Monza : Haas contrainte de n’aligner qu’un seul moteur Ferrari amélioré

Situation inhabituelle pour Haas au Grand Prix d’Italie : l’écurie ne dispose que d’une seule unité de puissance Ferrari dans sa version améliorée, ce qui l’oblige à faire un choix entre ses deux pilotes sur un week-end où la puissance est particulièrement déterminante à Monza.
Une mise à jour Ferrari disponible… mais en quantité limitée
Ferrari introduit à Monza son évolution "ADUO 2" pour Lewis Hamilton et Charles Leclerc, rendue possible par le mécanisme d’Additional Development and Upgrade Opportunities (ADUO) prévu pour les motoristes.
Mais ses équipes clientes ont été informées qu’il n’y avait, pour l’instant, qu’un seul exemplaire disponible pour chacune d’entre elles.
Cadillac a choisi de ne pas l’utiliser sur ses monoplaces en Italie. Haas, au contraire, a estimé que le gain potentiel de puissance sur un tracé à haute vitesse comme Monza était trop intéressant pour être ignoré.
Pourquoi Ollie Bearman a été choisi plutôt qu’Esteban Ocon
En optant pour cette évolution moteur, Haas s’est retrouvée face à une décision délicate : déterminer quel pilote bénéficierait de l’unique unité disponible. Le choix s’est finalement porté sur Ollie Bearman.
Le directeur de l’équipe, Ayao Komatsu, a expliqué que cette décision était liée au fait qu’Esteban Ocon avait eu la priorité sur des évolutions récentes.
Des améliorations de freinage ainsi que des modifications de la direction assistée, mises en place avant la pause estivale, avaient été attribuées en premier à Ocon. Haas a donc jugé plus équitable de donner cette fois l’avantage à Bearman en lui confiant la nouvelle unité de puissance à Monza.
Un choix assumé, mais loin d’être idéal
Komatsu reconnaît que la situation n’est pas idéale, et souligne que l’équipe avait déjà cherché à éviter ce scénario plus tôt dans la saison.
Lorsque la première étape ADUO de Ferrari est arrivée en Autriche fin juin, Haas avait retardé l’introduction de l’évolution afin de pouvoir équiper les deux voitures en même temps.
Cette fois, la nature très sensible à la puissance du circuit de Monza change la donne. Komatsu résume le dilemme : laisser une performance potentielle "dans le garage" est frustrant, mais n’avoir qu’un seul moteur disponible complique fortement la gestion sportive.
Il indique qu’il aurait été préférable de disposer de deux unités au minimum, tout en rappelant que Ferrari pousse fortement pour extraire un maximum de performance, et qu’en conséquence le motoriste arrive avec une quantité minimale répondant juste aux exigences réglementaires.
Transparence avec les pilotes : la ligne de conduite de Haas
Selon Komatsu, l’élément clé dans une telle situation est d’expliquer clairement la logique aux deux pilotes. Il insiste sur la nécessité d’être transparent et de fonctionner de la manière la plus juste possible.
Il admet aussi qu’il est impossible de satisfaire tout le monde en permanence : Ocon ne sera pas heureux de ne pas recevoir immédiatement l’unité de puissance numéro quatre, mais l’équipe estime que cette décision sert au mieux l’intérêt collectif et constitue l’option la plus équitable dans ce contexte.
Ce que dit le règlement : pourquoi une seule unité suffit
Si Haas n’obtient qu’une seule unité de puissance Ferrari dans la nouvelle spécification, c’est parce que le règlement n’impose pas aux motoristes d’en fournir davantage aux équipes clientes lors de l’introduction d’une nouvelle version.
Le règlement technique de la F1 précise que lorsqu’une nouvelle étape d’homologation est introduite, le motoriste doit la rendre "disponible à chaque équipe de F1 fournie" lors de la compétition de première introduction, avec "au moins une unité de puissance" conforme à la nouvelle spécification.
L’objectif est d’assurer un minimum de parité pour les équipes clientes quand une modification est apportée. Forcer la fourniture de deux moteurs neufs à chaque équipe partenaire augmenterait la charge pour les motoristes disposant de nombreux clients, au risque de retarder l’introduction même des évolutions.
Quel gain attendre de l’ADUO 2 à Monza ?
Ferrari a cherché à minimiser l’impact potentiel de son ADUO 2 sur la hiérarchie.
Le directeur d’équipe Fred Vasseur a déclaré avant le week-end italien : "Cela représente une étape dans la bonne direction et, comme nous le savons, cette année est surtout une question de gains marginaux."
De son côté, Ocon estime, d’après ce qu’on lui a indiqué, qu’il pourrait y avoir une différence notable entre l’ancienne et la nouvelle unité. Il souligne qu’il pilotera avec l’ancien moteur et que cela représentera une perte significative.
Les évolutions techniques évoquées : un turbo plus grand et des modifications clés
La version améliorée de Ferrari intégrerait un turbo de plus grande taille, accompagné d’autres modifications importantes destinées à augmenter la puissance.
En début de saison, Ferrari avait initialement opté pour un turbo plus petit, convaincue qu’une unité de puissance plus réactive offrirait un avantage important lors des départs en course.
Cet avantage s’est toutefois estompé : les révisions apportées à la procédure de départ ont réduit de manière significative le déficit lié au temps de réponse du turbo (le turbo lag) auquel les rivaux étaient confrontés, ce qui a annulé l’atout initial de Ferrari.
Un turbo plus grand devrait aider à accroître la puissance globale. Même si les différences ne seraient pas de nature à tout bouleverser, Lewis Hamilton estime que cela peut contribuer à combler une partie du retard observé cette saison.
Hamilton explique : "Chaque petit gain aide. Jusqu’ici dans l’année, même lors de la dernière course sur un circuit aussi court, on perdait quatre dixièmes au tour pendant la course. C’est un déficit énorme et on l’a traîné jusqu’à maintenant. C’est un pas en avant. Ce n’est pas tout l’écart dont on a besoin, on le savait. Mais voir des éléments arriver chaque week-end, s’ajouter à la voiture, c’est enthousiasmant : on pousse et on croit toujours fermement qu’on a ce qu’il faut pour gagner."
Conclusion
À Monza, Haas transforme une contrainte logistique en décision sportive : tirer profit d’une mise à jour moteur cruciale sur un circuit ultra dépendant de la puissance, tout en gérant l’équité interne entre Bearman et Ocon. Entre règles d’homologation, disponibilité limitée et gains annoncés comme "marginaux", cette situation illustre à quel point chaque détail compte en Formule 1. Et si l’ADUO 2 n’est pas une révolution annoncée, c’est souvent l’addition de petits pas qui finit par ouvrir la porte aux grands retours.
Foire aux Questions
Qu’est-ce que l’ADUO en Formule 1 ?
L’ADUO (Additional Development and Upgrade Opportunities) est un mécanisme permettant aux motoristes d’introduire certaines évolutions de l’unité de puissance via des fenêtres et conditions définies par la réglementation.
Pourquoi Haas n’a-t-elle qu’un seul moteur Ferrari amélioré à Monza ?
Parce que le règlement impose au motoriste de fournir au moins une unité de la nouvelle spécification à chaque équipe cliente au moment de l’introduction, mais pas nécessairement deux. Ferrari n’en a donc livré qu’un exemplaire à Haas pour ce week-end.
Pourquoi le moteur amélioré est-il particulièrement intéressant à Monza ?
Monza est un circuit très sensible à la puissance, avec de longues lignes droites. Une évolution moteur peut donc y avoir un impact plus visible qu’ailleurs, ce qui a incité Haas à l’utiliser même sur une seule voiture.
Pourquoi Ollie Bearman a-t-il été privilégié par rapport à Esteban Ocon ?
Haas explique que des évolutions récentes (freinage et direction assistée) avaient été accordées en priorité à Ocon avant la pause estivale. L’équipe a donc choisi de rééquilibrer en donnant la nouvelle unité de puissance à Bearman à Monza.
Que change un turbo plus grand sur une unité de puissance ?
D’après les informations évoquées, l’évolution Ferrari inclurait un turbo plus grand et d’autres modifications pour améliorer la puissance. Ferrari avait commencé la saison avec un turbo plus petit pour gagner en réactivité au départ, mais des ajustements de la procédure de départ ont réduit l’intérêt de cet avantage.
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