Nicolo Bulega en MotoGP en 2027 : pourquoi le leader du WorldSBK arrive déjà prêt

Le leader du championnat World Superbike, Nicolo Bulega, rejoindra officiellement la MotoGP en 2027.
Son arrivée au sein de l’équipe satellite Ducati VR46, annoncée mercredi, coïncidera avec un tournant majeur : le passage de la MotoGP aux motos 850cc et aux pneus Pirelli.
Voici l’essentiel à retenir sur le parcours du pilote de 26 ans, et sur ce que son profil laisse entrevoir pour la MotoGP.
Un transfert calé sur la nouvelle ère 850cc et Pirelli
Le calendrier de ce changement n’a rien d’anodin : Bulega arrivera en MotoGP exactement au moment où la discipline basculera vers des motos 850cc et des pneus Pirelli.
Ce contexte rend sa transition particulièrement intéressante, car il ne s’agira pas seulement de changer de championnat, mais aussi d’entrer dans une MotoGP techniquement différente.
Bulega arrive avec une préparation rarement vue
Cette saison, l’ancien rival de Bulega en World Superbike, Toprak Razgatlioglu, a connu des débuts compliqués en MotoGP. Mais Bulega, lui, devrait éviter les difficultés d’adaptation qui ont pesé sur la campagne de rookie de Razgatlioglu.
Une raison clé : Bulega a déjà roulé en MotoGP sur les Michelin actuels l’an dernier en tant que remplaçant pour blessure — et il s’en est bien sorti. Mais surtout, il a ensuite eu la liberté de repartir de zéro pour se concentrer sur ce qui l’attend réellement : les Pirelli à venir.
Il connaît déjà très bien les pneus Pirelli grâce au World Superbike (Pirelli y est actuellement le fournisseur, même si Michelin prendra le relais l’an prochain dans un échange de fait entre les deux championnats). Et il a déjà effectué beaucoup d’essais avec le prototype Ducati 850cc, ainsi qu’avec les pneus MotoGP Pirelli encore en développement.
Au final, même s’il ne compte que deux départs en grand prix en MotoGP, on peut défendre l’idée qu’il est aujourd’hui l’un des pilotes les mieux préparés à l’arrivée de la nouvelle ère.
Un prodige VR46… puis une trajectoire qui s’est déréglée
Il y a dix ans, Bulega avait intégré le paddock des grands prix avec une étiquette prestigieuse : champion 2015 du CEV Moto3, une catégorie reconnue, en prenant la suite du champion 2014 Fabio Quartararo — lui-même successeur du champion 2013… euh, Fabio Quartararo.
À l’époque, il était sans doute la pièce maîtresse du programme VR46 de Valentino Rossi, et même davantage attendu que son alter ego Pecco Bagnaia. Bulega a d’ailleurs répondu aux attentes lors de sa première saison en Moto3. Mais ensuite, comme Quartararo en son temps, il a beaucoup souffert et a perdu le fil.
Une poussée de croissance l’a handicapé, mais d’autres éléments en coulisses semblaient aussi poser problème. Et la situation ne s’est pas améliorée lors de son passage de la Moto3 à la Moto2, puis lorsqu’il a quitté la galaxie VR46 pour rouler chez Gresini.
De plus en plus éloigné même du top 10 en Moto2, il n’était plus évoqué dans aucune discussion crédible autour de la MotoGP — à court terme comme à long terme — au moment où il a quitté le paddock.
Le World Superbike, son terrain de domination
Sa montée en puissance en WorldSBK a été presque aussi brutale que la chute de ses perspectives en grands prix.
Bulega a d’abord écrasé la catégorie World Supersport, en décrochant le titre 2023 pour Ducati de manière dominante. Cela lui a valu une promotion vers l’équipe officielle Ducati en World Superbike, où il s’est immédiatement montré capable de rivaliser avec le pilote phare Alvaro Bautista — avant de rapidement laisser Bautista derrière lui.
Les exploits de Razgatlioglu avec BMW lui ont toutefois barré la route du titre : d’abord en 2024 lors de sa saison rookie, puis en 2025 au terme d’un duel plus serré. Mais avec une Ducati devenue de plus en plus dominante et le départ de Razgatlioglu du paddock, Bulega abordait cette saison en ultra-favori : la question des previews n’était pas de savoir s’il serait champion, mais s’il gagnerait les 36 courses.
Ce grand chelem n’a pas eu lieu. Son nouveau coéquipier Iker Lecuona l’a battu une fois, à Donington Park. Pour le reste, Bulega a remporté toutes les autres courses de la saison, et son sacre 2026 n’est plus qu’une affaire de mathématiques, actuellement envisagé pour la manche de fin septembre à Cremona.
Un chiffre résume son emprise : il a mené 401 tours, contre 53 pour l’ensemble du reste de la grille.
Morbidelli prend la direction inverse vers le WorldSBK
Compte tenu du succès du recrutement de Lecuona (une victoire et 22 deuxièmes places), Ducati semblait privilégier d’autres options jeunes et peu coûteuses pour récupérer le guidon WorldSBK que Bulega va laisser vacant.
Mais finalement, il est largement admis que Franco Morbidelli a obtenu ce guidon comme rampe de sortie de sa carrière MotoGP.
Son parcours en MotoGP peut le justifier — trois victoires, huit podiums, vice-champion du monde en 2020 — mais ses performances récentes prêtent à débat. Il a été impliqué dans de nombreux incidents en piste, et il a aussi énormément peiné à trouver la moindre vitesse avec la Ducati version 2025 cette année.
Parmi les pilotes MotoGP écartés qui trouveront refuge en WorldSBK la saison prochaine, il est sans doute celui qui a le moins convaincu cette année… tout en décrochant l’opportunité la plus enviable.
Et selon l’ampleur du bouleversement provoqué par le passage aux pneus Michelin en WorldSBK, il se pourrait que seul Lecuona se dresse entre Morbidelli et un titre mondial.
Conclusion
Entre un passage en MotoGP aligné sur la révolution 850cc/Pirelli et un profil déjà rodé aux essais de cette future configuration, Nicolo Bulega semble arriver au meilleur moment — et avec les meilleures armes.
D’ici 2027, la fin de saison WorldSBK et le jeu des chaises musicales, notamment autour de Morbidelli, donneront le ton. Une nouvelle page s’ouvre, et elle pourrait redessiner l’équilibre des forces pour les années à venir.
Foire aux Questions
Quand Nicolo Bulega rejoindra-t-il la MotoGP ?
Il rejoindra officiellement la MotoGP en 2027, au sein de l’équipe satellite Ducati VR46.
Pourquoi son arrivée en 2027 est-elle considérée comme particulière ?
Parce qu’elle coïncide avec deux changements majeurs en MotoGP : le passage aux motos 850cc et l’arrivée des pneus Pirelli.
En quoi Bulega est-il déjà très préparé pour la MotoGP ?
Il connaît très bien les pneus Pirelli via le WorldSBK, et il a déjà beaucoup testé le prototype Ducati 850cc ainsi que les pneus MotoGP Pirelli en développement. Il a aussi roulé l’an dernier sur les Michelin actuels en tant que remplaçant pour blessure.
Qu’a-t-il réalisé récemment en WorldSBK ?
Après un titre World Supersport en 2023, il s’est imposé comme une référence en WorldSBK. Il a manqué le titre en 2024 et 2025 face à Toprak Razgatlioglu, mais en 2026 il a gagné toutes les courses sauf une, et il est en route vers le sacre.
Pourquoi parle-t-on de Morbidelli en lien avec ce transfert ?
Parce que le guidon WorldSBK que Bulega laisse libre doit être récupéré, et Morbidelli est largement perçu comme le choix retenu par Ducati pour devenir son remplaçant, dans le cadre d’une sortie de la MotoGP.
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