⚡ F1 2026 : pourquoi Ferrari soupçonne Mercedes de “cacher” sa vraie puissance moteur

Les premières courses de la saison 2026 de Formule 1 ont confirmé que les rumeurs hivernales sur l’avantage du groupe propulseur Mercedes étaient fondées. L’écart ne se limite pas à la puissance pure : la gestion électrique apparaît comme un point fort majeur, particulièrement visible sur la voiture de l’équipe officielle, alors que les équipes clientes (McLaren, Alpine et Williams) ne l’exploitent pas encore pleinement.
Dans cette phase initiale d’une nouvelle réglementation, il est logique que les grands motoristes disposent d’un avantage. Mais en 2026, un autre paramètre rend le jeu encore plus sensible : la manière de piloter la performance dans le cadre du système d’Additional Development and Upgrade Opportunities, qui peut ouvrir (ou non) des possibilités d’évolution.
⚙️ Un indice FIA qui place Mercedes en étalon
Dès l’Australie, la FIA a commencé à mesurer les performances des groupes propulseurs via un indice dédié. Il se base sur ce que produit le moteur thermique en bhp (ou en kWh), et compare chaque constructeur à la référence du moment — clairement identifiée comme le groupe propulseur Mercedes.
Un premier “point de contrôle” devait intervenir après la sixième course à Miami. Mais l’annulation des épreuves de Bahreïn et d’Arabie saoudite a relancé le débat sur la date exacte de ce premier recalibrage.
Dans ce contexte, le bras de fer Ferrari-Mercedes se cristallise sur une question : comment maximiser l’avantage (ou limiter le retard) avant l’échéance qui conditionne l’accès aux évolutions autorisées.
🎛️ Le “jeu” des fenêtres de performance : comment gagner des évolutions
Un motoriste peut obtenir des opportunités d’évolution supplémentaires s’il se situe dans l’une des deux fenêtres suivantes :
- Entre 2% et 4% derrière la référence : une évolution plus tard dans l’année, et une autre pour 2027.
- À 4% ou plus derrière la référence : deux évolutions plus tard dans l’année, et deux en 2027.
Concrètement, être dans cette zone reviendrait à concéder environ 20 bhp.
La FIA réalise ces mesures avec ses propres outils, sans rendre publics les mécanismes exacts d’analyse de performance des groupes propulseurs.
🕵️ Ferrari soupçonne Mercedes de retenir du potentiel
Selon ce qui circule dans le paddock, Ferrari pense que Mercedes pourrait volontairement retenir une partie du potentiel de son moteur, avec une idée en tête : maintenir Ferrari sous le seuil des 2% pour empêcher l’activation du système d’évolutions supplémentaires.
Il semble en revanche presque certain que d’autres motoristes — Audi, Red Bull Powertrains et Honda — bénéficieront d’opportunités de développement.
🧩 Des garde-fous anti “sandbagging”, mais un sujet délicat
Le règlement prévoit des protections contre une sous-exploitation volontaire : la FIA peut retirer des créneaux d’évolution à sa discrétion. Elle peut aussi vérifier certaines valeurs en usine via des simulations sur les bancs d’essai des constructeurs.
Dans le cas de Mercedes, la fédération dispose également d’un volume de données important grâce à quatre équipes motorisées permettant de croiser les informations.
🔥 Le cas Ferrari : un nouveau moteur thermique déjà en préparation
Ferrari apparaît comme le cas le plus intéressant. À Maranello, le travail porterait déjà sur une nouvelle spécification de moteur thermique, signe clair que la performance actuelle n’est pas jugée suffisante pour viser le sommet.
Ferrari estime qu’il est très probable de se qualifier pour des évolutions au moins dans la zone 2% à 4%, car la puissance de son groupe propulseur serait évaluée à au moins 15 bhp de moins que celle de Mercedes.
Autre hypothèse : Mercedes pourrait aussi gérer sa performance car il subsisterait des inquiétudes de fiabilité imposant une utilisation plus conservatrice de la puissance maximale.
⚡ Gestion d’énergie : l’avantage visible en piste
En Australie comme en Chine, la W17 a illustré sa supériorité en maintenant la puissance de pointe plus longtemps. Cela réduit le besoin de super clipping — une stratégie consistant à charger la batterie tout en restant à plein gaz — grâce à une récupération d’énergie plus efficace.
Pour Ferrari, obtenir le droit à des évolutions aiderait à avancer sur ce nouveau moteur thermique, là où l’équipe estime que se situent les principaux manques.
🏎️ Ferrari a-t-elle la meilleure voiture ?
Jusqu’ici, le groupe propulseur Ferrari se positionne comme le deuxième de la grille. Pourtant, l’écart d’efficacité avec Mercedes apparaît malgré une SF-26 considérée par certains comme la meilleure voiture sur le plan aérodynamique.
En reprenant l’idée que Ferrari s’attend à remplir les critères pour une évolution — et en supposant un déficit minimal au seuil des 2% — puis en appliquant le “supertime” à 100,948% de Ferrari par rapport à Mercedes sur les deux premières manches, cela suggère que le châssis Ferrari serait environ 1% meilleur que celui de Mercedes.
À Maranello, il est largement admis que, dans des conditions normales, Mercedes sera plus rapide sur la plupart des circuits pendant 2026. La saison serait donc, pour Ferrari, une étape de transition. Dans cette logique, un nouveau moteur deviendrait indispensable pour viser des victoires en 2027.
🎥 Un roulage clé à Monza pour comprendre l’énergie
Ferrari doit effectuer un filming day de 200 km à Monza le mois prochain, dans l’espace laissé par les annulations de Bahreïn et d’Arabie saoudite, et avant la quatrième manche à Miami début mai (sauf changement inattendu).
Le choix de Monza semble clairement orienté vers la collecte de données sur la gestion de l’énergie sur le circuit le plus critique du calendrier en la matière.
Être éligible aux évolutions dès le début permettrait à Ferrari d’anticiper certaines interventions du côté thermique et d’évaluer les effets en piste dans le dernier quart de la saison 2026.
À ce stade, il paraît toutefois improbable que Ferrari tombe dans la zone des 4% et plus, une zone que Red Bull Powertrains, Audi — et bien sûr Honda — pourraient en revanche atteindre.
🔮 Conclusion : une saison 2026 sous tension, un cap déjà tourné vers 2027
Entre l’indice de performance suivi par la FIA, les seuils qui déclenchent des opportunités d’évolution et la gestion d’énergie devenue décisive, la bataille ne se joue pas seulement au chrono : elle se joue aussi sur la manière de “calibrer” son potentiel au bon moment. Pour Ferrari, l’enjeu immédiat est de sécuriser des marges de développement, tout en préparant un moteur thermique capable de renverser la hiérarchie.
La suite dira si 2026 n’est qu’un passage obligé… ou le début d’un basculement plus rapide que prévu.
Foire aux Questions
❓ Qu’est-ce que le système d’opportunités d’évolution supplémentaires en 2026 ?
C’est un mécanisme qui autorise des évolutions additionnelles des groupes propulseurs si un motoriste est suffisamment en retrait par rapport à la référence : entre 2% et 4% (1 évolution ensuite + 1 en 2027), ou à 4% et plus (2 ensuite + 2 en 2027).
❓ Pourquoi la FIA compare-t-elle tout le monde à Mercedes ?
Parce que les mesures prises depuis le début de saison positionnent Mercedes comme la référence actuelle. L’indice FIA sert ensuite à mesurer l’écart de chaque constructeur à cet étalon.
❓ Que signifie “super clipping” ?
Il s’agit d’une approche où la voiture charge la batterie tout en restant à plein gaz, ce qui peut être nécessaire si la récupération d’énergie est moins efficace. Mercedes en aurait moins besoin grâce à une meilleure récupération.
❓ Pourquoi Ferrari parle déjà d’un nouveau moteur thermique ?
Parce que la performance actuelle ne serait pas jugée suffisante pour viser le plus haut niveau. Un nouveau moteur thermique est présenté comme une réponse possible aux limites identifiées.
❓ À quoi sert un filming day de 200 km à Monza dans ce contexte ?
À collecter des données, notamment sur la gestion d’énergie, sur un circuit très exigeant. Ferrari cherche ainsi à mieux comprendre ses besoins et à évaluer d’éventuelles interventions techniques sur la fin de saison.
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