La sortie de Max Verstappen sur les nouvelles monoplaces de Formule 1 — décrites comme une « Formula E sous stéroïdes » — a fait réagir le paddock de la discipline 100% électrique. Les réponses vont de la compréhension aux piques assumées, sur fond d’un même constat : la F1 2026 met la gestion d’énergie au centre du jeu.

Ce que les pilotes de Formula E pensent vraiment des critiques de Verstappen sur la F1

🔋 Pourquoi la F1 2026 rappelle la Formula E

Verstappen, comme Lewis Hamilton, a vivement critiqué des groupes propulseurs jugés compliqués. En cause : la nécessité de recharger la batterie en permanence via des niveaux extrêmes de lift-and-coast (lever de pied avant de freiner), des rétrogradages agressifs et des tactiques de sélection de rapports, le tout pour maintenir l’énergie électrique disponible.

La convergence avec la Formula E est d’autant plus nette que, sur les F1 2026, environ la moitié de la puissance provient de la batterie. Résultat : les méthodes pour gérer le lift-and-coast et le déploiement d’énergie deviennent plus proches que jamais entre les deux championnats.

🧠 Stratégies d’énergie : la chasse aux spécialistes de la Formula E

Les équipes de F1 ont renforcé leurs stratégies de déploiement d’énergie et leurs outils de simulation pré-événement. Cette évolution s’accompagne d’un mouvement de recrutement ciblé : certaines structures ont débauché des ingénieurs performance issus de la Formula E, réputés pour leur maîtrise fine de la gestion électrique.

Exemples récents cités : d’anciens ingénieurs Formula E de McLaren ont rejoint Haas (Christopher Vrettos et Daniela Klausser), Cadillac F1 (Christopher Brown et Stephen Lane) ainsi que l’équipe F1 McLaren (Andreas Zetterlund).

De son côté, Williams a recruté l’été dernier l’ancienne ingénieure performance et data science passée par Jaguar et Nissan, Cristina Mañas Fernández, afin de travailler avec Carlos Sainz cette saison.

🎮 Des pilotes de Formula E plongés dans les simulateurs de F1

Plusieurs pilotes de Formula E ont également été sollicités en simulateur F1, étant déjà familiers des techniques de lever de pied et, plus généralement, de la gestion des éléments électriques du groupe propulseur.

Sont mentionnés : Sebastien Buemi (Red Bull), Stoffel Vandoorne (Aston Martin), Norman Nato (Ferrari), Nyck de Vries et Jake Hughes (McLaren).

⚙️ De Vries : « La Formula E est conçue autour de la gestion d’énergie »

Nyck de Vries, qui dispose de l’expérience F1 la plus récente parmi les pilotes cités, estime qu’il faut d’abord définir des critères de comparaison entre les disciplines.

« Il faut définir certains critères pour juger. La Formula E est conçue pour être un championnat autour de la gestion d’énergie, des voitures électriques, du logiciel, sans aérodynamique, donc bien sûr que nos courses tournent autour de ça.

Je pense que nos équipes d’ingénierie méritent du crédit parce qu’elles font un super travail. En termes de développement logiciel, toutes les équipes sont à un niveau très élevé.

C’est quelque chose qu’on ne maîtrise pas totalement, mais c’est très important. C’est clairement un domaine où toutes les équipes mettent l’accent sur l’énergie et les systèmes. »

🧩 Vandoorne : la F1 devient une « discipline de réflexion »

Stoffel Vandoorne — ancien équipier de de Vries chez Mercedes EQ et champion du monde de Formula E, aujourd’hui réserviste/développeur chez Jaguar et toujours réserviste chez Aston Martin en F1 — pense que Verstappen s’adaptera rapidement aux nouvelles exigences.

« C’est un autre type de course, et je pense que les gars intelligents en F1, dont Max fait clairement partie, vont prendre le dessus là-dessus.

Ils vont exploiter le règlement et mieux le comprendre que d’autres. Ça devient davantage une discipline de réflexion plutôt qu’une histoire de rythme et de pneus. Il y a beaucoup plus de paramètres qu’avant. »

Un point majeur complique la tâche en F1 par rapport à la Formula E : l’allocation d’énergie de batterie est définie par tour, et non sur un capital total de course. La logique de réglage et de gestion peut rappeler la Formula E, mais les conséquences sont différentes.

« La différence, c’est que si tu surconsommes ou sous-consommes, ça n’impacte que le tour lui-même et pas toute la course (comme en FE). »

Vandoorne insiste aussi sur la complexité réglementaire : manque d’expérience des équipes, nouvelles règles FIA sur ce qui est autorisé ou non, et sur les zones où il est possible d’activer le bouton de dépassement. Il existe une part où le pilote choisit où déployer l’énergie, même si le plan est défini en amont pour obtenir le meilleur compromis.

« Il y a un élément où le pilote a une influence sur l’endroit où il déploie l’énergie. Bien sûr, tout ça sera préparé en simulation pour déterminer au mieux où la déployer, mais ça reste une partie opérée manuellement. »

🎓 Des voitures « à diplôme » : la charge mentale vue depuis la Formula E

Des pilotes passés de la F1 à la Formula E — comme Jean-Eric Vergne, Sebastien Buemi ou Pascal Wehrlein — ont déjà décrit à quel point les courses Formula E sont devenues cérébrales.

Selon les éléments rapportés, les pilotes de Formula E passent environ deux fois plus de temps en simulateur que les pilotes titulaires en F1, en raison de la finesse des techniques et de la maîtrise des systèmes nécessaires pour gérer l’ensemble d’une course.

Vandoorne fait d’ailleurs le parallèle avec la remarque de Lewis Hamilton selon laquelle « il faut un diplôme pour comprendre ces voitures », en estimant que c’est vrai « dans un sens ».

« La F1 était beaucoup plus simple par le passé, avec des moteurs plus simples et une approche davantage “plein gaz” avec la gestion des pneus.

Maintenant, il y a une dynamique entièrement nouvelle. En Formula E, on a presque besoin d’un diplôme pour courir : il y a l’énergie, mais aussi tous les systèmes par-dessus. »

🇳🇿 Cassidy : « La F1 reste assez simple comparée à la FE »

Un autre pilote impliqué avec une équipe de F1 est Nick Cassidy. Le pilote Citroën n’a pas confirmé quelle structure il aide, même s’il est indiqué qu’il s’agirait de Mercedes depuis au moins neuf mois.

Cassidy juge que le défi F1 est aujourd’hui « encore assez simple comparé à la Formula E » et dit avoir le sentiment qu’en F1, les pilotes sont « très limités par le règlement actuel » comparé à la Formula E.

« Ce n’est pas comme si tu économises de l’énergie pendant cinq tours d’affilée et que ça te donne cinq tours d’avantage en plus sur l’autre : c’est plutôt un travail d’ajustement tour par tour. »

Il se demande aussi si ces contraintes amélioreront réellement le spectacle en piste en F1.

« Ce sera intéressant de voir si ça améliore vraiment le produit en course. Je ne sais pas si ce sera le cas. En FE, tu construis une stratégie sur une longue période et tu peux faire la différence dans la deuxième moitié : c’est là que le pilote a, je pense, plus d’influence. »

📣 Di Grassi : les futures FE plus rapides que les F1 actuelles ?

Lucas di Grassi, l’un des défenseurs les plus passionnés de la Formula E, a publié sur les réseaux sociaux un avis tranché : selon lui, les Formula E Gen 4.5 (évolution possible de la future Gen4) et Gen5 seraient « bien plus rapides que les F1 actuelles ». Il ajoute à Verstappen qu’il pourra venir « piloter les voitures les plus rapides de la planète d’ici quelques années », avec un smiley à la fin.

« Formula E cars Gen 4.5 & 5 will be way faster than current F1 cars.

You can come and drive the fastest cars on the planet in a few years

😄 »

🏁 Le pilote de Formula E qui donne raison à Verstappen

Il existe aussi des « puristes » en Formula E, comme en F1 — et Dan Ticktum en fait partie. Le pilote Cupra Kiro a été brièvement proche d’une opportunité en F1 avec Red Bull en 2020, puis plus marginalement avec Williams en 2022.

Après l’échec de ces pistes, il s’est reconverti en Formula E. Son parcours y a, pour l’instant, culminé avec une victoire unique à Jakarta en juin dernier.

Sur le plan idéologique, Ticktum reconnaît être plus proche du point de vue de Verstappen, surtout lorsqu’il s’agit de la F1.

Ce que les pilotes de Formula E pensent vraiment des critiques de Verstappen sur la F1

« Je suis plus un puriste et je trouve dommage que la F1 en soit arrivée là.

Un sport comme la F1, basé sur le spectacle, devrait hurler avec des V8, des V12. Il ne devrait pas faire tout ce lever de pied.

Je les vois atteindre leur vitesse de pointe à mi-ligne droite et ensuite ils économisent… enfin, allez ! C’est un sport de passionnés d’essence, ça devrait être authentique.

On est dans une période de transition et personne n’aime les choses à moitié : c’est soit l’un soit l’autre. Alors la F1, oui, avoir du lever de pied et 200 kilos de batterie dans la voiture, ce n’est pas juste pour ce sport.

Oui, utilisez des carburants durables quand c’est possible, mais ce sport ne sera jamais durable parce qu’il est énorme : le cirque, les avions, tout ça… Oubliez. C’est un sport, alors rendons-le bon à regarder : du bon son, de bonnes voitures. »

🔮 Conclusion

Entre la montée en puissance du moteur électrique en F1 2026, les contraintes de déploiement d’énergie par tour et l’afflux d’expertises issues de la Formula E, la frontière technique entre les disciplines se réduit. Reste à savoir si cette complexité nourrira une nouvelle forme de spectacle… ou si elle changera surtout la manière de piloter et de penser une course. Une chose est sûre : l’avenir de la performance passera autant par le cerveau que par le pied droit.

Foire aux Questions

❓ Qu’est-ce que le « lift-and-coast » et pourquoi devient-il central en F1 2026 ?

Le lift-and-coast consiste à lever le pied avant la zone de freinage pour réduire la consommation et récupérer/économiser de l’énergie. Avec les groupes propulseurs 2026, la gestion de la batterie et de son état de charge impose davantage ces phases pour garder de l’énergie disponible.

❓ Quelle est la grande différence de gestion de la batterie entre F1 et Formula E ?

D’après les propos rapportés, la F1 fonctionne avec une allocation d’énergie de batterie par tour, alors qu’en Formula E la gestion s’inscrit davantage sur un total de course. En F1, une surconsommation pénalise surtout le tour concerné, sans nécessairement compromettre l’ensemble de la course de la même façon.

❓ Pourquoi des ingénieurs de Formula E intéressent autant les équipes de F1 ?

Parce que la Formula E est construite autour de la gestion d’énergie et des systèmes logiciels. Avec une part électrique plus importante en F1 2026, les équipes cherchent des profils déjà rompus au pilotage énergétique, aux outils de simulation et aux stratégies de déploiement.

❓ Quel rôle le pilote garde-t-il dans le déploiement d’énergie en F1 ?

Même si une grande partie du plan est préparée en amont (notamment via la simulation), le pilote conserve une influence directe sur l’endroit et le moment où il déploie l’énergie, dans le cadre des règles FIA et des conditions réelles de course.

❓ Pourquoi la Formula E est-elle décrite comme très « cérébrale » ?

Parce que la performance dépend fortement de la stratégie d’énergie et de la maîtrise de nombreux systèmes. Il est indiqué que les pilotes Formula E passent environ deux fois plus de temps en simulateur que les pilotes titulaires F1, justement pour travailler ces paramètres et ces techniques.

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