L’officialisation de l’arrivée de Mitch Evans comme recrue phare d’Opel pour sa première campagne en Formula E met fin à l’un des secrets de paddock les moins bien gardés de l’année.

Evans avait signé dès le printemps. Depuis, plusieurs constructeurs rivaux l’ont aperçu à plusieurs reprises en essais avec le modèle de développement Gen4 de Stellantis, Jaguar l’ayant libéré cet été afin qu’il puisse prendre de l’expérience au volant de la nouvelle génération de voiture.

La nouvelle “dream team” d’Opel en fait un outsider pour le titre

Un recrutement majeur pour lancer Opel en Formula E

Meilleur vainqueur de l’histoire de la Formula E avec 16 succès, Mitch Evans fera équipe avec Theo Pourchaire, déjà annoncé, au sein de l’Opel GSE Formula E Team, une structure qui s’apparente à une équipe créée ex nihilo.

Particularité importante : l’équipe courra avec sa propre licence. Cela en fera la première opération Stellantis à ne pas s’appuyer, en parallèle, sur des prestataires indépendants comme MSG (lié à Maserati et Citroën) ou encore Virgin, Techeetah et Penske (pour DS).

Opel continue par ailleurs de recruter à des postes clés. La marque a notamment signé en avril l’ancien responsable d’équipe Porsche en endurance, Francis Shammo, et cherche encore à compléter plusieurs fonctions de direction.

Si Opel ne dispose pas partout de la même profondeur d’expérience que certains concurrents dans le championnat électrique, la marque bénéficie d’un atout : une accélération des essais et du développement via une équipe d’essais Stellantis Motorsport séparée, dédiée au programme.

Interrogé sur la cohésion que cela peut apporter, le directeur d’Opel Motorsport et patron d’équipe Jorg Schrott a insisté sur l’intérêt de cette approche : "C’est absolument une chose positive, croyez-moi. Nous avons une très bonne équipe d’ingénierie, et le travail de base doit être fait comme une seule équipe. Et plus vous avez de retours, y compris de tous ces bons pilotes, qui apportent toujours un angle un peu différent, plus cela aide à faire avancer l’ensemble du programme."

Schrott a également souligné que cela s’inscrivait dans la continuité de l’expérience accumulée par Stellantis sur la dernière décennie.

Pourquoi Evans a tourné la page Jaguar

Le départ d’Evans de Jaguar semblait inévitable depuis deux finales de saison très tendues en 2024 et 2025, toutes deux à l’Excel de Londres.

À chaque fois, Evans a exprimé sa colère envers son équipe, estimant que des occasions avaient été gâchées : une chance de titre longtemps attendue en 2024, puis un bon résultat en 2025 au terme d’une saison difficile.

Evans n’a toutefois pas été irréprochable lors de ces épisodes. En interne, certains se sont éloignés de ses prises de position franches ; d’autres l’ont même directement mis en cause, particulièrement en 2024, lorsque lui et son équipier Nick Cassidy se retrouvaient en confrontation directe face à Pascal Wehrlein (Porsche).

Quand James Barclay a annoncé, au début de l’été 2025, qu’il quitterait Jaguar pour rejoindre le programme Hypercar de McLaren, et qu’un nouveau directeur technique, Theophile Gouzin, est arrivé en décembre précédent, la situation d’Evans a donné l’impression de suivre une logique de fin de cycle, après dix ans de campagnes globalement fructueuses.

Sans sa capacité à aller chercher des victoires et des résultats, Jaguar aurait eu bien moins de chances de décrocher les titres constructeurs et équipes en 2024 et 2025 respectivement.

Depuis 2016, Evans a pris l’ascendant sur des équipiers très cotés comme Adam Carroll, Nelson Piquet et Sam Bird. Face à son compatriote Cassidy, le duel a été plutôt équilibré, même si la fiabilité et certaines erreurs ont pesé lors de leur deuxième saison commune, l’an passé.

Les autres pistes sur la table avant Opel

La cote d’Evans est restée élevée, et ce à juste titre. Avant la signature du contrat avec Opel en avril, le pilote de 32 ans disposait d’offres solides d’au moins deux autres constructeurs.

L’une d’elles provenait d’une structure Lola décrite comme ambitieuse. Porsche a également discuté avec les représentants d’Evans, Mark Webber et Matthieu Michel, mais il est entendu qu’une offre ferme n’a finalement pas été formulée. Des échanges ont aussi eu lieu avec Nissan.

Autre élément favorable pour Evans : la possibilité, à l’avenir, d’un volant en endurance chez Peugeot. Même si cela ne se concrétiserait pas en 2027, son accord — qui serait prévu pour deux ans avec une option pour une troisième saison — pourrait ouvrir à terme une opportunité chez Stellantis. Le scénario envisagé pourrait même l’amener à rouler aux côtés de son ancien équipier Cassidy, qui doit continuer un double programme la saison prochaine.

Une “dream team” capable de gagner dès la première saison ?

"Nous avons sécurisé notre dream team", a déclaré Schrott lors de l’annonce officielle de l’arrivée d’Evans. La formule est percutante, et elle pourrait se révéler juste dès la saison prochaine.

Evans rejoint Opel au moment d’un changement majeur de réglementation. Son vécu dans le développement des Jaguar Gen2 et Gen3 — des voitures performantes — constitue un atout important pour un programme qui vise haut dès le départ.

Dans le paddock, certaines équipes estiment aussi que Stellantis pourrait disposer d’un avantage lié à sa compréhension de certains systèmes de contrôle, notamment autour du différentiel actif associé au groupe motopropulseur avant.

Cette rumeur “urbaine” s’est nourrie de l’expérience de Stellantis via le programme Citroën en Championnat du monde des rallyes, ainsi que du projet rallye électrique mené en parallèle par Opel (l’ADAC Opel Electric Rally Cup). Au-delà des bruits de couloir, des observateurs présents lors des récents essais Gen4 indiquent que la voiture Stellantis apparaît déjà très bien née.

De quoi alimenter l’optimisme d’Opel.

"Maintenant, la famille Opel et Mitch franchissent ensemble cette prochaine étape. Ce faisant, nous envoyons un message clair : nous rejoignons le championnat du monde pour nous battre devant", a ajouté Schrott.

La concurrence interne Stellantis, un facteur clé

Citroën dispose déjà d’une saison d’expérience en compétition, mais l’équipe doit se recalibrer après une période hors piste compliquée : questions autour de la propriété effective de la société détentrice de la licence MSG, déménagement de personnel technique de Monaco vers Paris, et décès tragique du directeur d’équipe Cyril Blais le mois dernier.

L’ensemble pourrait néanmoins déboucher sur une concurrence saine entre les deux marques de Stellantis, et aider le groupe à retrouver l’aura déjà vue avec DS à l’époque Gen2, quand les titres et de nombreuses victoires étaient au rendez-vous avec Jean-Eric Vergne et Antonio Felix da Costa.

Les mots d’Evans : nouveau chapitre, même ambition

Evans a résumé sa décision ainsi : après dix ans avec un constructeur, il était temps de relever un nouveau défi.

Il considère l’arrivée des voitures Gen4 comme le moment idéal pour "commencer quelque chose de nouveau". Il explique avoir immédiatement ressenti l’énergie et la passion investies par Opel dans le projet, avec une intention claire : ne pas venir seulement pour participer, mais pour gagner — un objectif qu’il dit partager pleinement.

Voir Evans avec une autre combinaison que celle marquée Jaguar paraît encore étrange aujourd’hui. Mais l’éclat très identifiable de la marque Opel pourrait bien se refléter dès les premiers tours de roue de la nouvelle ère, particulièrement lumineuse, de la Formula E.

Conclusion

Avec l’expérience d’Evans, l’élan d’une structure neuve et un programme Stellantis qui semble déjà solide en essais Gen4, Opel se positionne d’emblée comme un projet à surveiller. La saison à venir dira si cette promesse se transforme en victoires, mais une chose est sûre : l’ère Gen4 ouvre une page où tout peut s’écrire, et vite.

Foire aux Questions

Qui est Mitch Evans et pourquoi son arrivée chez Opel est importante ?

Mitch Evans est le pilote qui compte le plus grand nombre de victoires en Formula E (16). Son arrivée est stratégique pour Opel, car il apporte un niveau de performance immédiat et une expérience précieuse du développement technique.

Avec qui Mitch Evans va-t-il courir chez Opel ?

Il fera équipe avec Theo Pourchaire au sein de l’Opel GSE Formula E Team.

Qu’est-ce qui change avec la Gen4 en Formula E ?

La Gen4 correspond à une nouvelle génération de voitures et de réglementation. Dans ce contexte, l’expérience d’Evans dans le développement des Gen2 et Gen3 est considérée comme un avantage pour accélérer l’apprentissage et la mise au point.

Pourquoi parle-t-on d’un possible avantage Stellantis sur certains systèmes ?

Dans le paddock, certains estiment que Stellantis pourrait être performant sur la gestion de systèmes de contrôle, notamment liés au différentiel actif du groupe motopropulseur avant, et que la voiture vue en essais Gen4 paraît déjà très aboutie.

Quelles autres options Evans avait-il avant de signer chez Opel ?

Avant l’accord signé au printemps, Evans avait des offres solides d’au moins deux constructeurs, dont Lola. Il y a aussi eu des discussions avec Porsche (sans offre ferme au final) et des échanges avec Nissan.

Au fond, ce parfum de renouveau Gen4 réveille aussi des envies de route: et si votre podium personnel se jouait en Porsche 911 Carrera, via une LOA ou une LLD chez Joinsteer, avec conseils dédiés et garanties sereines?

Joinsteer, votre marketplace automobile

Joinsteer scanne toute l’Europe pour trouver LE véhicule de vos rêves et vous le délivrer dans les meilleures conditions.
Visiter la marketplace