Partout dans le monde, la nuit a pris une claque. De grandes capitales ont vu leurs spots fermer, leurs files disparaître, leurs coûts exploser. Et même les villes qui vivaient “après” plutôt que “pendant” ont perdu de leur chaleur.

Mais São Paulo fait l’inverse: elle appuie sur l’accélérateur. La plus grande ville du Brésil transforme le fait de veiller tard en manifeste global — et surtout, elle le fait dans un centre historique longtemps évité, entre immeubles abandonnés et insécurité. Le décor n’a pas été simple: selon une étude (Université de São Paulo), 11,4 millions de Brésiliens de plus de 14 ans (6,6% de la population) ont déjà consommé cocaïne ou crack. Pourtant, là où beaucoup ne voyaient qu’un problème, une nouvelle génération d’exploitants a vu une opportunité.

Résultat: São Paulo a été classée parmi les meilleures destinations “nightlife” d’un palmarès international récent. Et ce n’est pas un effet de mode. Ici, on sort tard, sept jours sur sept. Les bars ferment souvent vers 2h, mais les plus acharnés tirent jusqu’au lever du jour. Et pas uniquement le week-end.

La clé du succès? La ville capitalise sur son mélange culturel XXL et élargit en permanence la définition de “sortir”: bars, fêtes, salles à manger hybrides, lieux minuscules, espaces cachés… tout peut devenir un spot, du moment qu’il y a une enceinte, deux tabourets et une bonne idée. Des lieux surgissent partout — et surtout là où personne n’aurait parié un centime: passage souterrain décrépi, ancien siège bancaire, sous-sol de théâtre, galerie enterrée.

Avant d’être le Bar do Cofre, l’espace était le coffre-fort de l’ancienne Banque de l’État de São Paulo. Avant d’être le Bar do Cofre, l’espace était le coffre-fort de l’ancienne Banque de l’État de São Paulo.

Pourquoi cette obsession des lieux “recyclés”? Parce que l’immobilier à São Paulo pique fort: il figure parmi les plus chers d’Amérique du Sud. D’après une grande plateforme locale, le loyer moyen tournait autour de 69,50 reais (environ 11,30 €) par m² en 2025, et certains quartiers haut de gamme grimpaient à 143,50 reais (environ 23,30 €) par m². Dans ce contexte, investir malin signifie souvent: prendre un espace oublié, le rendre désirable, et créer de la valeur là où il n’y en avait plus.

Même les endroits qui ne peuvent pas accueillir plus de 15 personnes s’y prêtent. S’il y a la place pour un tabouret de bar ou une enceinte, ça peut devenir un “hot spot”.

« São Paulo a toujours été l’une des villes les plus actives au monde la nuit. Ce qui frappe aujourd’hui, c’est la force créative et l’adaptation du secteur », résume Vinicius Bento, responsable des opérations F&B au Condessa Bar, ouvert il y a un an. Le lieu s’est fait un nom avec des cocktails soignés et une carte qui mêle classiques locaux et comfort food: dadinhos de tapioca (petits cubes de fromage/tapioca), roast beef… simple, efficace, sans excuses.

L’épicentre de la transformation, c’est le centre-ville — l’ancien quartier financier. À partir des années 1990, les bureaux “premium” ont migré vers d’autres zones plus neuves et plus chics. Puis, ces dernières années, des entreprises et des acteurs de la nuit ont commencé à revenir, attirés par des loyers plus abordables et par des réformes destinées à sécuriser et rendre le quartier plus attractif.

« Avec de nouveaux projets résidentiels, plus les efforts de la ville pour la sécurité, la restauration des façades et le nettoyage de l’espace public, le centre a un vrai potentiel pour redevenir un hub commercial », explique Ruth da Silva, agente immobilier.

Exemple parfait: l’ancien siège du Banco do Estado de São Paulo, à deux pas de la Bourse brésilienne. Aujourd’hui, derrière deux portes rondes de 16 tonnes, le Bar do Cofre a remplacé l’argent par des litres de vodka, de whisky et d’Aperol — et un storytelling béton.

Le Bar do Cofre (Vault Bar) avant que la fête ne commence. Le Bar do Cofre (Vault Bar) avant que la fête ne commence.

Le menu équilibre grands classiques et créations maison. Les incontournables type Fitzgerald (version gin sour) côtoient des recettes inspirées des saveurs régionales, comme l’Amazonia, un mix parfumé de gin et nectar de goyave. Les prix vont de 30 à 65 reais (environ 4,90 € à 10,60 €). Côté food: carte courte mais sérieuse, steak tartare avec frites, et un cookie tiède à la poêle avec glace vanille en dessert — le genre de détail qui fait revenir.

À quelques minutes de là, sous les arches baroques et Art nouveau du Theatro Municipal, un autre bar “caché” est devenu un point de passage. Le Bar dos Arcos mise sur une ambiance sexy-cool: parfois des violonistes revisitant Amy Winehouse, parfois des DJs entre R&B et classiques brésiliens. Les cocktails aussi font le show: le Poroso — un blend de whisky surmonté d’une mousse miel et fromage bleu — marche étonnamment bien. Environ 49 reais (près de 8 €). Et même avec 150 places, il y a presque toujours une file.

En face du théâtre, une galerie souterraine, abandonnée pendant près de 50 ans, a aussi été ramenée à la vie. Elle s’appelle désormais Formosa Hi-Fi: un “listening bar” qui attire plus d’un millier de fans chaque week-end. Les DJs y passent des mixes vinyles qui vont de Michael Jackson à Legião Urbana. L’entrée peut ressembler à une station de métro — sauf pour les agents de sécurité qui escortent les clients depuis leurs VTC. Message clair: c’est underground, mais cadré.

Au rooftop du 26e étage du Martinelli Building, les soirées se prolongent tard. Au rooftop du 26e étage du Martinelli Building, les soirées se prolongent tard.

Les rooftops complètent le tableau. Le Martinelli Building, tour centenaire et ancien symbole du São Paulo mondain, est redevenu un aimant. Au 26e étage: vue à 360° sur des couchers de soleil absurdes (dans le bon sens), carte de cocktails classique (gin tonic, caipirinha) et une programmation de soirées “takeover” qui change tout le temps. Au 25e: un bar à pizzas napolitaines pour caler la machine.

Idée simple, exécution agressive: ne pas être “un club”, mais un contenant flexible pour différentes marques de soirées. Un week-end électro, le suivant pagode (rythmes brésiliens populaires), puis autre chose. Vers 4h, l’énergie déborde souvent sur la terrasse façon villa toscane.

Objectif assumé: garder les rues actives jour et nuit, ramener du monde, reprendre des zones désertées où l’insécurité prospérait. Et l’argent suit. Le centre-ville n’est déjà plus le “plan pas cher” qu’il était: la revitalisation pousse les prix vers le haut, même si aucun de ses districts n’est encore dans le top des plus chers. De nouveaux investissements arrivent, dont une rénovation d’envergure du Martinelli Building (100 millions de reais, soit environ 16,30 M€) pour agrandir les espaces dédiés au divertissement.

Conclusion? São Paulo ne s’épuise pas. Elle se réinvente. Et tant que la ville continuera à mélanger créativité, lieux improbables et culture de la fête, il y aura une raison de remettre une pièce dans la machine.

Et pour prolonger ces nuits de São Paulo, on s’imagine filer de spot en spot en Porsche 911; avec la LOA de Joinsteer, le volant cesse d’être un rêve et devient une clé.

Auteur : Alexis Berthoud

Foire Aux Questions

Pourquoi São Paulo est-elle devenue une référence mondiale pour la vie nocturne?

Parce que la ville combine une culture de sortie très ancrée (toute la semaine), une diversité musicale et sociale énorme, et une capacité à transformer des lieux improbables (sous-sols, anciens bâtiments, galeries) en spots désirables.

Quels quartiers viser pour sortir la nuit à São Paulo?

Le centre-ville (downtown) concentre aujourd’hui une grande partie de la scène la plus dynamique, notamment autour d’anciens bâtiments historiques reconvertis, de théâtres et de rooftops.

Quels lieux incarnent le mieux cette nouvelle scène nocturne?

Des adresses comme Bar do Cofre (dans un ancien coffre bancaire), Bar dos Arcos (sous un théâtre) et Formosa Hi-Fi (bar d’écoute en galerie souterraine) illustrent parfaitement la tendance: expérience, décor, musique et storytelling.

Est-ce cher de sortir à São Paulo?

Les cocktails dans les spots en vue se situent souvent dans une gamme accessible pour une grande métropole (souvent entre ~5 € et ~11 € dans l’exemple du Bar do Cofre), mais la revitalisation du centre pousse progressivement les prix à la hausse.

Pourquoi voit-on autant de reconversions de bâtiments en bars et clubs?

L’immobilier étant coûteux, reprendre un lieu abandonné peut être plus stratégique: loyers potentiellement plus bas au départ, cachet unique, et capacité à créer une destination sans repartir de zéro.

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