Le directeur d’équipe de Citroën Racing en Formula E, Cyril Blais, est décédé soudainement la semaine dernière. Sa disparition a profondément marqué le paddock du championnat du monde électrique, où il était reconnu pour sa compétence, sa sérénité et son engagement.

Une disparition confirmée par les instances de la Formula E

La confirmation du décès a été transmise à l’ensemble des équipes par Formula E Operations dimanche matin. Le promoteur du championnat a ensuite communiqué publiquement lundi :

« Monaco Sports Group (MSG), opérateur de l’équipe Citroën Racing Formula E, Citroën, Stellantis Motorsport, la FIA et toute la communauté de la Formula E ont le profond chagrin de confirmer le décès du directeur d’équipe Cyril Blais. »

Annonce du décès de Cyril Blais, directeur d’équipe Citroën en Formula E

Un parcours construit entre catégories juniors et paddock de la Formula E

Cyril Blais dirigeait Monaco Sports Group, la structure qui a assuré l’exploitation opérationnelle des équipes Maserati puis Citroën au cours des trois dernières saisons. Figure populaire et très respectée, il évoluait dans l’univers de la Formula E depuis près d’une décennie.

Il avait auparavant travaillé chez Mahindra entre 2019 et 2021, avant de rejoindre l’organisation MSG en tant qu’ingénieur.

Avant la Formula E, Blais s’était fait connaître dans les catégories de promotion. Il avait œuvré chez Manor Motorsport et Arden en Formule 3 et en Formule 2, après avoir obtenu un master en dynamique du véhicule à Kingston University.

C’est en F2 qu’il avait notamment été l’ingénieur de Maximilian Guenther, futur pilote de Formula E, durant l’unique campagne de Guenther avec Arden.

À la tête de MSG : de Maserati à Citroën, entre victoires et turbulences

Cyril Blais a été nommé directeur d’équipe de l’opération Maserati MSG à l’automne 2023, en remplacement de James Rossiter, après une première saison Gen3 compliquée.

Cette période a mêlé performance et casse : Guenther s’était imposé à Jakarta, mais trois voitures avaient aussi été détruites la même saison, à Cape Town, Diriyah et Rome. Une séquence qui a coïncidé avec le début des difficultés et des incertitudes de Maserati MSG en matière de propriété et de management.

Sous la direction de Blais, Guenther a ensuite signé une nouvelle victoire lors de la toute première course de Formula E à Tokyo. Et en mai dernier, l’équipe Maserati MSG a encore frappé dans des circonstances marquantes : elle a tenté un pari stratégique en faisant rentrer Stoffel Vandoorne très tôt pour son arrêt PitBoost, avant de tirer parti d’un drapeau rouge pour décrocher une victoire inattendue.

Cette saison, Blais a accompagné la transition de Maserati vers Citroën. Il aurait également supervisé les préparatifs liés au déplacement d’une grande partie des activités opérationnelles, du site monégasque actuel vers l’installation Stellantis de Satory, en France.

Les hommages, et l’annonce d’un hommage à Tokyo

Jeff Dodds, figure dirigeante de la Formula E, a fait partie des premiers à rendre hommage :

« Nous avons le cœur brisé par la perte de notre collègue et ami, Cyril, et nos pensées ainsi que nos condoléances les plus sincères vont à sa famille, à ses proches et à tous ceux qui l’ont connu », a déclaré Dodds.

« Le décès de Cyril est une perte dévastatrice pour sa famille, pour MSG, pour Citroën Racing et pour toute notre communauté de la Formula E.

Nous avons perdu un collègue extraordinaire, et quelqu’un que beaucoup d’entre nous étaient fiers d’appeler un ami.

L’ensemble du paddock de la Formula E se soutient mutuellement dans cette période incroyablement difficile.

Pour honorer son immense contribution au sport, l’équipe Citroën Racing Formula E et l’ensemble de la communauté de la Formula E rendront hommage à la mémoire de Cyril et à son héritage remarquable lors du Tokyo E-Prix de ce week-end. »

Un leader discrètement impressionnant

Un sourire en coin, une intention calme, une concentration silencieuse : autant de traits qui ont marqué ceux qui ont croisé Cyril Blais, considéré comme l’une des personnalités les plus appréciées et respectées de la Formula E.

Son calme et son autorité transpiraient naturellement. Rien ne semblait forcé, travaillé ou fabriqué dans son attitude : elle incarnait au contraire une assurance stable, celle d’un ingénieur chevronné.

Nombreux sont ceux qui le décrivaient comme un véritable roc, capable de tenir le cap dans des scénarios très difficiles, au moment même où l’opération MSG traversait des zones de fortes turbulences.

Comme ingénieur, il était régulièrement salué par ses pilotes, qui appréciaient son approche directe et sa passion sincère pour le sport automobile. Compétiteur dans l’âme, il aimait la confrontation pure, la course dans ce qu’elle a de plus authentique, ce qui l’avait mené — logiquement — vers l’un des postes les plus exposés et les plus exigeants du championnat.

En tant que directeur d’équipe, il a connu un baptême du feu chez Maserati MSG, confrontée à de lourdes complexités de propriété et, plus largement, à des questions de survie. Mais c’est précisément ce dont l’équipe avait besoin à ce moment de son histoire. En septembre 2025, la structure était devenue Citroën Racing : Blais est resté en charge et a guidé l’équipe vers une victoire marquante avec Nick Cassidy à Mexico City en janvier de cette année.

Malgré ces réussites, c’est surtout sa façon d’être, simple et facile d’accès, qui ressortait.

Un épisode illustre cette dimension humaine : lors du Jeddah E-Prix en février 2025, un échange particulièrement tendu a eu lieu au sujet de la tentative de rachat avortée de l’équipe Maserati MSG. Des mots durs ont été prononcés. Pourtant, moins d’une heure plus tard, les mains se serraient sur la grille et les excuses étaient acceptées de part et d’autre.

Cela résumait bien Cyril Blais : l’impression persistante qu’il était là pour la course, et non pour les jeux politiques et économiques inévitables du paddock.

Il manquera profondément dans les paddocks et les pitlanes du monde entier, ces lieux mêmes où il s’épanouissait et où il gagnait, au fil des saisons, un respect unanime.

Conclusion

La Formula E perd un directeur d’équipe estimé, un ingénieur reconnu et un homme de paddock au sens plein du terme. Alors que la communauté se prépare à lui rendre hommage à Tokyo, son héritage se mesure autant en résultats qu’en esprit de course. La suite s’écrira sans lui, mais l’exigence, la dignité et la passion qu’il incarnait continueront d’inspirer ceux qui font vivre ce championnat.

Foire aux Questions

Qui était Cyril Blais en Formula E ?

Cyril Blais était le directeur d’équipe de Citroën Racing en Formula E et le responsable de Monaco Sports Group (MSG), structure qui a exploité opérationnellement les équipes Maserati puis Citroën ces dernières saisons.

Qu’est-ce que Monaco Sports Group (MSG) dans ce contexte ?

MSG est l’organisation qui assurait la gestion opérationnelle de l’équipe en Formula E. Elle a porté l’entité sous l’appellation Maserati MSG, puis a accompagné la transition vers Citroën Racing.

Pourquoi parle-t-on d’un arrêt « PitBoost » dans une victoire marquante ?

L’article mentionne un pari stratégique lié à un arrêt PitBoost effectué tôt par Stoffel Vandoorne, puis une opportunité créée par un drapeau rouge. L’idée clé est qu’une décision de timing aux stands, combinée aux circonstances de course, a permis de renverser le scénario et d’aller chercher la victoire.

Quel a été le parcours de Cyril Blais avant la Formula E ?

Avant d’évoluer au plus haut niveau en Formula E, il a travaillé en catégories juniors, notamment en Formule 3 et en Formule 2 (avec Manor Motorsport et Arden). Il était diplômé d’un master en dynamique du véhicule à Kingston University.

Un hommage est-il prévu en course ?

Oui. Il est indiqué que l’équipe Citroën Racing Formula E et l’ensemble de la communauté de la Formula E rendront hommage à Cyril Blais lors du Tokyo E-Prix de ce week-end, afin de saluer sa contribution au sport.

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