La Formule E en deuil : les pilotes saluent l’empreinte de Cyril Blais, « sensible et merveilleux »

Le paddock de Formule E encaisse un choc : la disparition de Cyril Blais, directeur d’équipe chez Citroën, bouleverse profondément ceux qui ont travaillé à ses côtés. Au fil des témoignages, une même image revient : celle d’un homme à la fois exigeant, profondément humain, et d’une loyauté rare dans un sport où la pression ne laisse que peu de place à la nuance.
Un vide immense dans le paddock
Cette semaine, la nouvelle frappe de plein fouet la communauté. Les pilotes évoquent une tristesse collective, à la mesure de l’impact qu’avait Cyril Blais sur leur quotidien, leur confiance et leur manière d’aborder la compétition.
Alex Lynn : « En une demi-heure, vous étiez prêt à foncer dans un mur de briques »
Alex Lynn a travaillé avec Cyril Blais lorsque ce dernier l’a épaulé en tant qu’ingénieur chez Mahindra, sur une saison et demie, entre 2020 et 2021. Lynn raconte un homme capable de transformer l’état d’esprit d’un pilote, d’élever son niveau d’énergie et de conviction, même dans les journées les plus difficiles.
« C’était le genre de personne que, si vous aviez l’impression de ne pas passer une bonne journée ou de manquer de motivation dans un aspect de votre vie, vous passiez une demi-heure avec lui et vous ressortiez prêt à foncer dans un mur de briques », explique Lynn, en évoquant notamment un moment partagé après leur podium à Valence en 2021.
Lynn insiste aussi sur l’aura personnelle de Blais : « C’était une personnalité tellement contagieuse. Un être humain brillant, tout simplement. »
Une relation forte avec Maximilian Günther, de la F2 à la Formule E
Maximilian Günther a lui aussi travaillé longuement avec Cyril Blais : d’abord en Formule 2 avec Arden en 2018, puis en Formule E au sein de Maserati MSG. Leur relation dépassait le strict cadre de la performance, avec un lien solide sur et en dehors de la piste, que Günther décrit comme particulièrement précieux. Aujourd’hui pilote DS Penske, il résume Blais en des termes marquants.
« Cyril était une personne vraiment remarquable et un caractère incroyablement spécial », confie Günther. « C’était une personne sensible et merveilleuse, tout en restant toujours un professionnel exceptionnel. Avec Cyril, vous saviez qu’il assurerait vos arrières. »
Günther souligne également la force des souvenirs partagés : « Nous avons accompli de grandes choses ensemble et vécu beaucoup de belles expériences, sur et en dehors de la piste. Ces moments, et les souvenirs que nous avons créés, sont quelque chose que je porterai dans mon cœur pour le reste de ma vie. »
Au-delà de la technique : une loyauté rare et un respect unanime
Les témoignages convergent : la douleur ne relève pas seulement de la perte d’un ingénieur compétent ou d’un dirigeant investi. Plusieurs pilotes décrivent une forme de respect particulier, nourri par la manière dont Cyril Blais traitait les gens « quoi qu’il arrive ».
Stoffel Vandoorne, qui a remporté le Tokyo E-Prix l’an dernier aux côtés de Blais lorsqu’il était chez Maserati MSG, retient notamment son sens du concret au milieu d’environnements parfois complexes :
« Cyril était très passionné par le sport automobile, et parfois dans ces environnements de course où tout peut devenir assez compliqué, il était très bon pour garder du bon sens et une mentalité de pilote. »
Jake Hughes : « Honnête, respectueux, et toujours disponible »
Jake Hughes, coéquipier de Vandoorne cette saison-là, décrit une personnalité droite, transparente, et tournée vers l’échange :
« Il vous disait toujours ce qu’il pensait, de la manière la plus honnête et la plus respectueuse possible », se souvient Hughes.
Hugues insiste aussi sur sa disponibilité et son ambition de gagner : « C’était quelqu’un avec qui on pouvait échanger des idées à n’importe quel moment. C’était une personne exceptionnelle, et il voulait gagner autant que n’importe qui que j’aie vu dans ce sport. »
Un homme discret, une famille au cœur de tout
Derrière l’intensité des week-ends de course, Cyril Blais restait, selon ceux qui l’ont côtoyé, un homme très discret. Son image publique semblait entièrement tournée vers la compétition, mais sa vie hors piste comptait tout autant, en particulier sa famille, aujourd’hui confrontée à une perte soudaine.
Alex Lynn formule un vœu simple : « J’espère que sa famille sait vraiment ce qu’il représentait pour certains d’entre nous, parce qu’il travaillait extrêmement dur, et je lui étais tellement reconnaissant pour tant de choses. »
Il décrit aussi un engagement de tous les instants : « Vous lui envoyiez un message à n’importe quelle heure, et il sortait son ordinateur portable. Il était toujours là pour nous. C’était si rare de rencontrer un ingénieur qui est presque à vos côtés dans la voiture. »
« Zéro ego » : une force dans un sport sous pression
Dans un sport automobile où l’ascension vers les postes élevés s’accompagne souvent de politique interne, d’ego et d’ambition, Cyril Blais apparaît, aux yeux de plusieurs pilotes, comme une exception. Lynn insiste sur un point : atteindre un rôle de directeur d’équipe ne l’aurait jamais éloigné de sa nature profonde.
« Il était si rare parce qu’il était prêt à prendre la chaleur pour le pilote afin de l’aider, chaque fois qu’il le pouvait », ajoute Lynn.
Et de conclure sur ce qui, pour beaucoup, résume l’homme : « Il n’y avait zéro ego. Vous ne vouliez jamais le décevoir pour cette raison, parce que vous saviez qu’il ferait ça pour vous sans même y réfléchir. »
Conclusion
À travers ces mots, Cyril Blais laisse l’image d’un professionnel d’exception, mais surtout d’un repère humain dans un univers impitoyable. Son influence se mesure autant en résultats qu’en confiance transmise, en énergie partagée et en loyauté. Dans un paddock en deuil, son héritage rappelle qu’au plus haut niveau, la performance n’efface jamais la valeur des personnes — et que cet esprit peut continuer d’inspirer la prochaine génération.
Foire aux Questions
Quel rôle Cyril Blais a-t-il occupé en Formule E ?
Il est décrit comme directeur d’équipe chez Citroën et comme un ingénieur ayant travaillé directement avec des pilotes, notamment chez Mahindra (avec Alex Lynn) et chez Maserati MSG (avec Maximilian Günther, Stoffel Vandoorne et Jake Hughes).
Avec quels pilotes Cyril Blais a-t-il été particulièrement proche ?
Les témoignages citent Alex Lynn, Maximilian Günther, Stoffel Vandoorne et Jake Hughes, qui soulignent à la fois son apport professionnel et la relation de confiance qu’il construisait en dehors de la piste.
Pourquoi plusieurs pilotes parlent-ils d’un homme « sans ego » ?
Selon Alex Lynn, Cyril Blais était prêt à assumer la pression et à « prendre la chaleur » pour protéger et aider le pilote, sans chercher à se mettre en avant. Cette absence d’ego renforçait le respect et l’envie de ne pas le décevoir.
Qu’est-ce qui ressort de sa manière de travailler au quotidien ?
Sa disponibilité permanente est un élément clé : Lynn explique qu’il répondait à tout moment, sortait son ordinateur et restait présent pour l’équipe. D’autres insistent sur son honnêteté, son respect et sa capacité à garder du bon sens dans un environnement complexe.
Où Cyril Blais et Maximilian Günther ont-ils collaboré avant la Formule E ?
Ils ont travaillé ensemble en Formule 2, chez Arden, en 2018, avant de se retrouver en Formule E chez Maserati MSG.
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