McLaren s’apprête à introduire sa propre interprétation de l’aile arrière dite « à l’envers » en Formule 1, à l’occasion du Grand Prix d’Autriche. Le concept, déjà aperçu chez Ferrari puis chez Red Bull, va être évalué par l’équipe britannique lors des essais libres du vendredi, dans le cadre d’un programme de tests encore expérimental.

McLaren va débuter sa propre aile arrière F1 « à l’envers » en Autriche

McLaren rejoint la tendance en Autriche

Après avoir attiré l’attention plus tôt dans la saison, l’architecture d’aile arrière « upside-down » va donc être mise à l’épreuve par McLaren. L’écurie explique qu’elle « testera une aile arrière expérimentale tout au long des séances d’essais libres du vendredi » en Autriche.

Le dispositif restant à un stade expérimental, son utilisation en conditions de course pourrait intervenir plus tard dans l’année. Le fait de le faire rouler dès les essais libres — vraisemblablement avec des comparaisons directes entre l’aile standard et cette version — doit permettre à McLaren d’évaluer concrètement l’intérêt du concept.

Le déclic initial : l’aile « à l’envers » de Ferrari

Ferrari avait surpris le paddock en dévoilant une aile arrière au dessin singulier lors des essais de pré-saison à Bahreïn. La particularité mise en avant : la rotation de l’élément d’aile de sorte que, lorsque le mode ligne droite est activé, le flap supérieur se retrouve inversé.

Ferrari n’a pas immédiatement aligné cette aile en Grand Prix. La première apparition en course est intervenue plus tard, à Miami.

Red Bull a également proposé sa propre version

Au même Grand Prix de Miami, Red Bull a elle aussi introduit une version de ce concept, confirmant l’intérêt technique du paddock pour cette approche de l’aileron arrière.

Pourquoi McLaren s’y intéresse : l’analyse et le tri des idées

Le directeur du design de McLaren, Rob Marshall, avait déjà identifié l’aile arrière « à l’envers » de Ferrari comme une idée marquante de ce début de saison. Lors d’un événement organisé à l’usine McLaren de Woking en avril, il décrivait la réaction générale face à cette innovation :

« Tout le monde a vu ça et s’est dit : “oh, okay, oui, pas mal. Mais… on est sûrs que c’est légal ?” Oui, ça l’est ! Okay. »

Marshall rappelait aussi qu’en Formule 1, il est courant d’évaluer les bonnes idées des concurrents — mais que la transposition n’est pas automatique.

À propos des éléments susceptibles d’être repris, il expliquait :

« On regarde un peu tout. Certaines choses sont vite écartées quand on se replonge dans le règlement, d’autres restent ouvertes.

D’autres sont limitées par des choix d’architecture que vous avez déjà faits, ou par des aspects liés au moteur.

Mais au final, on analyse tout dans une certaine mesure. Certaines choses vont jusqu’à des tests en soufflerie ou en CFD. D’autres sont plutôt des expériences de pensée, pour voir si l’on pense que ce serait bon ou mauvais pour nous. »

Copier ne garantit rien… mais certains concepts paient

Marshall insistait enfin sur un point clé : reprendre une idée concurrente n’est pas une garantie de performance, car ce qui fonctionne sur une voiture peut ne pas fonctionner sur une autre. Mais il soulignait aussi que ce n’est pas une règle absolue, et qu’il existe des précédents où un concept s’est avéré bénéfique une fois généralisé.

« On dit souvent en F1 que copier ne marche pas, parce que ce qui marche sur une voiture ne marche pas sur une autre. En fait, ce n’est pas forcément vrai.

Certaines choses fonctionnent sur la voiture des autres. Rappelez-vous des double diffuseurs. Ça a marché sur la voiture d’une équipe. Tout le monde a copié. Et vous savez quoi ? Ça a marché pour eux aussi. »

Conclusion : un test révélateur pour la suite de la saison

En testant cette aile arrière « à l’envers » dès le vendredi en Autriche, McLaren se donne les moyens de mesurer précisément le gain potentiel et les compromis associés, avant d’envisager un déploiement plus tard dans la saison. Si le concept confirme ses promesses, la bataille technique autour de l’efficacité en ligne droite pourrait encore franchir un cap.

Foire aux Questions

Qu’est-ce qu’une aile arrière « à l’envers » en F1 ?

C’est une approche de conception où l’élément d’aile est orienté de manière inhabituelle : lorsque le mode ligne droite est activé, le flap supérieur se retrouve inversé, selon le principe présenté en début de saison.

Quand Ferrari a-t-elle introduit ce concept ?

Ferrari l’a dévoilé lors des essais de pré-saison à Bahreïn, puis ne l’a utilisée en course qu’ensuite, avec une première apparition en Grand Prix à Miami.

Red Bull a-t-elle aussi adopté cette solution ?

Oui. Red Bull a présenté sa propre version du concept lors du Grand Prix de Miami, le même week-end où Ferrari l’a alignée en course.

Que va faire McLaren exactement en Autriche ?

McLaren prévoit de tester une aile arrière expérimentale durant les séances d’essais libres du vendredi, afin de comparer et valider le comportement de cette solution par rapport à l’aile standard.

Pourquoi copier une idée rivale peut ne pas fonctionner ?

Parce que chaque voiture a ses propres choix d’architecture, ses contraintes liées au règlement et à l’intégration (notamment autour du groupe propulseur). McLaren explique analyser toutes les idées, mais toutes ne sont pas transposables — même si certains concepts, comme les double diffuseurs par le passé, ont fini par fonctionner sur plusieurs voitures.

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