Ford précise son projet Hypercar : trois pilotes annoncés et un V8 atmosphérique au programme 🏁

Ford a profité d’une grande conférence de presse à Detroit, jeudi soir, pour détailler toute l’ampleur de ses ambitions en sport automobile à l’horizon 2026.
La Formule 1 a logiquement attiré le plus gros des projecteurs, mais le programme Hypercar de Ford en Championnat du monde d’endurance (WEC) a aussi livré des informations concrètes.
Dan Sayers, responsable du programme Ford Racing Hypercar, a résumé l’enjeu : « Il y a un an, nous avons fait la promesse de revenir au sommet de l’endurance. Aujourd’hui, nous sommes exactement à 12 mois d’être sur la grille. Dans le sport automobile mondial, c’est un délai qui coupe le souffle. Monter un programme Hypercar d’une feuille blanche à un départ au Mans en seulement deux ans est, selon toute mesure objective, presque impossible. »
Ford a confirmé des choix techniques clés et, surtout, a dévoilé les trois premiers pilotes chargés d’incarner son retour en endurance en 2027.
🇺🇸 Logan Sargeant : une seconde chance en endurance
L’arrivée de Logan Sargeant chez Ford est désormais officielle. Dix-huit mois après la fin de sa carrière en Formule 1 avec Williams, l’Américain de 25 ans retrouve un environnement constructeur.
Dan Sayers a justifié ce choix : « Logan Sargeant nous rejoint en sortant du circuit F1, avec un niveau de sophistication technique et une expérience haut niveau en appui aérodynamique qui sont essentiels pour un programme de cette envergure. Avoir un Américain de retour dans une Ford au Mans, c’est naturel. C’est un clin d’œil à des géants comme Dan Gurney et AJ Foyt, qui ont montré au monde en 1967 ce qu’il se passe quand la ténacité américaine rencontre l’ambition mondiale. »
Sargeant avait refusé une offre du nouveau programme Hypercar Genesis (Hyundai) en février dernier. Il est ensuite largement sorti des radars avant de revenir en compétition en fin de saison passée en IMSA SportsCar Championship, au volant d’une LMP2.
Si son passage en F1 n’a pas laissé un souvenir marquant, Ford estime avoir raison de le cibler. Sargeant semble bien plus à l’aise dès qu’il roule en endurance. Ses courses en LMP2 en IMSA en fin de saison dernière ont été jugées impressionnantes, tout comme ses apparitions en 2021 en European Le Mans Series (LMP2) et en Le Mans Cup (GT3).
Ford prévoit de l’accompagner progressivement via une saison complète en LMGT3 en WEC en 2026. À court terme, son programme inclut les 24 Heures de Daytona avec Era Motorsport en LMP2.
Pour Ford, Sargeant représente un pari avec du potentiel. Pour Sargeant, c’est probablement la remise à zéro la plus propre qu’il pouvait espérer.
🦊 Mike Rockenfeller : l’expérience d’un vétéran
Les deux autres noms de la première liste Ford prêtent davantage à discussion : l’Allemand Mike Rockenfeller (42 ans) et le Britannique Sebastian Priaulx (24 ans).
Sayers a rappelé qu’ils sont déjà intégrés à l’écosystème Ford : « Seb et Rocky font déjà partie de la famille Ford, après avoir prouvé la valeur de la Mustang GT3 avec deux victoires en IMSA l’an dernier. Seb est un talent pur et naturel ; Rocky est le vétéran qui a tout vu et tout gagné. »
À l’image d’Andre Lotterer chez Genesis, Rockenfeller apporte une somme d’expérience précieuse à un constructeur qui doit encore apprendre beaucoup de choses sur l’endurance au plus haut niveau, même s’il n’est plus forcément parmi les tout meilleurs en performance pure de la catégorie.
Un détail compte : « Rocky » sait déjà ce qu’est la course en LMDh, puisqu’il a disputé sept manches IMSA au volant d’une Porsche 963 sur 2023 et 2024.
Son palmarès reste une référence : 11 départs aux 24 Heures du Mans, deux victoires de classe et une victoire au général en 2010 avec l’Audi R15 Plus. Sa dernière apparition au Mans au plus haut niveau remonte à 2012, avec une 3e place au général sur Audi R18 TDI.
Il a aussi remporté les 24 Heures de Daytona en 2010 et décroché le titre DTM en 2013, cinq ans après avoir été sacré en European Le Mans Series.
🧬 Sebastian Priaulx : talent, héritage et pression
Sebastian Priaulx est le profil le plus intrigant — et aussi le plus risqué — du trio initial.
À 24 ans, il possède déjà un CV GT solide : champion Porsche Carrera Cup North America, vainqueur en IMSA en GTD Pro, et élément clé du programme Ford Mustang GT3 aux côtés de Rockenfeller. Mais la marche reste élevée.
Son expérience en prototype est limitée : une seule course en LMP3, en 2022. Ford prévoit de combler ce manque cette année avec une campagne ELMS en LMP2 chez Proton Competition. Priaulx partagera la voiture avec Rockenfeller, un duo qui illustre à quel point Ford relie leurs trajectoires de développement.
Son talent brut ne fait guère de doute, mais son nom de famille attire forcément l’attention. Son père a remporté trois titres en World Touring Car Championship et a roulé comme pilote officiel Ford entre 2016 et 2019 en WEC. L’examen sera permanent : à lui de démontrer vite que sa place se mérite uniquement à la performance.
🧩 Et maintenant : un effectif à compléter et des essais en vue
Ces trois pilotes ne constituent pas l’équipage final. Ford devra recruter au moins trois pilotes supplémentaires pour compléter son effectif WEC, et dans le paddock, beaucoup estiment que des pilotes sous contrat Porsche sont clairement dans le viseur.
Le champion IMSA en titre Matt Campbell est souvent cité comme candidat de premier plan, notamment parce que ses engagements IMSA seraient réduits cette saison avec Porsche Penske Motorsport.
Les premiers roulages en piste sont pour l’instant programmés en août, à un rythme globalement comparable à celui suivi par la LMDh Genesis construite par ORECA.
🔊 Un V8 atmosphérique : une déclaration d’identité
Au-delà des annonces pilotes, Ford a confirmé un point technique majeur : l’Hypercar sera motorisée par un V8 atmosphérique.
Sayers a formulé l’intention avec une image marquante : « Quand vous entendez une Ford débouler dans les Hunaudières à trois heures du matin, vous ne devriez pas avoir besoin de regarder le badge pour savoir de quoi il s’agit. »
Il a précisé le choix moteur : « C’est pour cela que nous avons choisi le Coyote. Nous motorisons notre Hypercar avec un V8 atmosphérique de 5,4 litres. Quand vous avez un moteur aussi iconique dans votre arsenal — une mécanique qui définit déjà nos programmes Dark Horse R, GT4 et GT3 — vous ne cherchez pas d’alternatives. Vous vous appuyez sur votre ADN. »
Contrairement aux versions dérivées de la route, ce V8 sera développé entièrement en interne.
« Pour la première fois de notre histoire, ce moteur de compétition est développé entièrement en interne, avec notre équipe à Dearborn travaillant main dans la main avec Red Bull Ford Powertrains pour marier la technologie haute tension à une puissance brute née à Detroit », a confirmé Sayers.
Ce choix promet une signature sonore bien plus évocatrice que le V6 biturbo de la Ford GT engagée en WEC et en IMSA entre 2016 et 2019 — un trait d’union entre les légendes de 1966 et l’ambition affichée pour 2027.
✅ Conclusion 🚀
Entre un trio de pilotes mêlant relance, expérience et pari sur l’avenir, un calendrier de développement serré et un V8 atmosphérique conçu pour affirmer l’identité Ford en piste, le projet Hypercar prend une forme de plus en plus concrète.
Les prochains mois — et les premiers essais annoncés dès août — diront si Ford peut transformer cette promesse en performance, et faire résonner sa signature au cœur de la nuit mancelle.
Foire aux Questions
Qu’est-ce que la catégorie Hypercar en WEC ?
La catégorie Hypercar correspond au sommet du Championnat du monde d’endurance (WEC). C’est dans cette catégorie que les constructeurs visent la victoire au général, notamment aux 24 Heures du Mans.
Pourquoi Ford fait rouler Logan Sargeant en LMGT3 et en LMP2 avant l’Hypercar ?
Ford prévoit une montée en puissance : une saison complète en LMGT3 en WEC en 2026 est annoncée pour faciliter l’intégration, tandis que des courses en LMP2 (comme Daytona avec Era Motorsport) permettent de reprendre du rythme et de renforcer l’expérience endurance.
Qu’apporte un pilote comme Mike Rockenfeller à un nouveau programme Hypercar ?
Rockenfeller amène une grande expérience de l’endurance : 11 participations au Mans, une victoire au général en 2010, et une connaissance récente des prototypes modernes via des courses IMSA en Porsche 963 (LMDh) en 2023 et 2024.
Pourquoi le choix d’un V8 atmosphérique 5,4 litres est-il important ?
Ford assume une identité sonore et technique forte avec un V8 atmosphérique (le « Coyote ») de 5,4 litres. Le constructeur indique aussi que ce moteur de compétition sera développé entièrement en interne, en collaboration avec Red Bull Ford Powertrains pour l’intégration de technologies haute tension.
Quand l’Hypercar Ford doit-elle rouler pour la première fois ?
Les premiers essais en piste sont annoncés pour août, dans un calendrier de développement présenté comme comparable à celui suivi par la LMDh Genesis construite par ORECA.
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