Raul Fernandez aborde la saison MotoGP 2026 comme le cinquiĂšme plus jeune pilote du plateau. Pourtant, son parcours en catĂ©gorie reine contient dĂ©jĂ  assez de hauts et de bas pour remplir une carriĂšre entiĂšre. Entre difficultĂ©s sportives, blessures mal tombĂ©es et renaissance progressive, son histoire rĂ©cente rĂ©sume Ă  elle seule la brutalitĂ© — et la patience — qu’impose le MotoGP moderne.

Dernier succÚs du principal révélateur de talents en MotoGP

📉 Un dĂ©but de carriĂšre MotoGP fait de tensions et de faux dĂ©parts

Une partie de cette instabilitĂ© s’explique par l’allongement du calendrier et l’usure physique que les pilotes encaissent — souvent repoussĂ©e par les progrĂšs mĂ©dicaux. Mais dans le cas de Fernandez, il y a aussi quelque chose de plus personnel, presque structurel.

Rookie chez Tech3 KTM, il apparaĂźt alors fragile, parfois renfermĂ©, et ne parvient pas vraiment Ă  s’affirmer face Ă  son Ă©quipier Remy Gardner — sans donner l’impression de vouloir se battre sur ce terrain-lĂ . Plus tard, il ne fournit pas non plus l’aura de « jeune star » espĂ©rĂ©e par l’équipe RNF de Razlan Razali, qui l’avait courtisĂ© de façon agressive. Et lorsque ses premiĂšres courses dans le cadre de son contrat de deux ans chez Trackhouse se passent mal, la situation semble, un temps, proche de l’impasse.

Mais un Ă©lĂ©ment change la perspective : Fernandez reste, statistiquement, le meilleur rookie de l’histoire du Moto2 (avec une marge Ă©norme). Un pedigree qui lui achĂšte du temps. Et ce temps a fini par payer : sa deuxiĂšme moitiĂ© de saison 2025 reprĂ©sente sa meilleure sĂ©quence en MotoGP, culminant avec une victoire particuliĂšrement maĂźtrisĂ©e au Grand Prix d’Australie Ă  Phillip Island — Ă  sa 76e tentative.

🏁 76 dĂ©parts avant de gagner : un cap rare, mais pas sans prĂ©cĂ©dent

📊 Plus longue attente avant une premiĂšre victoire en 500cc/MotoGP (nombre de dĂ©parts)

1 Aleix Espargaro 200
2 Danilo Petrucci 124
3 Johann Zarco 120
4 Cal Crutchlow 98
5 Jack Findlay 94
6 Alex Marquez 94
7 Raul Fernandez 76
8 Sete Gibernau 72
9 Andrea Iannone 61
=10 Alex Barros 44
=10 Marco Melandri 44

Soixante-seize dĂ©parts, c’est long. Mais la statistique apporte aussi une note encourageante : tous les pilotes ayant attendu encore plus longtemps ont ensuite remportĂ© plusieurs courses.

Surtout, contrairement Ă  d’autres profils, la capacitĂ© de Fernandez Ă  gagner en MotoGP sur la seule vitesse n’a jamais vraiment Ă©tĂ© remise en cause, mĂȘme au cƓur des pĂ©riodes difficiles. Le patron de Trackhouse, Davide Brivio, insiste sur ce point : son talent « n’a jamais Ă©tĂ©, je pense, remis en doute, tout le paddock sait Ă  quel point il est talentueux ».

🧠 Davide Brivio, l’homme des dĂ©clics

Davide Brivio n’arrive pas dans cette histoire comme un manager ordinaire. Sa rĂ©putation s’est construite notamment sur sa capacitĂ© Ă  accompagner des jeunes pilotes vers le trĂšs haut niveau, dans un dĂ©lai court — avec, entre autres, Maverick Viñales, Alex Rins et Joan Mir chez Suzuki.

Dans le cas de Fernandez, on n’est pas encore au stade du « mission accomplie ». Mais l’évolution est tangible : il est meilleur, plus solide, et Fernandez lui-mĂȘme a clairement attribuĂ© une part essentielle de cette progression Ă  l’influence de Brivio.

🔓 DĂ©verrouiller Fernandez : blessure, confiance, et reconstruction

Dernier succÚs du principal révélateur de talents en MotoGP

La question centrale est simple : qu’est-ce qui a Ă©tĂ© fait, concrĂštement ? Comment Fernandez est-il passĂ© d’un pilote proche du naufrage — dominĂ© par son Ă©quipier rookie Ai Ogura en dĂ©but de saison — Ă  un numĂ©ro deux de plus en plus crĂ©dible dans une hiĂ©rarchie constructeur rĂ©putĂ©e dense ?

Brivio rappelle d’abord un contexte clĂ© : le dĂ©but d’annĂ©e est biaisĂ© par une blessure. Fernandez manque totalement le test de Sepang, puis revient en ThaĂŻlande sans ĂȘtre Ă  100% : « Le dĂ©but de saison, n’oublions pas qu’on a aussi eu un dĂ©part difficile Ă  cause de la blessure, il a complĂštement manquĂ© le test de Sepang, il est revenu au test en ThaĂŻlande sans ĂȘtre en forme ; pas “pas en forme”, mais pas Ă  100%. »

Cette blessure de prĂ©-saison (fractures du mĂ©tacarpien et d’un orteil aprĂšs seulement 25 tours d’essais) prolonge une tendance : Fernandez se blesse souvent Ă  des moments particuliĂšrement dĂ©favorables. Il regrettera ensuite d’avoir prĂ©cipitĂ© son retour pour le test en ThaĂŻlande, expliquant que cela n’a fait que semer la confusion au sein de l’équipe, jusqu’à ce que des essais en cours de saison leur permettent de comprendre davantage la moto.

Avant ce tournant, la situation est dĂ©crite comme trĂšs sombre : Ogura « le martelait ». Et mĂȘme si ce n’est pas une mesure scientifique, un indicateur parle : avant le test post-course de Jerez, la position moyenne de Fernandez dans un classement pilote Ă©tabli week-end par week-end Ă©tait de 20,2. Sur le reste de la saison, elle descend Ă  9,4.

Brivio situe ensuite la bascule : « À partir du Mans, il a terminĂ© P7, commençant Ă  faire une sĂ©rie de courses dans le top 10, et il a construit la confiance. »

Le message est clair : la vitesse a toujours Ă©tĂ© lĂ , mais tout tourne autour de la confiance, du travail et de la capacitĂ© Ă  ĂȘtre immĂ©diatement dans le rythme dĂšs le vendredi matin — notamment pour viser la Q2. Brivio dĂ©taille aussi la spirale positive : quand les rĂ©sultats s’amĂ©liorent, la confiance suit, jusqu’au podium en sprint en IndonĂ©sie puis la victoire en Australie.

đŸ’Ș Le chantier physique : un thĂšme rĂ©current, enfin pris Ă  bras-le-corps

Brivio insiste Ă  plusieurs reprises sur ce point. Depuis un moment, l’histoire Fernandez traĂźne un sous-texte rare Ă  ce niveau : la question de la force physique et de la capacitĂ© Ă  finir les courses trĂšs fort. Et cela va au-delĂ  des problĂšmes d’arm-pump (syndrome de loge) bien documentĂ©s.

« L’an dernier, je pense qu’on a dĂ©couvert qu’il pouvait probablement ĂȘtre plus fort en fin de course. Physiquement », explique Brivio, qui Ă©voque Ă©galement l’opĂ©ration du bras et l’idĂ©e de faire un Ă©tat des lieux pour bĂątir une prĂ©paration vraiment adaptĂ©e aux exigences du MotoGP.

Rien, dans ce qui est dĂ©crit, ne ressemble Ă  une recette magique. Brivio rĂ©sume plutĂŽt une approche pragmatique : il y a du talent, un potentiel, un pilote rapide — mais l’état d’esprit compte Ă©normĂ©ment. Il dĂ©veloppe mĂȘme une hypothĂšse : venir d’une saison Moto2 brillante peut devenir un piĂšge mental. Quand on arrive en MotoGP en s’attendant Ă  gagner rapidement et qu’on se heurte Ă  la complexitĂ© (moto, apprentissage, statut de rookie, etc.), la confiance peut s’effondrer et la pression monter.

Brivio dĂ©crit une progression par paliers : pour gagner, il faut d’abord ĂȘtre dans le top 10 ; pour viser un podium, commencer par le top 5. Un travail « petit Ă  petit » qui, selon lui, a fini par porter ses fruits.

đŸïž L’autre moitiĂ© de l’équation : une Aprilia transformĂ©e en deuxiĂšme partie de saison

Impossible de raconter l’évolution de Fernandez sans aborder la moto. L’Aprilia RS-GP de dĂ©but de saison est jugĂ©e correcte ; celle de fin de saison est dĂ©crite comme une machine capable de tout gagner.

Cela rend toujours l’analyse dĂ©licate : distinguer ce qui relĂšve de la progression du pilote et ce qui vient d’un saut de performance technique n’est jamais simple (le texte cite d’ailleurs aussi le cas d’Alex Marquez pour illustrer ce phĂ©nomĂšne).

Sur le soutien matĂ©riel, Brivio explique que les motos sont dĂ©sormais trĂšs similaires. Il admet qu’il ait pu y avoir un lĂ©ger dĂ©calage dans l’arrivĂ©e des Ă©volutions (avec Marco Bezzecchi servi en premier), mais prĂ©cise qu’en fin de saison les motos sont identiques sur les Ă©lĂ©ments essentiels : chĂąssis, aĂ©rodynamique, moteur.

Au final, Fernandez n’est pas encore le meilleur pilote Aprilia lorsque la saison s’achĂšve. Mais un fait ressort : il a repris l’ascendant sur Ogura. Et le ressenti compte : le Fernandez « d’avant » n’aurait peut-ĂȘtre pas gĂ©rĂ© une victoire Ă  Phillip Island avec ce niveau de contrĂŽle et de professionnalisme.

🌟 Et maintenant : viser plus qu’un exploit isolĂ©

Cette victoire laisse penser qu’il ne devra pas attendre 70 courses de plus pour gagner Ă  nouveau — mĂȘme si rien n’est garanti en MotoGP. Et surtout, Fernandez n’est pas venu avec l’objectif de « voler » une victoire de temps en temps.

La prochaine marche est clairement identifiĂ©e : battre Bezzecchi (pĂ©nalisĂ© Ă  Phillip Island, et probablement vainqueur sans cela) et vaincre un Jorge Martin en pleine forme, au mĂ©rite, sur l’ensemble d’un week-end. Ou encore enchaĂźner plusieurs week-ends oĂč il est « dans le match » face aux pilotes d’usine sur RS-GP.

Est-ce trop haut ? Peut-ĂȘtre. Avant l’arrivĂ©e de Brivio, cela semblait en tout cas au-dessus de ses moyens. Mais dĂ©sormais, une idĂ©e revient : les limites paraissent de nouveau loin.

✅ Conclusion 🎯

Raul Fernandez n’a pas effacĂ© ses turbulences : il les a traversĂ©es. Entre blessure, remise en question, prĂ©paration physique et reconstruction de la confiance, sa trajectoire 2025 montre Ă  quel point une carriĂšre MotoGP peut basculer sur une sĂ©rie de dĂ©tails — et sur une mĂ©thode de travail cohĂ©rente au bon moment.

La victoire de Phillip Island n’est peut-ĂȘtre pas une fin, mais un dĂ©but. Et si cette dynamique se confirme, l’histoire la plus intĂ©ressante pourrait ĂȘtre celle qui s’écrit maintenant, course aprĂšs course.

Foire aux Questions

❓ Pourquoi la victoire de Raul Fernandez à Phillip Island est-elle marquante ?

Parce qu’elle arrive aprĂšs 76 dĂ©parts en MotoGP/500cc, ce qui en fait l’une des attentes les plus longues avant un premier succĂšs. Le texte souligne aussi le caractĂšre trĂšs maĂźtrisĂ© de cette victoire.

❓ Quel rĂŽle Davide Brivio a-t-il jouĂ© dans la progression de Fernandez ?

Davide Brivio insiste sur le fait que la vitesse de Fernandez a toujours existĂ©, mais que la clĂ© Ă©tait de reconstruire la confiance, d’amĂ©liorer l’approche mentale et de stabiliser l’exĂ©cution dĂšs le vendredi, notamment pour viser la Q2.

❓ Qu’est-ce qui a plombĂ© le dĂ©but de saison de Fernandez ?

Une blessure de prĂ©-saison (fractures du mĂ©tacarpien et d’un orteil aprĂšs 25 tours d’essais) l’a privĂ© du test de Sepang, puis il est revenu en ThaĂŻlande sans ĂȘtre Ă  100%. Brivio dĂ©crit ensuite des premiĂšres courses difficiles, dans un contexte oĂč Ai Ogura dĂ©marrait trĂšs fort.

❓ Pourquoi la prĂ©paration physique revient-elle autant dans son histoire ?

Brivio explique qu’ils ont identifiĂ© que Fernandez pouvait ĂȘtre plus fort en fin de course. Entre chirurgie du bras et ajustements, l’idĂ©e a Ă©tĂ© de mettre en place une prĂ©paration plus adaptĂ©e aux exigences spĂ©cifiques du MotoGP.

❓ Les progrùs viennent-ils du pilote ou de l’Aprilia RS-GP ?

Les deux dimensions coexistent. Le texte indique que l’Aprilia RS-GP s’est nettement amĂ©liorĂ©e en deuxiĂšme moitiĂ© de saison et que Trackhouse a reçu les Ă©volutions, parfois avec un lĂ©ger dĂ©calage. Mais il est aussi notĂ© que Fernandez a construit sa confiance et a fini par prendre le dessus sur Ogura.

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