⚡ Mahindra récupère Jake Hughes : le pilote que la Formula E n’aurait pas dû perdre

Écarté à la dernière minute d’un programme qui semblait verrouillé, Jake Hughes a trouvé un nouveau point d’ancrage en Formula E. Le Britannique rejoint Mahindra dans un rôle de réserve et de simulateur, avec une mission claire : contribuer au développement Gen4, tout en gardant un œil sur un retour en tant que titulaire.
🏁 De favori chez Cupra Kiro… à une porte qui se ferme
Il y a moins de trois mois, Hughes était aussi certain que possible de former un duo 100% britannique pour la saison 2025-26 chez Cupra Kiro, aux côtés de son contemporain de Formula 2 Dan Ticktum. En interne, une grande partie de l’équipe partageait cette conviction.
Le point de bascule ne s’est pourtant pas joué au niveau technique ou sportif, mais du côté des propriétaires de l’équipe : leur vision n’était pas alignée avec celle du reste du groupe.
La situation est allée très loin. Hughes a même effectué un test de la Cupra Kiro-Porsche sur l’aérodrome d’Abingdon, à peine quelques semaines avant le test de présaison décisif de Valence. À l’issue de cette journée, il pensait être dans la voiture au départ du championnat.
Le réveil a été brutal : quelques jours plus tard, on lui a annoncé qu’il n’obtiendrait pas le volant. Peu après, Pepe Marti a été confirmé à sa place.
Pour Hughes, ce nouvel épisode s’inscrit dans une trajectoire marquée par des opportunités perdues pour des raisons indépendantes de sa performance, et non parce qu’il aurait été relégué au second plan par les équipes techniques.
🤝 Le rebond Mahindra : réserve, simulateur et priorité Gen4
Plutôt que de s’appesantir, Hughes a réajusté sa trajectoire avec son manager Mark Blundell. Juste avant Noël, il a finalisé un accord avec Mahindra, officialisé un mardi matin.
Son statut est clair : pilote de réserve et de simulateur. Mais, dans les faits, son axe de travail principal sera la préparation et les essais Gen4. Pour d’éventuels remplacements en course cette saison, Kush Maini est toutefois annoncé comme le premier choix.
Hughes résume sa situation avec lucidité : « Je pense que c’est évident que je cherchais et j’espérais obtenir un baquet pour la saison 12, et j’étais assez avancé avec une équipe. Je ne m’y attendais pas forcément, mais j’étais vraiment dans l’espoir que ça se fasse, et ça ne s’est tout simplement pas matérialisé. J’ai dû réajuster mes plans, et être pilote de réserve et pilote de développement, surtout dans cette année pré-Gen4 que nous allons avoir maintenant en 2026, c’est la meilleure option après un volant de titulaire. »
Il décrit ce nouveau chapitre comme « une très belle opportunité… une équipe qui semble être sur une dynamique positive, avec une bonne atmosphère, et qui fait de très bonnes choses ».
🧰 Un pilote reconnu pour son sérieux et son retour technique
Depuis ses derniers tours de roue en Maserati, Hughes n’est pas resté inactif. Sa fin de saison passée contenait déjà une scène à l’image d’une année compliquée : il avait été éliminé innocemment lors du London E-Prix en juillet, touché involontairement par son équipier Stoffel Vandoorne.
Ensuite, Hughes a travaillé avec l’équipe McLaren de Formula 1, avec du roulage au Paul Ricard en novembre. Il aurait fortement marqué les ingénieurs impliqués par son attitude et la qualité de ses retours techniques, une continuité logique pour un pilote dont la réputation en Formula E s’est construite dès son passage comme pilote d’essais chez Venturi en 2021.
📈 Pourquoi Mahindra a sauté sur l’occasion
Pour Frederic Bertrand et Mahindra, recruter Hughes ressemble à un coup particulièrement malin, au moins validé par le directeur de la performance Jeremy Colancon. Ce dernier le connaît depuis l’époque Venturi, et sait évaluer rapidement le potentiel.
À moyen terme, Mahindra se retrouve aussi face à un sujet structurel : la période Gen4 va demander une projection sur ses futurs titulaires. L’équipe dispose actuellement d’un duo expérimenté, Nyck de Vries et Edoardo Mortara, riches en victoires en E-Prix, avec un titre en prime pour de Vries.
Sur le papier, rien n’oblige à envisager un changement. Mais la Formula E a la particularité de basculer vite, pour des raisons multiples, parfois hors du contrôle direct des pilotes.
Dans ce contexte, si les planètes s’alignent, Hughes a un profil « plug-and-play » en Formula E : avec du roulage Gen4 dans les jambes, il devient mécaniquement un candidat très attractif pour un volant futur.
⚖️ Gen3 à gagner, Gen4 à construire : l’équation Mahindra
Un point d’attention demeure : la confirmation du programme Gen4 de Mahindra est arrivée tard, au moins du point de vue extérieur. Cela pourrait se traduire par une fenêtre d’essais repoussée jusqu’au début de l’été, obligeant l’équipe à combler un retard conséquent face à ses rivaux.
Cette situation réveille un souvenir : le départ de Mahindra en Gen3. Là encore, le projet avait pris du retard. Malgré un faux départ prometteur — la pole et le podium surprise de Lucas di Grassi à Mexico en janvier 2023 — l’équipe avait ensuite plongé dans une période difficile. L’épreuve a failli la briser, mais l’a aussi renforcée, au point qu’elle se retrouve aujourd’hui en position, lors de la dernière saison Gen3, de potentiellement jouer une lutte pour le titre.
La bonne nouvelle, c’est que le chantier Gen4 mondial semble dans une meilleure situation que le précédent. Mais pour Mahindra, la tâche reste herculéenne : préparer une nouvelle ère sans sacrifier la campagne en cours. L’équipe n’a pas — humainement ou techniquement — les moyens d’un Porsche, d’un Jaguar, d’un Nissan ou d’un Stellantis. Il est donc probable qu’un compromis doive être fait à un moment donné.
L’arrivée de Hughes s’inscrit précisément dans cette logique de renforcement. Son expérience a été rapidement sécurisée, et la surprise est presque qu’un autre constructeur ne l’ait pas recruté plus tôt. Dans ce marché, Jaguar a choisi Vandoorne, Nissan a misé sur Sam Bird : dans ce contexte, il paraît cohérent qu’un pilote s’étant très bien mesuré à eux dans les mêmes structures (Maserati et McLaren) obtienne, lui aussi, une opportunité de développement de premier plan.
🎯 Un objectif assumé : revenir sur la grille en 2026-27
Hughes insiste sur la continuité de son profil : « Je suis maintenant bien rodé à ce rôle de développement, en termes de travail au simulateur et de rôle de réserve. Je pense que j’avais fait du bon travail comme pilote de réserve chez Mercedes à l’époque, et depuis j’ai enchaîné trois saisons plutôt solides comme pilote titulaire. »
Sa cible est explicite : « Évidemment, mon objectif est clairement de revenir sur la grille pour la saison 13 (2026-27). Obtenir du kilométrage, obtenir des essais, ne pourra que m’aider pour augmenter cette possibilité. »
Mais il cadre aussi sa priorité immédiate : « La priorité principale, c’est d’aider Mahindra, d’apprendre auprès d’eux, d’absorber un maximum et de développer la voiture, pour, je l’espère, une période très réussie dans un futur proche. »
🔮 Conclusion
Après une désillusion chez Cupra Kiro, Jake Hughes trouve chez Mahindra un rôle qui peut compter : préparer Gen4, apporter sa valeur en simulateur et rester au contact d’une grille où tout peut changer très vite. Si l’équipe parvient à équilibrer le présent en Gen3 et la construction de l’avenir, ce pari pourrait ouvrir une porte solide vers un retour comme titulaire — et rappeler qu’en sport auto, une opportunité bien saisie peut transformer une saison entière.
Foire aux Questions
❓ Quel est le rôle exact de Jake Hughes chez Mahindra ?
Il est pilote de réserve et pilote de simulateur. Son travail est orienté en priorité vers les essais et la préparation de la Gen4, plus que vers des remplacements en course à court terme.
❓ Pourquoi Hughes n’a-t-il pas eu le baquet chez Cupra Kiro ?
Malgré un niveau de confiance élevé après un test à Abingdon, il a été informé quelques jours plus tard qu’il n’aurait pas le volant. La décision ne semblait pas venir d’un manque d’adhésion technique en interne, mais d’un choix porté par les propriétaires de l’équipe. Pepe Marti a ensuite été annoncé.
❓ Qui est prioritaire pour remplacer un titulaire chez Mahindra cette saison ?
Pour d’éventuelles missions de remplacement en course cette saison, Kush Maini est mentionné comme le premier dans la file d’attente.
❓ Pourquoi la Gen4 est-elle un enjeu si important pour Mahindra ?
Mahindra a confirmé son programme Gen4 tardivement et pourrait ne commencer à tester qu’au début de l’été, ce qui implique un rattrapage face à des rivaux mieux armés. L’équipe doit donc préparer une nouvelle voiture et une nouvelle ère tout en restant performante en Gen3.
❓ Quel est l’objectif de Hughes à moyen terme en Formula E ?
Il vise un retour sur la grille comme titulaire pour la saison 13 (2026-27), en utilisant le travail de développement Gen4 et le roulage d’essais comme tremplin.
Et puisque l’avenir se prépare aussi hors piste, rien n’empêche de rêver Porsche 911 au quotidien: via une LOA souple et des garanties claires avec Joinsteer.














