rejette fermement cette lecture : lâĂ©quipe considĂšre que Mercedes en a encore sous le pied et va mĂȘme jusquâĂ se dĂ©crire comme seulement quatriĂšme force. McLaren (cliente Mercedes) semble aussi vouloir revendiquer cette quatriĂšme place, en avançant que le rĂšglement 2026 favorise les Ă©quipes officielles : exigences Ă©nergĂ©tiques Ă©levĂ©es, bĂ©nĂ©fice dâun chĂąssis et dâun moteur conçus ensemble, et accĂšs prĂ©coce Ă des informations moteur clĂ©s.
â±ïž Ce que les chronos racontent (et ce quâils cachent)
Entre des pannes rĂ©currentes du systĂšme de chronomĂ©trage et lâabsence de simulation de course Red Bull le dernier jour, lâimage dâensemble reste incomplĂšte. Mais il y a tout de mĂȘme des Ă©lĂ©ments concrets.
Vendredi aprĂšs-midi, trois voitures ont enchaĂźnĂ© des simulations de course : la McLaren dâOscar Piastri, la Ferrari de Lewis Hamilton et la Mercedes de Kimi Antonelli (parti environ une demi-heure aprĂšs les deux autres).
Globalement, difficile de trancher nettement entre Mercedes et Ferrari. Sur le premier relais en C3 (tendre), Hamilton a dĂ©marrĂ© plus vite, mais Antonelli a mieux maintenu le rythme au fil des tours. Sur le deuxiĂšme relais en C1 (dur), la Mercedes semblait bĂ©nĂ©ficier dâun avantage plus marquĂ©, mais des donnĂ©es manquent aprĂšs 12 tours.
SIMULATIONS DE COURSE
Relais 1
Antonelli â Tendre, 16 tours (moy. 1'40"128)
Hamilton â Tendre, 17 tours (moy. 1'40"280)
Piastri â Tendre, 11 tours (moy. 1'40"947)
Relais 2
Antonelli â Dur, 12 tours* (moy. 1'38"547)
Hamilton â Dur, 17 tours (moy. 1'38"929)
Piastri â Medium, 20 tours (moy. 1'39"604)
Relais 3
Hamilton â Medium, 6 tours* (moy. 1'37"461)
Piastri â Dur, 18 tours* (moy. 1'38"472)
* coupure du chronomĂ©trage pendant le 2e relais dâAntonelli et le 3e relais de Hamilton et Piastri
Un point ressort plus clairement : la McLaren apparaĂźt en retrait sur les trois relais, possiblement dâenviron une demi-seconde.
⥠Le moteur Red Bull, un « rappel à la réalité »
Depuis Barcelone, Red Bull rĂ©coltait des louanges pour la fiabilitĂ© immĂ©diate de son premier moteur de F1 moderne, un fait dĂ©jĂ remarquable. Ă BahreĂŻn, le respect sâest transformĂ© en une forme de crainte diffuse.
Chez Mercedes, on a affirmé que la Red Bull était environ une seconde plus rapide en ligne droite grùce à des capacités de recharge jugées inégalables, permettant de déployer davantage de puissance électrique sur une plus grande partie du tour.
Le travail sur la boĂźte de vitesses semble aussi amĂ©liorer lâensemble : lâutilisation dâune premiĂšre vitesse « agrĂ©ablement exploitable » (une raretĂ© en sport auto moderne) aiderait Red Bull Ă maximiser le potentiel de recharge via des rĂ©trogradages agressifs, sans trop dĂ©stabiliser la voiture.
George Russell a dĂ©crit ces essais comme un « rappel Ă la rĂ©alitĂ© » pour Mercedes. AprĂšs un hiver oĂč lâon imaginait son Ă©quipe en trĂšs bonne position, Russell estime que Red Bull a dĂ©sormais « frappĂ© trĂšs fort ». Il maintient que Red Bull est « lâĂ©quipe Ă battre », mĂȘme si Mercedes a signĂ© le meilleur temps le dernier jour, et pense dĂ©jĂ que Red Bull sera devant en Australie.
đŠ Des dĂ©parts 2026 jugĂ©s dangereux : « recette pour un dĂ©sastre »
Ce qui ressemblait au début à une curiosité technique est devenu un vrai sujet de sécurité. Les départs en 2026 demandent aux pilotes de maintenir un régime élevé pendant environ 10 secondes pour « lancer » le turbo, tout en évitant de surcharger la batterie. Obtenir une procédure répétable est trÚs difficile.
Et si des erreurs se produisent dĂ©jĂ dans des conditions de stress limitĂ©, lors dâexercices de dĂ©parts Ă la sortie des stands, le risque est dâautant plus Ă©levĂ© en situation rĂ©elle au dĂ©part dâun grand prix.
Ce qui inquiĂšte particuliĂšrement les pilotes et plusieurs directeurs dâĂ©quipe, câest que lorsque cela se passe mal, cela se passe trĂšs mal : certains pourraient se retrouver immobilisĂ©s.
Ajoutez Ă cela des pneus froids et des voitures en mode « ligne droite » avec peu dâappui : Oscar Piastri a qualifiĂ© lâensemble de « recette pour un dĂ©sastre ». Les appels Ă modifier la procĂ©dure de dĂ©part se sont intensifiĂ©s, et la FIA devrait ĂȘtre fortement sollicitĂ©e sur ce point lors de la prochaine rĂ©union de la Commission F1.
đ ïž Williams : beaucoup de tours, mais un doute sur le rythme
Absente du test de Barcelone, Williams a rempli son objectif prioritaire à Bahreïn : accumuler du kilométrage, au point de couvrir la plus grande distance de tout le plateau. Combiné à deux journées de tournage effectuées avant le début du test, cela confirme une bonne fiabilité et a permis de réaliser un travail de fond.
DISTANCE PARCOURUE (km)
1 Williams 2245
2 McLaren 2240
3 Ferrari 2213
4 Haas 2072
5 Audi 1867
6 Red Bull 1823
7 Racing Bulls 1769
8 Cadillac 1704
9 Alpine 1683
10 Mercedes 1461
11 Aston Martin 1098
En revanche, des interrogations demeurent sur la performance pure. Williams semble confortablement dans le peloton intermĂ©diaire, mais pas Ă sa tĂȘte. Or lâĂ©quipe considĂšre la cinquiĂšme place comme son nouveau niveau de rĂ©fĂ©rence : cela signifie que tout nâest pas encore parfaitement en place.
La voiture ne paraĂźt pas aussi Ă lâaise en piste que la Haas et lâAlpine. Elle semble potentiellement un peu trop raide, ce qui peut dĂ©grader lâadhĂ©rence. La simulation de course du vendredi aprĂšs-midi a aussi Ă©tĂ© nettement plus lente que celles des Ă©quipes citĂ©es.
Williams Ă©tant en retard de roulage, lâenjeu du prochain test Ă BahreĂŻn sera de digĂ©rer les donnĂ©es, affiner les rĂ©glages et dĂ©bloquer la performance pour viser le haut du milieu de grille.
đš LâĂ©quipe la plus en difficultĂ© : Aston Martin
Avec un nouveau rĂšglement chĂąssis et moteur, il y avait une forte probabilitĂ© de voir Ă©merger une « Ă©quipe en crise » dĂšs les essais. Aston Martin nâira peut-ĂȘtre pas jusque-lĂ , mais câest clairement lâĂ©quipe la plus en difficultĂ© aprĂšs ce premier rendez-vous.
AprĂšs que lâAMR26 a attirĂ© lâattention en Espagne, les nouvelles Ă BahreĂŻn ont surtout Ă©tĂ© nĂ©gatives : dĂ©but de test marquĂ© par un manque de fiabilitĂ©, voiture jugĂ©e difficile Ă observer en piste, et impression dâĂȘtre Ă plusieurs secondes du rythme.
Câest trĂšs loin des standards attendus pour une structure emmenĂ©e par Adrian Newey, soutenue par la puissance financiĂšre de Lawrence Stroll, motorisĂ©e par un Honda officiel, et avec Fernando Alonso comme chef de file cĂŽtĂ© pilotes.
La bonne nouvelle : il reste un autre test pour progresser. Mais comme lâa rĂ©sumĂ© Mike Krack, la principale leçon est simple : il y a beaucoup de travail.
đ Haas, meilleure Ă©quipe du milieu⊠parfois par dĂ©faut
La plus petite structure de la grille a de quoi se satisfaire de ce premier test, en partie parce que certaines Ă©quipes ont rencontrĂ© des problĂšmes visibles. Les quatre meilleures Ă©quipes de fin 2025 semblent au-dessus du lot, mais Haas paraĂźt mener le groupe suivant aprĂšs BahreĂŻn, et au vu dâun kilomĂ©trage dĂ©jĂ solide Ă Barcelone.
Ollie Bearman a signĂ© le 8e temps de la semaine et Esteban Ocon le 9e. Mais le plus parlant se trouve peut-ĂȘtre dans la fiabilitĂ© : 4e au classement kilomĂ©trique, Haas frĂŽle les 400 tours au total.
Ayao Komatsu sâest montrĂ© trĂšs satisfait du dĂ©but de saison 2026 : aucun gros incident Ă BahreĂŻn, et un seul Ă Barcelone. Câest peut-ĂȘtre « discret », mais justement, la soliditĂ© actuelle de Haas ressort dâautant plus par comparaison.
𧱠Cadillac : le meilleur départ possible pour un nouveau venu
Cadillac a parcouru plus de 1700 kilomĂštres Ă BahreĂŻn, davantage quâAlpine, Mercedes et Aston Martin. Le rythme a aussi Ă©tĂ© jugĂ© respectable : 3,7 secondes de retard sur le meilleur chrono, et 10e Ă©quipe sur 11, devant Aston Martin.
Lâattention se tourne dĂ©sormais vers lâexploitation du potentiel, mĂȘme si aucune vraie tentative de performance nâa encore Ă©tĂ© menĂ©e. Le bilan ressemble Ă une « respectabilitĂ© de fond de grille », ce qui, pour un projet en crĂ©ation, Ă©quivaut quasiment Ă une victoire au regard de lâampleur du dĂ©fi.
Pas de problĂšme majeur, une exĂ©cution solide sur et hors piste, et une performance Ă BahreĂŻn qui reflĂšte la rigueur de la construction de lâĂ©quipe : les fondations semblent rĂ©elles, mĂȘme si le travail Ă accomplir reste immense.
đ§ Audi : pas incroyable, mais loin dâĂȘtre mauvais
Audi avait fait rouler trĂšs tĂŽt sa voiture 2026, et il Ă©tait donc probable quâelle Ă©volue fortement dâici lâAustralie. MalgrĂ© cela, lâampleur des changements constatĂ©s cette semaine a surpris.
Sur le plan aĂ©rodynamique, la voiture est proche dâune version « B ». La carrosserie a Ă©tĂ© profondĂ©ment revue, avec des entrĂ©es de pontons verticales rappelant en partie une philosophie type « zeropods », lâapparition de dĂ©tails comme des fentes au niveau du plancher (zone quille), et mĂȘme un changement complet de lâaileron avant avec un systĂšme dâactivation diffĂ©rent.
La « vraie » Audi est arrivĂ©e, autant en conception quâen fonctionnement. Ce nâest pas spectaculaire, mais ce nâĂ©tait pas lâattente non plus. Il reste du travail pour rendre la voiture plus docile et mieux calibrer le moteur, qui ne semble pas aussi avancĂ© que celui de Red Bull Powertrains.
Mais câest plus fiable, lâallure paraĂźt correcte au milieu de grille, et la base est plus solide que celle construite en Espagne.
đ§ Qualifications : des tactiques de prĂ©paration⊠étonnantes
Pirelli est encore loin de pouvoir quantifier précisément la dégradation avec les voitures et pneus 2026, car personne ne roule réellement à la limite. Mais les premiers indices de comportements particuliers apparaissent déjà .
Un point clĂ© concerne les qualifications. Les pilotes doivent dĂ©sormais combiner deux objectifs difficiles Ă concilier : amener les pneus Ă la bonne fenĂȘtre de tempĂ©rature tout en conservant une batterie pleine pour lâattaque du tour.
La vitesse nĂ©cessaire pour maintenir les pneus « en vie » peut consommer trop dâĂ©nergie, ce qui rend lâĂ©quilibre trĂšs dĂ©licat sur un seul tour. Les premiĂšres tendances suggĂšrent que certaines Ă©quipes pourraient privilĂ©gier deux tours de prĂ©paration avant une tentative rapide, afin de rĂ©unir les conditions idĂ©ales.
Avec deux voitures supplémentaires sur la grille cette année, si tout le monde ajoute des tours de préparation, les risques de trafic pourraient augmenter, au point de transformer certaines séances en véritable piÚge.
đź Conclusion : une saison 2026 dĂ©jĂ sous tension
Ces essais Ă Sakhir montrent une F1 2026 oĂč la hiĂ©rarchie se devine plus quâelle ne sâaffirme, oĂč la gestion Ă©nergĂ©tique pĂšse sur tout (dĂ©parts, qualifications, rythme), et oĂč certains projets semblent dĂ©jĂ solides quand dâautres vacillent.
La suite est claire : Ă mesure que les Ă©quipes oseront lever le voile sur leur performance, les vĂ©ritĂ©s techniques finiront par rattraper les jeux dâombre â et la saison pourrait bien rĂ©compenser ceux qui auront su apprendre le plus vite.
â Foire aux Questions
Pourquoi les Ă©quipes Ă©vitent-elles dâĂȘtre vues comme les plus rapides en essais ?
Parce que les essais sont aussi un terrain politique : afficher un avantage, surtout sur le moteur, peut attirer lâattention et alimenter des dĂ©bats rĂ©glementaires. Les Ă©quipes prĂ©fĂšrent parfois laisser croire que le rival est devant.
Quâest-ce quâune « simulation de course » pendant les essais ?
Câest une sĂ©rie de relais longs avec des gommes et des charges proches dâun grand prix, afin dâĂ©valuer le rythme sur la durĂ©e, la gestion des pneus et la stabilitĂ© de la performance. Ă BahreĂŻn, trois Ă©quipes ont menĂ© cet exercice vendredi aprĂšs-midi, avec des donnĂ©es partiellement perturbĂ©es par des coupures de chronomĂ©trage.
Pourquoi les départs 2026 posent-ils un problÚme de sécurité ?
Le dĂ©part demande de maintenir un rĂ©gime Ă©levĂ© longtemps pour lancer le turbo, tout en gĂ©rant la batterie. En cas dâerreur, la voiture peut partir de travers ou rester immobilisĂ©e. Avec des pneus froids et peu dâappui (mode ligne droite), la situation peut devenir dangereuse au premier virage.
Quâest-ce quâune Ă©quipe « officielle » (works) et pourquoi cela compte en 2026 ?
Une Ă©quipe officielle conçoit chĂąssis et moteur sous une mĂȘme organisation. Avec les fortes contraintes Ă©nergĂ©tiques du rĂšglement 2026, optimiser lâintĂ©gration et accĂ©der trĂšs tĂŽt aux informations moteur peut offrir un avantage par rapport aux Ă©quipes clientes.
Pourquoi parle-t-on de deux tours de préparation en qualifications ?
Parce quâil faut amener les pneus Ă la bonne tempĂ©rature sans vider la batterie avant le tour rapide. Un deuxiĂšme tour de prĂ©paration peut aider Ă mieux rĂ©gler cet Ă©quilibre, mais cela augmente le trafic en piste.
En filigrane de ces Ă©quilibres dâĂ©nergie, allumez le vĂŽtre: rĂȘvez une Mercedes 300 SL Gullwing en LOA, garanties Ă lâappui. Cap sur Joinsteer pour un leasing taillĂ© au dixiĂšme.














