Calendrier Formula E 2026-2027 : les doublés Berlin-Monaco et Zandvoort-Jarama inquiètent les équipes

L’annonce du calendrier 2026-2027 de la Formula E a créé une onde de surprise dans le paddock : deux séquences de week-ends consécutifs vont imposer aux équipes une charge inédite, avec des implications directes sur les effectifs, la logistique et la capacité des fournisseurs à soutenir la future génération de voitures Gen4.
Une nouveauté majeure : des week-ends consécutifs en double manche
La Formula E va organiser des épreuves sur des week-ends consécutifs la saison prochaine, une configuration qui n’était plus apparue depuis Berlin et Monaco programmés sur deux week-ends successifs en mai 2017, lors de la troisième saison du championnat.
Mais la différence est de taille : les deux séquences prévues seront des double-headers, c’est-à-dire deux courses par meeting. Concrètement, cela signifie quatre courses en l’espace d’une semaine pour chaque enchaînement.
Berlin-Monaco puis Zandvoort-Jarama : une annonce vécue comme un choc
Deux regroupements sont au cœur des discussions :
- Berlin et Monaco enchaînés
- Zandvoort et Jarama enchaînés, en juin
Selon les informations recueillies dans le paddock, ces choix ont surpris les équipes, qui n’auraient pas été consultées sur les détails de cette organisation. Depuis, des échanges sont en cours entre les équipes, la Formula E et la FIA afin de définir la meilleure manière d’aborder ces week-ends consécutifs.
Les défis concrets : effectifs, transport, activation et pièces Gen4
Ces enchaînements vont créer une série de contraintes opérationnelles, notamment :
- Allocation des ressources humaines : gérer la fatigue et la disponibilité des équipes sur une période très courte.
- Logistique : transport du matériel, montage/démontage, et capacité à basculer rapidement d’un site à l’autre.
- Activation marketing : organiser les opérations partenaires et la communication sur deux événements collés.
- Support technique Gen4 : s’assurer que les nouveaux fournisseurs seront capables de servir pleinement les équipes et de fournir les composants nécessaires, malgré un matériel encore récent.
La préoccupation la plus saillante concerne la robustesse de la chaîne d’approvisionnement en Gen4 : fournir des pièces et assurer le support sur un rythme aussi dense pourrait devenir un facteur de risque, alors même que la voiture Gen4 est encore en phase d’essais de performance avec les constructeurs.
Pourquoi c’est rare hors Formule 1, et qui porte la promotion des épreuves
Les week-ends consécutifs restent relativement rares dans les championnats internationaux en dehors de la Formule 1. Une raison revient souvent : les structures sont plus petites et la mise en place des événements est plus exigeante pour les promoteurs et les équipes.
Dans ce cas précis, l’organisation locale varie selon les courses :
- Monaco est promu par l’Automobile Club de Monaco.
- Zandvoort sera commercialisé par TIG Sports et Sports Vibes, les promoteurs qui ont également travaillé sur le Grand Prix des Pays-Bas de F1 sortant, en coordination avec la Formula E.
Malgré cette structure de promotion, plusieurs équipes se focalisent d’abord sur l’exécution : la rapidité des enchaînements et l’exigence matérielle rendent la préparation plus sensible.
La parole aux équipes : entre inquiétudes et pragmatisme
Andretti : une charge lourde pour des organisations plus compactes
Roger Griffiths, directeur d’équipe chez Andretti et président de l’association des équipes et constructeurs de Formula E, explique que ces regroupements ont été « un peu une surprise » et qu’il faut encore en mesurer les conséquences opérationnelles.
« Nous ne sommes pas une organisation de Formule 1. Nous n’avons pas d’équipes de montage de stands qui arrivent pour préparer les garages, et nous n’avons pas d’énormes équipes d’ingénierie au siège. Donc cela demande beaucoup au personnel des équipes pour soutenir des week-ends consécutifs. »
Il insiste aussi sur la nécessité d’une préparation irréprochable côté organisation :
« Ce que nous voulons, c’est nous assurer que lorsque nous arrivons sur un site, le site est prêt, que les équipes sont prêtes, que le championnat est prêt, que les bases des fournisseurs sont prêtes. »
Sur la Gen4, il souligne l’augmentation de la complexité :
« C’est une nouvelle voiture, c’est un grand changement, et c’est beaucoup plus complexe que la voiture actuelle. (...) Il reste beaucoup de travail pour comprendre les implications de ce qui nous a été proposé. »
Jaguar : un signe de croissance, mais une frustration sur la méthode
Ian James (Jaguar) se montre un peu plus positif, considérant ces défis comme le reflet de la croissance du championnat du monde 100% électrique, et d’une possible trajectoire vers davantage de rentabilité à l’avenir.
« Je pense que c’est un défi qui reflète la croissance du championnat. (...) Si cela s’améliore année après année, l’intérêt grandit. »
Il estime aussi que l’expansion conduira presque mécaniquement à accepter ce type d’enchaînements :
« Cela va nous mettre dans des situations où nous n’aurons pas vraiment le choix, et où il y aura des week-ends consécutifs à l’avenir. Est-ce que l’on choisirait de le faire ? Probablement pas. Mais est-ce que nous sommes contre, puisque cela souligne l’opportunité de grandir ? Non plus. »
Ce pragmatisme s’accompagne toutefois d’un fond de tension : le fait que ces courses consécutives aient été une surprise et sans consultation nourrit une demande de plus de clarté sur les décisions clés. Ian James évoque l’intérêt de créer un groupe de travail pour anticiper les difficultés, réduire les risques et mettre en place des mesures de mitigation avant la finalisation des calendriers.
Vers 24 courses d’ici 2030 : densifier sans épuiser
La Formula E vise une expansion à environ 24 courses d’ici 2030, lorsque la période Gen4 aura mûri et que la génération suivante de voitures entrera en scène. Une conséquence probable : davantage de week-ends consécutifs, notamment parce qu’il existe un accord large sur la nécessité de terminer la saison en juillet et d’éviter de déborder sur août, ce qui s’est produit dans trois des cinq derniers calendriers.
Avec un plafond budgétaire et des ressources de plus en plus contraintes, la question devient stratégique : comment augmenter le spectacle et le volume de courses, tout en évitant qu’une forme d’usure ne finisse par apparaître dans des équipes moins dimensionnées que celles de la F1 ou de l’IndyCar.
Conclusion
La Formula E entre dans une phase où la croissance du calendrier et l’arrivée de la Gen4 exigent une exécution sans faille. Si l’ambition de s’étendre est claire, l’équilibre entre intensité sportive et soutenabilité opérationnelle sera déterminant. La manière dont ces premiers enchaînements seront gérés pourrait bien dessiner le modèle des saisons à venir — et ouvrir une nouvelle ère pour le championnat.
Foire aux Questions
Qu’est-ce qu’un double-header en Formula E ?
Un double-header désigne un meeting où deux courses sont disputées sur un même week-end. Dans le cas des week-ends consécutifs annoncés, cela peut représenter quatre courses en une semaine.
Pourquoi les week-ends consécutifs sont-ils compliqués pour les équipes ?
Parce que les équipes doivent enchaîner transport, montage, opérations de piste et communication avec des effectifs souvent plus réduits que dans d’autres disciplines majeures. La fatigue et la coordination logistique deviennent des facteurs critiques.
Pourquoi la Gen4 ajoute-t-elle un niveau de risque ?
La Gen4 est décrite comme plus complexe que la voiture actuelle et encore en phase d’essais de performance avec les constructeurs. Sur un rythme très dense, la capacité des fournisseurs à assurer le support et la disponibilité des composants devient essentielle.
Quels sont les enchaînements de courses concernés ?
Les séquences mentionnées sont Berlin-Monaco, puis Zandvoort-Jarama en juin, chacune sous forme de double-header.
Pourquoi la Formula E veut-elle éviter des courses en août ?
Il existe une volonté partagée de ne pas prolonger la saison sur août, mois traditionnellement plus complexe en termes de calendrier. La densification pourrait donc se faire via davantage de week-ends consécutifs, tout en essayant de finir la saison en juillet.
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