Partout sur la planète, les nuits se sont calmées. Entre loyers qui explosent, coûts d’exploitation qui grimpent et obsession du “bien-être”, bars et clubs ferment plus vite qu’ils n’ouvrent. Mais il y a une ville qui fait l’inverse — et qui le fait fort : São Paulo.

Ici, la nuit n’est pas un bonus du week-end. C’est une industrie. Une habitude. Un sport. Et surtout, une réponse directe à une crise mondiale de la fête : on ne réduit pas la voilure, on met les gaz.

Le plus frappant ? La transformation du centre historique. Pendant des années, le downtown a été évité : bâtiments abandonnés, insécurité, consommation de drogue très visible. Aujourd’hui, le quartier revient dans la partie — grâce à une combinaison brutale et efficace : nouvelles adresses, loyers (encore) plus accessibles que les zones premium, et réformes publiques pour rendre le centre plus vivable (sécurité, façades, nettoyage, attractivité).

São Paulo a même été propulsée en tête de certains classements récents des meilleures villes pour sortir. Pas parce que c’est “mignon”. Parce que c’est intense : on sort tard, 7 jours sur 7. Et quand les bars ferment vers 2h, les vrais continuent jusqu’au lever du soleil. Oui, même un mardi.

Pourquoi São Paulo gagne là où d’autres villes perdent

La recette est simple : créativité + adaptation. Les lieux surfent sur le mélange culturel de la ville et repoussent la définition même de “sortir”. Résultat : des bars, des salles de fête et des restos pensés pour l’après-minuit surgissent partout — et surtout dans des endroits improbables.

Dans une ville où l’immobilier est parmi les plus chers d’Amérique du Sud, la stratégie devient logique : réoccuper des espaces vacants. D’après une grande plateforme locale de location, le loyer moyen tournait autour de 69,50 R$ par m² en 2025, avec des pics à 143,50 R$ dans les quartiers les plus chers. Donc oui : si tu as la place pour un tabouret de bar et une enceinte, tu peux créer un hotspot.

“São Paulo a toujours été une ville de nuit. Ce qui change, c’est la force créative et l’agilité du secteur”, explique Vinicius Bento, responsable opérations food & beverage au Condessa Bar, ouvert depuis un an et déjà réputé pour ses cocktails soignés et une carte qui met en avant des classiques locaux comme les dadinhos de tapioca (carrés de fromage et tapioca) et le roast beef.

Le centre-ville : l’ancien quartier financier devenu terrain de jeu

Le cœur de cette bascule se situe dans l’ancien district financier. Dans les années 1990, le business a migré vers des zones plus modernes et plus “premium” (comme Itaim Bibi). Puis, quelques années plus tôt, le mouvement inverse a commencé : entrepreneurs, restaurateurs et acteurs de la nuit ont remis une pièce dans le centre, attirés par des loyers plus doux et par une volonté politique de réanimer le quartier.

“Avec de nouveaux projets résidentiels et les efforts de la ville sur la sécurité, la restauration des façades et l’entretien des espaces publics, le centre a un vrai potentiel pour redevenir un hub commercial”, résume une agente immobilière locale.

Des bars planqués dans des bâtiments mythiques

Symbole parfait du renouveau : l’ancien siège d’une grande banque, à deux pas de la Bourse. Derrière deux portes rondes de 16 tonnes, un ancien coffre-fort a changé de business : aujourd’hui, on y stocke du vodka, du whisky et de l’Aperol — pas des billets.

Ancien coffre-fort devenu barAvant de devenir Bar do Cofre, cet espace était le coffre-fort de l’ancienne banque de l’État de São Paulo.

Bar do Cofre joue l’équilibre : cocktails classiques + créations maison. Un Fitzgerald façon gin sour côtoie des drinks plus régionaux comme l’Amazonia (gin et nectar de goyave). Les prix ? 30 à 65 R$ (environ 5 € à 10 €, selon le taux). Petite carte food, steak tartare-frites, et un dessert qui met tout le monde d’accord : le cookie chaud à la poêle avec glace vanille.

Bar do Cofre avant la fouleLe Bar do Cofre (Vault Bar) juste avant que la soirée démarre.

Plus loin, sous les arches baroques et Art nouveau du Theatro Municipal, un autre spot s’est imposé comme un classique moderne : Bar dos Arcos. L’ambiance est sexy-cool, la bande-son passe de violonistes réinterprétant Amy Winehouse à des DJ sets R&B et hits brésiliens. Et côté cocktails, ça ose : le Poroso (base Johnnie Walker Black Label, miel, mousse au bleu) est devenu un best-seller improbable, à 49 R$ (environ 8 €). Capacité 150 personnes… et pourtant, il y a presque toujours une file.

Et puis il y a les lieux carrément cachés. En face du théâtre, une galerie souterraine abandonnée pendant près de 50 ans a été ressuscitée : Formosa Hi-Fi, un listening bar qui attire plus de mille fans chaque week-end. Les DJ y enchaînent des mixes vinyles, de Michael Jackson à Legião Urbana. L’entrée pourrait passer pour une bouche de métro — si des agents de sécurité n’étaient pas là pour guider les clients depuis leurs voitures.

La descente d’escalier fait partie du show : éclairage doux, granite, attente presque “voulu” quand c’est plein. Bonus : tu peux commander des verres en restant sur les marches. À la carte : cocktails originaux, pastéis à partager, et des musts du comfort food brésilien comme la galinhada (ragoût poulet-riz). Côté addition : environ 70 R$ le repas (environ 11 €) et 40 R$ le drink (environ 6 €).

Rooftop au MartinelliAu rooftop du 26e étage du bâtiment Martinelli, les soirées s’étirent très tard.

Les rooftops passent à l’offensive

Autre accélérateur : les toits. Le bâtiment Martinelli, tour centenaire et ex-haut lieu de la haute société, a trouvé une nouvelle jeunesse. Son 26e étage est devenu un spot majeur pour voir le soleil tomber sur la ville à 360°. Carte plutôt classique (gin tonic, caipirinhas), et au 25e étage, un bar à pizzas napolitaines pour tenir la distance.

Le concept est malin : pas un seul club, mais un “vaisseau” flexible. Chaque week-end, une marque de soirée différente prend le contrôle. Un soir electro, un autre pagode (rythme brésilien né à la fin des années 1970), etc. Vers 4h du matin, l’énergie déborde souvent sur la terrasse façon villa toscane.

Objectif affiché : garder les rues vivantes jour et nuit, remettre de l’activité là où l’abandon a laissé la place à l’insécurité. Et l’investissement ne ralentit pas : le Martinelli est en rénovation à hauteur de 100 millions de R$ (environ 16 M€) pour agrandir ses espaces dédiés aux événements.

Oui, le centre-ville risque de devenir plus cher avec la revitalisation. Mais à São Paulo, la conclusion est simple : les nuits ne vont pas s’arrêter. La ville ne se fatigue pas des bars et des fêtes. Et ceux qui construisent le renouveau le savent : tant qu’il y a une porte à ouvrir et un public prêt à sortir, il y a une opportunité à prendre.

Auteur : Alexis Berthoud

Foire Aux Questions

Pourquoi São Paulo est-elle considérée comme une des meilleures villes pour sortir ?

Parce que la vie nocturne y est structurée, dense et active toute la semaine. Même quand les bars ferment “tôt”, la scène se prolonge via des afters, des concepts hybrides et des lieux événementiels.

Quels quartiers de São Paulo concentrent le renouveau de la nightlife ?

Le mouvement le plus visible se joue dans le centre historique (ancien quartier financier), où des bâtiments vacants et patrimoniaux sont reconvertis en bars, clubs et espaces culturels.

Quels types de lieux faut-il tester pour comprendre la scène locale ?

Un speakeasy ou bar “caché” (dans une ancienne banque ou un sous-sol), un listening bar orienté vinyles, et un rooftop événementiel avec line-up de soirées tournantes.

Combien coûte une sortie à São Paulo (ordre de grandeur) ?

Dans les adresses citées, un cocktail tourne autour de 40 R$ (environ 6 €) et un plat autour de 70 R$ (environ 11 €). Les prix varient selon le quartier et le niveau de l’établissement.

La hausse des loyers va-t-elle tuer la fête dans le centre ?

Les prix montent avec la revitalisation, mais la scène se montre très agile : nouveaux formats, reconversions de petits espaces, programmation événementielle. L’écosystème s’adapte vite — et c’est précisément ce qui fait sa force.

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