đ§ïž Miami E-Prix de Formula E : les grands gagnants et les vrais perdants dâune course piĂ©geuse

Une averse tombĂ©e juste avant le dĂ©part du Miami E-Prix a semĂ© le doute dans les stands : rĂ©glages, pressions de pneus et stratĂ©gie mĂ©tĂ©o ont plongĂ© certaines Ă©quipes dans la confusion. RĂ©sultat : lâordre de la course a Ă©tĂ© bouleversĂ©, avec des consĂ©quences directes sur le dĂ©but de la lutte pour le titre 2025-26.
Voici les gagnants et les perdants marquants de la premiĂšre visite de la Formula E au Miami International Autodrome.
đ Gagnant : Mitch Evans et Jaguar
AprĂšs un dĂ©but de saison cauchemardesque â zĂ©ro point sur les deux premiĂšres manches â lâĂ©quation Ă©tait simple : il fallait un gros rĂ©sultat, et vite. Dans des conditions piĂ©geuses, Jaguar a fait exactement ce quâon attend dâun top team.
Mitch Evans a redressĂ© la barre avec une victoire construite avec autoritĂ©, rappelant ses standards de 2024, saison durant laquelle il a remportĂ© quatre courses et estimait avoir mĂ©ritĂ© le titre. Entre-temps, Evans nâavait ajoutĂ© que deux victoires Ă son palmarĂšs. Ă Miami, il signe en plus son premier succĂšs aux Ătats-Unis.
Son parcours vers la tĂȘte a combinĂ© patience et attaques tranchantes au bon moment, sur une piste changeante. Le jalon le plus marquant : cette victoire est sa 15e en Formula E, ce qui le propulse seul en tĂȘte des pilotes les plus victorieux, mettant fin Ă la longue domination de Sebastien Buemi sur ce classement.
đ§ Le tournant technique du week-end
Tout nâĂ©tait pourtant pas fluide au dĂ©part : Evans a souffert en essais libres, puis lâĂ©quipe a dĂ©cidĂ© de changer son groupe motopropulseur aprĂšs la deuxiĂšme sĂ©ance. Une dĂ©cision dĂ©cisive, mais au timing serrĂ©.
Ce changement a surtout rendu la voiture plus saine : avant cela, Evans se plaignait de « quelque chose de bizarre avec lâessieu arriĂšre » et expliquait quâil « ne faisait pas confiance Ă la voiture ».
Pour Jaguar, ce premier succĂšs de la saison efface le mauvais dĂ©part et rĂ©pond aux doutes sur la vitesse pure. Ian James, directeur de lâĂ©quipe, a rĂ©sumĂ© : « La bonne nouvelle, câest que nous savons que nous avons le rythme et la performance dans la voiture, ce qui confirme ce que nous disons depuis le dĂ©but de la saison. Je suis trĂšs content de ce qui a Ă©tĂ© accompli, mais la route est encore longue : retour Ă lâusine en dĂ©but de semaine pour analyser et voir comment continuer Ă progresser. »
â ïž Da Costa encore puni par les circonstances
Antonio Felix da Costa a de nouveau payĂ© cher un incident aprĂšs avoir Ă©tĂ© en situation de bien marquer. La faible possibilitĂ© dâun doublĂ© Jaguar a Ă©tĂ© anĂ©antie par une grosse erreur de freinage de Felipe Drugovich au virage 13.
Da Costa sâest repliĂ© et a terminĂ© 8e avec une voiture trĂšs endommagĂ©e, sâaccrochant pour inscrire ses premiers points avec Jaguar. « Le nombre de fois oĂč jâai vĂ©cu des moments difficiles comme ça⊠je ne me laisse pas abattre. Mais oui, je suis furieux, en colĂšre, triste. Mais la vie continue et jâessaie de regarder le positif. LâĂ©quipe a gagnĂ© la course et câĂ©tait super important pour nous », a-t-il confiĂ©.
Il y a aussi un constat plus amer : des Ă©lĂ©ments extĂ©rieurs lui auraient dĂ©jĂ coĂ»tĂ© au moins 22 points probables depuis le dĂ©but de saison. « Il [Drugovich] mâa envoyĂ© un message tout de suite et il sâest excusĂ©, et jâai acceptĂ©. Je sais que câest trĂšs facile Ă faire, mais il faut garder des marges, surtout quand câest mouillĂ© comme ça », a ajoutĂ© da Costa.
đ Gagnant : Felipe Drugovich
Le Drugovich qui avait tant enthousiasmĂ© Andretti aprĂšs ses dĂ©buts remarquĂ©s Ă Berlin lâĂ©tĂ© dernier est rĂ©ellement apparu Ă Miami.
Sa série de tours en qualification a fait de lui un candidat crédible à la pole. Sans une petite erreur en finale face à Nico Mueller, il aurait pu viser un résultat trÚs solide.
Cette erreur en fin de qualifs est devenue presque secondaire lorsquâil a immĂ©diatement traversĂ© le trafic pour se hisser en tĂȘte en dĂ©but de course. Dans une position idĂ©ale pour jouer la victoire, son niveau de performance Ă©tait clairement au rendez-vous.
đ ïž Le âpetitâ dĂ©clic de rĂ©glage
Ce bond en performance venait dâune dĂ©couverte en essais libres, dĂ©crite comme quelque chose de « simple » par Roger Griffiths, responsable de lâĂ©quipe.
« CâĂ©tait juste un rĂ©glage quâon a trouvĂ©, rien de âeurĂȘkaâ, mais une tendance quâon suivait. Un changement relativement mineur, mais dans les conditions quâon avait, câĂ©tait le jour et la nuit », a expliquĂ© Griffiths.
Ce pas technique a nourri la confiance du pilote, au point quâil a dominĂ© la Jaguar de da Costa en demi-finale des duels. Selon Griffiths, « sâil avait rĂ©pĂ©tĂ© le tour [en finale], il aurait pulvĂ©risĂ© Nico » aussi.
Drugovich a toutefois admis que sa journée avait été « gùchée » par une quatriÚme erreur notable (aprÚs ses erreurs en qualification et en course à São Paulo, et un mode attaque manqué au Mexique) en seulement trois courses.
đ„ Perdant : Felipe Drugovich⊠aussi
Parce que la performance brute ne suffit pas si le rĂ©sultat sâĂ©vapore. « Je nâappellerais pas ça une erreur stupide de ma part, mais câĂ©tait une erreur », a-t-il reconnu Ă propos de lâaccrochage au virage 13, trĂšs visible, qui a ruinĂ© sa course et fortement compromis celle de da Costa alors que ce dernier roulait en bonne 4e position.
« Jâai juste freinĂ© un peu plus tard que lui, mais je ne me suis pas loupĂ© au freinage. Sâil nâavait pas Ă©tĂ© lĂ , jâaurais juste Ă©tĂ© tout droit », a-t-il expliquĂ©, avant de dĂ©tailler : « Mais il freinait Ă©videmment beaucoup plus tĂŽt et dĂšs que je suis arrivĂ© sur lui, jâai pensĂ© quâil allait Ă lâintĂ©rieur, donc jâai visĂ© lâextĂ©rieur et il est restĂ© Ă lâextĂ©rieur. »
Un âpetitâ excĂšs⊠aux consĂ©quences Ă©normes. Griffiths a qualifiĂ© sa qualification de « spĂ©ciale » et sa course de « trĂšs prometteuse », affirmant sans dĂ©tour que cette performance Ă©tait « ce dont on a toujours su quâil Ă©tait capable ». Seul drame : tout a Ă©tĂ© effacĂ© par une erreur coĂ»teuse.
đïž Gagnant : Porsche
Porsche arrivait Ă Miami aprĂšs une prestation dĂ©cevante Ă Mexico. Et mĂȘme si Pascal Wehrlein a vĂ©cu une qualification frustrante â Ă©liminĂ© pour 0,031 s â lâĂ©quipe dâusine a signĂ© son plus gros score depuis une rĂ©colte de 41 points Ă Homestead, dix mois plus tĂŽt.
Ă Miami, Porsche cumule 36 points grĂące Ă la premiĂšre pole position de Nico Mueller en Formula E, puis une 2e et une 3e place en course (Mueller devant Wehrlein). Cette moisson propulse Porsche de la 4e Ă la 1re place du classement Ă©quipes, avec 27 points dâavance.
Mueller sâest intĂ©grĂ© sans accroc, faisant mentir nombre de sceptiques. Lâambiance plus harmonieuse avec les pilotes semble payer, mĂȘme si un fait demeure frappant : Porsche nâa plus gagnĂ© une course âsur routeâ depuis la victoire de Wehrlein Ă Londres, en juillet 2024, sur la route du titre.
Wehrlein a Ă©tĂ© impressionnant en remontant depuis le cĆur du peloton, maximisant son rĂ©sultat. Mais Mueller ressort comme celui qui a le plus consolidĂ© sa place dans lâĂ©quipe aprĂšs un Mexico compliquĂ©.
« Il a Ă©tĂ© constant et mentalement solide pour dĂ©crocher la pole. Sa gestion de course a Ă©tĂ© forte. Il nâĂ©tait pas content en essais libres, mais nous avons montrĂ© que le package Ă©tait bon. Ensuite, il faut ĂȘtre parfait chaque jour de course pour ramasser les gros points », a soulignĂ© Florian Modlinger, directeur de lâĂ©quipe.
Collectivement, Porsche a rappelĂ© quâen dĂ©pit dâun dĂ©but de saison tiĂšde, lâĂ©quipe reste lâune des rĂ©fĂ©rences les plus redoutables du plateau.
đ§ Perdant : Dan Ticktum
Difficile dâenrober le Miami E-Prix de Dan Ticktum : câĂ©tait « horrible », et il ne lâa pas cachĂ©.
Son rythme en essais libres Ă©tait pourtant solide. Mais en qualification, avec un train de pneus neufs, lâadhĂ©rence a disparu, aussi vite que son enthousiasme pour ce scĂ©nario.
« Jâai dĂ©jĂ vu des Ă©carts avec Hankook sur ce pneu », a-t-il expliquĂ©. « Je lâai eu au Mexique, sans rythme en essais. Mais lĂ câĂ©tait lâinverse : pas de rythme en qualifs⊠et tu passes dâune voiture potentiellement la plus rapide Ă une demi-seconde. En regardant les donnĂ©es, rien dâautre ne peut lâexpliquer que des pneus sans rythme. Ce nâest pas acceptable, Ă©videmment, du cĂŽtĂ© de Hankook. »
đŠïž Le pari âça va sĂ©cherâ qui a tout plombĂ©
En course, Ticktum a tentĂ© le pari quâil allait rapidement sĂ©cher et a donc adoptĂ© des pressions pensĂ©es pour du plus sec â un choix qui a puni tous ceux qui lâont tentĂ©.
« Ce pneu ne marche pas particuliĂšrement bien quand câest mouillĂ© avec les bonnes pressions, alors avec les mauvaises⊠câĂ©tait fini. Je me suis fait prendre un tour vers le 20e tour et la course Ă©tait terminĂ©e », a-t-il dit.
Il a expliquĂ© avoir pris ce risque parce quâen partant loin, faire âcomme tout le mondeâ nâaurait pas créé dâopportunitĂ©. Mais il reconnaĂźt aussi la part de dĂ©cision partagĂ©e : « Je ne peux pas blĂąmer lâĂ©quipe entiĂšrement. Jâai mon mot Ă dire. Mais avec tous ceux au centre de contrĂŽle, les radars et tout, je compte sur eux. Jâai mĂȘme demandĂ© plus de pression Ă lâavant pour essayer de mettre les pneus en tempĂ©rature, ils lâont fait, mais jâĂ©tais quand mĂȘme trĂšs, trĂšs loin des pressions pluie. »
Le changement de pneus tardif nâa Ă©tĂ© quâun dĂ©tail : lâaprĂšs-midi sâest transformĂ© en sĂ©ance dâessais prolongĂ©e. Et pendant ce temps, son Ă©quipier Pepe Marti a arrachĂ© deux points â de quoi accentuer une pression qui monte sur Ticktum, malgrĂ© un compteur restĂ© Ă zĂ©ro pour des raisons en partie hors de son contrĂŽle.
đ± Gagnant : Envision
Envision a clairement retrouvĂ© de la performance rĂ©cemment, comme lâont montrĂ© la qualification de Sebastien Buemi Ă Mexico et une partie de sa course lĂ -bas. Ă Miami, Joel Eriksson a signĂ© de loin sa course la plus solide en Formula E, et le double rĂ©sultat dans les points a soulignĂ© la qualitĂ© du dĂ©but de saison de lâĂ©quipe.
Le week-end de Buemi a toutefois eu une dimension presque Ă©pique. Il Ă©tait lourdement handicapĂ© par une pĂ©nalitĂ© de huit places sur la grille aprĂšs avoir percutĂ© Edoardo Mortara puis avoir gĂȘnĂ© Nyck de Vries en qualification. Buemi sâest retrouvĂ© dans une spirale dâincidents dont lâĂ©quipe nâa pas vraiment su lâextraire.
En course, Buemi a Ă©tĂ© trĂšs fort : lui et lâĂ©quipe ont choisi de retarder au maximum leurs activations, au point quâil a franchi lâarrivĂ©e sans utiliser toute son allocation, car « nous avons mal Ă©valuĂ© le nombre de tours restants ».
Cette erreur de calcul a sans doute coĂ»tĂ© une opportunitĂ© dâaller chercher les Mahindra et a bloquĂ© la possibilitĂ© dâun doublĂ© 4e-5e pour les Envision propulsĂ©es par Jaguar.
Pour Eriksson, Miami a effacĂ© un Mexico trop terne. Et son niveau laisse penser quâil pourrait devenir un outsider pour le podium Ă lâoccasion cette saison, ce que peu de monde jugeait atteignable avant le dĂ©but dâannĂ©e.
« StratĂ©giquement, on a laissĂ© un peu ça ouvert, pour ĂȘtre honnĂȘte. On observait, on rĂ©agissait un peu aux gars devant parce que câest toujours un pari ici : activer plus tĂŽt ou plus tard », a-t-il expliquĂ©.
Il a aussi profitĂ© dâun concours de circonstances : plusieurs rivaux ont hĂ©sitĂ© Ă lancer une seconde activation, et une neutralisation en fin de course lâaurait davantage exposĂ©. Mais elle nâest jamais venue.
âïž Perdant : Stellantis
Les voitures Stellantis ont Ă©normĂ©ment souffert sur le mouillĂ© et nâont presque jamais Ă©tĂ© au contact de lâavant, en dehors des essais libres. Un rĂ©sultat blanc rarissime Ă Miami a fait trĂšs mal, et la chute a Ă©tĂ© brutale.
Le manque de rythme, combinĂ© Ă des paris sur des rĂ©glages âsecâ pour Nick Cassidy et Maximilian Guenther, a conduit Ă une sanction impitoyable : ils ont tous les deux pris un tour, et Guenther mĂȘme⊠deux.
Pour Cassidy, câĂ©tait presque lâinverse dâun week-end victorieux au Mexique : bon en essais et en qualification, puis beaucoup moins en course â et tout sâest effondrĂ©.
« JâĂ©tais trĂšs content de ma voiture en qualification et, honnĂȘtement, quand jâai vu les performances sous la pluie de Stellantis lâan dernier, jâĂ©tais encore assez confiant pour la course. Mais en tant que groupe, on a Ă©tĂ© assez choquĂ©s, je ne comprenais pas », a expliquĂ© Cassidy, 16e Ă lâarrivĂ©e.
Du cĂŽtĂ© de DS Penske, Phil Charles (directeur adjoint) a rĂ©sumĂ© une course oĂč lâĂ©quipe nâa « jamais trouvĂ© la bonne fenĂȘtre ». La 14e place de Taylor Barnard a Ă©tĂ© le meilleur rĂ©sultat dâun ensemble qui ressemble Ă lâune des pires performances combinĂ©es depuis que Stellantis aligne deux marques en Formula E (depuis 2023).
đ§± Gagnant : Mahindra
DeuxiĂšme gros total de points de suite pour Mahindra, et cette fois avec une contribution des deux pilotes. LâĂ©quipe grimpe Ă la 3e place du classement Ă©quipes, ce qui rend lâissue dâautant plus satisfaisante.
Nyck de Vries, aprĂšs un dĂ©but de saison difficile, a assurĂ© une 5e place maĂźtrisĂ©e. Edoardo Mortara a Ă©tĂ© tout aussi solide, 6e, avec une course pleine de rĂ©silience : aprĂšs lâincident de Buemi qui a ruinĂ© sa qualification, Mortara ne partait que 16e, mais il a immĂ©diatement progressĂ© grĂące Ă des dĂ©passements propres sur une piste grasse et piĂ©geuse, mettant en valeur ses rĂ©flexes.
En fin de course, Mortara a mĂȘme semblĂ© menaçant pour de Vries, ce qui a dĂ» tendre le mur, compte tenu de leur accrochage au premier virage Ă SĂŁo Paulo en dĂ©but de saison.
« Il aurait pu y avoir la possibilitĂ© de passer Nyck. CâĂ©tait le seul que je pouvais dĂ©passer de maniĂšre rĂ©aliste et jâai fini Ă moins dâune seconde ; les autres Ă©taient trop loin devant. Ă partir de lĂ , et parce que câest la mĂȘme Ă©quipe, quâon finisse cinquiĂšme ou sixiĂšme, que ce soit moi ou lui, au final, ça nâa pas dâimportance », a dĂ©clarĂ© Mortara.
đłïž Perdant : Nissan
Quelque chose ne tourne pas rond entre Oliver Rowland et les Ătats-Unis : câest une vĂ©ritable bĂȘte noire. Le champion en titre nâa toujours pas marquĂ© le moindre point en sept visites dans le pays.
De son propre aveu, Rowland avait Ă©tĂ© trĂšs mauvais Ă Homestead la saison passĂ©e, et 2026 nâa apportĂ© que peu de compensation. Ses essais ont Ă©tĂ© catastrophiques, et il ne sâen est jamais remis. Un problĂšme supposĂ© de pneu avant a contribuĂ© Ă une « confiance zĂ©ro », rendant ses tours de qualification « un peu Ă lâaveugle ».
Ensuite, Nissan sâest tournĂ© vers le radar mĂ©tĂ©o⊠qui nâa pas aidĂ©. « Notre radar montrait quâil nâallait pas pleuvoir beaucoup et en partant 14e, on nâa gĂ©nĂ©ralement pas un bon rythme sous la pluie de toute façon. Donc ça valait le coup de tenter [un pari de rĂ©glage plus sec] parce que je pense que dans une course humide, mĂȘme avec les bonnes pressions, on aurait peut-ĂȘtre fini huitiĂšme ou neuviĂšme â mais pas plus », a expliquĂ© Rowland.
JusquâĂ ce que la piste sĂšche un peu en fin de course, le rythme nâĂ©tait tout simplement pas lĂ . Entre mĂ©saventures, manque de performance sur le glissant â une faiblesse Ă laquelle la Nissan IM02 a toujours Ă©tĂ© sensible â la journĂ©e Ă©tait quasiment condamnĂ©e dâavance.
đ Norman Nato piĂ©gĂ© par la mĂȘme lecture mĂ©tĂ©o
Pour Norman Nato, la dĂ©ception est venue malgrĂ© un bon niveau en essais et en qualification : il sâĂ©lançait 8e aprĂšs avoir semblĂ© capable de battre le polesitter Mueller dans leur duel, avant de rater son freinage au dernier virage.
Sa course a suivi la mĂȘme pente que celle de Rowland, en grande partie Ă cause dâune stratĂ©gie mĂ©tĂ©o mal anticipĂ©e : lâĂ©quipe a pariĂ© sur un sĂ©chage plus rapide quâen rĂ©alitĂ©. Nato sâest engagĂ© dans une approche dâĂ©conomie en attendant que la piste vienne Ă lui⊠comme les points, cela nâest jamais arrivĂ©.
« Malheureusement, on a pris la mauvaise dĂ©cision et on en a payĂ© le prix », a lĂąchĂ© Nato, dĂ©pitĂ©. Tommaso Volpe, directeur de lâĂ©quipe, a ajoutĂ© : « IndĂ©pendamment des limites du package [dans ces conditions humides], si nous nâavions pas commis dâerreurs opĂ©rationnelles, nous aurions pu marquer des points corrects. »
Mais Ă Miami, Nissan nâa Ă aucun moment ressemblĂ© Ă une Ă©quipe en mesure dâaller chercher beaucoup plus que ce quâelle a obtenu : rien.
đ Conclusion âš
à Miami, la pluie a révélé une vérité brutale : en Formula E, le moindre pari de pressions ou de réglage peut transformer une voiture gagnante en figurante. Jaguar et Porsche repartent avec un message fort, tandis que Nissan et Stellantis quittent la Floride avec des questions urgentes.
La saison 2025-26 ne fait que commencer : sur un calendrier oĂč les conditions changent vite, ceux qui apprendront le plus vite des erreurs de Miami pourraient bien renverser la hiĂ©rarchie dĂšs les prochaines manches.
Foire aux Questions
â Pourquoi la pluie avant le dĂ©part a-t-elle autant bouleversĂ© la course ?
Parce quâune averse tardive force les Ă©quipes Ă choisir rapidement des rĂ©glages (notamment les pressions) et une stratĂ©gie adaptĂ©s Ă une piste humide⊠alors mĂȘme que la piste peut ensuite sĂ©cher partiellement. Un mauvais pari se paie immĂ©diatement en rythme, en usure et en confiance au freinage.
â Quâest-ce qui a relancĂ© la performance de Mitch Evans Ă Miami ?
Jaguar a notamment changĂ© son groupe motopropulseur aprĂšs la deuxiĂšme sĂ©ance dâessais, ce qui a rendu Evans plus Ă lâaise. Lui-mĂȘme avait signalĂ© un comportement anormal Ă lâarriĂšre avant ce changement, ce qui affectait sa confiance.
â Comment Porsche a-t-elle marquĂ© autant de points sans gagner la course ?
GrĂące Ă un week-end trĂšs complet : pole position de Nico Mueller, puis un double podium (2e et 3e). Ce type de rĂ©gularitĂ© peut rapporter gros au championnat Ă©quipes, mĂȘme sans victoire.
â Pourquoi lâerreur de Drugovich a-t-elle eu un impact si important ?
Elle a mis fin Ă sa lutte potentielle pour un trĂšs gros rĂ©sultat et a aussi endommagĂ© la course dâAntonio Felix da Costa, alors bien placĂ©. Dans des conditions humides, une petite marge au freinage peut provoquer une collision aux consĂ©quences majeures.
â Quâest-ce qui a condamnĂ© Nissan Ă Miami ?
Un cumul : manque de confiance liĂ© Ă un souci supposĂ© de pneu avant pour Rowland, puis un pari mĂ©tĂ©o (rĂ©glage plus sec et lecture dâun sĂ©chage rapide) qui ne sâest pas matĂ©rialisĂ©. Sur piste humide, lâĂ©cart de performance devient vite impossible Ă rattraper.
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