Un nouveau circuit près du Cap pour ramener la Formule 1 en Afrique du Sud : projet ambitieux ou pari risqué ?

Une nouvelle tentative émerge pour relancer un Grand Prix de Formule 1 en Afrique du Sud, avec une proposition de circuit inédit à l’extérieur du Cap. Le projet est porté par un groupe privé qui vise également le MotoGP, mais la question centrale demeure : est-ce réellement réalisable dans les délais annoncés ?
Un nouveau projet de circuit à l’extérieur du Cap
Blue Mountain Racing (BMR), un groupe financé par des fonds privés réunissant des dirigeants d’entreprises sud-africains et des figures internationales du sport automobile, affirme vouloir construire un nouveau circuit. L’objectif affiché est d’accueillir des courses de Formule 1 et de MotoGP à partir de 2031.
Les personnalités à la tête de Blue Mountain Racing
La proposition est menée par l’homme d’affaires Neal Froneman, présenté comme le PDG fondateur du groupe mondial sud-africain Sibanye-Stillwater, actif dans l’exploitation minière et le traitement des métaux.
Le directeur général de BMR est Bobby Hartslief, qui a été promoteur de l’événement à l’époque où la Formule 1 courait à Kyalami au début des années 1980. Il est également associé à plusieurs tentatives de retour de la F1 en Afrique du Sud depuis la dernière course disputée dans le pays en 1993.
Un site de 600 hectares dans le Swartland
Selon BMR, le projet s’appuie sur un site de 600 hectares situé dans la région du Swartland, au nord de la ville du Cap. Ce terrain aurait été sécurisé plus tôt dans l’année.
Un tracé annoncé comme rapide et propice aux dépassements
Le circuit envisagé mesurerait environ 4,8 kilomètres (3 miles). BMR promet notamment « une ligne droite à plein gaz d’au moins 1 km » et « plusieurs possibilités de dépassement » tout au long du tour.
Le promoteur indique également une largeur de piste d’au moins 12 mètres sur l’ensemble du tracé. Autre élément mis en avant : l’intégration de dénivelés naturels plutôt que des reliefs artificiels, comme on peut en voir sur certains circuits.
BMR souligne aussi l’avantage d’un terrain ouvert, qui offrirait plus de liberté de conception qu’un circuit urbain — à l’inverse, par exemple, d’un tracé en centre-ville du Cap déjà évoqué dans de précédentes propositions.
Capacité et calendrier : une montée en puissance sur plusieurs années
Le site serait conçu pour accueillir environ 125 000 spectateurs par jour.
Le calendrier communiqué par BMR reste conditionnel : la construction ne démarrerait qu’en 2029, à condition qu’il y ait suffisamment d’intérêt. L’objectif serait ensuite une homologation en 2030, avant un premier grand prix visé en 2031.
Un retour de la Formule 1 en Afrique, un objectif réaffirmé
La compétition reçoit chaque année des dizaines de candidatures venues du monde entier pour intégrer le calendrier, certaines étant plus médiatisées que d’autres. Dans ce contexte, une course en Afrique — seul continent habité sans Grand Prix de Formule 1 — reste un objectif de longue date, et l’envie de renouer avec un événement sur le continent est réelle.
Lewis Hamilton, septuple champion du monde, s’est montré particulièrement vocal sur le sujet. Il a déclaré plus tôt cette année : « Je ne veux pas quitter ce sport sans avoir eu un grand prix là-bas [en Afrique], sans avoir pu y courir. Je les relance — c’est pour quand ? »
De son côté, le PDG de la F1 Stefano Domenicali a indiqué le mois dernier que « les négociations avancent très bien en Afrique » en vue d’une première course sur le continent depuis plus de trois décennies.
Pourquoi le projet doit encore franchir de nombreux obstacles
Cette proposition BMR s’ajoute à plusieurs candidatures sud-africaines lancées dans les années 2020, notamment d’autres options autour du Cap ainsi qu’une possible relance à Kyalami. Jusqu’ici, aucune n’a abouti.
En tant que nouvel acteur et avec un site entièrement nouveau, BMR doit franchir une barre plus haute qu’un promoteur et un circuit déjà en place : il s’agit de convaincre la Formule 1 que l’événement serait viable et à la hauteur des exigences.
La difficulté est d’autant plus marquée que le lieu n’existe pas encore au-delà du terrain acquis et des images de concept produites. Résultat : il reste beaucoup de chemin avant qu’un retour souhaité de la F1 en Afrique — que ce soit en Afrique du Sud ou ailleurs — ne soit proche d’une concrétisation.
Conclusion
Le plan de Blue Mountain Racing met sur la table des chiffres, un lieu identifié, et une vision orientée vers la vitesse, les dépassements et une capacité d’accueil ambitieuse. Mais entre intention et réalisation, la crédibilité sportive, financière et organisationnelle devra être démontrée étape par étape.
Foire aux Questions
Qui est Blue Mountain Racing (BMR) ?
BMR est un groupe financé par des fonds privés, rassemblant des dirigeants d’entreprises sud-africains et des figures internationales du sport automobile. Il dit vouloir construire un nouveau circuit près du Cap pour viser la F1 et le MotoGP.
Où se situerait le nouveau circuit proposé ?
Le projet concerne un site de 600 hectares dans la zone du Swartland, au nord du Cap, que BMR indique avoir sécurisé plus tôt dans l’année.
Quelles seraient les caractéristiques techniques annoncées du tracé ?
Le circuit ferait environ 4,8 km, avec une ligne droite « à plein gaz » d’au moins 1 km et plusieurs opportunités de dépassement. BMR évoque une largeur d’au moins 12 m et l’utilisation de dénivelés naturels.
Quel calendrier est envisagé pour une arrivée en Formule 1 ?
BMR parle d’un début de construction en 2029 (si l’intérêt est suffisant), d’une homologation visée en 2030 et d’une première course ciblée en 2031. Si ces étapes se confirment, l’avenir pourrait enfin rouvrir la porte à un Grand Prix africain, attendu depuis des décennies.
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