Test F1 2026 à Bahreïn 🏁 : les premiers gagnants, les premiers perdants et les grandes questions

Le premier test officiel de pré-saison de la Formule 1 version 2026 s’est achevé après trois jours à Bahreïn. Et s’il y a un enseignement immédiat, c’est celui-ci : la hiérarchie réelle reste particulièrement difficile à lire.
Pour autant, certains signaux ressortent déjà nettement, entre équipes en forme, projets qui inquiètent et premières polémiques techniques. Voici les gagnants et les perdants qui se dégagent de ce premier rendez-vous bahreïni, avant le deuxième test à venir.
Perdant 😬 : Aston Martin
La question qui commence à peser : l’ère Aston Martin menée par Adrian Newey va-t-elle démarrer par un énorme faux pas ? L’AMR26, très attendue et au design jugé extrême lors du roulage de Barcelone, laissait entrevoir une rupture marquante. Mais les premiers indices collectés à Bahreïn renvoient plutôt l’image d’une équipe qui s’apprête à vivre une nouvelle saison compliquée.
Aston Martin a beaucoup misé sur le grand changement de réglementation 2026, en espérant transformer un niveau de milieu de grille en bond massif, grâce au savoir-faire de Newey et à l’arrivée de Honda comme partenaire moteur. Or, les premières impressions de l’AMR26 décrivent une voiture trop lente et très difficile à piloter — constat partagé jusque dans le discours interne : après trois jours, Lance Stroll a évoqué un déficit déjà de quatre secondes et demie face aux équipes de pointe, estimation qui n’a pas été contredite par Pedro de la Rosa.
Fernando Alonso a aussi mis en avant un facteur clé : Aston Martin est arrivée tard pour le roulage de Barcelone, se privant de centaines de tours qui auraient permis de résoudre des problèmes de base avant Bahreïn, plutôt que de devoir les traiter au cœur même du test.
Le cœur du souci semble être un cumul : un programme 2026 qui aurait pris environ quatre mois de retard pendant l’attente du terme de la période de non-activité de Newey après son départ de Red Bull, et un Honda encore nettement en retard sur le développement du groupe propulseur.
Aston Martin ne devrait probablement pas être la voiture la plus lente au départ réel à Melbourne (désolé Cadillac), mais à ce stade, avec un seul test restant, elle apparaît déjà comme une candidate crédible au titre de plus grande déception du début de saison.
Gagnant (pour l’instant) ⏳ : Mercedes
L’écurie considérée comme la favorite initiale de cette pré-saison 2026 n’a pas fait grand-chose pour se débarrasser de cette étiquette. Certes, des soucis de fiabilité sont apparus à Bahreïn, alors qu’ils n’étaient pas présents à Barcelone : Kimi Antonelli a perdu la majeure partie du jeudi à cause de problèmes et a aussi vu son mercredi perturbé. Mais dès que la W17 a pu enchaîner, Mercedes a montré un rythme très solide.
George Russell affirme que Mercedes a « fait un pas en arrière » à Bahreïn, mais plusieurs concurrents soupçonnent l’équipe de masquer une partie de la performance réelle, notamment en retenant le potentiel moteur.
Ce comportement pourrait d’ailleurs être stratégique à l’approche d’une réunion de la Commission F1 prévue la semaine suivante, où la question sensible des tests autour du taux de compression doit être abordée. Un changement de règles sur ce point pourrait pénaliser Mercedes : l’équipe a elle-même admis qu’elle serait « coincée » si la FIA modifiait la méthode de contrôle. Et après Bahreïn, cette hypothèse paraît plus crédible qu’au moment où la controverse a commencé, en décembre.
Conclusion : Mercedes gagne cette manche, mais avec un astérisque. « Pour l’instant », car l’environnement réglementaire et politique peut encore rebattre certaines cartes.
Gagnant ✅ : Cadillac
La nouvelle équipe de F1 a provoqué quelques sueurs froides (dont un rétroviseur parti se promener), mais cela ne doit pas masquer l’essentiel : ses trois jours à Bahreïn sont globalement positifs.
Ces incidents n’ont pas entraîné de véritables phases d’arrêt prolongées, ce qui a permis à Cadillac de finir au milieu du tableau en termes de kilométrage total sur la semaine.
Côté performance pure, Cadillac n’a même pas été la voiture la plus lente. Le troisième jour, Sergio Perez a signé un tour à +3,696 s de la référence du test établie par Kimi Antonelli. Si l’équipe arrive à Melbourne avec un écart du même ordre, elle pourra s’en satisfaire au regard du chantier colossal que représente une entrée en F1.
Ses longs relais, sans menacer le milieu de grille, ont au moins eu le mérite d’être complets et « lentement corrects », plutôt que franchement inquiétants.
Gagnant 🔴 : Ferrari
Lorsque l’on a appris que Ferrari aurait manqué pendant l’hiver « l’astuce » liée au taux de compression moteur, on pouvait craindre une année 2026 douloureuse.
Et ce risque n’a pas totalement disparu. Mais ce que Ferrari a montré à Bahreïn a de quoi impressionner, surtout lorsqu’on se penche sur les données en longs relais. Le dernier jour, Lewis Hamilton a réalisé un long run plus rapide que celui d’Oscar Piastri alors que les deux étaient en piste. Et la veille, Charles Leclerc s’est montré comparativement solide face à Lando Norris. Au point que le patron de McLaren, Andrea Stella, considère que Mercedes et Ferrari sont les deux équipes à battre à cet instant.
Bien sûr, les essais restent un terrain où les charges de carburant et les modes moteur peuvent expliquer beaucoup de choses. Mais générer un tel niveau sur la durée implique généralement une base voiture déjà performante.
Autre signal : Ferrari semble particulièrement bien maîtriser les procédures de départ 2026, jugées chaotiques pour l’instant, grâce à une architecture moteur qui paraîtrait mieux limiter le temps de réponse du turbo que certains rivaux.
Entre cette lecture encourageante de Bahreïn et une trajectoire déjà positive à Barcelone, Ferrari peut aborder le second test avec un optimisme prudent, au moins pour démarrer 2026 sur de meilleures bases.
Perdant ⚠️ : la formule moteur F1 2026
Après un roulage à huis clos à Barcelone, Bahreïn était la première occasion publique d’évaluer ce que les pilotes pensent réellement des nouvelles voitures.
Les avis sont restés partagés : certains, comme Lando Norris, ont dit avoir « apprécié » la conduite. Mais la déclaration la plus marquante a été signée Max Verstappen, avec un verdict spectaculaire sur ces monoplaces décrites comme une « Formule E sous stéroïdes ».
Verstappen les a qualifiées « d’anti-course », « pas amusantes » et « pas comme la F1 », estimant que seuls la livrée Red Bull et les proportions des voitures constituent des éléments vraiment positifs à ses yeux.
Cette sortie est la plus tranchée, mais elle n’est pas isolée : plusieurs figures expérimentées, dont Lewis Hamilton et Fernando Alonso, ont aussi critiqué la partie « gestion » imposée par ces voitures et ces groupes propulseurs.
Le problème, pour la discipline, est que ces critiques touchent aux fondamentaux mêmes des règles 2026. Ce ne sont pas des inquiétudes qui se règlent par un simple ajustement rapide. La F1 va donc probablement devoir serrer les dents et accepter que certains de ses plus grands noms continuent de viser ce nouveau produit.
Gagnant 🦬 : les moteurs Red Bull
Ironie de ce début de saison : Verstappen peut détester ces voitures 2026, il pourrait pourtant en piloter une très compétitive à Melbourne si l’on se fie aux premiers indices.
Le tout premier groupe propulseur Red Bull continue d’impressionner. À Barcelone, c’était surtout la fiabilité ; à Bahreïn, ce sont les traces de données qui ont attiré l’attention, avec un déploiement d’énergie jugé supérieur à celui des rivaux.
Ces signaux ont suffi pour que Toto Wolff parle de Red Bull comme du nouveau « référentiel » et aille jusqu’à évoquer une seconde au tour gagnée en vitesse de pointe. Qu’on partage ou non ce constat, le message interne Red Bull est clair : pour Pierre Wache, le moteur ne donne pas l’impression d’être « ridicule en piste ».
C’est un accomplissement majeur, notamment lorsqu’on compare l’avance apparente sur Aston Martin (pourtant associée à Honda) et sur Audi, autre nouveau constructeur moteur. Et il n’est pas surprenant que, dans le paddock, Isack Hadjar ait eu du mal à cacher sa satisfaction face à ce démarrage.
Perdant 🎭 : le rêve façon “Brawn GP”
Un grand changement de règles, en théorie, ouvre toutes les possibilités : un coup de génie, un coup de chance, et tout peut basculer. Ce serait d’ailleurs une bouffée d’air pour une F1 qui, globalement, a souvent donné un sentiment de structures très ancrées sur l’ère hybride. Oui, Red Bull a remplacé Mercedes au sommet, McLaren est remontée, Aston Martin a brièvement flirté avec l’avant… mais, la plupart du temps, les vainqueurs proviennent du même cercle.
Or, à ce stade, les favoris qui se détachent semblent être… Mercedes et Red Bull, peut-être Ferrari, et possiblement McLaren. Autrement dit, les mêmes forces qui ont verrouillé le top 4 du championnat constructeurs la saison passée, et aussi celle d’avant, et encore celle d’avant.
Sur la base de ce que l’on a vu en essais, le monde des « équipes qui ont » et des « équipes qui n’ont pas » semble perdurer, avec peu de mobilité vers le haut. À chacun de juger si c’est souhaitable ; en attendant, les équipes dominantes paraissent avoir étouffé, au moins temporairement, les rêves de révolution venue du milieu de grille.
Gagnant 🛠️ : Haas
La plus petite équipe du plateau a de bonnes raisons de sourire après ce premier test à Bahreïn, en partie parce que plusieurs concurrents ont affiché des difficultés visibles.
Une forme de « Premier League » semble se dessiner en tête du championnat constructeurs, mais Haas, après cette première semaine et des chiffres de roulage déjà solides à Barcelone, paraît se placer plutôt en haut du groupe suivant.
Ollie Bearman a signé le 8e temps du test et Esteban Ocon le 9e. Plus révélateur encore : Haas termine 4e au classement du kilométrage, juste en dessous des 400 tours cumulés.
Le patron Ayao Komatsu a logiquement affiché sa satisfaction : l’équipe n’a pas connu de gros incident à Bahreïn, et seulement un accro le mercredi en Espagne.
« Pas spectaculaire » ? Peut-être. Mais à ce stade, c’est justement ce caractère propre, stable et productif qui rend le début de campagne Haas particulièrement intéressant.
Conclusion 🚦
Ce premier test 2026 à Bahreïn laisse une impression de F1 à deux vitesses : les références habituelles semblent encore au rendez-vous, tandis que certains projets — Aston Martin en tête — donnent déjà des signes de fragilité. Entre les débats sur la formule moteur, les zones grises autour du taux de compression et les performances qui peuvent encore se cacher derrière les paramètres d’essais, une chose est sûre : le deuxième test aura une valeur énorme.
La saison 2026 n’a pas encore commencé que l’histoire s’écrit déjà — et c’est souvent dans l’incertitude que naissent les plus grands retournements.
Foire aux Questions ❓
Pourquoi la hiérarchie des essais est-elle si difficile à lire ?
Parce que les équipes peuvent rouler avec des charges de carburant différentes et des réglages moteur variés. Un bon chrono ne reflète pas toujours le niveau réel, et les longs relais sont souvent plus instructifs.
Qu’est-ce que le “taux de compression” et pourquoi en parle-t-on autant ?
C’est un paramètre clé du fonctionnement d’un moteur thermique. Une controverse entoure la manière dont il est contrôlé et testé, et un éventuel ajustement de règles pourrait changer l’équilibre entre constructeurs, notamment pour Mercedes.
Pourquoi Aston Martin paraît en difficulté dès le premier test ?
Les retours indiquent une voiture lente et délicate à conduire, avec un déficit important évoqué par ses pilotes. L’équipe aurait aussi accumulé du retard de développement et son partenaire moteur Honda est décrit comme en retrait à ce stade.
En quoi Cadillac a-t-elle surpris positivement ?
Malgré quelques incidents visibles, l’équipe a réussi à rouler un kilométrage correct, n’a pas été la plus lente sur un tour, et a bouclé des longs relais complets sans être dans le rouge.
Que signifie “déploiement” pour les groupes propulseurs 2026 ?
Cela renvoie à la manière dont l’énergie est utilisée et restituée en accélération et en ligne droite. Les données observées à Bahreïn suggèrent que Red Bull gère cet aspect de façon particulièrement efficace par rapport à certains rivaux.
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