Pourquoi Nissan a misé sur Zane Maloney pour la Gen4 en Formule E

Nissan a officialisé la signature de Zane Maloney pour remplacer Norman Nato. L’équipe estime que son expérience récente en Formule E, additionnée à des journées d’essais Gen4 déjà accumulées, offre un avantage immédiat par rapport à l’option d’un profil totalement débutant comme Victor Martins.
Ces dernières semaines, Victor Martins semblait pourtant en bonne position, d’autant qu’il a déjà roulé plusieurs fois avec Nissan lors de séances d’essais.
Pourquoi Nissan a choisi Zane Maloney
La décision finale s’est jouée entre deux candidats: Zane Maloney et Victor Martins. Le dernier test de Martins avec Nissan remonte au mois dernier à Navarra, où il était présent aux côtés du pilote d’essais et réserviste Sam Bird.
Au bout du compte, Maloney a obtenu le baquet. Dans le paddock, il est évoqué que le directeur de l’équipe, Tommaso Volpe, aurait subi une pression au niveau de la direction de Nissan pour privilégier un pilote disposant déjà d’une expérience en Formule E.
Une préférence assumée pour l’expérience en Formule E
Tommaso Volpe a expliqué que l’arrivée de la Gen4 aurait pu permettre de repartir avec un rookie, mais que ce choix comportait un risque sportif à court terme:
«Malgré le fait que le début de la Gen4 nous donnait l’opportunité de partir avec un rookie, ce qui était clairement une option valable pour nous, nous étions un peu inquiets: ne pas avoir d’expérience en Formule E aurait pu nous mettre légèrement en difficulté.»
Il a également précisé l’approche comparative menée par Nissan:
«Nous avons donc préféré quelqu’un avec de l’expérience en Formule E. Nous avons aussi regardé les performances de Zane en F2, et d’après ce que les pilotes nous disent sur les caractéristiques de la Gen4, nous avons pensé qu’au global Zane aurait été le meilleur choix pour nous à ce moment-là.»
Un pari malgré des résultats bruts modestes
Sur le papier, le bilan de Maloney avec Lola est limité: trois points en deux saisons, et une position en bas du classement lors de chacune de ses campagnes jusqu’ici. Mais Nissan estime que ces chiffres ne reflètent pas entièrement sa vitesse.
En interne, l’équipe a considéré que le pilote barbadien, particulièrement cette saison, se montrait globalement aussi rapide que son équipier Lucas di Grassi, ce qui a pesé dans la balance.
La montée en puissance déjà planifiée chez Nissan
La suite est déjà programmée: Maloney doit passer dans le simulateur Nissan la semaine prochaine, avant de découvrir le prototype de développement Gen4 de la marque le mois prochain.
Il n’arrive pas non plus sans repères: il a déjà réalisé plusieurs journées d’essais avec la voiture de test Gen4 de Lola, la plus récente ayant eu lieu à Estoril, la semaine précédant les courses finales de l’E-Prix de Londres.
Et maintenant, quelles options pour Victor Martins ?
Pour Victor Martins, l’opportunité Nissan pour la saison prochaine semble s’éloigner, mais un plan alternatif existe en Formule E: une place chez Lola Yamaha.
Deux baquets sont désormais disponibles au sein du constructeur britannique, qui poursuit aujourd’hui ses essais Gen4 en Espagne, avec Dan Ticktum en piste alors qu’il réfléchit à son avenir en Formule E.
Martins est actuellement libre de tout contrat et évaluerait plusieurs pistes, à la fois en endurance et en Formule E. Il pourrait également recevoir une proposition pour rester avec l’équipe Alpine en Championnat du monde d’endurance, une structure qui devrait évoluer vers une entité badgée Geely la saison prochaine.
Tommaso Volpe a reconnu la complexité du choix entre Maloney et Martins:
«C’était clairement une décision très difficile parce que Victor est super talentueux.»
Et d’ajouter:
«Il a aussi des résultats et une performance en F2 aussi solides que Zane. Nous ne connaissons pas son plan en endurance l’an prochain et nous avons aussi un chevauchement [conflit] avec une course, ce qui nous a déjà fait du mal par le passé. Il y avait donc beaucoup d’autres éléments, et c’était un peu plus simple avec Zane, plus en sa faveur.»
Le contexte autour d’Oliver Rowland
En parallèle du dossier Maloney/Martins, Nissan a traversé une période plus agitée autour d’Oliver Rowland, son champion sortant. Rowland a commencé à douter: rester chez le constructeur qui l’a mené au titre 2025 était-il forcément la meilleure option pour la Gen4?
Il est rapporté qu’il aurait suscité de l’intérêt, voire reçu des approches et potentiellement des offres, de la part de Penske et d’Envision, malgré un accord de long terme avec Nissan.
Cette situation fragile se serait apaisée pendant le week-end de l’E-Prix de Londres. Ensuite, l’attention s’est portée sur la finalisation de l’accord avec Maloney, qui aurait été conclu juste après le dernier week-end de course de la saison.
Toujours selon les informations qui circulent dans le paddock, la préparation de Londres aurait inclus plusieurs discussions intenses entre l’entourage de Rowland et Tommaso Volpe au sujet de leur avenir commun.
Rowland disposerait d’un contrat pluriannuel avec Nissan, potentiellement pour toute la durée du cycle Gen4, avec des clauses qui auraient pu lui permettre de partir.
Sans entrer dans les détails, Volpe a donné un aperçu de l’état d’esprit du pilote et de l’équipe:
«Oliver est un champion et il n’aime pas ne pas être champion, comme nous, donc nous avons ça en commun.»
Il a aussi décrit une clarification de fin de cycle:
«Bien sûr, à la fin du cycle, nous avons eu un moment de discussion avec Oliver, où sa priorité était de comprendre quel était notre plan, et tout s’est bien passé. Nous n’étions pas particulièrement heureux non plus de ne pas l’avoir de nouveau en tête du championnat pour la deuxième saison de suite, mais nous avons simplement parlé de nos plans pour la Gen4 et ensuite tout s’est bien passé. Je pense que nous sommes tous concentrés sur le fait de faire le mieux possible pour Nissan en Gen4.»
Conclusion
En choisissant Zane Maloney, Nissan privilégie une intégration rapide et une compréhension déjà concrète de la Formule E et des exigences de la Gen4, tout en assumant un pari sur une courbe de progression plus que sur un palmarès immédiat. De son côté, Victor Martins garde des portes ouvertes, notamment chez Lola Yamaha, tandis que l’avenir de Rowland semble s’être stabilisé autour d’un projet Gen4 clarifié.
La Gen4 redistribue les cartes: ceux qui sauront apprendre le plus vite pourraient bien transformer une décision de marché en véritable tremplin sportif.
Foire aux Questions
Pourquoi l’expérience en Formule E est-elle si importante pour la Gen4?
Nissan craint qu’un pilote sans expérience en Formule E parte avec un désavantage. La Gen4 introduit de nouvelles caractéristiques techniques et sportives, et l’équipe préfère s’appuyer sur des repères déjà acquis dans la discipline.
Pourquoi Nissan a-t-il retenu Zane Maloney malgré peu de points marqués?
Maloney n’a inscrit que trois points en deux saisons, mais Nissan estime que sa vitesse réelle, notamment comparée à Lucas di Grassi chez Lola, est plus élevée que ce que laissent penser les résultats bruts.
Quelles étaient les chances de Victor Martins chez Nissan?
Le choix final s’est joué directement entre Martins et Maloney. Martins avait encore testé récemment (à Navarra) avec Nissan, mais l’équipe a finalement privilégié un pilote déjà passé par des courses de Formule E.
Quelle suite possible pour Victor Martins après ce refus?
Une option évoquée est Lola Yamaha pour la saison prochaine, avec deux baquets disponibles. Martins étudierait aussi d’autres pistes en endurance et pourrait recevoir une proposition pour rester avec Alpine en WEC, dans une structure attendue sous bannière Geely.
Que se passait-il autour d’Oliver Rowland?
Rowland a traversé une phase de doute sur son avenir chez Nissan pour la Gen4, avec des marques d’intérêt attribuées à Penske et Envision malgré un accord de long terme. La situation se serait apaisée lors du week-end de Londres après des discussions sur le plan Gen4 de Nissan.
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