đź”§ MotoGP : le pari V4 peut-il relancer Alex Rins chez Yamaha ?

À l’approche de la troisième saison de leur collaboration en MotoGP, Alex Rins et Yamaha semblent avancer vers une séparation. Rien n’a été annoncé publiquement, mais c’est aujourd’hui l’issue la plus probable.
Recruté après un passage solide chez Suzuki puis une période prometteuse mais ruinée par les blessures chez LCR Honda, Rins n’a pas réussi à produire suffisamment sur la Yamaha M1 à quatre-cylindres en ligne, censée former avec Fabio Quartararo un duo de rêve.
đź§© Une association qui ne produit pas assez
On peut avancer — au risque d’être dur et sans tenir compte d’éléments de contexte — que Rins est le pilote d’usine Yamaha à temps plein le moins productif de la « période moderne » de l’équipe depuis 1999.

📉 Cinq pires saisons du « numéro deux » Yamaha depuis 1999
Selon la part des points du pilote leader
Maverick Viñales, 2021 – 34,2% (49,4% lorsqu’il a été écarté en cours de saison)
Alex Rins, 2025 – 33,8%
Alex Rins, 2024 – 27,4%
Ben Spies, 2012 – 25,1%
Franco Morbidelli, 2022 – 16,9%
đź§ Le contexte compte (et Quartararo aussi)
Deux éléments sautent aux yeux : Quartararo apparaît comme dénominateur commun dans quatre cas sur cinq, et le MotoGP actuel rend l’accès aux points moins « automatique » qu’autrefois, même dans une équipe constructeur.
Rins n’a donc pas été « catastrophique » ou « honteux » — mais il n’a clairement pas été suffisant.
🗣️ Un optimisme interne qui convainc peu
La lecture la plus positive de la saison 2025, formulée par le team manager Massimo Meregalli dans un entretien de fin d’année, a du mal à emporter l’adhésion :
« Alex a eu une première partie de saison clairement en dessous des attentes. Puis à partir de Motegi, on a commencé à voir des améliorations : heureusement, Alex s’est rapproché, et il a mieux performé. »
L’Indonésie a constitué de loin le meilleur week-end de la campagne pour Rins, avec quelques éclairs par moments. Mais, dans l’ensemble, la tendance positive reste difficile à qualifier de significative.
📊 Rins vs Quartararo en 2025

Écart en qualifications
Saison complète : +0,614 s
Ă€ partir de Motegi : +0,513 s
Écart en sprint
Saison complète : +8,688 s
Ă€ partir de Motegi : +9,357 s
Écart en Grand Prix
Saison complète : +7,109 s
Ă€ partir de Motegi : +6,910 s
Points
Saison complète : Quartararo 201 – Rins 68
À partir de Motegi : Quartararo 64 – Rins 23
🩼 L’ombre de la blessure de 2023… et le débat sur ses effets
Les deux saisons de Rins chez Yamaha portent l’astérisque de sa blessure de mi-2023. Le pilote affirme depuis longtemps qu’elle n’est plus un handicap sur la moto, mais les résultats en piste n’ont pas dissipé les doutes.
Quelles que soient les causes profondes, il arrive un moment où elles importent moins si les résultats ne progressent pas de manière spectaculaire.
🏍️ Un quatre-cylindres en ligne vécu comme un mauvais mariage
Ce moment serait très probablement déjà arrivé si Yamaha restait fidèle au quatre-cylindres en ligne — une architecture que Rins a plusieurs fois laissée entendre comme fondamentalement incompatible avec ses préférences, à l’opposé de la Suzuki qu’il avait su exploiter avec brio.
Rins a tenté de se « recâbler » pour attaquer les virages davantage comme Quartararo, en perdant plus de vitesse, avec des trajectoires plus larges.
« J’ai essayé de changer un peu le style de pilotage, d’être plus dans le style de Fabio. Et on y est arrivé. Un peu », a-t-il insisté.
« J’en suis fier, mais au final, quand on a un bon ressenti, on voit ce que j’étais capable de faire — ce que j’ai fait en Indonésie, non ? Mais quand tu galères, quand tu n’arrives pas à arrêter la moto, sur les pistes où tu as besoin de vitesse de pointe… on voit les vraies différences (entre Yamaha et les autres motos). »
Mais ce travail d’adaptation n’a pas produit de bascule nette en piste : l’exceptionnel Quartararo est resté trop loin devant.
🔄 Le V4 2026 : une bouée de sauvetage
Le changement radical vers un moteur V4 en 2026 représente une ligne de vie. L’arrivée de Pirelli en 2027 pourrait en être une autre, mais Rins a besoin d’un impact immédiat — et ce V4 est l’opportunité de le provoquer.
Au test de Valence après la saison, il n’a été que 19e, sans utiliser les pneus tendres. Pourtant, il s’est montré très enthousiaste face aux médias, en phase avec son excitation déjà perceptible tout au long de l’année à propos du V4.
« Au freinage, c’est bien meilleur que le quatre-en-ligne. En vitesse de pointe, il manque encore un peu de vitesse, c’est normal », a-t-il expliqué.
« Le problème du quatre-en-ligne, c’est qu’on arrêtait la moto uniquement avec le pneu avant. Avec cette moto, on peut utiliser les deux pneus, et dès que tu freines la moto bouge un peu de côté, et c’est très utile.
« (Pour la motricité) on galère un peu. C’est vrai qu’on peut relever la moto mieux qu’avec le quatre-en-ligne, parce qu’elle bouge moins, elle tremble moins. Mais en la relevant comme ça, on n’arrive pas à trouver la motricité. »
Interrogé sur le fait que le passage aux caractéristiques du V4 pourrait davantage correspondre à son style naturel qu’à celui de certains rivaux, Rins n’a pas écarté l’idée :
« Je me suis senti plutôt bien. Je n’ai pas encore comparé les données aujourd’hui. Mais oui, je me sens super. »
⏱️ 2026 : il faut que ça se voie dès les premières courses
Ce ressenti doit se traduire immédiatement lorsque la saison débutera. Rins n’a plus beaucoup de temps pour changer la dynamique, et en course, la mémoire est courte.
Rien ne garantit que la moto sera déjà compétitive. « Ce sera très facile de faire des erreurs, donc il faut faire très attention. On doit aller, tous les pilotes, dans une seule direction, pour améliorer. On doit rester plus ensemble que jamais, pour trouver le plus vite possible les bonnes pièces », a-t-il prévenu à propos du développement.
Il sera jugé là -dessus aussi. Mais quelle que soit la compétitivité de la Yamaha dès le départ, l’essentiel, pour Rins, sera surtout son propre niveau sur cette moto.
Avec le quatre-cylindres en ligne, il semblait au bout du chemin. Le V4, c’est la remise à zéro dont il avait cruellement besoin.
🌅 Conclusion
La trajectoire récente d’Alex Rins chez Yamaha raconte une adaptation inachevée, des écarts persistants face à Fabio Quartararo et une urgence grandissante à produire des résultats. Le V4 2026 ouvre une fenêtre : étroite, mais réelle. Si Rins parvient à transformer ses bonnes sensations en performance, l’histoire peut encore basculer — et parfois, il suffit d’un nouveau départ technique pour rallumer une carrière.
âť“ Foire aux Questions
Pourquoi Alex Rins est-il en difficulté sur la Yamaha M1 ?
Ses résultats sont restés loin de ceux de Fabio Quartararo, et Rins a laissé entendre que les caractéristiques du quatre-cylindres en ligne ne correspondent pas à ses préférences de pilotage, contrairement à ce qu’il connaissait chez Suzuki.
Que montrent les chiffres face Ă Quartararo en 2025 ?
Les écarts sont importants sur la saison : +0,614 s en qualifications, +8,688 s en sprint, +7,109 s en Grand Prix. Aux points, Quartararo termine à 201 contre 68 pour Rins (et 64 contre 23 à partir de Motegi).
Le moteur V4 2026 peut-il vraiment changer la donne ?
Rins décrit un gain net au freinage par rapport au quatre-en-ligne et une capacité à utiliser davantage les deux pneus à l’entrée. Il pointe encore des limites en vitesse de pointe et surtout en motricité, mais estime que la base est encourageante.
Pourquoi le test de Valence n’est-il pas forcément alarmant malgré sa 19e place ?
Rins n’a pas roulé avec les pneus tendres lors de ce test, et il s’est montré très positif sur le comportement de la moto, en particulier au freinage.
Qu’attend Yamaha de Rins pour la suite ?
Au-delà des résultats, Yamaha attend une contribution efficace au développement du projet V4, avec une direction de travail unifiée entre pilotes pour trouver rapidement les bonnes évolutions — tout en exigeant que la performance de Rins progresse dès le début de saison.
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