Lando Norris, champion du monde de Formule 1, a détaillé la logique derrière la création de sa propre structure de course et d’un dispositif de développement de pilotes. Un projet ambitieux, lancé plus tôt qu’il ne l’imaginait, et qui a immédiatement suscité un vif intérêt dans le paddock.

Annoncé à l’approche du Grand Prix d’Italie, LN4 Fusion est une équipe de monoplaces destinée à courir en Formule 4, Formule 3 et, sous réserve d’approbation, en Formule 2. En parallèle, Norris a également lancé le LN4 Legacy Programme, un programme d’accompagnement de talents dirigé par Julian Rouse, ancien directeur sportif d’Alpine.

Pourquoi Norris a lancé sa propre équipe de course

Un projet lancé plus tôt que prévu

À Monza, Norris a expliqué que l’idée existait depuis longtemps au sein de son entourage, sans pour autant avoir été formalisée.

« Je ne dirais pas qu’on en a vraiment parlé sérieusement, mais on a toujours pensé que ce serait une idée sympa à faire un jour », a-t-il expliqué. « Je ne pensais probablement pas que je le ferais aussi tôt. Certaines choses se sont mises en place, certains groupes se sont réunis. Des opportunités sont apparues. »

Norris précise que le processus a été « long » à l’échelle d’une saison, puisque les discussions ont commencé l’année précédente avant de se concrétiser cette année. Mais la présence de profils expérimentés a permis d’assembler rapidement les pièces du puzzle : « On a des gens très expérimentés venant d’un peu partout… On a pu réunir tout ça assez vite. »

Des centaines de candidatures en une heure

Le lancement de LN4 Fusion a immédiatement déclenché un afflux de demandes. Norris rapporte que le directeur d’équipe Rene Rosin a reçu « quelques centaines » de candidatures en environ une heure après l’annonce.

L’intérêt ne vient pas seulement des pilotes, mais de tous les métiers nécessaires à une structure de compétition : mécaniciens, ingénieurs, et l’ensemble du personnel qui fait fonctionner une écurie. Norris dit être fier à la fois à titre personnel et pour la capacité du projet à attirer et fédérer.

Rene Rosin, une recrue centrale venue de l’univers Prema

L’un des piliers de LN4 Fusion est son directeur d’équipe, Rene Rosin. Il a dirigé l’équipe Prema, cofondée par son père, vers la majorité de ses plus de 40 titres, avant le départ soudain de la famille l’année dernière.

Avant cela, Prema était considérée comme l’équipe de référence sur la filière, une structure que Norris a beaucoup côtoyée dans son parcours avant la F1. Norris rappelle notamment avoir mis fin, avec Carlin en 2017, à une série de six titres consécutifs de Prema en F3.

Pour Norris, ce choix est aussi une question de confiance et de continuité : il connaît Rosin depuis des années, a couru contre Prema depuis la F4 (dès 2015), et veut construire un projet durable capable de performer à plusieurs niveaux, pas seulement dans une catégorie. Il insiste sur l’importance du leadership au sommet et décrit Rosin comme le profil capable de rassembler, d’optimiser, et de viser la victoire.

Les réactions du paddock : Piastri, Bearman, Albon

Oscar Piastri, coéquipier de Norris chez McLaren et titré en F3 et F2 avec Prema, a souligné ses bons souvenirs avec Rosin et la famille Rosin, et a prévenu qu’il ne s’attendait pas à voir cette nouvelle équipe manquer de performance.

Ollie Bearman, autre pilote passé par la filière Prema, a qualifié l’initiative de « cool » et s’est réjoui de revoir Rosin à la tête d’un projet, en rappelant son rôle à la direction de « l’équipe junior la plus titrée de l’histoire ». Il espère aussi que cette aventure prolongera l’héritage familial.

Alex Albon (Williams) a, lui, exprimé sa surprise face à l’ampleur du chantier mené par Norris en parallèle de sa carrière en F1. Il a trouvé le geste « noble » et a expliqué qu’il aimerait un jour faire quelque chose de similaire, peut-être pas en montant des équipes, mais en trouvant un moyen d’aider des jeunes à progresser et à obtenir leur chance en sport automobile.

Comment Norris trouve du temps : une organisation déjà rodée

Norris attribue la faisabilité du projet à la solidité de l’équipe qui l’entoure au quotidien. Ce même entourage lui permet de mener des activités hors-piste tout en restant concentré sur son métier de pilote, notamment avec l’organisation de la « Landostand » au Grand Prix de Grande-Bretagne.

Selon lui, l’essentiel du travail se fait en arrière-plan : « Beaucoup de choses se passent dans l’ombre. J’ai aussi pu vraiment me concentrer sur mon travail et sur le fait de piloter vite. » Il explique que le projet peut fonctionner de manière largement indépendante, même s’il peut s’y impliquer quand son emploi du temps le permet.

Le dispositif profite aussi de la force d’attraction de Norris, de son image et de son univers visuel très reconnaissable — notamment le jaune fluorescent — qui peut contribuer à attirer des partenaires et des investisseurs.

LN4 Legacy Programme : aider des pilotes, un par un

En parallèle de l’équipe de course, Norris veut structurer un accompagnement plus ciblé via le LN4 Legacy Programme. L’idée n’est pas de soutenir une foule de profils à la fois, mais d’identifier des individus qu’il estime capables d’atteindre la F1, puis de les aider progressivement « un par un ».

Norris insiste sur la réalité économique de la filière : aider un seul pilote peut déjà mobiliser des « centaines de milliers », et à l’échelle d’un parcours complet on parle « de millions de dollars » pour un individu. Vouloir soutenir un groupe plus large demande des moyens encore plus importants.

Il souligne surtout que le problème dépasse l’initiative d’un seul pilote : rendre le sport plus accessible suppose un travail de fond, impliquant la F1, la FIA et les acteurs du karting, car la discipline est « tout simplement trop chère ». Norris cite un ordre de grandeur marquant : débuter en F2 représente plus de 2 millions de dollars (ou environ 2 millions d’euros, selon lui).

Pour l’instant, son plan est de commencer modestement, puis d’étendre le dispositif avec le temps, davantage de partenaires et plus de soutien financier. Norris rappelle aussi qu’il possède son propre kart et mentionne que d’autres pilotes, dont Daniel Ricciardo, ont déjà lancé des projets pour aider davantage de jeunes à accéder à la course.

D’autres pilotes veulent aussi « rendre » au sport

Norris n’est pas le seul à envisager de redonner à la discipline. Sergio Perez, pilote Cadillac, a déclaré être à un moment de sa carrière où il souhaite lancer quelque chose. Il prépare un projet avec son manager Khalil Beschir, avec des détails qui devraient être partagés dans les prochains mois, dans l’objectif d’aider les jeunes générations en sport automobile.

Conclusion

Avec LN4 Fusion et le LN4 Legacy Programme, Lando Norris veut bâtir à la fois une équipe compétitive sur l’échelle junior et un accompagnement plus personnalisé pour pousser des talents jusqu’au plus haut niveau. Entre l’afflux immédiat de candidatures, l’arrivée de Rene Rosin et la prise de conscience des coûts, le projet met en lumière un enjeu central : rendre la filière plus accessible sans perdre l’exigence de performance. Si l’initiative n’en est qu’à ses débuts, elle ouvre déjà une perspective : l’avenir du sport se construit aussi en investissant dans ceux qui n’ont pas encore eu leur chance.

Foire aux Questions

Qu’est-ce que LN4 Fusion ?

LN4 Fusion est une équipe de monoplaces créée par Lando Norris. Elle vise à courir en Formule 4 et en Formule 3, avec une ambition d’engagement en Formule 2 sous réserve d’approbation.

Qui dirige l’équipe LN4 Fusion au quotidien ?

Le directeur d’équipe est Rene Rosin, connu pour avoir mené Prema vers une grande partie de ses plus de 40 titres, avant le départ de la famille l’année dernière.

Qu’est-ce que le LN4 Legacy Programme ?

C’est un programme distinct de l’équipe de course, orienté vers l’identification et l’accompagnement de jeunes pilotes jugés capables d’atteindre la Formule 1. Il est dirigé par Julian Rouse, ancien directeur sportif d’Alpine.

Pourquoi Norris parle-t-il autant des coûts en sport automobile ?

Parce que financer la progression d’un pilote est extrêmement cher. Norris explique que soutenir un pilote peut représenter des millions de dollars, et il cite un exemple concret : débuter en Formule 2 coûte plus de 2 millions de dollars (ou environ 2 millions d’euros, selon lui).

LN4 Fusion a-t-elle déjà suscité de l’intérêt ?

Oui. Norris indique que Rene Rosin a reçu en environ une heure « quelques centaines » de candidatures après l’annonce, provenant de pilotes mais aussi de mécaniciens, d’ingénieurs et d’autres profils clés pour faire fonctionner une écurie.

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